13
nov

J’ai testé « acheter une liseuse Kindle »

Août 2013 : «  les livres numériques ma bonne Dame, très peu pour moi, jamais de la vie, moi je dois tenir le livre, le feuilleter, sentir son papier se froisser, le respirer, l’avoir dans ma bibliothèque avec ses 850 petits amis »

Septembre 2013 : « les livres numériques ma bonne Dame, c’est sensas, ça ouvre la porte à plein de découvertes, c’est pratique, c’est facile, et voilà ».

Et oui, y’a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, paraît-il…

Entre août et septembre, avec Rachel Colas, on s’est lancées dans l’aventure Kindle, elle m’a montré sa toute jolie liseuse en couleur digitale et tutti quanti, et j’avoue que j’ai bavé.

Puis petit à petit, découvrant ce big progrès de la mort qui tue, bien forcée, vu que je mettais tous mes petits écrits en Kindle, merci Rachou de cette super idée, ben ça a commencé à me titiller.

« J’en veux une ».

« Nan allez pas ton truc, toi te faut du livre ».

« J’en veux une ».

« Nan, t’aimeras pas ».

« J’en veux une ».

« Bon okeye ».

(Dialogue avec me, myself and I, of course).

Et me vlà sur Amazon, pour acheter ma liseuse.

Pas livrable en Gelbique, keskesèksebinz ?

Ben non, pour d’obscures raisons de droits ou du genre quoi, impossible d’avoir une liseuse sur amazon.fr livrée en Belgique.

C’est nul.

Faut l’acheter sur amazon.com, où elle passe de 79 eur (en dollars), à genre 129 eur, avec les droits de douane, de taxe, de change et tuti quanti.

J’en veux plus.

Mais en fait si j’en veux.

Alors, à force de tergiverser, d’entendre Rachel (toujours elle, elle est mon ange gardien) me proposer de me la ramener de France quand elle irait y chercher un colis, je fonce et franchis ce pas décisif.

Ce 31 octobre 2013, quelques heures avant le lancement du Nanowrimo, je m'offre ma liseuse. Et une housse. Mauve. Et un chargeur. Inutile, j’en avais déjà un avec mon ipod, tchu. Youpi tralala youplaboum, chuis contente.

Reste à attendre son arrivée.

Tic tac tic tac tic tac, c’est long.

Je vous passe les détails de mes angoisses existentielles, et puis non : eske je vais savoir m’en servir, eskelle va transférer mon stock de livre du pc, eske ça va pas tomber en panne et comment ske je vais faire si jamais, et patati patata.

Et hier, tadaaaaaaaaaaaam, excursion en France et retour de la bête.

Et aujourd’hui, tadaaaaaaaaam, grâce à mon adorable voisine qui a été me la chercher sur sa pétrolette à roulette pendant que je peignais un joli truc à l’aquarelle (après des raisins qui ressemblent à des prunes et une pomme qui ressemble à une pêche, j’ai enfin réussi à peindre un truc qui ressemble à ce qu’il doit ressembler, et même que je trouve ça joli même si c’est pas fini).

Je rentre chez moi et tadaaaaaaaaaaaaaam, keske je trouve sur ma table ?

Ouais, ça !

 

IMG_7136.JPG

 

Danse de la joie.

Elle a l’air jolie hein, mais la housse elle est mal fichue, elle cache les boutons, tchu. ça m'apprendra à acheter du cheap.

Enfin soit, danse de la joie.

Angoisses existentielles.

Je branche la bête, qui se charge.

J’allume la bête, qui me demander de m’inscrive via le wifi (ouf j’ai le wifi depuis deux ans, sauvée).

Il me trouve plein de comptes Voo, chuis sûre que c’est mon voisinage, moi c’est pas Voo et moi il me trouve pas.

Sacrebleu.

Diantre.

Angoisse existentielle.

Puis, miracle, je repousse sur « inscription », et ça me trouve mon wifi.

Alléluia.

Ma Kindle me dit bonjour. Elle est polie.

Elle me demande qui je suis.

Ben Anaïs.

Je dois donc encoder mes mots de passe et mail Amazon, pour qu’elle retrouve mes livres, eskelle va les retrouver, allez on y croit.

Je dois encoder l’adresse là à droite, anaisvalente et patati hotmail point be.

J’encode tout correctement, puis je foire pour passer au mot de passe.

Je recommence.

