12
aoû

Programme du jour

Anaïs conge ce jour...

Du coup, ce matin, elle a :

- pris une bonne douche et s'est massée avec son nouveau gant de crin

- été dépenser une fortune à la pharmacie en magnésium, vitamines, oligo-éléments, anti-stress naturels et autres reboostants (huit trucs tout de même, un programme de choc) pour se refaire une santé et récupérer ses vingt ans

- été faire quelques courses

- rangé deux trois brols, rien d'autre, histoire que le bordel n'envahisse pas trop son intérieur (ah ah ah, on vit d'espoir)

- passé un chtit coup d'aspirateur

- passé un chtit coup de torchon

- été porter sa couette d'hiver au pressing et sué de gros seaux pour ce faire, vachement volumineuse la couette d'hiver

- avalé toutes ses ampoules, gelules, capsules - elle devient une pro, elle avale sans étouffer maintenant, à son âge il était temps (cf ce billet dénommé J'avale pas, ce qui me fait penser que voilà la confusion avec le titre du film J'embrasse pas lors de notre discussion de filles de l'autre fois, à relire ici si vous l'avez loupée, mouahaha, J'avale pas, c'est mon titre à moi, trop drôle... vous voyez que j'ai besoin d'être reboostée)

- pris son livre et été s'installer sur son transat, pour profiter du soleil...

Soleil qui était là à 7 heures, à 8 heures, à 9 heures, à 10 heures, à 11 heures.  Il est 12 heures, Anaïs peut se reposer...

Le soleil est parti.

Chienne de vie.

 

vitamine.jpg

 

12
aoû

Sept heures par nuit, pas une seconde de plus

J’ai lu récemment le résultat d’une étude hautement scientifiquement scientifique selon laquelle il faut dormir sept heures par nuit, pas plus pas moins.  Dormir trop peu ou trop engendrerait des problèmes cardio-vasculaires.

Vu mes antécédents familiaux, je suis « personne à risque » (c’est là que vous pleurez dans vos chaumières, par solidarité).

J’ai donc décidé de me mettre à dormir sept heures par nuit.  Ni plus ni moins.

Difficile défi pour moi, qui, pour être reposée (et encore, rien n’est moins sûr), dois faire dodo genre dix heures par nuit.  Etant donné que je me lève à 6h30 pour aller au bagne au boulot, je n’y arrive jamais, faudrait que je me couche à 8h30, vous imaginez, et donc que je soupe vers 17h.  Souper à 17h, je le fais souvent (ben quoi, je suis seule, quand j’ai faim, ben je mange, je vois pas pourquoi j’attendrais, j’ai de compte à rendre à personne, et pas à vous non plus, c’est un avantage du célibat).  Mais aller au dodo à 8h30, à part en plein plein plein hiver quand les nuits sont hyper longues et que je suis hyper épuisée par rien (car un rien m’épuise), pas évident.

 

Donc je dors genre huit heures par nuit, ce qui fait aller au lit vers 22h30, parfois plus tôt, parfois plus tard, disons entre 22h et 23h30.

Mais huit heures, c’est trop, dixit l’étude hautement scientifiquement scientifique.

Sept heures on a dit, c’est clair ?

Je suis donc obligée de ne pas dormir avant 23h30.

Premier soir, un dimanche.  Faciiiiile.  Etant donné que j’ai glandé toute la journée, voire somnolé, je suis en pleine forme.  Etant donné que je reprends le travail le lendemain, je suis super angoissée à l’idée du courrier, des dossiers et du patron qui m’attendent de pied ferme.  Impossible, donc, de dormir.  Je m’endors donc entre 23h30 et minuit, pas mal pour une première.

