11
déc

J'ai testé la soirée de lancement Skynet Lili VIB

 

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J'ai eu la chance d'être conviée à la capitaaaaaaaaaaaaal' afin d'inaugurer le lancement de Skynet Lili VIB, la partie Lili qui répertorie les blogs de filles jugés sympas.  Et j'en suis, ce qui en jette grave de la mort qui tue la vie non ?  Oui, bon, c'est pas le Goncourt, le Pullitzer ou le Nobel de la Paix, mais ça fait plaisir d'être appréciée, on va pas se voiler la face.

 

Et pour une fois que la fiesta oùsque je suis invitée est à Bruxelles et non à Paris, ben j'ai décidé d'y aller, accompagnée de Rachou, autre blogueuse namuroise que je connais depuis pas mal d'années, et de Teddy, blogueur namurois.  Vlà déjà la première bourde anaïssienne : la soirée est ciblée filles, mais moi j'ai pas remarqué.  Donc j'invite Rachou, puis je lance l'invitation pour la seconde place dont je dispose sur ce blog et sur Facebook, sans précision.  Et vlà Teddy embarqué dans une soirée pleine de filles sur talons aiguilles.  Sauf moi of course, j'aurais bien chaussé mes Stiletto habituels, vous me connaissez, mais avec la neige, j'ai préféré jouer la prudence, et j'ai échangé mes talons hauts contre des bottes confortables mais néanmoins toutes jolies, j'ai nommé mes Pataugas (nan, on n'est pas dans Truman Show, j'ai juste envie de faire croire, une fraction de seconde, que, oui, why not, je peux m'imaginer perchée sur des Stilettos, habillée de noir, 47 kilos pour 1m79, regarde de braise et chevelure de feu).

Le rendez-vous est fixé à Namur pour le grand départ en 4x4.  Je vous le dis : on se la pète grave.

Bien sûr, j'ai pris la peine d'imprimer le plan de l'endroit où nous allons, un nouveau truc dont j'ai oublié le nom.  J'ai même imprimé les horaires de train, des fois qu'une tempête de neige nous empêche de démarrer la tuture.

Bien sûr, j'ai laissé toute ma paperasse à la maison.

Bien sûr, Teddy, un homme, un vrai, en mâle sûr de lui, refuse qu'on repasse chez moi chercher les infos, il connaît Bruxelles comme sa poche.

Bien sûr, le trajet se passe sans encombre, l'autoroute est dégagée, l'ambiance est bonne, on rigole bien, on sera à l'heure malgré le retard pris au moment du départ.

Bien sûr, une fois à Bruxelles, impossible de trouver l'endroit, dont nous avons tous oublié le nom.

Sans adresse, sans plan, sans rien, au milieu d'une ville sans piétons because la neige toute blanche qui squatte les lieux, ça va être fastoche.

Soudain, mon neurone se réveille et me murmure à l'oreille une idée canon.  Et moi de m'écrier "personne n'aurait un gsm avec internet par hasard ?"  Et nous vlà sur le gsm de Rachou (le mien étant, vous le savez, un vieux Samsung sans fonction utile, que je rêve de remplacer par un nouveau Hello Kitty avec fonctions vitales, comme par exemple un logo félin à l'affichage, du rose partout et Hello Kitty qui me sourit/souris/rat, enfin façon de parler, vu qu'elle a pas de bouche, contrairement à Musti dont la bouche est un X, on l'a remarqué récemment avec Mostek).

Après une demi-heure de slalom dans la capitaaaaaaaaal, découverte de petites rues en bonus, nous voilà à destination, avec à peine 20 minutes de retard.

Le lieu du jour s'appelle Aloft, et il est magnifique, surtout ses toilettes pour femmes que nous squattons dès notre arrivée. 

Nous rejoignons ensuite l'équipe Skynet pour les festivités. 

J'ai faim, bien que je me sois empiffrée avant le départ, à grandes bouchées de pain d'épice étouffe chrétien, histoire de caler mon estomac.  Et puis, même si on nous a promis de quoi nous sustenter, j'ai toujours un doute, me souvenant d'une soirée liégeoise soi disant-extraordinaire où je m'étais rendue avec Mostek, et qui fut plus bof bof que bof bof : snob, avec trois pelées cacahuètes et deux sandwiches gras. 