J’encode anairvalente, puis je réussis à encoder le mot de passe.

Message « ce compte n’existe pas. »

Rhaaaaaaaaaaaaaaaa je veux mourir, on me retrouve pas, je vais perdre tous mes livres, achevez-moi, on achève bien les chevaux.

Puis je vois anair, je m’appelle pas anair, mais anais.

Je réencode.

Et par erreur je pousse sur je sais pas quoi et je retourne au menu principal.

Rester calme.

Me débarrasser du Toutnu qui me colle et m’éneeeeeeeeeeeerve. Il paie mes erreurs car pas de câlin tant que ma liseuse marche pas, na.

Je réencode. Mail. Mot de passe.

Bingo.

J’ai 68 livres dans ma liseuse.  A un près ce serait une kindle érotique…

On m’a bien dit de charger mes livres, car c’est pas parce que tu le vois qu’il est là.

Je me dis que je vais charger les nôtres avec Rachou, et vous faire une jolie photo de la première page, pas de la couverture car j’ai pris une kindle basique, celle à 59 eur (79 au début du billet, mais en promo maintenant), en noir et blanc, et on voit même pas les couvertures, c’est nul. Mais un livre ça sert à être lu, pas à admirer la couverture.

J’ai sept pages de livres.

Mais je parviens pas à passer à la seconde page.

Je me dis que je vais charger les 67 premiers, vu qu’avec ma chance et mon nom, le mien sera dernier. Et je l'ouvrirai pour la photo.

Je charge, je charge, je charge, et je repasse par la page d’accueil.

Mais après 6 livres, la ligne bibliothèque du menu d’accueil, ben elle est passée en page deux.

Ah ah ah, et ça vous fait rire ?

Moi pas, je sais pas passer à la seconde page…

Donc j’ai encore rien lu, j'ai accès à six livres, mais je vais lire le mode d’emploi, j’espère que c’est une version blonde… sinon chuis foutue.

Et dire que si j’avais écrit un billet intitulé « j’ai testé lire un livre », il se serait résumé en ces mots : j’ai pris mon livre, j’ai ouvert mon livre, j’ai lu mon livre.

J’ai encore du taf pour parvenir à lire un livre sur ma liseuse…

Mais je l'aime déjà d'amour.

24
jui

J'ai testé coucher dehors (à la belle étoile)

belle etoile.png

Souvenez-vous, y'a six ans (déjà) j'avais testé vivre nue, ce qui me vaut encore plein plein de visites sur ce blog (bande de petits pervers va).

Cette fois, j'ai décidé de tester coucher dehors, mais pas nue, ça sera peut-être pour une prochaine fois.

Quand je dis "coucher dehors", j'entends "passer la nuit dehors".

Et quand je dis "j'ai testé", j'entends "j'ai pas eu le choix, question de survie de ma vieille carcasse".

Lundi soir.  22h30.  Canicule.  28 degrés dehors.  28 dedans, mais sans un pet de vent.  29,5 dans ma chambre.

Je suis dehors, en nage encore, et je me dis que je suis incapable de dormir dans mon lit, dans cette chambre où l'air circule mal, avec les bouffées de chaleur qui me terrassent toutes les dix minutes, surtout le soir et la nuit, les garces immondes (les bouffées de chaleur devraient être interdites par la loi, voilà à quoi devrait servir un gouvernement, à promulguer des lois utiles à la population).

Ma décision est prise, je vais dormir dehors.  J'avais déjà tenté l'expérience lors d'une précédente canicule, mais j'avais finalement regagné mon petit lit sur le coup d'une heure du mat.

Cette fois, ça sera toute la nuit, moi, la lune et les étoiles.  So romantique, en plus.

Je cherche la grande ourse, qu'on m'a encore montrée récemment, avec son étoile, euh, du berger, du nord, polaire… décidément il est écrit que je ne mémoriserai jamais le nom de cette étoile et que je la confondrai toujours avec Venus.  Tant pis, on mettra ça en épitaphe sur ma tombe "là-haut, maintenant, puisse-t-elle avoir compris laquelle est la polaire".

Je la trouve pas, pas assez noir, ça va viendre, et puis j'ai toute la nuit pour l'admirer...

J'entreprends alors un chtit déménagement qui me fait suer comme un bœuf ménopausé.

Bah oui, il en faut des trucs pour passer la nuit dehors :

Installer un coussin sur mon lit de jardin (because j'ai pas de matelas gonflable ni rien d'autre pour bien dormir, je m'avachirai sur mon transat, très peu confortable).