Le lendemain, lorsque mon réveil sonne, c’est l’enfer. Mais pas à cause de mes sept heures de dodo, à cause de mon retour au turbin. Bien envie de rester sous la couette, de ne donner signe de vie à personne.  Après quinze jours d’absence, si je n’y vais pas, ils auront peut-être oublié jusqu’à mon existence, non ?  Pas envie de travailler, pas envie de quitter mon petit lit douillet.  Sauf que j’ai donné des instructions précises : si un jour je suis pas au bureau, de façon anormale, vous ameutez la police, les pompiers, mes voisins et le GIGN.  Je m’attends donc à voir débarquer tout ce petit monde dès 10 heures.  Pas une super idée.  Je l’ai bien cherché, c’est moi qui angoisse de mourir seule et qu’on retrouve mon cadavre dévoré par le rat.  Et depuis l’an dernier, j’angoisse de plus belle, car ce scénario catastrophe s’est produit dans mon entourage, à l’exception du festin du mustélidé.  Pas drôle, je vous le dis.  Alors, ça peut m’arriver, c’est pas qu’un mythe à la Bridget Jones.  Donc j’ai peur.

Résultat : je me lève et je vais bosser.

A part un petit coup de pompe sur le coup de 11h tout va bien.

Second soir, je lutte pour ne pas m’assoupir avant 23h30.  Je bénis la chance qui me fait me lancer dans cette expérience en plein été, vu qu’en hiver je vis comme les ours, je dors quinze heures par nuit, voire plus si affinités.

Le lendemain, toujours pas d’effets secondaires, à part un réveil difficile, mais c’est déjà le cas si je m’endors à 20h, donc pas de lien de cause à effet, ou si peu.  Yessss, je vais vivre une seconde jeunesse, avec un cœur en pleine forme.

Mardi soir, je m’endors, rôdée que je suis dorénavant, à 23h30, comme si j’avais toujours agi de la sorte. Finger in the noze.

Le réveil est cependant plus difficile que la veille, comme si mon corps commençait à souffrir du manque.  Enfin.  Il était temps.  Nous sommes mercredi, et je passe mon après-midi, chez moi, vautrée sur le canapé, à somnoler, faire une sieste de deux heures, somnoler encore.  L’enfer.  Le soir venu, je suis en super forme et je veille jusque 23h30 sans souci aucun.

Jeudi matin, je veux arracher mon réveil, le jeter à travers de la pièce, le réduire en miette.  Je veux démissionner.  Je veux assassiner tout qui a inventé des règles qui forcent les honnêtes travailleurs à se lever avec les poules.  Je veux changer de job et faire, au choix, chômeuse ou cépéaèssienne.  Je veux… mais je peux pas, alors je me lève et je me traîne jusqu’au turbin, où je somnole toute la matinée.  L’après-midi, plutôt que mon canapé, je décide de squatter mon lit, pour continuer ma nuit trop courte.  Je pieute quasi trois heures.  Je me réveille à 18h30 pour me rendormir à 23h30.

Vendredi, fort heureusement, la semaine se termine, sinon je donnais ma démission, clair et net.  J’ai des cernes aussi énormes qu’un brontosaure et l’humeur d’un tyrannosaure.  A midi, je rentre dare dare at home, où je m’avachis sur mon transat, because le soleil (mais bon, canapé, lit, transat, même combat).  J’en suis extirpée pour participer aux scènes de retour en enfance, chorégraphie, chaise musicale, danse et ballons dont je vous ai parlé l’autre jour, ce qui me sauve d’une après-midi de sieeeeeeeeeeeeeste.

Le soir même, je m’endors royalement à 22 heures, et je dors jusque 11 heures.  J’en avais des heures à rattraper my god.

Expérience terminée.

Plus jamais !

Et mon cœur n’a qu’à bien se tenir, sinon je me fâche toute rouge comme le chou, non mais !

(Dessin trouvé sur le net, pas moyen de deviner qui l’a réalisé, si vous passez par là, manifestez-vous.)

 

fatiguee.jpg

 

6
aoû

Marcher dans le sable...

Petit souvenir de ma virée à la mer.  Coucher de soleil, sable, pieds nus, moment bonheur.  Sans oublier le vent...


Marcher dans le sable...
envoyé par anaisvalente. - Découvrez de nouvelles destinations en vidéo.

 

3
aoû

Scènes d’un train quotidien (j’ai testé camping, épisode 3)

Je prends rarement le train.  Il est révolu le temps où je faisais la navette matin et soir vers la capitale et retour.  Ce fut l’enfer.  L’horreur.

Donc, je prends rarement le train.  Mais j’aime ça.  Enfin quand j’ai tout le compartiment pour moi.

