3
aoû

Scènes d’un train quotidien (j’ai testé camping, épisode 3)

Je prends rarement le train.  Il est révolu le temps où je faisais la navette matin et soir vers la capitale et retour.  Ce fut l’enfer.  L’horreur.

Donc, je prends rarement le train.  Mais j’aime ça.  Enfin quand j’ai tout le compartiment pour moi.

Parce que, dans le train, si l’on fait abstraction des problèmes techniques, des retards et de la chaleur insupportable l’été, ainsi que des courants d’air sur les quais, ben ce qui est insupportable, ce sont les autres.  Un train vide, c’est chouette.  Un train bondé, c’est l’enfer.  Un train quasi vide, mais avec juste ce qu’il faut d’enquiquineurs, c’est l’enfer aussi.

Vécu, testé et pas approuvé.

Retour de vacances donc, après un Pastis et une course effrénée pour pas rater mon train.

Apparemment, tout le monde a eu la même idée que moi : aller à la mer.  Et tout le monde semble en revenir le même jour, avec le même train.  Un train double, mais cependant hyper bondé.

Et moi, je suis seule.

Avec mes sacs.  Un grand sac plein de fringues, passqu’à la mer, on sait jamais quel temps il va faire, alors on prend des pulls, des gilets, des jeans, des t-shirts, des maillots, des tongs, des bottes en caoutchouc, un coupe-vent, un parapluie, un chapeau de soleil, ainsi que tous les produits de beauté destinés à survivre aux coups de soleil ou … aux engelures.  Ensuite, un second sac, emporté vide, plein de brol supplémentaire, passqu’un sac au retour est toujours moins bien fait qu’à l’aller, et passque j’ai acheté, souvenez-vous, de la vaisselle Boch indispensable à mon bonheur.  Puis mon sac à dos avec de quoi boire et manger durant six jours, des fois qu’il y aurait une grève, des congères, un tremblement de terre ou un détournement par des terroristes jusqu’à Milan.

Je dégotte une place et m’installe tant bien que mal, avec tout mon barda, dont j’extrais immédiatement mes tartines (la course folle jusqu’à la gare m’a donné faim, ma bouteille de coca light (idem, mais soif) et mon livre (ah oui, j’avais emporté quatre livres, au cas où, j’ai lu trois lignes, comme toujours quand je pars en vacances), savoir le second Katherine Pancol dont je vous ai parlé, Le bazar lent des turtles.  Je mange, je bois, je lis.  Bref, je me donne une contenance.

Sauf que, bien sûr, avec toutes ces émotions, et accessoirement tout ce Pastis, je dois faire pipi moi.

Mais comment faire pipi quand on est seule avec un grand sac, un moyen sac, un petit sac, à la merci des arracheurs de sacs qui rodent dans les trains, tels des pas gentlemen cambrioleurs ?

On fait pas.

On se retient.

Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible.

Alors on part à la recherche d’une toilette dans ce train à étage, laissant ses sacs à la merci des cambrioleurs pas gentlemen, rhaaaaaaaa.

Et on trouve pas de toilette.

On revient pieusement s’asseoir.  Et on se retient.  Et on est persuadée que tous les gens se disent « elle a pas trouvé la toilette, nananère ».

Tant pis, j’assume.

En face de moi, mais de biais, enfin vous voyez le topo, une maman avec ses deux petits blondinets.  Elle a passé la journée à la côte.  Zen ont bien profité, ça se voit. Elle discutaille avec le couple de personnes âgées en face d’elle.  Toute mignonne, la conversation.  J’écoute.  J’aime. Elle parle trois langues, dont deux nationales, qu’elle apprend à ses petits bouts.  Mignon je vous dis.  Jusqu’à ce qu’un des petits bouts se mette à hurler pour je ne sais quelle raison.  Il ne hurle pas, il rigole.  Mais fort.  En hurlant.  Striiiiiiiiiiiiiiiident.  Qu’on l’étouffe, qu’on le noie dans la cuvette du WC, qu’on m’en débarrasse…   Bref, qu’il mette les bouts.  Et oui, il met les bouts, avec maman, ouuuuuuuuf.  Mignon blondinet, mais bruyant…

Gare de Bruxelles, premier arrêt.

Je me rue vers les WC, of course.  Près d’un Quick, mais je résiste vaillamment à l’appel des chicken dips et du cheese.  J’ai mangé mes tartines, je n’ai pas faim je n’ai pas faim je n’ai pas faim.