Y adjoindre deux gros coussins moelleux pour le confort de mes fesses et de ma tête.

Prévoir un plaid épais pour la fraîcheur qui risque d'arriver.

Ajouter un petit verre de jus d'agrumes passque préparer tout ça, ça donne chaud chaud chaud.

Allumer une loupiote, même si mes petites lampes solaires font que la nuit n'est pas vraiment noire, et c'est tant mieux.

Installer mon pc pour m'endormir en regardant Orange is the new black, la nouvelle série made by ceusses qui ont fait Weeds paraît, vraiment pas mal, je vous la conseille, elle vient de commencer disent-ils mais y'a déjà 12 épisodes, je pige pas trop.

Voilà, chuis prête, je m'installe confortablement comme sur une couchette de prisonnier, je bois mon petit jus de réconfort après l'effort, je lance ma série, avec mes écouteurs, pour pas déranger mes voisins, et je pose ma tête sur mon coussin/oreiller, profitant de la fraîcheur toute relative qui commence à envahir l'atmosphère.

J'en suis à me dire que c'est presque le bonheur, lorsque je sens une masse s'abattre sur moi, comme sur un trampoline, suivie par une seconde masse, toute aussi joyeuse.  Le rat et la souris, tout heureux de ma présence nocturne inattendue, s'en donnent à cœur joie, et que je sautille, et que je "va-et-vienne" sur ma carcasse, et que je me frotte de bonheur, et que je bouge et bouge encore.  Un enfer.

Une heure plus tard, les bestiaux sont calmés, ou presque, mon épisode se termine, et mes paupières se ferment. 

Moment idéal pour fermer mon pc, enlever mes lunettes et rejoindre morphée pour une nuit romantique au clair de lune.

Je ferme les yeux.

Et je réalise combien la nuit est bruyante.

Chez mes voisins, en journée, une petite pièce d'eau dispense un clapotis tout léger tout agréable.  J'adore.  Ça fait vacances.  Ça rafraîchit l'ambiance.  Ça donne envie de pisser.  Mais là, en pleine nuit, je me croirais aux chutes du Niagara.  L'enfer au carré.

Bon, n'y pense pas Anaïs, concentre-toi plutôt sur le ronflement des bestiaux qui ont élu domicile dans ton cou et sur ta tête, dans un élan d'amour infini.  Ah, c'est sûr qu'ils m'aiment, ces bestiaux.  Et moi je les aime autant que le bruit d'eau voisin, à la folie, dans le sens "devenir folle et tout casser".  L'enfer au cube.

Bon, je scrute les étoiles, histoire de me calmer.  Sauf que sans lunettes, je vois que du noir complet, du noir intense, point d'étoiles.

Alors je m'emmitoufle dans mon plaid douillet, because il commence à faire vachement frisquet, en cette nuit de canicule, et je ferme les yeux, je veux dormir, je vais dormir.

Je dors pas.

Et puis y'a une moustique, là, près de ma joue, je l'entends tournicoter, chercher la meilleure position pour me piquer.  Je la chasse d'un coup de main habille, me flanquant une gifle pour l'occasion, et je m'enterre sous mon plaid, histoire de ne laisser à cette moustique aucune parcelle accessible.

Et ça me donne chaud, mais chaud.  Passque dormir dehors pour échapper aux bouffées de chaleur ne fait pas échapper aux bouffées de chaleur.  Et passqu'avoir des bouffées de chaleur en étant en nem dans un plaid, c'est l'enfer puissance 4, pire encore que dans une chambre où on n'a pas froid, ou si peu.  Je passe donc mon temps à mourir de chaud, dérouler mon nem, frissonner, réinstaller mon nem, et ainsi de suite jusqu'à 3h30 du mat, où je suis terrassée par une folle envie de faire pipi (note pour plus tard : plus jamais le jus d'agrume en pré-dodo).

Je me lève donc dans le but de me soulager et de mettre un petit gilet, histoire d'avoir moins froid lorsque je ne suis pas "plaidée", et de mourir encore plus d'hyperthermie dans le cas contraire... passque comme disait le Renard, rien n'est parfait.

Une fois dans ma chambre, je repère mon lit.

Mon grand lit.

Mon accueillant lit.

Mon chaud très très chaud lit (28,9 degrés encore).

