10
sep

Journal d’une paresseuse (deuxième partie)

vip_paresseuses.png

En mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

DEUXIEME PARTIE

Jeudi 29 mars 2007

Voilà ça doit être foutu.  Mon sort en est jeté.  48 heures presque que j’ai envoyé mon synopsis.  Aucun mail enthousiaste me hurlant (symboliquement) « on vous prend ».  Rien, le silence absolu.  Ils n’ont pas aimé.  Ma carrière d’écrivaine noyée dans l’œuf (j’ai un doute sur cette expression)… Je veux mourir.  D’un autre côté, j’ai rédigé 30 pages, ça m’évite de devoir en rédiger 270 autres.  Mais quelle sniffitude, cet échec cuisant.

 

Dimanche 1er avril 2007

Pas de nouvelles.  Et ce n’est pas un pêchon d’avril.  C’est la stricte et douloureuse vérité.  Maintenant, je me console en me disant que mon style avait plu sur le blog, puisque c’est comme ça qu’on m’a contactée, mais tout de même quelle déception.  Je vais m’en remettre et écrire tout de même le livre, je le proposerai à d’autres ensuite… qui sait… Triste dimanche.

 

Lundi 2 avril 2007

J’ai craqué, j’ai envoyé un mail pour demander bonne réception… Histoire de tâter le terrain.  Réponse laconique « promis vous aurez des nouvelles avant la fin du mois ».  Fichtre, on est au début du mois.  Ce projet m’aura appris à tester ma patience, laquelle n’est pas ma qualité la plus développée, loin de là.  Bisque bisque rage, pourquoi elle m’a pas hurlé (enfin façon de parler, hurler par mail étant fastidieux) « vous êtes celle que nous cherchions depuis toujours, nous VOULONS un livre de vous ». Dure réalité.

 

Jeudi 3 mai 2007 

Un mois d’attente et le silence absolu.  Le temps passe différemment pour l’écrivaine (potentielle) qui attend et l’éditrice qui n’a que l’embarras du choix parmi les propositions.  J’ai encore craqué, j’ai renvoyé un mail pour avoir des nouvelles.  J’hésitais entre un mail et le téléphone, mais j’avais tellement peur d’un refus clair et net de vive voix, et surtout peur d’avoir des élans agressifs du genre « alors quoi la Parisienne, pas encore foutue de me dire si tu me prends ou pas, ça commence à bien faire », genre de réaction qui m’aurait tout de suite attiré la sympathie de toute la maison d’édition, je n’en doute point.  Anaïs, sois patiente.  Envoi d’un mail.  Réponse toujours aussi laconique « votre projet est pas mal.  J’ai réunion la semaine prochaine, je vous tiens au courant ».  Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh, elle veut me forcer au suicide par étouffement sous des centaines de volumes des paresseuses.  Elle veut me pousser à bout, j’en suis sûre.  Meuh non, elle est adorable, elle n’a simplement pas que ça à faire.  Moi non plus d’ailleurs.  Je vais m’occuper autrement histoire de refermer l’ulcère à l’estomac que je me fabrique depuis des semaines.

 

Samedi 26 mai 2007

J’ai recraqué, j’ai encore harcelé mon pauvre futur éditeur (ou pas futur éditeur, ça dépend si mon esprit est optimiste ou pas).  La patience n’étant pas mon fort, je suis au bord de la crise de nerfs depuis que mon « contact » (ça fait agent secret non ?) m’a parlé de cette réunion. Je m’attendais à un mail le soir même, sauf que je savais pas quel jour elle aurait lieu, cette réunion qui doit décider de mon destin…  Donc j’ai passé mon temps à scruter ma boîte mail, en vain.  Alors j’ai mailé, encore et toujours.

La réponse m’a plongé dans un état de stress incommensurable.  Elle commence par « désolée ».  Je ne vais pas plus loin, je suis morte, je suis anéantie.  Elle est désolée.  Tout est foutu, la dépression de l’auteure incomprise me guette.

