21
sep

Oups, un accident, ben ça alors

Je vous le disais récemment, je suis zeeeeeeeeeeeeeeeen depuis que j’ingurgite mes potions magiques et mes pilules miraculeuses le matin.

Et l’autre matin, encore sous l’effet de tout ce que mon estomac venait de voir surgir (pour rappel quatre pilules, quatre ampoules, que du naturel ma bonne Dame, que de la plante miracle), je décide de traverser la rue.  Enfin, je ne décide pas, je dois traverser la rue, c’est indispensable pour arriver au bureau, et je ne pense pas que boss adoré accepterait de m’installer une annexe de l’autre côté de la rue sous prétexte que j’aime pas traverser, qu’ils veulent tous m’écraser, que je tremble d’effroi.

Je suis tellement zen que, contrairement à mon habitude, je ne m’impose pas sur les lignes, au risque de me faire catapulter à cent mètres ou spotchier comme une crêpe au sucre sur le sol.

Non.

J’attends.

Je suis zen, j’attends.

J’attends qu’une auto me laisse passer, rien ne presse, zen attitude.

D’autant que là, au loin, un 4x4.

Et les 4x4, c’est bien connu, c’est conduit par des redede qui se la pètent gravent et laissent jamais passer les pauvres piétons, qu’ils préfèrent toiser de toute leur hauteur, eux qui adorent polluer en pleine ville avec une tuture qui n’a rien à y faire.

Donc j’attends.

Et le miracle se produit.  La zen attitude est contagieuse.  Le 4x4 ralentit doucement.  Et je comprends qu’il me laisse passer.  Alors, je passe.  A mon aise.  Et en faisant un grand signe de tête en guise de merci, passque chuis polie et je remercie toujours quand on me laisse traverser.

Quasi à mi-chemin, j’entends soudain un monstrueux bruit de freins.  Tellement monstrueux qu’en un micromillionième de seconde j’ai le temps de me dire « purée Anaïs t’as mal vu, tellement zen que t’as pas remarqué que le 4x4 ne ralentissait pas, tu vas être écrasée comme une punaise et monter illico au paradis des gens zen, sur ce coup-là ».  Dingue ce qu’on peut se dire en un micromillionième de seconde hein.  Là, chuis plus zen, du coup.  Mon cœur part en vrille, l’adrénaline s’excite dans tout mon organisme.

Mais le pire est à venir.  Après le bruit de frein, monstrueux bruit de tôle froissée, écrasée, exterminée.  Tellement monstrueux qu’en un micromillionième de seconde j’ai le temps de me dire « purée Anaïs t’as mal vu, tellement zen que t’as pas remarqué que le 4x4 ne ralentissait pas, mais tu vas pas être écrasée comme une punaise et monter illico au paradis des gens zen, sur ce coup-là, sinon tu l’aurais senti, la tôle, c’est pas toi qu’elle a touchée, mais keskelle a touché alors ? »

Et je me retourne.

Pour voir une pauvre petite vieille voiture faire un rebond vers l’arrière, après avoir embouti l’énorme 4x4, qui s’était bel et bien arrêté.

Rhaaaaaaaaaaaaaaa.

Mon adrénaline frôle la crise d’hystérie.  Ma zenitude est montée direct au paradis.

Mon cœur bat comme si j’avais croisé homdemavie.

Et en plus, je culpabilise.

Je suis arrêtée, au milieu de la rue, et je culpabilise.

Pourtant, j’ai pas foncé, j’ai pas forcé le 4x4 à s’arrêter, comme je le fais d’habitude vu que j’étais zen vu que j’avais pris mes potions magiques.

Mais je culpabilise.

Chais pas quoi faire.

Puis les voitures repartent, se garent dans une rue transversale, pour le constat.

Alors je continue ma route, toujours sous le choc.

Et j’en oublie de regarder à droite.

« Toujours regarder à gauche, puis à droite, quand tu traverses ».

Je manque de me faire transformer en punaise écrasée par une petite voiture rouge qui surgit de la droite. 

Je recule.

Je redeviens zen.

J’attends.

Puis je traverse.

Comme quoi, ma zen attitude n’a pas que du bon.

Vlà que pour la première fois de ma vie formidouble, je provoque un accident !

Et un petit aperçu de ce que j’ingurgite chaque jour.  Rassurez-vous, je vous l’ai dit, c’est que du naturel ma bonne dame.