Mais les plateaux qui nous sont proposés suscitent en moi un réveil des papilles et laisse présager d'orgasmes gustatifs multiples.  Je me rue tout d'abord sur les blinis au tartare de saumon et poivre rose, totalement divins.  Je teste ensuite le foie gras sur pain d'épice moelleux à souhait et pas du tout étouffe chrétien.  Je continue avec les coupelles de crevettes grises à damner un saint et je conclus avec les coupelles de chèvre et tomates séchées, un vrai péché capital.  Le tout arrosé d'un vin blanc succulent (y'avait du champ aussi, mais j'ai évité, histoire de pas trop balonner, tant qu'à faire).  Tout ça semble très peu catholique pour mon fessier, mais je m'en contrefiche.

Les discussions, qui vont bon train (hé, y'a quasi que des filles hein), sont interrompues pour la présentation officielle de Skynet Lili VIB.  Je me sens l'âme d'une femme d'affaires, là, d'un coup, même si l'ambiance est plus aux réjouissances qu'aux affaires sérieuses.

Ensuite, retour aux festivités, où nous attend une ribambelle de cupcakes très très colorés.  Et voilà ma petite Anaïs, c'est enfin l'heure de ton premier cupcake, tu en rêvais depuis si longtemps, Skynet l'a fait.  Ils sont tout nacrés et couverts de perles en sucre recouvertes d'argenté, comme sur les nids de Pâques de mon enfance, trop mimi du bonnet, ces cupcakes. 

Je me lance donc et goûte mon tout premier cupcake, à la rose.  Enfin il paraît, car j'avoue que la déception est au rendez-vous.  Ecoeurant comme tout, ce cupcake.  J'aime la meringue italienne, mais là, trop c'est trop.  Déçue l'Anaïs.

Alors, on discute de tout et de rien pour oublier le goût du cupcake : de nos projets, de nos blogs, de nos jobs, des bébés très moches dont on n'ose dire à leurs mamans qu'ils le sont, de la joie de boire du champagne tiède dans des verres à eau et de Ben Simon, que quelques blogueuses auront le privilège de rejoindre à Paris (si le tirage au sort leur est favorable).  J'ignore totalement qui est ce Ben Simon, ou ce Simon Ben (quel est le prénom ?  Ben ? Simon ?), mais je feins de le savoir, en grande blogueuse hyper informée sur la mode que je (ne) suis (pas) (et ne serai jamais).

Entre deux parlotes, je teste le cupcake au chocolat.  Pas mal, mais écoeurant également.  Puis je grapille un morceau de celui au beurre de cacahuète de Rachel.  Très original, à goûter. 

Ensuite, le miracle se produit : je teste le cupcake à la violette (enfin je pense que c'est à la violette, les goûts ne sont pas très repérables, contrairement aux couleurs), puis je me rabats sur ceux à la rose, que je dévore allégrement.  Incroyable mais vrai, mais les cupcakes, plus on en mange moins ça écoeure, dingue de chez dingue.

Ça y est, je suis fan de cupcakes.

 

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L'heure du départ approche, l'heure de la séparation avec toutes ces blogueuses sympas à peine rencontrées, So fille, la fille de 1973, carnet ordinaire, carogribouillis...  Sans oublier ma petite Rachou et Teddy.

Nous repartons avec un gros sacs plein de chouettes cadeaux, dont un sac de Ben Simon, le fameux le seul l'unique, dont j'ai appris entre-temps, avouant pour finir mon ignorance, que Bensimon, c'est le nom de famille Serge Bensimon.  Jamais entendu parler.  C'est définitif, je suis pas une blogueuse mode.  Pas grave, j'ai de toute façon pas gagné au tirage, j'attendrai le grattage.  Mais le sac reçu de mon nouvel ami Bensimon est tout mimi, tout mauve, tout sac de sport.  Je fais pas de sport, ça sera donc mon sac de non sport.  Je vous épargne le détail de tous les autres cadeaux, pas envie de faire baver dans les chaumières.

Le retour à Namur se passe sans encombre et je rentre chez moi des étoiles pleins les yeux, de nouveaux blogs plein mon carnet d'adresses et du cupcake plein le bidou.

Illu de Carogribouillis.  Photo des cupcakes de Rachou.