Je continue ensuite… « Désolée, le projet a été présenté, mais pas encore approuvé, ça ne devrait plus tarder ».   Arrrgh, je reprends un infime espoir.  « Pas encore approuvé ».  Eske ça veut dire que ça va l’être, que c’est juste une question de jour, ou que l’approbation n’est pas encore certaine.  Je veux mourir.  Je veux qu’on me plonge en cure de sommeil jusqu’à l’arrivée du mail fatidique…

 

Lundi 18 juin 2007

Je suis sur la bonne voie, je n’ai plus rien envoyé à mon ex-futur éditeur, et je me suis lancée à fond dans d’autres projets qui occupent ce qu’il me reste de temps libre.  Ce lundi, 16h, je vaque à mes occupations professionnelles passionnantes, lorsque je reçois un mail dont l’intitulé me laisse de glace « les célibattantes ».  Je reçois beaucoup de mails de lectrices du blog qui partagent leurs expériences communes à la mienne.  Je lis « j’aimerais vous faire travailler sur ce thème pour les paresseuses ».  Etrangement, la pièce ne tombe pas immédiatement.  Moi qui pensais qu’au prochain mail des paresseuses, je bondirais d’excitation, rien.  Je ne tilte pas.  Si le mail avait été rédigé dans le style « félicitations Anaïs, vous êtes notre nouvelle paresseuse », j’aurais compris.  Mais je dois m’y reprendre à deux fois pour comprendre le bonheur qui me tombe dessus, d’un coup, lorsque je ne l’attendais plus.

Incroyable que je n’aie pas tilté, moi qui durant deux mois n’ai cessé de scruter ma boîte mail… Est-ce comme l’amour ?  Qui soi-disant arrive quand on s’y attend le moins, disent les mariés fiers de l’être.  Sans doute, car ce mail, je ne l’attendais plus, je m’étais fait une raison.  Et le voilà.  Je ne réalise pas.  Il me faut une dizaine de minutes pour me dire « voilà, tu es prise ».

Ensuite, tout doucement, je sens des papillons dans le ventre.  Je tente de ne pas bondir de joie dans le bureau, vu que personne ne connaît l’existence de mon blog et encore moins l’existence de ce projet extraordinaire.  Je savoure ma joie.  Intérieurement.

Deux minutes.

Ensuite, j’angoisse : peur de la page blanche (300 pages blanches, est-ce vendable ?), peur de me perdre dans mes tentatives d’écritures (je m’égare vite, mon éditeur me l’a dit – waw ça en jette de dire « mon éditeur »), peur de manquer d’inspiration (je dois écrire un guide pratique et non pas du blabla délirant comme j’en ai l’habitude), une trouille d’enfer me ligature les intestins.  Respire.  Fais le petit chien.  Calme.

Je dois retravailler mon synopsis, signer mon contrat, déterminer mon délai (mais combien de temps faut-il pour pondre 300.000 caractères intelligents, drôles et utiles, pitié, si quelqu’un m’entend, une réponse…).

La galère commence.  Mais c’est grisant.

 

Samedi 23 juin 2007

Et voilà, ça fait cinq nuit que je cauchemarde : je suis prise par les paresseuses et j’ai un livre à écrire.  Et lorsque je me réveille, contrairement à mes cauchemars habituels (je suis nue en rue, je dois retourner étudier, j'ai vendu mon logement et acheté un taudis en remplacement, je fais l’amour avec Rocco Sifredi et son énooorme... enfin vous avez compris), celui-ci n’en est pas un : je dois en effet écrire un livre.

J’ai une boule au creux de l’estomac, en permanence.  Ça doit être le stress, ou le trac, qu’importe.  Je me sens à chaque minute comme à la veille d’un examen.  Une angoisse intenable.  Des centaines d’idées me passent par la tête et chaque soir je me dis « demain je m’y mets ».  Et le lendemain je me dis « demain je m’y mets ».  Une envie folle de m’y mettre et une telle peur de ne pas y arriver.

Bon, on est samedi, j’ai plusieurs heures devant moi.  Je peux regarder quatre épisodes de Desperate Housewives, faire mon ménage, faire une sieste ou enfin entamer mon manuscrit.

Je m’y mets !

Deux heures plus tard.  Je m’y suis mise.  Alleluia, je suis sur la bonne voie.

J’ai retravaillé tout mon synopsis (je me la pète grave avec ce nouveau mot qui fait dorénavant partie de ma vie, synopsis par ci, synopsis par là).  J’avais 18 chapitres, je suis descendue à 8.  Bingo.