 

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20
sep

Mes fiesses (de Wallonie, the best and the worst)

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(Photo d'Oli, que je remercie)

Naaaaaan, j’ai pas fait une faute de frappe dans un billet dédié à mon postérieur qui a fait le plein de moules, de cidre, de croissants et de tartiflette durant mes nombreuses récentes vacances.

Mes fiesses, ce sont mes fêtes, alias mes fêtes de Wallonie.

L’an dernier, j’étais pô là et j’avais pas envie de faire les fiesses.

J’aime plus trop les fiesses, cette foule en délire, ces ados rendus débiles par l’alcool, ce bruit.  J’en suis à  me demander comment j’ai pu, y’a des années, déambuler de 14 h à 4 h du mat dans les rues namuroises et refaire, inlassablement, le même tour, en m’abreuvant, si peu, de péket même pas bon car y’avait pas grand choix de goûts à l’époque (nan, c’était pas en 1910, mais tout comme).

Mais bon, j’aime encore un peu les fiesses : ses pékets à tous les goûts, ses concerts parfois sympas, son feu d’artifices.

Alors, à peine revenue de Paris dotée d’un mal de gueux aux mollets, chevilles et cuisses (on m’a demandé « c’était un stage sportif ?  Naaan, juste le métro »), j’ai pris mon courage à deux mains et entamé une nouvelle épreuve sportive : les wallos.

Et je ne regrette pas.

Je ne regrette pas cette raclette sur pain avec épices et tomates, même si les épices étaient concentrées sur la seconde moitié et m’ont arraché la langue, même si j’ai dû faire deux fois la file passqu’ils sont pas foutus d’indiquer correctement « raclette sur pain c’est làààààà baaaaas et pas iciiiiii ».

Je ne regrette pas ce petit péket violette à damner une fleur, bu cul sec, qui m’a réchauffé le gossier, passque l’été indien est ensoleillé mais froid en ce moment.

Je ne regrette pas ce grand péket à la fraise maison, avec vrai jus de fraise.  C’est Mostek qui m’avait fait découvrir ça, et je vous prie de croire que c’est nirvanesque et orgasmique.  Vous connaissez pas ? L’an prochain, faudra goûter, promis ?

Je ne regrette pas d’avoir marché pour voir le feu d’artifice offert par la Wallonie (enfin par le parlement, ou le gouvernement, ou la région, j’ai oublié, jamais su retenir ce genre d’absurdités, bien qu’ils l’aient répété quinze fois pour qu’on pige bien le cadeau extraordinaire qu’on nous faisait et qui tombait pas du ciel).  Il était superbe.  Magnifique.  Emouvant.  Avec plein de musique chouette : Brel, du classique, Stromae, Maurane… même qu’il a duré longtemps, le feu.  Même qu’on a cru que c’était le bouquet final et ça l’était pas.  Même qu’à un moment le ciel était tout doré c’était hyper beau.  Même qu’il y avait des pétards fontaines trop cholis.  Même que le bouquet final m’a ouvert la bouche en grand ooooooooooh, heureusement qu’une zébrée passait pas par là, elle aurait pu s’attaquer à ma luette.

Je ne regrette pas d’avoir remarché jusqu’au centre ville pour voir Michel Fugain mettre l’ambiance.  J’ai toujours aimé Michel, même si je l’écoute plus trop en ce moment.  J’ai hurlé sur « Une belle histoire », « Les acadiens ».  J’ai slowé sur « L’amour est une forteresse ».  Et j’ai même versé ma petite larme, faut le faire, aux wallos, même pas bourrée, verser une larme.  Sur « Je n’aurai pas le temps », passque je comprends maintenant le sens de cette phrase.  Superbe moment que ce concert.  Bon, on n’a pas entendu La fête et Fais comme l’oiseau, passque le feu d’artifice nous a retardées.  Serait-il possible que la ville cesse de programmer tous les chouettes trucs à la même heure ?

Je ne regrette pas d’avoir été parmi le peuple, tandis que les « élus », chais pas vraiment qui, mais ça puait l’élitisme, se pavanaient sur des gradins.  Moi je me la jouais poule qui se déhanche plutôt que paon qui se pavane.  Na.

Je ne regrette pas la longue marche du retour, passque j’ai passée une super bonne soirée, merci au revoir à l’an prochain.