Parce que, dans le train, si l’on fait abstraction des problèmes techniques, des retards et de la chaleur insupportable l’été, ainsi que des courants d’air sur les quais, ben ce qui est insupportable, ce sont les autres.  Un train vide, c’est chouette.  Un train bondé, c’est l’enfer.  Un train quasi vide, mais avec juste ce qu’il faut d’enquiquineurs, c’est l’enfer aussi.

Vécu, testé et pas approuvé.

Retour de vacances donc, après un Pastis et une course effrénée pour pas rater mon train.

Apparemment, tout le monde a eu la même idée que moi : aller à la mer.  Et tout le monde semble en revenir le même jour, avec le même train.  Un train double, mais cependant hyper bondé.

Et moi, je suis seule.

Avec mes sacs.  Un grand sac plein de fringues, passqu’à la mer, on sait jamais quel temps il va faire, alors on prend des pulls, des gilets, des jeans, des t-shirts, des maillots, des tongs, des bottes en caoutchouc, un coupe-vent, un parapluie, un chapeau de soleil, ainsi que tous les produits de beauté destinés à survivre aux coups de soleil ou … aux engelures.  Ensuite, un second sac, emporté vide, plein de brol supplémentaire, passqu’un sac au retour est toujours moins bien fait qu’à l’aller, et passque j’ai acheté, souvenez-vous, de la vaisselle Boch indispensable à mon bonheur.  Puis mon sac à dos avec de quoi boire et manger durant six jours, des fois qu’il y aurait une grève, des congères, un tremblement de terre ou un détournement par des terroristes jusqu’à Milan.

Je dégotte une place et m’installe tant bien que mal, avec tout mon barda, dont j’extrais immédiatement mes tartines (la course folle jusqu’à la gare m’a donné faim, ma bouteille de coca light (idem, mais soif) et mon livre (ah oui, j’avais emporté quatre livres, au cas où, j’ai lu trois lignes, comme toujours quand je pars en vacances), savoir le second Katherine Pancol dont je vous ai parlé, Le bazar lent des turtles.  Je mange, je bois, je lis.  Bref, je me donne une contenance.

Sauf que, bien sûr, avec toutes ces émotions, et accessoirement tout ce Pastis, je dois faire pipi moi.

Mais comment faire pipi quand on est seule avec un grand sac, un moyen sac, un petit sac, à la merci des arracheurs de sacs qui rodent dans les trains, tels des pas gentlemen cambrioleurs ?

On fait pas.

On se retient.

Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible.

Alors on part à la recherche d’une toilette dans ce train à étage, laissant ses sacs à la merci des cambrioleurs pas gentlemen, rhaaaaaaaa.

Et on trouve pas de toilette.

On revient pieusement s’asseoir.  Et on se retient.  Et on est persuadée que tous les gens se disent « elle a pas trouvé la toilette, nananère ».

Tant pis, j’assume.

En face de moi, mais de biais, enfin vous voyez le topo, une maman avec ses deux petits blondinets.  Elle a passé la journée à la côte.  Zen ont bien profité, ça se voit. Elle discutaille avec le couple de personnes âgées en face d’elle.  Toute mignonne, la conversation.  J’écoute.  J’aime. Elle parle trois langues, dont deux nationales, qu’elle apprend à ses petits bouts.  Mignon je vous dis.  Jusqu’à ce qu’un des petits bouts se mette à hurler pour je ne sais quelle raison.  Il ne hurle pas, il rigole.  Mais fort.  En hurlant.  Striiiiiiiiiiiiiiiident.  Qu’on l’étouffe, qu’on le noie dans la cuvette du WC, qu’on m’en débarrasse…   Bref, qu’il mette les bouts.  Et oui, il met les bouts, avec maman, ouuuuuuuuf.  Mignon blondinet, mais bruyant…

Gare de Bruxelles, premier arrêt.

Je me rue vers les WC, of course.  Près d’un Quick, mais je résiste vaillamment à l’appel des chicken dips et du cheese.  J’ai mangé mes tartines, je n’ai pas faim je n’ai pas faim je n’ai pas faim.