Mon style est bon, totalement en accord avec les paresseuses, dixit ma nouvelle patronne chérie. 

Par contre, j’ai tendance à m’égarer, à partir en live, dans tous les sens, à blablater pour ne rien dire, dixit aussi ma nouvelle patronne un peu moins chérie.  Moi, blablater pour ne rien dire, allons, voyons…

Elle a raison.

Allez, j’y retourne.

Encore deux heures plus tard.  Je vais être obligée de lire « la zen attitude des paresseuses » et « la positive attitude des paresseuses » toute la nuit pour me remettre de mes débuts en tant qu’écrivaine.  Quel stress.  Je suis sur des charbons ardents.  Je n’aime pas ce que j’écris.  Je me trouve nulle.  Personne ne va acheter ce livre, il va pourrir dans les caves des librairies ayant commis l’erreur de l’acheter.  Pire, mon manuscrit sera purement et simplement refusé, ça sera aussi simple que ça.

La voilà, la dure vie de l’écriveuzzzz qui doute sur tout et tout le temps.

Bon, là je suis sur le chapitre « comment une paresseuse peut manger sainement et de façon équilibrée ».  Avant de le conclure, je m’en vais manger ma pizza arrosée de glace haagen dasz.  Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

Je fais part de mes doutes à mon « conseiller littéraire », bien plus expérimentée que moi, car déjà éditée.  Sa réponse me fait mourir de rire :

Très chère patiente,

ce phénomène que vous rencontrez est très fréquent chez les écrivains mis sous pression : cela s'appelle la "constipation scripturale". Phénomène de blocage devant l'imposition d'une contrainte par une tierce personne, en l'occurrence, les Editions Marabout.

Dans ces cas, pas de forcing devant l'ordinateur. Laissez agir votre inconscient nocturne et la situation se débloquera.

Docteur C.

 

A suivre...

paresseuses.gif


 

9
sep

Journal d’une paresseuse (première partie)

vip_paresseuses.pngEn mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

PREMIERE PARTIE

Ce journal a été écrit par mes soins, du 22 mars 2007 à ce jour…  Au fur et à mesure de l’avancement de ce projet.  Livré brut de décoffrage, comme vous en avez l’habitude.    Ça vous tente de partager mes joies, mes angoisses, mes insomnies et mes crises de délire ?   Installez-vous confortablement...

 

Jeudi 22 mars 2007.  « Le printemps est arrivé la belle saison… »

C’est le plus beau jour de ma vie. 

J’ai reçu un mail me proposant d'écrire un guide des paresseuses.

Aaaaaaaaaaaaaaaaaargh.  Je me meurs.  Vite, apportez des sels.  Anaïs va faire une crise cardiaque, une crise d’angoisse, une crise d’hystérie, ou même les trois.

Je suis au bureau, je dois garder un air concentré. 

Le mail a été envoyé mardi, mais sur mon ancienne adresse que je ne consulte quasi plus.  Je bénis le ciel de l’avoir conservée, cette adresse.  Et consultée, par hasard.  Je n’ose imaginer le drame si je n’avais pas consulté cette boîte mail.  Enfin, pas de drame, je n’aurai rien su.  Mais un drame tout de même.

J’ai envie de danser autour de mon bureau, de courir partout en hurlant à mes collègues « je vais écrire un guide des paresseuses… », de donner ma démission « je vais devenir une écrivaine célèbre », d’aller chercher une bouteille de champ et de la boire cul sec pour me remettre de mes émotions.

Je ne pense plus qu’à ça.

Je dois trouver mon sujet.  MON sujet.  Evidemment, mon sujet c’est le célibat.  Mais j’ai envie de faire quelque chose sur tous les aspects du célibat.  Pas uniquement le célibat et les rencontres.  La vie de la célibataire.  Je maîtrise bien ce sujet, pour sûr.

Je finis ma journée à midi, heureusement car je suis incapable de travailler correctement.

Je pars donc en goguette dans ma ville, trouver le rayon « Paresseuses ».  Je le trouve.  Il est gigantesque, tout un pan de mur consacré à ces ouvrages, avec un magnifique cadeau, la trousse des paresseuses offerte à tout achat.  J’ai bien envie de l’avoir, cette trousse, puisque j’en serai bientôt une, de paresseuse.