Et ça m’a rappelé ce billet écrit y’a des années, jamais publié, passqu’il allait faire pleurer dans les chaumières, pour sûr.  Un billet qui prouve que les Wallos et moi, c’est pas kif kif bourricot chaque année.  Allez, je vous le livre enfin, exclusivité mondialement mondiale. Ça va pleurer dans les chaumières, je vous le dis…

 

Mes vraies Wallos

Vous voulez connaître mes vraies Wallos ?  Les vraies de vraies.  Les vraies Wallos d’Anaïs Valente…

Et bien mes Wallos cette année, ce sont les pires Wallos de toute mon existence.  Pourtant j’en ai déjà vécu, des Wallos.  Des pluvieuses, des ensoleillées, des alcoolisées, des sobres, des tardives, des raisonnables, des joyeuses, des pleines de bisous sur la bouche, des dramatiques qui finissent à la police, des drôles qui finissent devant un bon croissant.  Mais pire que mes Wallos cette année, c’est nin possip’.

Par un incroyable concours de circonstances digne d’un épisode de Dallas, après l’absorption de plein de pékets colorés, j’ai passé mes Wallos toute seule.  Vous lisez bien.  Seule comme un rat mort.  Comme un rat mort, et en compagnie d’un rat vivant, puisque même seule, j’ai toujours mon fidèle compagnon à portée de caresse (ouf).

Et oui Mesdames et Messieurs, la pseudo-dynamique Anaïs, la pseudo-rigolote Anaïs, elle a passé ses Wallos seule.  La voilà, la vraie vie d’Anaïs Valente.

Et je peux vous le dire, à vous rien qu’à vous, être seule aux Wallos, c’est limite pire qu’être seule au nouvel an ou à la Saint-Valentin (de toute façon, je serai seule au nouvel an et à la Saint-Valentin, ainsi va la vie, faut pas se leurrer – pffff je tombe limite dans le mélo là, non ?).

C’est pathétique.  C’est triste.  C’est sinistre. 

Y’a rien de pire que déambuler dans les rues de la ville, au milieu de gens morts saouls, de bandes d’amis et de familles heureuses.

Si, y’a peut-être pire en fin de compte.

C’est finir en apothéose, encore seule, devant un magnifique feu d’artifice, plein de jolies musiques, plein de couleurs, et se dire que c’est vraiment dramatiquement dramatique d’en être réduite à voir cette merveille toute seule.

C’est pleurer silencieusement devant ce si beau feu d’artifice, d’émotion, mais surtout de solitude, bénissant le ciel qu’il fasse tellement noir que la foule environnante ne puisse pas capter le reflet des larmes.

C’est redoubler de larmes en entendant Maurane chanter « le monde est stone », parce que c’est vrai, « je voudrais seulement dormir, m’étendre sur l’asphalte, et me laisser mourir ».

Voilà la vraie vie d’Anaïs Valente, parfois.

C’était mes Wallos.  The end.

Et cette chanson illustre à la perfection la dualité de ce billet : une mélodie enjoué, des paroles tellement dures. 


16
sep

Pas lààààà aujourd'hui... si vous vous ennuyez de moi, cliquez à droite tout en bas, 'archives', des heures de lecture en vue...

 

 

(dessin d'Acide)ana_s_cong_spt.jpg

 

12
sep

Journal d’une paresseuse (quatrième et dernière partie)

vip_paresseuses.pngEn mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

 

QUATRIEME ET DERNIERE PARTIE

 

2 février 2008 

Maintenant que je sais que mon livre va sortir (aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah joiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie incommensurable), j’ai décidé de le relire.  Ben oui quoi, faut bien savoir s’il est chouette, mon livre.  Je ressors donc mon manuscrit tout gribouillé que je n’ai plus regardé depuis ce fameux 3 septembre, afin d’éviter les poussées d’angoisse et les crises d’urticaire galopant.

Première page : deux fautes !  Je le jure, plus jamais je ne critiquerai les livres bourrés de fautes, puisqu’après trois séances de relecture par bibi, j’en trouve déjà deux en une seule malheureuse petite page.