Ensuite, je rejoins le quai et m’installe pour une petite demi-heure de lecture, en attendant ma correspondance.

C’était sans compter un gentil jeune homme qui vient s’installer contre, tout contre moi, et me conter, raconter, et conter encore sa vie.  Je sais tout de lui.  Malgré mes nombreuses tentatives pour lui faire comprendre que j’ai envie de lire (mettre mon livre devant mes yeux, me plonger dedans, tourner une page, faire des « mmmh mmmh » systématiques…).  Donc je sais tout : sa copine, les stars qu’ils prennent en photo (et de me montrer les photos), l’anniv dont il revient, en train car son pote trop saoul pour le ramener comme prévu, sa maladie grave dont il est en rémission… tout tout tout je vous dis.  Il m’a demandé si je n’avais pas peur de lui, j’ai marmonné que non, mais je veux du silence, de la paix, de la quiétude.

Et quand le train arrive, il est galant, veut m’aider à porter mon gros sac. Rhaaaaaaaa, et s’il voulait me le piquer, si c’était un non gentleman cambrioleur ?  Et l’idée de subir son monologue durant une heure, non, ça n’ira pas.  Je prétexte une scission du train pour m’éloigner à grands pas.  J’ai honte, chuis une asociale, c’est clair.

Je m’avachis dans mon compartiment, et je comprends immédiatement ma douleur.  Peu de monde, mais l’enfer.  Dans le fond, une famille avec un enfant tout jeune tout hurleur, ça me poursuit.  Au milieu deux jeunes filles bien calmes.  Au début un père avec sa fille, une gamine hystérique et hyperactive.  Et moi et moi et moi.  Les jeunes filles s’enfuient rapidement.  Moi je résiste, envers et contre tout.  Et cet enfant de hurler, et cette gamine de bouger sans cesse, au point que la mère de l’enfant hurleur rappelle le père de la gamine à l’ordre (ça va, vous suivez ?).

Je résiste vaillamment jusque Gembloux.  Là, le compartiment se vide… pour mieux se remplir.  Enfin mieux, dans le sens « du monde », mais pas dans le sens « des gens mieux ».  L’enfer continue.  Le bruit. Et ils mangent un Quick, j’ai faaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiim.  Pourkwaaaaa j’ai pas pris des chicken nuggets ou un cheese au quick ?  Oui, bon les nuggets c’est au Mac Do, mais vous pigez ce que je veux dire hein.

Bon, l’arrivée est proche, je résiste encore.

Une fois à Namur, je descends avec joie de cet enfer, et je rentre chez moi, non sans avoir eu envie d’une pizza aux scampis tomates fraîches basilic, mais je résiste, je n’ai pas faim je n’ai pas faim je n’ai pas faim.  J’ai mangé mes tartines.

Je rentre chez moi, nourris le rat, caresse le rat, et file au dodo, du sable plein les cheveux, des rires, du pastis et des mouettes plein la tête.

2
aoû

J’ai testé camping (épisode 2)

Episode 1 à découvrir ici.

Etonnamment, je passe une première bonne nuit sur mon lit pour nain de jardin.  Pas de chute dans l’interstice de dix centimètres.  Pas de moustique géant assoiffé de sang d’Anaïs.  Pas de ronflements intempestifs.  Un gros dodo.  Ouf ouf ouf.  Après un petit déjeuner pantagruélique (l’air de la mer, même si je l’ai pas encore respiré, ça creuse, alors anticipons) et une douche dans la salle de bains pour nain de jardin, direction la plage, via un petit chemin qui me rappelle vaguement des promenades d’enfance.  La mer est à proximité, faut juste marcher.  Et traverser une route pleine de vilains conducteurs pas beaux qui refusent de ralentir et qu’on insulte joyeusement.  Et puis franchir les dunes, via un escalier hypra dangereux pour les asthmatiques.  Ensuite, le sable, la mer, et peu de monde, car nous sommes loin de la civilisation et des vendeurs de boules de Berlins.  Que du bonheur.  Y’a même des maîtres-nageurs musclés tout habillés (enfin si on peut considérer un maillot comme un habit) de rouch’, car la plage est tout de même surveillée.  Remake d’Alerte à Malibu en perspective…

Le soleil est au rendez-vous.  Le vent aussi.  Presque une tempête.