Bon Anaïs, tu mérites deux claques.

Tu es là à imaginer ton ouvrage dans le rayon, à te demander si tu diras aux vendeuses « vous voyez, cet ouvrage là, ce guide des paresseuses, si beau, si tentant, c’est moi qui l’ai écrit, MOI, vous comprenez ? », à imaginer des séances de dédicaces avec une file interminable, à te demander si tu sortiras de ton anonymat pour l’occasion, au bureau, dans ta famille, au moyen d’une big réception qui te coûtera 10.000 eur alors que tu en gagneras royalement 1.000.  Le prestige n’a pas de prix.

Oui tu es là à échafauder tous ces projets, à nager dans le bonheur, à voir du soleil dans ce ciel gris de printemps en grève.

Mais tu oublies un tout petit détail… insignifiant…

Tu n’as pas encore pondu la moindre ligne !

 

Vendredi 23 mars 2007

Pas su dormir, je tournais et retournais dans ma tête ce projet de bouquin.  J’ai cauchemardé : des centaines de bouquins avec mon nom en gros me dégringolaient dessus.  Et lorsque je les ouvrais, ils étaient tous totalement vides, un monceau de pages entièrement blanches.  Aaargh.

Samedi 24 mars 2007

Je vis un enfer.  Pas moyen  de pondre la moindre idée pour ce fichu bouquin.  Je suis dans un état de stress proche de l’explosion. 

Je me demande si je ne suis pas plutôt faite pour écrire un recueil sur « comment survivre à une proposition d’écriture de bouquin » plutôt que pour l’écriture.

Comment suis-je capable de pondre des lignes sans sourciller pour mon blog, et incapable d’avoir la moindre idée pour ce livre. 

Au lieu d’écrire, ou du moins de tenter d’écrire, je suis obnubilée par l’après parution…  Vais-je faire une fête pour marquer le coup ?  Qui inviter ?  Quelques membres de la famille (oups il reste peu de monde), mes collègues adorées (elles, rien qu’elles).  Et à qui je vais distribuer mes exemplaires d’auteur ?  Car parait que quand on écrit un bouquin on reçoit, avant la parution, quelques exemplaires.  A qui les donner ?  A mes amis… euh, les vrais amis (2), les faux (342) n’auront qu’à aller se faire voir, na.  A mon boss ? Oups je suis dubitative.  Vais-je vraiment en parler ?  Oui je crois, j’en meurs d’envie, là, déjà, tout de suite, mais je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir je dois tenir, parce que si je me vante partout d’écrire un livre, et que les chefs des paresseuses refusent mon synopsis, bonjour le râteau professionnel !

Synopsis, aaaaargh.

Je dois faire mon synopsis.  Kekseksa ?  Déjà entendu ce mot, mais de là à en savoir le sens.  Et puis ce que j’ai noté sur un bout de papier, quand j’ai eu la responsable parisienne (oui Paris, aaaaah) au téléphone, je l’ai perdu.  Je vais pleurer, là, tout de suite, je le sens.

« Synopsis : récit très bref qui constitue un schéma de scénario. »

Allez au boulot !

 

Dimanche 25 mars 2007

Je suis poursuivie par les écrivains : L’auberge espagnole, un écrivain, Le Come Back, une parolière (écrivaine de musique, c’est écrivaine tout de même), un lancement pour la vie de Béatrix Potter, écrivaine, Le film « mensonges et trahisons et plus si affinités », un écrivain. 

Je nage en plein cauchemar.

J’ai avancé dans mon synopsis, j’ai les titres, j’ai quelques idées.  Mais je ne parviens pas à totalement me lâcher.  D’un côté je dois juste faire le synopsis, d’un autre j’ai des idées qui fusent, de sorte que j’ai déjà commencé à écrire certains chapitres.

Je me suis dit une bonne chose : si le synopsis est refusé, ou si, pire, le roman est refusé, comme j’aurai avancé dans le travail, je le proposerai à autrui, voilà.  Mais quelle déception.  Je vivrai cet échec comme un drame, c’est clair et net comme clarinette.  Pffff. Défaitisme quand tu nous tiens.