 

13 février 2008 

En ce jour fatidique, veille de Saint-Glinglin, j’ai l’autorisation d’annoncer la sortie prochaine de mon guide des paresseuses à la journaliste qui vient m’interviewer sur mon blog.  Excitation, emballement, folie furieuse.  Je n’y crois toujours pas, il faudra que je l’aie en main pour enfin réaliser que ce livre, c’est le mien.  Mon petit bout rien qu’à moi (on dirait que je parle d’un bébé).  Et voilà, j’en parle, j’en parle et j’en parle encore.  L’article est reproduit sur le blog, donc ça y est c’est officiel, je peux enfin en parler.

 

15 février 2008

Une idée saugrenue me vient en tête : et si je tapais « le célibat des paresseuses » sur Google ?  Trois résultats :

-         un forum sur lequel une célibataire s’exprime, expliquant qu’elle vient de lire « le célibat des paresseuses »… là j’ai un gros doute je promets de n’avoir fait lire le manuscrit par personne de chez personne

-         une page de mon blog, logique implacable

-         l’annonce de la sortie du livre sur le site officiel de Marabout… aaaaaaaargh, ça me fait un effet très étrange… d’autant plus étrange que j’y suis reprise comme Anaïs Namur… « premier livre d’Anaïs Namur ».  C’est cela oui…  Va falloir remédier à cet insignifiant détail : moi c’est Anaïs Valente, et avec l’accent s’il vous plait.

Chuis contente.  Tout simplement contente.

 

22 février 2008 

Un mail de chez Hachette.  Mon « bébé » fera 256 pages.  Argh.  Emotion.  Mon bébé.  Une grossesse de presqu’un an, c’est pas un éléphanteau ça ?  Dernière précision importante : mon BAT va arriver la semaine prochaine par UPS.  A-t-on idée d’utiliser des abréviations incompréhensibles pour les belges.  Enfin j’imagine que ça veut dire en express car tout d’un coup tout se précipite, ça doit sortir en mai, donc j’aurai 24 heures à tout casser pour le relire et faire mes observations puis le renvoyer je ne sais même pas où.  Ça va t’aller ça va t’aller je sais que ça va t’aller.  Je me sens envahie d’un stress immense, là, d’un coup.  Ça va être « scherp » comme on dit chez nous.  Je devrais peut-être aller direct à Paris le chercher (et en profiter pour goûter les macarons Hermé, paraît qu’ils sont meilleurs que les Ladurée, puis j’irais m’offrir quelque chose pour fêter l’événement).  Non allez je vais gentiment patienter.  Mais vivement la semaine prochaine !  Et pourvu qu’en le relisant je ne me dise pas « mais qu’il est nul ce livre ma parole ». 

 

27 février 2008

Deux jours que je suis sur des charbons ardents : mon BAT doit arriver, livré en express par porteur ou par pigeon voyageur, je ne sais plus... mais je l'attends.  Et je suis au bureau.  La concentration est délicate.  Voire impossible.

Et puis le voilà, mon BAT.  Sur pages A4.  Mais avec la trame "paresseuses", les titres « paresseuses », les petits dessins de Soledad.  Waw !  ça me fait tout drôle, je me sens au bord de l'évanouissement.  Joie intense.

Et puis, subitement, angoisse : un seul exemplaire.  Et si, en rentrant chez moi, une tempête faisait s'envoler les 256 pages dans tout Namur ?  Et si, durant la nuit, un incendie ravageait mon home sweet home ?  Il me faut le photocopier vingt fois, le mettre au coffre à la banque, le cacher sous mon lit, le scanner sur CD-rom, en déposer chez mostèk, chez moustique ... qui sont bien sûr au courant maintenant.  Mostek depuis quasi le lendemain de la proposition de l'éditeur, passqu'elle avait un "paresseuse" chez elle, alors je me la suis jouée grave "tu aimes bien les paresseuses ?  ah, et si je te disais que tu avais devant toi quelqu'un qui va en écrire un, de paresseuse..."  Moustique l'a su un chouia plus tard, quand j'ai plus pu me retenir, en grande bavarde que je suis.  Bon, oùsque je peux le mettre en lieu sûr ?  Il me faut le mettre en lieu sûr...

Et puis surtout... il me faut le relire... entièrement. excitation excitation...  Allez, je rentre chez moi et je m’y mets.