Mais nous sommes équipés.  Dans mon jeune temps, on mettait de ces brise-vents rectangulaires, fichés sur des poteaux, souvent rayés.  Actuellement, on utilise des sortes de demi-tentes igloos étonnantes. Modernes. Et pratiques.  Bien sûr, j’ai dû manger une demi-livre de sable, malgré tout.  Bien sûr, je n’ai pas su lire une seule demi-page de mon livre, tant le vent me fouettait le visage et m’envoyait des grains dans les yeux.

Mais c’était trop cool.

Et puis, le goéland est arrivé.

Et, moi qui aime ces volatiles, goélands, mouettes, depuis ma plus tendre enfance, j’ai enfin appris la différence entre les deux.  Ce que je prenais pour des mouettes depuis toujours était en fait des goélands.

Le goéland est donc arrivé.

Et il a pris la pose.  Durant un temps fou, histoire que je puisse le mitrailler devant les dunes, puis me déplacer pour le mitrailler devant la mer, tant qu’à faire.  Merci l’ami, ce fut un superbe moment.

Petite trempette de gros orteil dans la mer (caillante), puis petite sieste à l’abri du vent.

Petit casse-croute ensuite, partagé avec les goélands, ou les mouettes, enfin les deux.  Des bestiaux racistes, je vous le dis.  Oui, racistes.  Qui ne voulaient que de la boustifaille provenant de mains blanches, faut le faire tout de même.  Vilains oiseaux.

Et puis, c’est l’heure de l’apéroooooooooo.  L’heure du Pastiiiiiiiiiiiiis. Et des chips. L’heure du souper.  L’heure de la promenade au bord de l’eau, du coucher de soleil à gogo, des vagues et du vent, un peu apaisé.

Ensuite, direction dodo… mais, mais, mais, c’est kwa ce bruit ?  C’est quoi cette musique ?  Mais c’est Lady Gaga, que l’on entend là-bas, dans la discothèque du camping.  Et Anaïs d’entraîner toute la bande pour une petite danse.  Géniale l’ambiance discothèque de camping.  Très familiale.  Tout ce que j’aime.  Et puis y’a des chorégraphies.  Connues, comme la Macarena.  Inconnue, comme cette choré apparemment apprise par tout le camping sauf nous.  En six temps.  La maison ne reculant devant aucun sacrifice, l’apprentissage commence.  Fous rires garantis.  Pas évident de suivre le rythme de tous ces vacanciers maîtrisant parfaitement leur danse.  Mais le pli est pris.  Que du bonheur.  Bonheur que nous continuons après avoir quitté les lieux, dans les chemins du camping, histoire de répéter encore et encore et encore et encore notre nouvelle chorégraphie.  Sur une musique géniale, que je peux vous chanter, mais dont j’ignore le titre… Trop dommage. Même les paroles, je pige pas, on dirait un truc du genre « zumba zumba hella »… ça vous dit quééééquchooos’ ?

Ensuite, gros dodo, de la musique, des goélands et du Pastis plein la tête.

Le lendemain, même programme.  Petit-déj, répétition de la choré de la veille, promenade sur brocante (j’achète du brol à dix centimes, dont un pot et une assiette Boch, à dix centimes ma bonne Dame, l’affaire du siècle – avais-je besoin de Boch dans mon bordel, non, mais s’il fallait n’acheter que ce dont on a besoin, ben mon intérieur serait vide hein, un peu comme après le passage d’un huissier), balade au bord de la mer, abandonnée par le vent et c’est tant mieux, verre en terrasse, re-balade.

Puis, retour au camping pour le désormais traditionnel Pastiiiiiiiiiiiiiiiis.

Ma brique dans le ventre me travaille, je passe mon temps à admirer toutes les caravanes du camping.  Et y’en a des géniales : avec bow window en double vitrage, toiture en tuiles, terrasse en teck… une vraie maison miniature, keske c’est mignon tout plein.