 

Lundi 26 mars 2007

En rentrant du bureau tout à l’heure, je trouve dans ma lettre un guide des paresseuses envoyé par la maison d’édition.  « Le prince charmant des paresseuses ».  Que je dois lire pour m’assurer que mon sujet à moi ne sera pas un copier-coller du sujet « prince charmant ».  Pas de risque, moi je parle du célibat, de la vie de la célibataire, de comment s’organiser, survivre…  Waw qu’il est beau ce livre. Et je me mets à fantasmer comme une dingue sur la future couleur du mien, le titre du mien, le succès du mien.  Et je me plonge dare dare dans le synopsis du mien.  Plus tôt je l’enverrai plus tôt je serais fixée sur mon sort… Angoisse quand tu nous tiens…

 

Mardi 27 mars 2007

Vous allez assister en direct à l’envoi de mon synopsis, tandis que moi j’assiste en direct au lancement d’Appolo 13 à la TV.  Deux moments de l’histoire de l’humanité (oh ça va je rigoooole).  Voilà, je vais cliquer.  Voilà j’ai cliqué.  Mon destin vient de se jouer en un petit clic de souris.  A partir de ce mardi 27 mars 2007, 22h40 (mince j’aurais dû attendre 27h77… tous ces 7 m’auraient porté chance), je ne dors plus.  J’attends.  Je stresse.  Je trouille.  J’angoisse.  Je vais lire mes mails chaque minute.  Pourtant ça prendra peut-être du temps.   Je vais vivre un enfer.  Enfer qui ne sera rien à côté du moment où on m’annoncera que mon projet est refusé.  Parce qu’il va l’être, bien sûr.  Ou peut-être pas, je garde un tout petit espoir qu’il soit aimé, mon petit projet du « célibat des paresseuses ».  Faites que faites que faites que.

 

A suivre...

 

paresseuses.gif

 

6
sep

Statistiques

Question du jour :  une tartine fait quoi, euh, 15 cm sur 20 cm ? (oui c'est ça, environ, je viens de mesurer).

Le trou dans ma tartine fait, euh, 1 cm sur 3 cm.

Statistiquement, combien y avait-il de chances (enfin de risques) que je précipite ma confiture de cassis dans le petit trou de ma grande tartine ?

Et ben devinez ce que j'ai fait... Gaaaaaaagné.

 

2
sep

J'ai testé "monte toi-même ton petit meuble pour écharpes Strelli"

(billet rédigé en direct live au fur et à mesure des opérations, pour un lèchebide suspense insoutenable - les heures sont cependant pas très réalistes, je le précise pour ceusses qui vont dire "quatre heures pour monter quelques bouts de bois, la tehon", puisqu'en même temps, je préparais un projet, je répondais à des mails, je mangeais, je lisais le ciné revue, je créais un tableau excel et je discutais sur facebook).

Chez moi, j'ai un petit hall de WC.

Ben oui, certains ont un hall d'entrée qui, comme son nom l'indique, se trouve près de l'entrée, en général après l'entrée, car avant, ça caille, du moins en hiver.  Ça j'ai.

D'autres ont un hall de nuit qui, comme son nom l'indique, se trouve près des endroits où on passe la nuit, savoir les chambres.  Ça j'ai aussi.

Et d'autres, plus rares, ont un hall de WC qui, comme son nom l'indique, se trouve près des WC. Ça j'ai également.

Mon hall de WC se trouve donc entre mon living et mon WC, dont il est séparé par deux portes, et il sert de vestiaire.  J'y ai donc installé un porte-manteau, qui porte tant bien que mal, le pauvre.

Vous le savez, je suis fan des écharpes Strelli, que je collectionne comme d'autres les alumettes, les sacs Gucci, les lasagnes Farniente (moi), les pompes Manolo, les autocollants RTL ou les tops Prada.  Regardez-moi cette Anaïs qui se la pète.  Hé, c'est ma seul collection de luxe... A part peut-être aussi les pompes Pataugas, collection commencée y'a un an à peine et qui grandit grandit grandit...