 

6 mars 2008 

Anaïs Valente, mon nom c’est Anaïs Valente.  On dirait qu’une concrégation anti-moi s’est liguée pour faire en sorte que ce nom n’apparaisse jamais…  Sur le site Marabout, je suis transformée en Anaïs Namur, joli, mais Namur, c’est ma ville, pas mon nom.  Et sur Amazon, voilà qu’ils ont mis mon vrai nom, de naissance, de baptême, celui que je protège plus que tout au monde.  Mais comment esskizontsuça hein ???   Chuis de mauvaise humeur tiens, là, tout de suite.  Alors je crise, j’angoisse, je râle.  Branle-bas de combat chez mon éditeur chéri : zont jamais eu ce problème, comprennent pas.  Pourkwaaaaaaaaa mwaaaaaaaaaaaa ?  Passque chuis blonde, et je transforme en blond tout ce qui m’entoure, créant des foirages monstrueux, voilà tout ma petite Anaïs.  Comme les alchimistes transforment tout en or, moi je transforme tout en catastrophe.

 

14 mars 2008 

Voilà, je suis redeviendue Anaïs Valente, mon livre va sortir le 7 mai, plus que même pas soixante fois dormir... et, telle une fourmi travailleuse, j’ai des tas d’autres envies.  Envie de dormir surtout... Mais aussi envie de créer à nouveau, des tas de choses...  J’attends impatiemment de découvrir la couverture de mon bébé, mon tout petiot, mon chéri, mon chérubin d’amour, mon livre.  Elle sera violette.  Je ne sais rien de plus.  Mystère et boule de gomme.  Attendre, toujours attendre...  Impatiente, toujours impatiente...

 

20 mars 2008

Printemps, ou presque.  J’ai reçu l’image de la couverture.  Je l’aime d’amour.  Elle est belle comme tout !  Elle me ressemble.  Meuh non, pas niveau beauté, juste que c’est mon style, niveau couleurs et tout et tout.  Et le titre de mon bébé à changé : « la célib’attitude des paresseuses ».  J’aime bien.  C’est le titre définitif, après « le céli(com)bat des paresseuses », trop féministe, et « le célibat des paresseuses », trop larmoyant.  J’aime.  Etrangement, cette couverture que j’ai sous les yeux (et que je vais tout le temps regarder, je suis comme un gosse qui reçoit son cadeau à Saint-Nicolas), concrétise le projet qui se prépare depuis un an (un an dans deux jours, plus exactement).  C’est du réel, presque palpable.

 

30 avril 2008

Tout est calme, très calme.  J'attends.  Et là, au bureau, sur le coup de midi, je reçois mes exemplaires, alors que je ne les attendais que dans une semaine.  Excitation, danse de la joie qui empêche Mostek et Moustique de bosser (eh oh, il est midi).  Appeler maman pour prévenir que l'accouchement s'est bien passé.  Et admirer cette petite chose mauve que j'ai dans les mains.  J'ouvre au hasard, je lis quelques phrases, ne réalisant pas que je les ai écrites, et paf, à la quatrième phrase seulement, une faute.  Je veux mourir.  Une faute.  Comment ai-je pu laisser passer une fooooooooooote.  Vite vérifier dans mon manuscrit d'origine.  La faute n'y est pas.  Sacrebleu, diantre, horreur et damnation.  Une faute est apparue sans que je le réalise.  Je veux mourir.  Faut rapatrier tous les exemplaires afin que je corrige à la main.  Faut rajouter un erratum.  Faut faire quelque chose, pitiéééééééé. 

 

Conclusion… 7 mai 2008 - sortie officielle

Je dis ça je dis rien, mais si vous achetez sept exemplaires du Célibat des Paresseuses, que vous l’offrez à sept amies, les invitant à faire pareil, vous aurez septante ans de bonheur devant vous, l’argent coulera à flot, l’amour sera au rendez-vous, l’amitié sera parfaite.  Si vous n’offrez pas vos sept ouvrages (que vous les gardez pour vous, petits filous) ou, pire que vous ne les achetez pas, vous serez instantanément transformés en crapauds ou en sorcière, c’est selon, la misère s’abattra sur vous, votre GSM tombera en panne, les morpions envahiront vos demeures et les lasagnes Farniente seront rances à tout jamais.

Je dis ça je dis rien.

 

Voilà, c'est fini, vous savez tout de ces mois incroyables et stressants à mort... j'espère que ça vous a plu.  A demain pour de nouvelles aventures.  Et puis quelques photos souvenirs : la toute première photo de mes exemplaires d'auteur

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Le délire avec Mostek chez Agora et Club à Namur.

