15
oct

Que faire avec des bananes ? (ou le making of de ma vidéo Garnier)

Dans le cadre de cette campagne Ebuzzing (pour ceusses qui reviennent de Mars, Ebuzzing est une plate-forme de buzzmarketing avec laquelle je collabore à l'occasion, même que les billets sponsorisés sont clairement indiqués sur le blog), j'ai donc reçu des produits Garnier, pour en parler ici.

Des produits de beauté, des démaquillants, et de l'antirides.  A utiliser dès 30 ans sur les premières ridules, qu'ils disent.  J'ai demandé si y'avait pas une version pour vieille blogueuse pleine de grosses ridules que je suis, mais pas reçu de réponse.

 Je mets un point d'honneur (euh, c'est comme ça qu'on dit, j'ai un doute là) à écrire mes billets sponsorisés de la même façon que mes billets normaux.  Pas mon genre d'écrire "voilà les produits Garnier, ils sont beaux ils sont pas chers ils sont pratiques, achetez-les" et basta.  Ça rimerait à rien.  D'ailleurs j'accepte que des campagnes dont le sujet m'intéresse, m'inspire, me plait, tant qu'à faire.

J'ai donc reçu mes produits, et lu les explications.  Et là, drame dramatiquement dramatique, je réalise que pour mon billet, je dois faire une vidéo, me présentant en train de tester les produits, ou présentant les produits.

Horreur et putréfaction intense.

Comme si j'allais montrer ma tête enduite de produits de soin, voyons voyons, mon blog n'est pas interdit aux mineurs, je me dois de les protéger.

Horreur et damnation, que faire ?

En découvrant les produits, je réalise qu'ils sont bio.  Je sais, je devrais mieux lire les mails qu'on m'envoie, plutôt que de me ruer sur "répondre" comme une crème Garnier sur une ride, appâtée par l'idée de les perdre, mes rides.

En découvrant le côté bio des produits, j'ai immédiatement le déclic.

Je sais quel type de vidéo je vais faire.

Je sais comment vous présenter les produits.

Je vais les rendre à leur milieu naturel.  Provisoirement hein, pas folle l'Anaïs.

Et l'Anaïs d'échauffauder son scénario, comme la Guillaume Musso au féminin qu'elle aspire à être (il est venu à Namur récemment, le bogosse, d'où cette référence à lui, même si je l'ai pas vu, moi j'ai vu Zabou et c'était super aussi, j'aime Zabou, enfin Zabou Breitman mais quand j'étais môme c'était Zabou Toutcourt).  Mon scénario : la caméra se promène dans la nature et y découvre les produits bio, petit à petit.  Elle termine son travelling (notez la référence à du vrai vocabulaire de cinéaste hein) en bord de Meuse, où un dernier produit prend le frais, puis découvre une famille cygne.  La nature, le bonheur, l'eau, la verdure, et les produits bio.

Génial non ?

Bien sûr, si j'avais une équipe de tournage et/ou de montage, j'ajouterais en bruit de fond des cuicuis et des coincoins, et à la fin de ma vidéo, un joli fond musical au piano (que je jouerais moi-même, bien sûr), et puis j'incrusterais un choli texte "Anaïs rend à la nature ce qui lui appartient : les produits Garnier bio".

Mais j'ai pas d'équipe, donc point de musique, point de cuicuis, point de coincoins et point d'incrustation. 

Mais de l'eau, de la verdure, des produits et des cygnes, s'ils sont là, moi je dis oui.

J'attends donc qu'il fasse beau et je me rends, munie de mon appareil photo en mode caméra, de mes six produits et de bananes molles pour nourrir les bestiaux.  J'ignore si les canards aiment la banane, mais je vais tenter.  Le but est pas de les attirer, juste de faire d'une pierre deux coups.

Je suis malheureusement seule, ma fidèle comparse de promenades-cygnes Mostek étant au bureau.  Mais vu la saison, je me dois de filmer lorsque la luminosité est intense.  Hé, je m'y connais en réalisation hein, qu'on se le dise.

Il est donc presque 15 heures, heure ou les enfants sont encore à l'école, ainsi je serai tranquille.

En chemin, je croise une femme qui jette une tartine à des canards.  Je ne peux m'empêcher de murmurer un "pas de pain, connasse".  Tout bas hein.  Je sais, je suis vulgaire, parfois.  Souvent. 

J'arrive sur les lieux, savoir une rampe étroite en béton qui descend jusqu'à la Meuse, bordée de verdure et sur laquelle trône une vieille barque.  J'y découvre un couple en train de nourrir MES bêtes.  Un couple humain, s'entend.  Titchu.  Au moment où j'arrive, ils s'en vont ouf. Non mais, c'est dingue ça, ces gens qui s'occupent de MES canards et mes cygnes, titchu.

J'entame immédiatement la descente vers la Meuse, déposant au passage mon sac plein de bananes en début de course, histoire de nourrir ma famille cygnes après les prises de vue.

Je glisse sur une énorme fiente verte de je sais pas quel type d'animal mais vu la quantité de ... enfin de fiente quoi... ça doit être de la fiente de cygne ça.  C'est pas possible que ça soit de la fiente de poule d'eau, sauf si les poules d'eau chient leur équivalent en poids par jour...

Je glisse mais me rattrape.  Ouf.  Sauvée par mon inégalable sens de l'équilibre.