Ensuite, je rejoins le quai et m’installe pour une petite demi-heure de lecture, en attendant ma correspondance.

C’était sans compter un gentil jeune homme qui vient s’installer contre, tout contre moi, et me conter, raconter, et conter encore sa vie.  Je sais tout de lui.  Malgré mes nombreuses tentatives pour lui faire comprendre que j’ai envie de lire (mettre mon livre devant mes yeux, me plonger dedans, tourner une page, faire des « mmmh mmmh » systématiques…).  Donc je sais tout : sa copine, les stars qu’ils prennent en photo (et de me montrer les photos), l’anniv dont il revient, en train car son pote trop saoul pour le ramener comme prévu, sa maladie grave dont il est en rémission… tout tout tout je vous dis.  Il m’a demandé si je n’avais pas peur de lui, j’ai marmonné que non, mais je veux du silence, de la paix, de la quiétude.

Et quand le train arrive, il est galant, veut m’aider à porter mon gros sac. Rhaaaaaaaa, et s’il voulait me le piquer, si c’était un non gentleman cambrioleur ?  Et l’idée de subir son monologue durant une heure, non, ça n’ira pas.  Je prétexte une scission du train pour m’éloigner à grands pas.  J’ai honte, chuis une asociale, c’est clair.

Je m’avachis dans mon compartiment, et je comprends immédiatement ma douleur.  Peu de monde, mais l’enfer.  Dans le fond, une famille avec un enfant tout jeune tout hurleur, ça me poursuit.  Au milieu deux jeunes filles bien calmes.  Au début un père avec sa fille, une gamine hystérique et hyperactive.  Et moi et moi et moi.  Les jeunes filles s’enfuient rapidement.  Moi je résiste, envers et contre tout.  Et cet enfant de hurler, et cette gamine de bouger sans cesse, au point que la mère de l’enfant hurleur rappelle le père de la gamine à l’ordre (ça va, vous suivez ?).

Je résiste vaillamment jusque Gembloux.  Là, le compartiment se vide… pour mieux se remplir.  Enfin mieux, dans le sens « du monde », mais pas dans le sens « des gens mieux ».  L’enfer continue.  Le bruit. Et ils mangent un Quick, j’ai faaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiim.  Pourkwaaaaa j’ai pas pris des chicken nuggets ou un cheese au quick ?  Oui, bon les nuggets c’est au Mac Do, mais vous pigez ce que je veux dire hein.

Bon, l’arrivée est proche, je résiste encore.

Une fois à Namur, je descends avec joie de cet enfer, et je rentre chez moi, non sans avoir eu envie d’une pizza aux scampis tomates fraîches basilic, mais je résiste, je n’ai pas faim je n’ai pas faim je n’ai pas faim.  J’ai mangé mes tartines.

Je rentre chez moi, nourris le rat, caresse le rat, et file au dodo, du sable plein les cheveux, des rires, du pastis et des mouettes plein la tête.

2
aoû

J’ai testé camping (épisode 2)

Episode 1 à découvrir ici.

Etonnamment, je passe une première bonne nuit sur mon lit pour nain de jardin.  Pas de chute dans l’interstice de dix centimètres.  Pas de moustique géant assoiffé de sang d’Anaïs.  Pas de ronflements intempestifs.  Un gros dodo.  Ouf ouf ouf.  Après un petit déjeuner pantagruélique (l’air de la mer, même si je l’ai pas encore respiré, ça creuse, alors anticipons) et une douche dans la salle de bains pour nain de jardin, direction la plage, via un petit chemin qui me rappelle vaguement des promenades d’enfance.  La mer est à proximité, faut juste marcher.  Et traverser une route pleine de vilains conducteurs pas beaux qui refusent de ralentir et qu’on insulte joyeusement.  Et puis franchir les dunes, via un escalier hypra dangereux pour les asthmatiques.  Ensuite, le sable, la mer, et peu de monde, car nous sommes loin de la civilisation et des vendeurs de boules de Berlins.  Que du bonheur.  Y’a même des maîtres-nageurs musclés tout habillés (enfin si on peut considérer un maillot comme un habit) de rouch’, car la plage est tout de même surveillée.  Remake d’Alerte à Malibu en perspective…

Le soleil est au rendez-vous.  Le vent aussi.  Presque une tempête.