Je m'y jette voluptueusement, attirée comme par un aimant, et je m'endors immédiatement, pour quatre magnifiques heures de sommeil enfin réparateur.

Le lendemain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, mes coussins, mon plaid et mon pc sont eux aussi bien blanchis par la rosée matinale, me confirmant que faire dodo dehors, c'est vraiment pas la panacée universelle…

19
jui

Question scientifique du jour au Docteur Anaïs

Question : si lors d'un accouchement les contractions se rapprochent de plus en plus, annonçant la délivrance toute proche, en est-il pareil des bouffées de chaleur de mamypause, à l'approche de la fin du traitement (et donc de la délivrance à venir) ?

Réponse du Docteur Anaïs : oui.  J'en suis à une contraction bouffée toutes les dix minutes.

Question : mais kesk'une bouffée de chaleur ?

Réponse du Docteur Anaïs : c'est comme une irradiation allant de la pointe des cheveux à la base du coup.  Comme une combustion spontanée en devenir.  Comme un coup de soleil qui va et vient.  Comme une poussée de fièvre digne d'une méningite.

Question : et la canicule, ça aide ?

Réponse du Docteur Anaïs : ouais, ça aide à te pousser à ouvrir le frigo pour y mettre la tête, ça aide à remplir une bassine d'eau pour y plonger tes orteils surchauffés (passque les orteils sont irradiés aussi, second effet kisscool), ça aide à faire croire aux gens qui te disent "mais pourkwa t'es toute rouge ?" que c'est à cause du soleil (et tu vas aussi devenir rouge si tu continues avec tes questions à cinq euros, vu que je vais te flanquer mes cinq doigts dans la figure, because les rougeurs ça énerve grave, mais ça fera l'objet d'un second billet, ça le vaut bien).

Merci Docteur Anaïs, à bientôt pour une prochaine consultation virtuelle.

14
jui

Appelez-moi (encore) Miss Bricolage : à la recherche de l'attache perdue

Je suis une non-bricoleuse née, vous le savez, même si parfois un miracle se produit, comme ici.  Alors, en matière de voilage de fenêtre, j'ai opté pour la solution de facilité (quoique), les crochets collants.

Ou plutôt les crochets collants qui collent pas.

Vous connaissez ?

Je les colle.  Ça semble tenir.  Et puis un beau jour, ou plutôt une belle nuit, car ils adorent se faire la malle quand les étoiles brillent, dans un bruit qui, en journée, semblerait anodin, mais, la nuit, fait penser à un cambrioleur qui tente de s'introduire chez moi pour me voler / violer / dépouiller / frapper.

Le côté fun de ces crochets collants qui collent pas, c'est qu'on ne sait jamais quand ils vont tomber.

Surprise !

Et quand ils tombent, je les recolle à la superglu, en général ça tient.  Dans ma chambre en tout cas, ça tient depuis 7-8 ans, j'ai bon espoir.  C'est le dur lot des châssis en pvc.

Mais dans ma cuisine, châssis en méranti, j'ai fait pareil, en mauvaise bricoleuse que je suis.

Y'a bien des petits trous de brise-vue de l'ancien occupant, que j'ai utilisés des années pour y suspendre de jolies cartes pleines de grenouilles et de fleurs, mais depuis que j'ai ma nouvelle cuisine grise toute belle toute propre, rigolez-pas, j'ai voulu mettre des voiles tout gris tout jolis tout propres, des fois que le soleil du plein Sud n'abîme ma cuisine (j'ai dit rigolez pas).  C'est super mimi, avec des ronds en bois vert pomme comme la peinture murale, pour resserrer le tissus (comment on appelle ce truc ?).

Tout beau.  Et tout collé.

Et l'autre jour, ben le voile de droite s'est effondré.  Je l'ai recollé à la superglu, un enfer, devoir me mettre en extension dix minutes pour tenir la chose qu'arrêtait pas de retomber (celui qui prétend qu'avec superglu on colle presque tout en dix secondes est un gros menteur devant l'éternel).

Je m'attendais donc à ce que le gauche me fasse le même coup, et ce fut fait, pas plus tard que ce matin.

Bruit de tour jumelle qui s'effondre (je sais, c'est même pas drôle), je me précipite pour admirer la dégringolade de voilage gris sur rond vert pomme, cherchant à récupérer le petit crochet collant à recoller…

Et en soulevant le voile, je précipite le crochet sur mon radiateur.  Il glisse entre le grillage et me nargue de l'intérieur.