Six paragraphes d'introduction pour vous dire que j'ai rien pour ranger mes écharpes Strelli.  Au départ, je les posais en équilibre instable au-dessus du porte-manteau mural, mais c'est bof.  Ensuite je les ai mises sur une petite table rectangulaire super étroite (passque mon hall de WC il fait un mètre sur un) au pied du porte-manteau, mais c'est nin pratique alleye une fois, ça se mélange aux manteaux, ça tombe, bref le foutoir.

Je suis donc partie à la recherche d'un petit meuble à installer au pied de mon porte-manteau et de mes manteaux.  Un petit meuble vraiment petit.

Je l'ai trouvé chez Casa.  J'ai longuement hésité avec un joli meuble à tiroirs déjà tout prêt à poser, mais les tiroirs, c'est pas pratique non plus.  Donc j'ai pris ce petit meuble trois fois moins cher et tout mimi, dont le coloris, enfin celui de la housse, siérait à merveille dans mon hall de WC saumon foncé (ou clair, chais plus, le WC est clair, le hall foncé, ou l'inverse), peint avec mon escabelle du temps oùsque j'aimais le saumon, en folle dingue que j'étais (maintenant j'aime le framboise et l'aubergine).

Trois fois moins cher... et trois fois moins volumineux.  Et pour cause : il faut le monter.

J'ai déjà monté des meubles Ikéa, c'est faisable.  J'ai monté sept bibliothèques (oui, j'aime les livres) toute seule.  Bon, parfois, j'ai défoncé le contreplaqué avec les vis, mais elles tiennent toujours debout malgré les centaines de livres qui les squattent.  J'ai monté un bureau pas de chez Ikéa.  Bon, il a failli s'écrouler quand j'ai posé mon écran non plat dessus, mais depuis j'ai un écran plat, ça va mieux... sauf qu'il s'écarte par le bas, que la tablette roulante pour souris s'est effondrée, de même que la tablette pour imprimante (m'en fous j'ai pas d'imprimante).  Je m'attends donc à ce qu'il fasse le grand écart, mais il survit depuis plus de sept ans, c'est bon signe.

Donc je n'allais pas trembler devant la perspective de monter un tout petit meuble de rien du tout : 55/50/30 cm.

17h.  J'ouvre la mini boîte et je repère le matos.  Argh, désespoir, je pensais au moins que les tablettes étaient assemblées.  Que nenni, c'est que des bouts de bois.  On dirait un Mikado géant.

 

1.JPG

 

17h15.  J'étale le tout, j'ai lu ça dans un livre (tiens c'est pas dans la Célib'attitude des paresseuses ?).  Fort heureusement, ils ont prévu des étiquettes sur chaque pièce.  Pas de bol, les étiquettes collent pas et se baladent partout. 

 

2.JPG

 

17h30.  J'ai trouvé un tournevis.  Les bouts de bois Mikado se ressemblent tous, c'est infernal.  Le mode d'emploi tient sur un confetti, contrairement à ceux de chez Ikéa, bien détaillés avec des repères et tout.  Ici, rien de tout cela.  Je compte les bois, ça va j'ai tout, c'est déjà un miracle, en général il me manque toujours une pièce (la barre de suspension d'une garde-robe, une roulette de chaise à roulettes - promis juré c'est du vécu, par bibi).

17h45.  je pige rieeeeeeeeeeeeeeeen.  Pause lecture de mails.  Retour au turbin.  Je rassemble les bouts qui se ressemblent et parviens à les identifier.

18h.  Je commence à visser le bout A avec le bout G.

18h15.  Bordel, pourquoi j'ai pas un tournevis électrique ?

18h45.  J'ai assemblé le côté du meuble.  Je sens plus mon bras droit.  J'ai quinze échardes dans le bras gauche.  Je veux un meeeeeeeeeeeeeeeeeeeec.

 

3.JPG

 

19h.  Je commence les "étagères à écharpes".  Je sens plus mon pouce à force de forcer... mouahaha, à force de forcer, j'aime.

19h15.  Pause repas et secret story, j'ai besoin de sucres lents et de déneuronisant, je me prends trop la tête.

19h45.  Plein de sucres lents, le coeur vaillant et les mains en sang (meuh non je rigole), je retourne à mon atelier créatif.

20h.  Y'a une vis qui veut pas rentrer, la garce.  Je dévisse, je change de vis, je revisse.  Ça rentre toujours pas.  Y'a un noeud dans le bois, zont pas fait le trou commyfaut, les charognes de chez Casa.  Je m'énerve, j'ai des cloches dans la main droite.  Ça change du poil que j'y ai d'habitude, je vous le concède.