Mais nous sommes équipés.  Dans mon jeune temps, on mettait de ces brise-vents rectangulaires, fichés sur des poteaux, souvent rayés.  Actuellement, on utilise des sortes de demi-tentes igloos étonnantes. Modernes. Et pratiques.  Bien sûr, j’ai dû manger une demi-livre de sable, malgré tout.  Bien sûr, je n’ai pas su lire une seule demi-page de mon livre, tant le vent me fouettait le visage et m’envoyait des grains dans les yeux.

Mais c’était trop cool.

Et puis, le goéland est arrivé.

Et, moi qui aime ces volatiles, goélands, mouettes, depuis ma plus tendre enfance, j’ai enfin appris la différence entre les deux.  Ce que je prenais pour des mouettes depuis toujours était en fait des goélands.

Le goéland est donc arrivé.

Et il a pris la pose.  Durant un temps fou, histoire que je puisse le mitrailler devant les dunes, puis me déplacer pour le mitrailler devant la mer, tant qu’à faire.  Merci l’ami, ce fut un superbe moment.

Petite trempette de gros orteil dans la mer (caillante), puis petite sieste à l’abri du vent.

Petit casse-croute ensuite, partagé avec les goélands, ou les mouettes, enfin les deux.  Des bestiaux racistes, je vous le dis.  Oui, racistes.  Qui ne voulaient que de la boustifaille provenant de mains blanches, faut le faire tout de même.  Vilains oiseaux.

Et puis, c’est l’heure de l’apéroooooooooo.  L’heure du Pastiiiiiiiiiiiiis. Et des chips. L’heure du souper.  L’heure de la promenade au bord de l’eau, du coucher de soleil à gogo, des vagues et du vent, un peu apaisé.

Ensuite, direction dodo… mais, mais, mais, c’est kwa ce bruit ?  C’est quoi cette musique ?  Mais c’est Lady Gaga, que l’on entend là-bas, dans la discothèque du camping.  Et Anaïs d’entraîner toute la bande pour une petite danse.  Géniale l’ambiance discothèque de camping.  Très familiale.  Tout ce que j’aime.  Et puis y’a des chorégraphies.  Connues, comme la Macarena.  Inconnue, comme cette choré apparemment apprise par tout le camping sauf nous.  En six temps.  La maison ne reculant devant aucun sacrifice, l’apprentissage commence.  Fous rires garantis.  Pas évident de suivre le rythme de tous ces vacanciers maîtrisant parfaitement leur danse.  Mais le pli est pris.  Que du bonheur.  Bonheur que nous continuons après avoir quitté les lieux, dans les chemins du camping, histoire de répéter encore et encore et encore et encore notre nouvelle chorégraphie.  Sur une musique géniale, que je peux vous chanter, mais dont j’ignore le titre… Trop dommage. Même les paroles, je pige pas, on dirait un truc du genre « zumba zumba hella »… ça vous dit quééééquchooos’ ?

Ensuite, gros dodo, de la musique, des goélands et du Pastis plein la tête.

Le lendemain, même programme.  Petit-déj, répétition de la choré de la veille, promenade sur brocante (j’achète du brol à dix centimes, dont un pot et une assiette Boch, à dix centimes ma bonne Dame, l’affaire du siècle – avais-je besoin de Boch dans mon bordel, non, mais s’il fallait n’acheter que ce dont on a besoin, ben mon intérieur serait vide hein, un peu comme après le passage d’un huissier), balade au bord de la mer, abandonnée par le vent et c’est tant mieux, verre en terrasse, re-balade.

Puis, retour au camping pour le désormais traditionnel Pastiiiiiiiiiiiiiiiis.

Ma brique dans le ventre me travaille, je passe mon temps à admirer toutes les caravanes du camping.  Et y’en a des géniales : avec bow window en double vitrage, toiture en tuiles, terrasse en teck… une vraie maison miniature, keske c’est mignon tout plein.

Epuisés par les promenades de la journée, nous nous avachissons, dès 21 heures, sur la terrasse, comme des vieux campeurs fainéants.  Soudain, un éclair de génie, ou plutôt de folie.  On va faire du roller.  C’est cela oui… A ma droite, mes vieux rollers d’enfance, reçus pour la fin de ma sixième primaire, plus jamais utilisés depuis, recyclés pour la génération suivante.  A ma gauche une paire pour adulte.  Entre les deux, ma vieille carcasse, incapable de faire du roller, pour sûr.  Mais l’ambiance camping (et les restes du Pastis) me font enfiler ces rollers et tenter quelques mouvements, sous l’œil moqueur d’autres campeurs jouant à la pétanque.  Oui, ben, je voudrais bien vous y voir moi, juchés sur ces roulettes qui roulent dans tous les sens, à devoir avancer ou, mieux, patiner.  J’abandonne.  C’est plus de mon âge, tout ça.  Pas envie de me casser la guibole.  Sur le gazon, on tente tout de même de reproduire la chorégraphie de la veille, rollers aux pieds.  Trop drôle.  Petit moment de délire.