VDM.

Et de regarder mon attache en espérant un miracle miraculeusement miraculeux, genre qu'elle ait des ailes et s'envole vers moi pour me tomber ensuite dans la main.

Bon.

Que faire.

Démonter tout ?  Euh, y'a douze vis cruciformes, je me connais, c'est foireux d'avance, malgré ma visseuse électrique de compet' achetée chez Ikéa, je saurai plus revisser bien droit, y'a rien qui tiendra.

La choper avec une pince, voilà.  J'ai une pince de bricolage, youpie.  Elle entre pas entre la grille, pas youpie.

La choper avec une pince à épiler, voilà, c'est plus fin.  Et plus petit.  Trop petit.  La pince entre, elle touche l'attache, mais j'ai aucun moyen de pincer la pince pour coincer l'attache.  Et une pince qui pince pas, ben c'est pas une pince.  Inutile, quoi.

La choper avec une fourchette, en la coinçant entre ses dents.  Super idée.  J'y parviens tant bien que mal. Mais elle se retourne, se glisse plus profond dans les entrailles du radiateur, naaaaaaaaaaaaaaan.  Je la récupère, la remet en position initiale, tout ça avec ma fourchette, je sais, appelez-moi Mac Gyver.

La choper avec une fourchette ET une pince à épiler.  Je la coince à nouveau avec la fourchette, la remonte tout doucement, si doucement que Bibie s'en est endormie, et je la porte à hauteur du grillage, où ma seconde main, armée de la pince à épiler, est prête à attaquer.

C'est là que ça se corse.

Surtout ne pas toucher les bords du grillage, au risque de faire retomber lourdement mon attache et de la voir disparaître définitivement dans les méandres du radiateur et, en hiver, provoquer l'explosion de ma modeste masure (meuh non j'échafaude pas des scénarios/scénarii catastrophes).

Calme, reste calme, petite Anaïs, tu peux le faire tu vas le faire tu vas sortir ton attache de ce grillage, sans rien toucher.

Et me voici transportée dans un voyage dans le temps, quand j'avais dix ans, que je jouais à Docteur Maboul.

Je mets mon masque chirurgical et m'apprête à extraire la côte de rire, la pomme d'Adam ou le papillon chatouilleurs (mes préférés, mais je détestais l'os de vœux, trop foireux) du corps de mon patient impatient, sans toucher les bords de sa carcasse, pour pas faire sonner son nez rouge.

Et j'extrais mon attache sans dégât, bonheur incommensurable, joie intense, soulagement extrême.

Je suis formidable.

Bon, y'a plus qu'à prendre ma superglu qui glue pas et à tendre le bras durant dix minutes.  VDM bis.

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6
jui

Appelez-moi Miss Bricolage (ou A la recherche du ventilo perdu)

 

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Aujourd'hui, il fait chaud.

Et aujourd'hui, je vais sortir de chez moi, ce qui est incompatible avec les chaleurs intenses chimiques que je ressens actuellement et qui vont jusqu'à provoquer des malaises (imaginez une fièvre soudaine et fulgurante, ben voilà, c'est ça).

J'ai donc décidé de m'équiper d'un ventilateur.

J'ai bien un petit ventilateur usb bien pratique, mais il sera moins pratique de me trimbaler avec mon ordinateur portable pour y brancher le ventilo.  Un peu lourd.

Je me souviens avoir acheté un mini ventilo à piles rouge y'a des années.  Et je me souviens avoir reçu un petit ventilateur à piles noir y'a des années aussi, pour le blog, lors d'une campagne Passoa (buvez avec modération).

The big question of the day is : où sont-ils ?

Ce sont toujours les choses dont on a peu usage qui se cachent le plus.  

Pour le rouge, j'ai peu d'espoir, il a vécu deux déménagements.  Je sais que je l'ai quelque part (hé, je ne jette jamais rien), mais j'ignore totalement où et vu que je suis bordélique et dispose de dizaines de tiroirs pleins de brol, j'ai peur d'y passer la journée (hé, je ne jette jamais rien je vous dis).

Mais le noir doit être là, à portée de main, à portée de regard.

J'ouvre un tiroir, celui à piles, outils, petit matos électronique, tournevis, prises, corde, pinces, porte-clés, sonnette qui sonne pas and co (hé, je vous dis que je jette jamais rien) et j'y trouve, alléluia hosannah au plus haut des cieux paix sur la terre aux inventeurs du ventilateur, mon ventilateur noir.