 

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et les photos des participantes au concours "faites voyager la célib'attitude", que j'ai adooorées recevoir... si vous l'avez chez vous et que le coeur vous en dit... j'agrandirais volontiers ma collection :)

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11
sep

Journal d’une paresseuse (troisième partie)

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En mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

 

TROISIEME PARTIE

 

Vendredi 20 juillet 2007

12h22, c’est un grand jour, je viens de dépasser les 200.000 caractères.  200.049 exactement.  Pour rappel, je dois en fournir de 250.000 à 300.000.  Vu les chapitres que je dois encore traiter, j’atteindrai sans doute les 300.000.

Je réalise à quel point écrire est un vrai travail : il faut établir un plan de travail, recueillir des informations pertinentes et utiles, s’assurer de leur véracité (d’autant que je suis belge et que le livre sera distribué en France, pas questions dès lors de fournir des informations typiquement belges, notamment dans le domaine juridique). 

Je suis dans un état d’alerte permanent, quoi que je fasse, où que je sois, je pense « livre livre livre ».  Je scrute mes chapitres dans ma tête, histoire d’avoir des idées.

Un vrai travail, je vous dis !

 

Mercredi 25 juillet 2007 

Une grosse enveloppe brune dans ma boîte ce soir.  Aucune adresse d’expéditeur.  J’ouvre, sans réelle curiosité, imaginant une publicité quelconque, et je découvre mon contrat d’auteur, MON CONTRAT D’AUTEUR.  Je fais des bonds de gazelles dans tout le living.  Dans « mon contrat d’auteur », y’a le mot auteur.  Suis-je une auteure ?  Est-ce bien vrai ?  Et puis y’a contrat, que je vais signer après lecture, qui détermine mes obligations et mes droits.  Je n’en reviens pas.  Un contrat d’auteur.  Noir sur blanc.  Ce n’était pas un rêve.  Reste à signer et à renvoyer… et surtout à terminer mon manuscrit !

 

Vendredi 27 juillet 2007

250.955.  250.955.  250.955.  Voilà, j’ai atteint le nombre de caractères minimum prévu dans mon contrat.  Je me sens comme libérée.  Mon manuscrit n’est pas terminé, loin de là, mais je n’ai plus cette pression que je me suis mise (pression inexpliquée, puisque j’ai encore deux mois pour rendre la dernière mouture de mon manuscrit).  J’ai plusieurs chapitres à fignoler et tout le texte à relire, corriger, mettre un peu plus à ma sauce avec des traits d’humour.  Mais j’ai pu y arriver, j’ai atteint ce seuil fatidique des 250.000 caractères, en pile un mois, puisque j’ai commencé à travailler mon synopsis pour le transformer en livre le 28 juin.  Je me sens bien.  Bon, j’ai lu mon contrat plusieurs fois, s’ils n’aiment pas le manuscrit, ils peuvent tout annuler, et on en reste là.  Logique.  Mais quel stress, encore une fois…  Je passe tout le temps de « ce que j’ai écrit est chouette, intéressant, avec un zeste d’Anaïs qui ravira le lecteur » à « c’est nul à chier, personne ne voudra acheter ce bouquin, et d’ailleurs personne ne pourra l’acheter, puisqu’il ne sera pas édité ».

Doute, doute, quand tu nous tiens…

 

Samedi 28 juillet 2007 

Voilà, ça fait pile un mois que j’ai commencé mon livre et je l’ai terminé.  Enfin l’ébauche générale, reste maintenant à tout relire, rajouter des détails, corriger les bêtises, remplir quelques blancs…  Je vis un drame existentiel.  Tout ce que j’écris est nul, j’ai plus qu’à tout jeter à la poubelle.  De toute façon je me demande pourquoi j’écris encore ce journal, il est clair que le manuscrit va être refusé ou, pire, comme prévu au contrat, repris par quelqu’un qui le rendra potable et mettra son nom à côté du mien, la honte intégrale.  Dans ces deux cas, je ne publierai jamais ce journal sur le blog, ça va pas la tête non ?  Je vis un drame.  Un drame.  Zentendez ?  UN DRAME ! (au fait, je suis à 270.000 caractères)

 

Samedi 19 août 2007 

Voilà bis, le manuscrit est quasi terminé, j’ai tout relu, corrigé les monstrueuses fautes d’orthographe, apporté une touche Anaïsienne.  Grande nouvelle : je l’aime bien, j’y retrouve ma façon d’écrire au milieu de bons conseils.