Soudain, un (second) éclair de génie, ou plutôt de folie.  On va faire de la trottinette.  Moi j’ai jamais fait de trottinette.  Jamais.  Peut-être posé le pied dessus, puis abandonné.  De mon temps, ça n’existait pas, les trottinettes.  Enfin si, sans doute, mais j’ai pas eu ça moi.  Mais là, je le sens mieux que les rollers.  La trottinette, c’est mon truc.  Enfin… pas vraiment, mais je m’amuse.  Et avec le temps, je m’améliore.  Et me voilà en train de faire tout le tour du camping juchée sur ma trottinette.  Qué bonheur.  Un bonheur qu’on ne peut faire que dans un camping, en vacances.  Naaaan, jamais je ne ferais ça dans ma rue, non mais, le ridicule ne tue pas, mais tout de même quoi.

Epuisée par l’effort et les rires, je file au dodo, des rires, une chorégraphie et du Pastis plein la tête.

Le lendemain, c’est déjà le dernier jour (ooooooooooooooh).  Le soleil est au rendez-vous (aaaaaaaaaaaaaah).  Alors, direction la plage pour un dernier adieu.  Et là, dans la série trucs fous, absolument fous (ben quoi, la choré, les rollers, la trottinette, le Pastis, fou je vous dis), je bats mon record du monde : je vais dans la mer jusqu’à mi-cuisses.  Dingue, je sais.  Pas plus loin, faut pas pousser non plus hein.

Lecture, repos, séance photo pour les mouettes et/ou les goélands.

Puis retour au camping pour les bagages, et l’apéro pré-départ.  J’aurais pas dû, je sais que j’aurais pas dû.  Passqu’avec le Pastis, ma répétition pour ma demande de ticket à la gare passe vite de « Goeiedag, is het goedkooper een summerticket voor Namen of een andere ticket ? » à Goeieieieieieidag, is het het goekdooo, euh, goedkoood, euh, goedkooper… ».  Et puis je bafouille, plus je m’embrouille dans mon nederlands zo slecht.  Mais je parlerai nederlands, il le faut.  Le Pastis me monte vachement à la tête, pourtant il était censé être très petit très léger, juste pour la route, et ben non.  Au point que, perdue dans ma discussion et mon alcoolisation, j’en oublie que ma montre a de gros ratés, qu’elle doit aller en réparation parce qu’elle s’arrête, repart, s’arrête, retarde, s’arrête… Mon train est à 19h.  Ma montre indique 18h35.  Il est en réalité 18h50.  Branlebas de combat, vite vite vite, au revoir merci, vite vite vite, bisous bisous, vite vite vite.

Thanks God, je parviens à l’heure à la gare, je me fais comprendre malgré mon nederlands et je trouve une place parmi la foule en délire du train… mais ça c’est une autre histoire, que je vous conterai demain, passque là on en est à deux pages et demi, sans compter les photos, je sens que vous vous endormez…

 

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30
jui

J’ai testé Camping (épisode 1)

Oooh, j’ai déjà, bien sûr, testé « Camping à l’état brut », y’a quelques années.  J’ai testé les WC chimiques qu’on doit préserver à tout prix, pour leur préférer les WC communs, situés à 874,56 mètres de la caravane.  Moi qui suis une super pisseuse devant l’éternel, imaginez l’horreur (qui a dit « pas seulement, pisseuse, chieuse aussi ? »).  J’ai testé la vaisselle commune, à transporter dans des mannes à linge sur 871,76 mètres (les éviers étant situés juste avant les WC), assez sympa au demeurant, bien plus sympa que de faire sa vaisselle en solo chez soi.  Mais moins sympa lorsqu’il drache, et à la côte, en Gelbique, il drache assez fréquemment. J’ai testé les douches communes, dans lesquelles il faut s’organiser ferme pour mettre de côté lunettes, fringues et godasse, préserver son essuie de l’humidité ambiante et tenter de se laver avec une eau en alternance glaciale et bouillante, le tout dans une ambiance populaire.  Excès de pudeur interdit.  J’ai testé la nuit sous tente, avec mon namoureux de l’époque, moustiques inclus, so romantic.  J’ai testé tout ça, et j’ai aimé.