PS : en vous écrivant ce billet, j'ai laissé cramer ma pizza hawaai du bon Docteur Oetker (pourquoi un médecin vend-il des pizzas, je vous le demande...)  Et même pas un petit blinis saumon ou un pain d'épice au foie gras à me mettre sous la dent, pffff, quelle vie.

Conclusion :

 

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1
déc

Quand je suis victime de harcèlement par Voo

L’autre jour, on sonne.

Je vais ouvrir.  Cela semble logique, mais en général, quand j’attends personne, j’ouvre pas, sait-on jamais que ce serait un ogre, un tueur en série ou un commercial de chez Voo.

Mais là, j’ouvre.

Bingo : un commercial de chez Voo.

Qui me demande « niveau télévision, êtes-vous chez Voo ? »

Et moi de lui répondre « ben oui, chuis chez moi, ça se voit non ? »

Naaaaaaaaaaan, je rigole, j’ai pas dit ça, le pauvre doit y avoir droit toute la sainte journée.  A-t-on idée aussi d’appeler sa société d’un nom qui prête autant à confusion.  Déjà qu’avec Base, on est servis, vu qu’il faut vraiment faire gaffe à la façon dont on le prononce… 

Donc je réponds « oui oui, chuis chez Voo ».  Ce qui peut prêter à confusion, vu que chuis chez moi, et pas chez vous…

Mais il me comprend, il a dû avoir deux semaines de formation sur « comment bosser chez Voo en échappant aux vilains jeux de mots et aux malentendus ».

Et c’est là que mon destin bascule, alors qu’il m’interroge à nouveau « Zavez le numérique ? »

Et comme je ne sais pas mentir, je réponds « ben non ».

Brouloumbroulom (bruit du destin qui bascule).

J’ouvre un peu plus grand ma porte, que je gardais jusqu’alors presque fermée, le pied gauche la bloquant, la main gauche tenant un énorme couteau à éplucher les patates, des fois que le commercial de Voo serait également un ogre tueur en série.

Je vous épargne sa tirade « venez chez Voo, c’est mieux chez nous, TV HD, magnéto viré ».

Et je signe pour un abonnement numérique avec installation gratuite et deux mois d’abonnement gratuits aussi.  Merci Voo.

Deux jours plus tard, le rendez-Voo (mouahaha) est pris pour le 17 novembre.

Je me conditionne donc à avoir quelqu’un chez moi en train de m’installer des trucs, j’aime pô ça. Je me conditionne également à nettoyer tout le brol qui squatte l’arrière de ma télé, savoir des tas de câbles et des tas de moutons, le tout bien enchevêtré par des années de vie sans avoir jamais aspiré là, derrière, tout au fond.

Le 13 novembre, au hasard de mon shopping en ville, je découvre une publicité de Voo « C’est Noël avant l’heure », ou « C’est déjà Noël », enfin un truc du genre.  Je zieute et que vois-je « installation gratuite et six mois d’abonnement gratuits aussi ».  Six !  A partir du 16 novembre.

Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, moi c’est le 17 qu’ils viennent de chez Voo chez moi.

Pas youpiiiiiiiiiiiiiiiiiie, ça sent mauvais, il est marqué « pour toute demande de raccordement à partir du 16 novembre ».  Glup, j’ai fait ma demande avant.

J’appelle donc le service clientèle de Voo, pour en avoir le cœur net.

Un numéro 0800, soit gratuit, merci Voo.  « Pour le français, tapez 1, voor nederlands, druk 2, for english press 3, fur doooooiiiiitch pruuuussssss 4. »  Je tape 1. « Pour une demande de raccordement, tapez 1, pour toute autre information tapez 2. »    Je tape 2.  « Veuillez appeler le 078/… ».  Ben voyons, un numéro surtaxé.  Ainsi, si vous voulez vous abonner c’est gratuit, si vous l’êtes déjà zavez qu’à payer le prix fort.

Me répond alors une sympathique interlocutrice, à qui j’expose le nœud du problème, demandant un chtit geste commercial.  Elle se renseigne pendant que j’écoute une musique mielleuse, puis me propose une solution : annuler ma demande pour le 17, et rappeler dès le 16 pour une nouvelle demande, quand la promotion sera opérationnelle.  Adjugé, on annule, rendez-vous le 16 au téléphone.

Le 17, j’angoisse tout de même que quelqu’un débarque, vu que, du coup, j’ai toujours pas anéanti les moutons de derrière ma TV.

Mais rien.