Qui fonctionne pas.

Damned.  Un sort aux inventeurs du ventilateur à pile, pourquoi n'ont-ils pas inventé le ventilateur à dynamo.  Bon, faut le recharger, ça donne chaud, mais ensuite on peut se rafraîchir les aisselles facilement quoi.

J'ouvre le ventilateur, scellé par un couvercle vissé par une minuscule vis, au moyen d'un de mes minuscules tournevis, retrouvé après dix minutes de recherches (mais qui a inventé les vis dans les couvercles de ventilo re-damned ?).

Je trouve trois piles dans mon tiroir à piles and co, en fouillant dans l'amas de piles en état / usagées qui le squattent en me disant que je ferais vraiment bien de trier et de classer mes piles, de recycler celles qui doivent l'être, de recharger celles qui peuvent l'être, bref de changer mon mode de fonctionnement, de ranger, de jeter.  Dans une autre vie, peut-être.

J'enlève les trois piles et constate qu'une d'elles a coulé re-re-damned.  Ça va être galère, je sais que pile qui coule est synonyme d'appareil qui colle et qui, accessoirement, ne fonctionne plus.

Je nettoie un peu la gluanteur qui squatte l'intérieur de mon ventilateur et je constate alors que le petit ressort sous cette pile qui coule a été totalement rongé et s'est désolidarisé de sa base pour se transformer en trois petits anneaux (preuve en est que le contenu d'une pile est pire que le coca).  Re-re-re-damned.

Je tente quand même de mettre mes trois piles neuves (encore sous blister, merci le dieu du blister) en place, mais ça marche pas.  Logique, je vois bien que sans le ressort, la pile ben elle se balade (puisse-t-elle éviter de me chanter des ballades – digression pour que vous comprendre la différence entre balade et ballade).

Puisqu'elle se balade, je vais la coincer.  Je fabrique un petit ressort de carton (bricoleurs, taisez-vous, continuez à lire), que j'insère, suivi de la pile et de ses deux compagnes.

Ça marche pas.  Re-re-re-damned.

Puis je réfléchis.  Ouais, ça je sais faire aussi.  Parfois.

J'analyse l'intérieur de mon ventilo.

Et j'ai un éclair d'intelligence.  Je me dis que le ressort sert à coincer, mais aussi à faire passer des trucs.  Des trucs de la pile.  Enfin bref pour résumer et pour faire court, faut du métal.

Je tente de remettre les anneaux anciennement poisseux anciennement constituant un ressort, mais j'abandonne vite.

Et je réfléchis encore un peu.  Me faut un ressort.

Je me rappelle avoir laissé traîner un ressort des semaines dans un petit plat sur ma table de salon, me demandant d'où il venait, puis l'avoir jeté.  Mais pourquoi ai-je jeté ce ressort, moi qui ne jette jamais rien ?

Et je réfléchis.  Ça chauffe ferme là-dedans.  Et j'ai chaud.  Et même pas un ventilateur pour me rafraîchir.  Et je m'énerve, ce qui n'est pas bon pour mes chaleurs chimiques.

Gros titre dans la presse "une namuroise meurt d'autocombustion après avoir cherché durant six heures un ventilateur".

Puis ça tilte à nouveau dans ma tête.  Oùskia des ressorts ma bonne Dame ?  Dans les bics.  CQFD.

Et vu que je ne jette rien, des bics, j'en ai des dizaines.  Qui écrivent ou n'écrivent plus, séchés par le temps, mais on s'en moque. 

J'y trouve un ressort.  Je l'insère à la place du premier.  Il saute à gauche et à droite mais je parviens à le coincer avec la pile.  J'insère les deux autres piles, et le miracle se produit.

Mon ventilateur fonctionne.

De l'air frais, alleluia hosannah blablabla.

Bon, sur ses pales, on voit tourner en lettres rouges PASSOA, mais je m'en moque comme de ma première pile rechargeable.

Je nage dans le bonheur (et accessoirement dans la sueur).  Je suis un génie.  Un génie du bricolage. 

Trop fiereuh de moieuh !

Prochaine étape, trouver un ventilateur sans piles, j'en ai dégotté un sympa ici, mais ça m'a l'air d'être à l'autre bout du monde re-re-re-re-damned.

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