Mais là, j’ai testé Camping de luxe.  Ouais, de luxe, avec piscine, discothèque, big méga caravane, terrasse et jardin (enfin jardinet, mais bon hein, on va pas pinailler).  Et si la caravane, résidentielle, trois chambres (pour nains de jardin, mais trois chambres tout de même), une salle de bains (pour nains de jardin mais avec douche tout de même), un WC, vrai de vrai, avec chasse et tout et tout, était géniale, c’est plus de l’ambiance « camping » dont j’ai réellement envie de vous  parler.

Aaaaah, l’ambiance camping.

Que du bonheur.

Premier jour.

Dès notre arrivée, aux alentours de minuit, le ton est donné.  C’est l’apéro.  Un petit vin blanc, que j’abandonne rapido presto pour un Pastis à l’odeur tellement alléchante… Le Pastis, pour moi, c’est les vacances, ça me rappelle mes vacances d’ado à Boulouris, petite station de la Côte d’Azur, au siècle dernier.  Donc du Pastis.  Avec plein de choses croustillantes, salées, épicées et grasses, j’ai nommé les chips.  Il fait frisquet à cette heure, donc tout ça se passe sur la banquette en skaï vert de ma résidence provisoire et non dehors.  Dehors, ça sera pour demain.  J’admire l’intérieur de cette spacieuse résidence provisoire.  Dingue ce qu’on arrive à caser dans un si petit espace.  J’ai toujours fantasmé sur les caravanes résidentielles.  Lorsque j’étais gosse et que je me rendais à un salon quelconque, je prenais un plaisir intense à visiter ces caravanes résidentielles d’exposition, encore et encore et encore, et à m’imaginer y vivre.  J’avais déjà une brique dans le ventre à l’époque, ma bonne Dame.

D’ailleurs, vers mes dix ans, je me suis offert, avec mes sous à moi rien qu’à moi, épargnés durant plusieurs mois, la caravane Playmobile.  Elle était blanche et orange, avec un toit amovible.  Sa banquette se transformait en lit, et la vaisselle était assortie aux lieux.  Keske je l’adorais ma caravane Playmobile.  Keske j’ai joué avec.

Et c’est l’impression que j’ai, ce soir-là : pouvoir, enfin, mener la vie de mes Playmobiles d’enfance durant quelques jours. So funny.

Mais l’heure tourne et le pastis fait son effet.

Je gagne donc ma cabine, enfin ma chambre, et tente de trouver le sommeil sur un lit de soixante, enfin non plutôt cinquante, voire quarante, centimètres de large.  Je crains d’en tomber au premier retournement de carcasse, mais aucun risque, l’espace entre mon lit et celui d’à côté est d’une dizaine de centimètres à peine, ma carcasse ne pourra donc pas s’y glisser.  De l’intérêt d’être replète (qui a dit « obèse » ?).

Je sombre dans un sommeil réparateur, rêvant déjà de ma vieille caravane Playmobile, de la mer, des coquillages, des mouettes, des goélands… et du Pastis, que je retrouverai le lendemain.

Enfin.

(Suite, demain ou en cliquant ici)

Et voici ma caravane.  Blanche à toit orange.  Rhooooo, que je suis malheureuse de ne plus l’avoir, je me serais bien offert une pulsion régression, là, de suite…

 

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20
jui

Le mystère des pinces à linge

Pour me faire pardonner ma saute d’humeur d’hier soir et vous démontrer à quel point je suis surmenée et j’ai besoin de vacances (ça tombe bien, j’y suis, en vacances), ce qui ne justifie pas mon énervement mais l’explique un tantinet, voici un petit billet écrit récemment… deux fois…drôle non ???? Ah ben si… et je n’avais pas le cœur de virer un des deux débuts, alors les voilà tous deux… je perds la tête et si je fumais mes cigarettes seraient toutes fumées dans le cendrier…

 

Premier début de billet, interrompu pour vaquer à d’autres occupations :

On connait tous le mystère des chaussettes orphelines, même si personne n’a encore trouvé une explication à ce phénomène issu de la quatrième dimension : certaines chaussettes perdent leur compagne à tout jamais, compagne qui disparait de façon inattendue et inexplicable, comme kidnappée par un alien invisible.

Mais connaissez-vous le mystère des pinces à linge ?  Pire, avez-vous vous aussi vécu cette expérience ?