Jusque 18 heures.

Là, un appel.

Voo.

« Bonjour, Médééééééme.  Etes-vous chez Voo ? »

« Nan, chuis pas chez vous, mais c’est pour bientôt ».

« Bien Voo Médéééme, chez Voo, vous vous sentirez chez vous ».  (Nan je rigole, elle a pas dit ça).

Elle a dit : « Oui, mais vous êtes chez Voo ou pas ? »

« Ben bientôt je vous dis ».

« Mais quand ? C’est sûr, vous êtes chez nous ? »

« J’y serai bientôt JE VOUS DIS ».

« Oui mais bon, vous êtes chez Voo alors ou pas ? »

« Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » (ça va suffire, cet interrogatoire, ta commission tu l’auras pas j’ai signé ailleurs)

« Ok, au revoir ».

18h15.  Téléphone.

Voo.

« Bonjour Médééééééééééééééééééme, j’appelle pour voir comment s’est passée l’installation de Voo chez vous ».

« Elle s’est pas passée. »

« Comment ça ? »

« Ben elle a pas eu lieu, c’est postposé pour que j’aie la big promo du siècle.  J’ai voulu rappeler ce matin pour un rendez-vous, mais la madame du répondeur elle a dit que le temps d’attente était plus long que prévu alors j’ai raccroché ».

« Bien Médééééééééééééééééme, on va vous rappeler directement demain, alors, passqu’il faut que vous veniez chez nous hein, enfin chez Voo, c’est le nec plus ultra et tout et tout pour chez vous d’avoir Voo… »

On est le 1er décembre, zont jamais rappelé…

Va comprendre. Enfin, Voo comprendre, mouahahah.

08:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs et son quotidien stupéfiant | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : voo |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
nov

L'Anaïssade du jour

Enfin la "collèguade".

Atelier floral ce midi au bureau, Mostek, moi, et "la stagiaire devenue collègue", on fait des fleurs en crochet.  Enfin, Mostek et moi.  Puis arrive l' "ex-stagiaire", qui a envie de tenter.  Nous vlà donc toutes les trois avec nos crochets.

J'ai été formée par une véritable ex-collègue, qui m'a tout expliqué récemment.  Parlant d'elle, j'évoque le fait qu'elle fait ses fleurs en voiture (voiture conduite par son époux, of course), sans même les regarder, scrutant le paysage, tant c'est un automatisme pour elle.

Et l'ex-stagiaire de demander "et comment elle tient le volant, alors ?"  C'est cela oui...

Le résultat avec ma mienne, de fleur :

fleurcrochet.JPG

Et l'écharpe faite par Mostek, pour prouver que ça fait pas "petites bobonnes", non mais, scandale, oser nous traiter de petites bobonnes, ça se paiera cher à grands coups d'envoi de puces pas savantes.

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Demain, on tente les "cache rouleau de papier WC", magnifiques non ?  On va relancer la mode, je vous le dis :

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23
nov

Quand les reboostants me font un effet bœuf (bis)

Je vous ai parlé hier de ces tas de gélules et ampoules que j’avais ingurgitées pour me rebooster, et qui étaient miraculeusement miraculeuses.

Durant cette cure, j’ai pu constater que c’était vraiment le cas.

Nous sommes en septembre.

Il fait absolument sinistre, il pleut, il fait gris.  Un peu comme en novembre, mais en septembre.

J’ai rendez-vous avec une amie à 12h30 chez Pizza hut.  A Namur.  Et chuis à Bouge. Sur les hauteurs.

A 12h00, je finis de bosser, et je pars choper un bus.

Que je rate.

Pas grave, je prendrai le prochain.  Mais il est dans un quart d’heure.  Je vais être en retard.

Je suis à l’arrêt de bus.

J’attends.

Souci supplémentaire, j’ai pas de montre (c’est cette période horrible durant laquelle j’ai vécu sans montre, souviendez-vous).  Je supporte pas ça.

Alors je regarde mon GSM, presque déchargé, toutes les trente secondes, et je réalise que je vais vraiment être en retard.  Horreur et putréfaction glauque, j’aime pas du tout être en retard.  Etre en retard me stresse au plus haut point.  Vous me direz qu’avec les potions miraculeuses que j’ingurgite, je devrais pas être stressée.  Je confirme.  Mais y’a des limites quoi.  Ça empêche le stress, mais pas dans les cas extrêmes comme un crash d’avion, un grand requin blanc qui surgit ou cinq minutes de retard.