Epuisés par les promenades de la journée, nous nous avachissons, dès 21 heures, sur la terrasse, comme des vieux campeurs fainéants.  Soudain, un éclair de génie, ou plutôt de folie.  On va faire du roller.  C’est cela oui… A ma droite, mes vieux rollers d’enfance, reçus pour la fin de ma sixième primaire, plus jamais utilisés depuis, recyclés pour la génération suivante.  A ma gauche une paire pour adulte.  Entre les deux, ma vieille carcasse, incapable de faire du roller, pour sûr.  Mais l’ambiance camping (et les restes du Pastis) me font enfiler ces rollers et tenter quelques mouvements, sous l’œil moqueur d’autres campeurs jouant à la pétanque.  Oui, ben, je voudrais bien vous y voir moi, juchés sur ces roulettes qui roulent dans tous les sens, à devoir avancer ou, mieux, patiner.  J’abandonne.  C’est plus de mon âge, tout ça.  Pas envie de me casser la guibole.  Sur le gazon, on tente tout de même de reproduire la chorégraphie de la veille, rollers aux pieds.  Trop drôle.  Petit moment de délire.

Soudain, un (second) éclair de génie, ou plutôt de folie.  On va faire de la trottinette.  Moi j’ai jamais fait de trottinette.  Jamais.  Peut-être posé le pied dessus, puis abandonné.  De mon temps, ça n’existait pas, les trottinettes.  Enfin si, sans doute, mais j’ai pas eu ça moi.  Mais là, je le sens mieux que les rollers.  La trottinette, c’est mon truc.  Enfin… pas vraiment, mais je m’amuse.  Et avec le temps, je m’améliore.  Et me voilà en train de faire tout le tour du camping juchée sur ma trottinette.  Qué bonheur.  Un bonheur qu’on ne peut faire que dans un camping, en vacances.  Naaaan, jamais je ne ferais ça dans ma rue, non mais, le ridicule ne tue pas, mais tout de même quoi.

Epuisée par l’effort et les rires, je file au dodo, des rires, une chorégraphie et du Pastis plein la tête.

Le lendemain, c’est déjà le dernier jour (ooooooooooooooh).  Le soleil est au rendez-vous (aaaaaaaaaaaaaah).  Alors, direction la plage pour un dernier adieu.  Et là, dans la série trucs fous, absolument fous (ben quoi, la choré, les rollers, la trottinette, le Pastis, fou je vous dis), je bats mon record du monde : je vais dans la mer jusqu’à mi-cuisses.  Dingue, je sais.  Pas plus loin, faut pas pousser non plus hein.

Lecture, repos, séance photo pour les mouettes et/ou les goélands.

Puis retour au camping pour les bagages, et l’apéro pré-départ.  J’aurais pas dû, je sais que j’aurais pas dû.  Passqu’avec le Pastis, ma répétition pour ma demande de ticket à la gare passe vite de « Goeiedag, is het goedkooper een summerticket voor Namen of een andere ticket ? » à Goeieieieieieidag, is het het goekdooo, euh, goedkoood, euh, goedkooper… ».  Et puis je bafouille, plus je m’embrouille dans mon nederlands zo slecht.  Mais je parlerai nederlands, il le faut.  Le Pastis me monte vachement à la tête, pourtant il était censé être très petit très léger, juste pour la route, et ben non.  Au point que, perdue dans ma discussion et mon alcoolisation, j’en oublie que ma montre a de gros ratés, qu’elle doit aller en réparation parce qu’elle s’arrête, repart, s’arrête, retarde, s’arrête… Mon train est à 19h.  Ma montre indique 18h35.  Il est en réalité 18h50.  Branlebas de combat, vite vite vite, au revoir merci, vite vite vite, bisous bisous, vite vite vite.

Thanks God, je parviens à l’heure à la gare, je me fais comprendre malgré mon nederlands et je trouve une place parmi la foule en délire du train… mais ça c’est une autre histoire, que je vous conterai demain, passque là on en est à deux pages et demi, sans compter les photos, je sens que vous vous endormez…

 

cabines.jpg
coucher.jpg
goeland.jpg
goeland3.jpg
goelandface.jpg
goelandmer.jpg
goelandpile.jpg
goelandsroche.jpg
pied.jpg