 

4.JPG

 

20h05.  Purée ça fait un mal de geux le bois brut.

20h10.  J'ai une cloche.

20h15.  Je vais jeter tout ce brol par le fenêtre.  Tu visses, ça coince.  Tu visses, ça entre comme dans du beurre car tout le bois s'écaille et paf, la vis ressort.  Je jette tout je le jure.  J'ai si maaaaal à cette cloche en plus.  J'ignorais que visser puisse faire si mal, jamais eu ça chez Ikéa moi.

20h20.  Je revis (de vivre, et pas je revisse de revisser).  J'ai trouvé un autre tournevis.  Tout ça c'était la faute au tournevis.  Il vissait mal, il faisait mal.  Là j'ai du bon tournevis ma bonne dame, du cruciforme de la mort qui tue comme la croix de Jésus (je délire, c'est la faute à la chaleur, visser, ça donne chaud).

20h40.  Je monte mon meuble finger in the noze.  Abîmé, le finger, mais in the noze.  Même réussi à bloquer la vis qui a troué le bois et est ressortie avec une planche et une autre vis.  I'm the best monteuse of meubles of the world.

20h50. Qui c'est qui m'a foutu une vis sans rainures hein ?  Je vous jure, cette vis n'a pas été rainurée, pas moyen d'y mettre le tournevis.  Je suis maudite.

 

6.JPG

 

20h51.  Qui c'est qui a mis une vis de plus ?  Casaaaaaaaaaaaa. Je suis sauvée.

20h52.  Qui c'est qui a monté une planche à l'envers et que la vis n'entre pas vu que le trou est de l'autre côté ?  C'est mouaaaaaaaaa.

20h53.  Qui c'est qui va utiliser des prit budies de marque tesa (Mostek m'a dit que ça s'appelle des prit budies, ces trucs caoutcouteux qui collent sans abîmer, mais les miens sont de marque tesa, cqfd) ?  C'est mouaaaa.

21h.  Derniers tours de vis.

 

8.JPG

 

21h07.  Habillage de l'animal.

21h10.  Installation à sa place.

21h11.  Installation de sets de table assortis sur les planches pour pas que les éventuelles échardes tirent des fils aux écharpes, passqu'écharde et écharpe c'est pas compatible.  Je pense à tout, je suis un génie, je sais.

21h12.  Installation des écharpes.  Mon dieu, à voir la photo, c'est si harmonieux que j'en ai presque l'impression d'être maniaque (c'est ma coach rangement qui va être contente...)

21h14.  Je suis heureuse, c'est trop joli. L'habillage cache mes bourdes, ça va super bien avec mon saumon que j'aime plus mais finalement ça va vraiment bien donc on fera avec, c'est vraiment tout choli.  J'ai une cloche au pouce droit.  J'ai mon dos qui tire la tronche.  J'ai mes yeux qui piquent.  J'ai mon neurone qui danse la java.  Mais chuis contente d'y être parviendue.

21h15.  Repos bien mérité devant Mentalist.  Enfin après avoir posté ce billet frais du jour pour vous demain.  Et mis les photos en forme...

21h30.  Quand on découvre l'étendue de mes déboires (si vous avez eu le courage de tout lire), on imagine que j'ai monté une armoire normande (c'est gros, non, une armoire normande ?).  Et be non, juste moins de vingt planchettes mikado.

21h31.  Je relis pas, tant pis si fôtes y avoir, moi y'en a être exhausted, totally exhausted.

 

9.JPG

 

31
aoû

Rhoooooo ben ça alors, c'est la journée mondiale du blog

Et je l'ignorais...

Ben pour moi, ce fut la journée mondiale la plus merdique au bureau.  Imaginez l'enfer, rien qui ne va, les clients qui râlent, le boss chéri qui déprime, les collègues qui fulminent et bibi avec.  Ben ce fut encore pire que tout ce que vous pouvez imaginer.  Une vraie journée merdique.  Et pour fêter ça, un film romanticucul au cinéma, ça va nous faire du bien, car demain, dieu sait ce qui nous attend...