Me vlà donc à l’arrêt de bus, en retard.  Galère.  Enfer.

Mais la galère et l’enfer, c’est maintenant (à dire sur le ton de Denis Brogniiiiaaaaard dans Koh Lanta, lorsqu’il dit « et le conseil, c’est maintenant).

Car surgit une guêpe.

Sont pas censées se mettre à l’abri, quand il pleut, les zébrées, des fois ?

Même pas.

Et elle me tourne autour.  Déjà que j’ai pas de parapluie, faut que je me farcisse une zébrée qui me harcèle.  A croire que la pluie l’énerve.

La pluie l’énerve, et la guêpe m’énerve, on est mal barrées, elle et moi.

Pour échapper à l’attaque guêpo-nucléaire, je décide d’aller à l’arrêt suivant, à pied.  J’ai bien le temps.  Autant m’occuper, et ne plus subir ce bestiau qui tourne autour de moi comme un bernard-l’ermite autour d’une coquille vide.

Alors je marche jusqu’à l’arrêt suivant.

Une fois arrivée, je me dis que ça ne changera rien à mon retard, qu’il serait bon que je prévienne mon amie. 

Je saisis mon gsm, mais pas le temps d’envoyer un sms, il est totalement déchargé (mes amies vous diront que mon gsm est inutiles, il est soit déchargé, soit inaudible pour mes pauvres petites oreilles sourdes, donc dans tous les cas, je ne réponds pas).  A peine le temps de voir l’heure qu’il est, et il se coupe, définitivement.

Il est 12h18.

Le prochain bus est dans dix minutes.

J’arriverai au Pizza Hut à 12h45 au plus tôt.

Je serai en retard, et même pas possible de prévenir.  Drame intersidéral.

Alors, dans un élan de folie rare et pas douce pour un euro, je prends une décision qui va changer le cours de ma vie : je vais y aller à pied.

Quand je vous dis que les potions magiques à base de plantes doivent contenir des trucs pas catholiques : moi, aller à pied jusqu’au Pizza Hut !

Avec cette pluie fine, qui plus est.

Mais ma décision est prise, j’irai plus vite à pied.

Alors j’entame la descente jusque la ville, je marche, je marche, je marche.  Et je me déshabille au fur et à mesure, tellement marche me donne chaud chaud chaud.

En chemin, je tente d’obtenir l’heure en m’adressant à des passants qui passent.  Ben les passants qui passent, ils ont rarement l’heure.  Dingue, plus personne n’a l’heure dans cette ville.  Et ceux qui l’ont angoissent quand je m’approche, comme si j’allais leur arracher leur montre Cartier ou Rolex.  Je finis par obtenir l’heure, 12h28, je suis encore dans les temps.

Je traverse la ville, j’affronte les travaux de la rue de l’Ange (toujours pas finis, mais c’est pour bientôt I guess), et j’arrive au Pizza Hut au moment même où la pluie fine se transforme en averse puis en drache nationale.

Ouf.  Je l’ai échappée belle.

Il est 12h30, je suis arrivée à destination.

A l’heure.

Mon amie est en retard.

Je m’en moque, cette petite marche m’a revigorée, merci les potions magiques, merci la vilaine guêpe.

 

Et une chtite illu de coco.  Mais non, jamais je n'adopterai une zébrée, non de non.

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22
nov

Quand les reboostants me font un effet bœuf

(Billet écrit en septembre, depuis, j'ai terminé ma cure, suis tombée malade ah ah ah, et suis redevenue stressée de la mort)

Vous le savez, j’en ai parlé, je prends trois tonnes de reboostants chaque matin, au point que je me lève dix minutes plus tôt pour avoir le temps de sortir chaque petite pilule de sa boîte, de casser chaque ampoule et tutti quanti.

Le rituel est immuable :

Je commence par avaler.

Et pour ce faire, j’ai décidé de ne pas remettre à plus tard les tâches les plus difficiles, comment ça s’appelle déjà faire ça, y’a un verbe bizarre pour ça, qui veut dire ne pas remettre à demain patati patata… allez, ça va me reviendre… Tintinnabuler ?  Non.  Tergiverser ?  Non.  Procrastiner ?  Ouiiiiiiiiiii (merci google, shame on me pour mon inculture). 