 

Dimanche 2 septembre 2007 – 13h57

Voilà ter, j’ai terminé la énième lecture et correction de mon manuscrit.  Je ne peux plus le voir, le sentir, le toucher.  J’en peux plus.  Je le hais.  Je veux qu’il disparaisse à jamais de ma vue et ne plus jamais en entendre parler.  Jamais.

 

Mardi 4 septembre, 18h30

Clic.

Le clic d’envoi de mon manuscrit restera à jamais dans les anales.  Le sort en est jeté.  Reste maintenant à attendre le verdict.  Attendre, toujours attendre.  Je finirai par devenir d’une patience d’ange, à force d’attendre, moi qui déteste ça.

 

1er novembre 2007

Deux mois déjà que j’ai envoyé mon manuscrit, et le silence absolu en retour.  J’ai tout imaginé : silence car mon manuscrit captive toute l’équipe, silence car ils cherchent un moyen de le refuser sans me pousser au suicide, silence car le bâtiment de Hachette-Marabout a explosé, et, comme je ne regarde pas l’actualité, j’en ignore tout.  Silence car ma boîte mail a refusé les mails qui me confirmaient que j’étais acceptée, refusée, lynchée…

J’imagine tout tout tout. 

 

20 novembre 2007

Je suis fière de moi, j’ai tenu le coup depuis le 4 septembre : deux mois et 16 jours de silence.  D’attente.  De patience d’une impatiente.  Mais aujourd’hui, il le fallait.  J’ai envoyé un mail.  Tout doux tout gentil.  Histoire de tâter le terrain : « Bonjour, Je me permets de revenir à vous pour avoir quelques nouvelles. Avez-vous pu déjà jeter un oeil au manuscrit ? »  Traduction : dites ça fait deux mois et 16 jours que vous avez mon manuscrit, vous l’avez ouvert ou pas, je vous en supplie, dites moi que vous l’aimez, hein que vous l’aimez ?

La réponse arrive en deux minutes.  Angoisse.  « oui j'ai déjà regardé et ça a l'air d'aller plutôt bien ! »

Encore cette sacro-sainte différence : je suis le manuscrit numéro 12478, le dossier 12634.  Non que je suis traitée comme telle, que du contraire, j’ai toujours réponse à mes mails.  Et réponse gentille.  Et réponse patiente.  Mais je guette, jour après jour, une réponse, tandis que mon manuscrit attend gentiment son tour.

Ils ont peut-être prévu une publication le 14 février 2014 ?

Mais finalement « ça a l’air d’aller plutôt bien », c’est bon signe, non, hein que c’est bon signe ?  Quoique…

 

30 décembre 2007 

Et voilà, dans quelques heures, le cap de l’an 2008.  Alors j’envoie mes vœux à mon éditeur, et, ni vu ni connu, je demande des nouvelles….  Et j’ai des précisions, alléluia, bonheur suprême, nirvana intense : mon titre est prévu pour mai.  Donc j’aurai mon BAT vers mars.  Mon BAT ?  Bien à toi ?  Bordel absolument total ?  Je réfléchis je réfléchis.  Ce jargon éditorial, j’y suis nin co habituée.  Et puis ça tilte : mon bon à tirer.  Argh.  Je me meurs.  Ça se précise vachement.  Le passage à l'an 2008 sera féérique... un conte de fées, oui, un conte de fées sous forme de petit livre à moi rien qu'à moi.

 

27 janvier 2008

Ça y eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeest ! Je suis une paresseuse.  Vous le saviez.  Lymphatique, fainéante, molle, tire au flanc. Mais là c’est différent. Chuis une paresseuse officiellement officielle.  Une paresseuse paresseusement écrivaine.  Bonheur ultime.  Un mail d’avant-hier s’est perdu dans mon ancienne boîte mail, que je ne relève jamais, pour peu je ne l’aurais pas vu, ce mail tant attendu, qui me confirme que mon manuscrit est à l’édition, que le BAT va me parvenir incessamment (maintenant je sais ce qu’est un BAT, tout comme un synopsis, je deviens intelligente en plus de paresseuse).

Chuis heureuse de chez heureuse.

Je vais pouvoir tenter de relire ce manuscrit que j’ai caché sous trois tonnes de magazines depuis son envoi, il finissait par me faire peur...

 

A suivre...

 

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