Quand je me suis installée dans mon petit appartement sous les combles, du temps oùsque j’étais encore jeune et jolie (jeune, c’est clair, jolie, c’est de l’utopie), j’ai dû constituer mon trousseau, comme toute jeune (et jolie) fille qui se respecte.

En grande miss hamster devant l’éternel que j’étais, j’avais déjà plein de choses, à l’époque, entassées sous mon lit : des casseroles, des essuies pour le bain, des essuies de cuisine, des mouchoirs, des couverts, quinze services achetés au fur et à mesure de mes coups de cœur (pour quelqu’un qui ne reçoit jamais personne, c’est le comble du comble, je sais)… et… des pinces à linge.

Oui, bon, pour avoir des pinces à linge, faut aussi avoir un séchoir,  une planche à repasser et un fer, of course.  A vrai dire, c’est comme l’œuf ou la poule, j’ignore ce que j’ai acheté en premier, mais l’essentiel est établi : je dispose d’un séchoir (un truc encombrant en métal hein, pas un truc électrique, je vous rappelle que je suis dans un appartement de jeune fille pauvre et célibattante à l’époque)

Là je m’interromps

 

Et voici le second billet, écrit en intégralité, lui (ce n’est qu’ensuite que j’ai retrouvé le début de billet écrit précédemment) :

On parle souvent, voire toujours, du mystère des chaussettes.  Et c’est vrai que c’est mystérieusement mystérieux, pour sûr.  Ben oui quoi, vous avez compris pourquoi les chaussettes se retrouvent toujours orphelines à un moment ou un autre ?  Passque les chaussettes, par vocation, c’est censé être à trois endroits, trois endroits seulement : le tiroir à chaussettes, les pieds ou le bac à linge sale.  Ou bien dans la machine à laver.  Ou le séchoir.  Oui, bon, j’admets, ça fait cinq endroits et pas trois.  Mais à part quand on les a aux pieds, les chaussettes, je ne vois pas quand elles quittent leur domicile.  Et aux pieds, il leur est impossible de s’échapper.  Donc le mystère reste entier : où vont les chaussettes qui disparaissent ?

Sujet dont on parle souvent, car apparemment on subit tous de plein fouet ces fugues récurrentes de chaussettes.

Mais moi, moi, moi, je vis un autre drame dont vous n’avez peut-être pas idée : la fugue des pinces à linge.

Quand je me suis installée seule dans mon home sweet home, telle une Bridget Jones namuroise, j’ai acheté tout mon petit trousseau de parfaite petite femme d’intérieur (que je ne suis pas) : des essuies de toutes sortes, des éponges, des produits d’entretien, des meubles, enfin de tout quoi.  Et des pinces à linge (ainsi qu’un séchoir à déplier, car moi pas avoir de séchoir électrique, donc moi faire d’une pierre deux coups en sortant de ma douche, à l’aide de mes essuies rugueux : m’essuyer et m’offrir un peeling de la peau).

J’ai donc acheté une quantité incroyable de pinces à linge.

Et me voici, quelques (beaucoup d’) années plus tard, toujours avec un séchoir à déplier (mais un nouveau, l’autre ayant été terrassé par la rouille, dingue les merdes qu’on nous vend de nos jours).  Et trois pinces à linge.

Vous lisez bien.

Trois.

TROIS !

3.

Question du jour : où sont passées toutes les autres pinces ?

Je n’en ai aucune idée.

Cachées dans des chaussettes elles-mêmes cachées quelque part ?

Envolées durant une journée estivale venteuse, épuisées d’être toujours accrochées à un séchoir ?

Volées par quelques pies de passage ?

Emportées par un enfant qui les a confondues avec des billes (très myope, le marmot) ?

Des suggestions, ô chers lecteurs ?

(Photo issue de Flick)

 

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14
jui

Premier dommage colatéral de la nouvelle version blog...

... en m'acharnant sur mon logo Facebook, que je ne parviens pas à restaurer à l'identique, ben j'ai loupé mon bus ce matin.  J'ai donc eu droit à vingt minutes de lecture de "La valse lente des tortues" au soleil, je vais pas me plaindre... mais j'étais en retard au turbin et ça boss chéri pourrait s'en plaindre.

Qui s'y connait pour m'aider à élargir un chouia ma colonne de gauche, un peu étroite pour la petite vidéo ?

Have a nice day.

Les billets reviennent demain, promis juré.