Donc je ne procrastine pas, et je commence par le pire :

« L’opération pilules ».

D’abord, la pilule jaune. La pire du pire.  Celle qui se met toujours de biais dans la gorge pour bien m’arracher les amygdales, la garce.  Je l’avale d’une énorme goulée d’eau tiède.  J’ai constaté qu’avec l’eau tiède ça passe mieux qu’avec l’eau glacée, peut-être car cette dernière contracte le gosier.

Ensuite, les petites gélules roses et blanches.  Normalement, ça passe.  Parfois, ça colle.  Alors j’avale de l’eau à qui mieux mieux.

Je termine par les deux blanches, qui accrochent un tantinet, mais pas trop, tant que je prends beaucoup d’eau.

Tout ça dure bien cinq bonne minutes, car entre chaque prise, je dois respirer, tenter de me convaincre que ce que je sens, là, au diaphragme, c’est l’angoisse de l’avalage et pas le médoc qui est définitivement coincé, même qu’il va provoquer une infection fulgurante et que je mourrai d’une gangrène gazeuse du diaphragme et que je serai le seul cas au monde et qu’on appellera ça le syndrome Anaïs Valente.

Après tout ça, je vais faire trois fois pipi pour éliminer les deux litres d’eau qui ont servi à avaler ces dix médicaments.  Nan, je rigole, pas dix médicaments.  Le matin c’est le jeune, deux blancs, un rose et blanc.  Le midi un rose et blanc.  Le soir trois rose et blanc, deux blancs.  Tout ça c’est que du naturel hein, ne sortez pas votre loupe, c’est pas des pilules magiques qui font voir la vie en rose, c’est pas de l’ecstasy, c’est pas du viagra féminin non plus, c’est que de la plante miraculeuse ma bonne Dame.

Ensuite vient l’opération « ampoules ».

Au début de ma cure d’intoxication aux plantes miraculeuses, je séparais bien les ampoules. Je commençais par la meilleure, celle qui a un goût d’orange, enfin d’orange plus très bonne.  Ensuite, je m’infligeais le supplice de celle qui a un goût de poubelle, enfin de poubelle pas très propre, et qui me rappelle mon enfance (maman, m’as-tu fait boire ces trucs quand j’étais môme ?).  Je me ruais par après sur la petite ampoule au goût de métal, pour terminer par celle en plastique dont le contenu a autant de goût que de couleur, savoir que dalle, pas de goût, pas d’odeur, pas de couleur, à croire que c’est de l’eau. 

A chaque ampoule, donc, j’ajoutais un peu d’eau (je l’avoue, du jus d’orange pour celle au goût de poubelle, car ils le conseillent sur la boîte et ça passe un chouia mieux), je buvais.  Puis j’allais refaire pipi bien sûr.

Puis je me suis dit que ça ne servait à rien d’avaler tout ça séparément d’affilée, que tout allait se mélanger dans mon pauvre estomac déprimé.

Donc maintenant je mélange tout dans mon verre et j’avale.  Je gagne ainsi trois minutes.

Ensuite, je pars bosser, l’estomac déjà plein.

Et la vessie déjà pleine, aussi.

Tout ça pour me redynamiser et être capable de bosser correctement, de vous écrire des bafouilles, d’écrire mes articles sérieux, d’avoir de nouveaux projets top secret, de lire, de zieuter la TV, de faire mon shopping, de ranger, nettoyer, balayer, astiquer.  Bref d’avoir une vie normale de célibattante sans m’endormir dès 9 heures du matin.  Le tout sans avoir des envies de meurtre en permanence, tant qu’à faire.

Et ça marche.  Maintenant chuis hyper zen quand je traverse la rue, même plus envie de crier des insultes à ceusses qui accélèrent en me voyant.  Même plus envie de lancer violemment mon sac contre la carrosserie.  Même plus de violence verbale à l’égard des clients hystériques. Même plus envie de siester à toute heure du jour et de la nuit. Je suis zeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen.  Et dynamiiiiiiiiiiiiiik.  Le tout en même temps.  Limite si je vous pas des papillons roses et des éléphants bleus, ou l’inverse, partout où je passe. J’aime tout le monde, là, d’un coup d’un seul.

Un miracle miraculeusement miraculeux que ces potions magiquement magiques, je vous prie de me croire.

 

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