Arrivée au bord de l'eau, je réalise immédiatement qu'il me sera impossible de disposer certains produits sous l'eau, au risque de les voir flotter au large.  Et ça je veux pas.  Je les installe donc dans la verdure, de plus en plus près de l'eau.  Puis je prends mon nouvel appareil photo, déjà en fonction caméra, et je filme.  Je filme les produits (trop vite), puis la caméra découvre la famille de cygnes, présente pour l'occasion.  Merci les cygnes.  Je suis ravie, c'est une totale réussite (à ce moment, j'ai pas encore vu le piètre résultat, of course).

J'éteins mon appareil photo et, au moment où je m'apprête à récupérer mes produits, j'entends un bruit mat.  Un bruit sourd.  Un bruit lourd, accompagné d'un bruissement d'ailes.  Je me retourne, et découvre un cygne à moins d'un mètre de moi.  Un des parents.  La mère, je dirais.  Elle me regarde, l'oeil gourmand.  Aucune agressivité en elle, je suis sûre qu'elle me reconnait, depuis le temps que je lui rends visite. 

D'ailleurs, elle s'approche.  Elle s'approoooooooooche.  Et je suis prise au piège, moi, totalement prise au piège.  Passque derrière moi, y'a de l'eau.  A droite, de l'eau, à gauche, un mur plein de brouissailles.  Et devant, une mère cygne affamée.  Bon, Anaïs, on se calme.  Mon coeur palpite.  J'ai une folle envie de rire de ma situation, et en même temps, chuis pas vraiment à l'aise.  Un homme passe, au loin, j'hésite à l'appeler à l'aide, des fois qu'il serait brun, ténébreux et doté d'un sens de l'humour lui permettant de tomber raide dingue d'une namuroise coincée par un cygne lors de la réalisation d'un film sur des produits de beauté en bord de Meuse.  Mais j'appelle pas (diantre, si ça tombe, c'est vrai, c'était l'homme de ma vie).

Mais pourkwaaaaaaaaaaaaa Mostek est pas là, avec moi, elle qui m'accompagne quasi toujours dans mes périples bord-de-Meusesques ?  Je pense pas à l'appeler, alors que j'ai mon GSM.  Pourtant, ça aurait été à mourir de rire.  J'imagine Mostek "Euh, Mister Boss, Anaïs est prise au piège par un cygne, je peux quitter le bureau pour aller la sauver ?"  Tout compte fait, heureusement que je l'ai pas appelée.

Dans un éclair de lucidité, je décide de récupérer d'abord mes produits, toujours à leur place d'origine, passque je sais qu'une fois que je me serai sortie de cette situation complexe, j'oserai plus redescendre.  Et je vais pas sacrifier mes produits pour un cygne, non mais.  Si ça tombe, c'est ça qu'elle veut, miss cygne, jouer sa coquette avec mon antirides...

Je récupère donc un à un mes six produits, je les range dans mon sac, puis j'analyse la situation.

Passque durant mon rangement, autre bruit lourd, sourd, mat, autre bruissement d'ailes.  Un des gosses a rejoint sa mère.  Le père et le second gamin sont encore dans l'eau ouf.

J'ai donc maintenant deux gros cygnes face à moi, genre à trente centimètres, vu qu'ils se sont encore rapprochés.  Tous les deux aussi grands, car le fiston (ou la fifille, attirée aussi par les produits de beauté, qui sait), né au printemps, a bien grandi, au point qu'il a désormais la taille de papa-maman.

Bon.

Réfléchis Anaïs.

L'heure est grave, mais tu peux t'en sortir.

Tu peux le faire.

Pas moyen de leur jeter des bananes, elles sont hors de portée.  Je pourrais les assommer à coup de pots de crèmes Garnier, mais j'ai peur de les énerver.  Je pourrais m'envoler, mais chuis pas un cygne.  Je pourrais... ben je pourrais rien.

Je repère alors deux palettes, vous savez, ces carrés de bois qu'on met sous les produits lourds, genre les boites de papier A4.  Merci au malotru qui est venu se débarasser de ses palettes en bord de Meuse, je sens qu'elles vont me sauver.

Je soulève alors la première palette, me glisse entre elle et le mur, la plaçant par la même occasion entre moi et maman cygne, et j'entreprends de me déplacer.  Maman cygne me regarde, l'air intrigué.  T'approche pas fichu volatile, ou je t'écrase à coups de palette, non mais.  Une fois au bout de la première palette, y'a toujours bébé cygne devenu grand.  Fort heureusement, y'a la deuxième palette, que je fais glisser à côté de la première, et le tour est joué.

Finger in the noze.

Même pas eu peur.

Je remonte alors chercher mes bananes, passque chuis pas rancunière et passque la famille cygne n'a finalement pas eu le moindre signe d'agressivité à mon égard.  Et la dégustation commence. 

Ben je peux vous dire que si vous cherchez encore un substitut au pain qu'on peut pas leur donner, les bananes c'est pas mal.  Ils adorent.  Tous les canards adorent, et ça transforme les lieux en cafeteria géante pour volatiles.  Que du bonheur.  Mes mains sont pleines de banane écrasée, malgré le couteau que j'ai emporté pour m'aider, mais j'adore ça.  Que du bonheur je vous dis.  Mon appareil photo, que je ressors par moment pour immortaliser la scène, est plein de banane écrasée, mais j'adore ça.  Une poule d’eau parvient à se faire entendre d’un petit cri, et je parviens, dans un élan de dextérité incroyable, à viser juste et à lui lancer un bout de fruit à plusieurs mètres, qu’elle attrape immédiatement, pour ensuite s’enfuir à l’abri des oies hystériques.  Notre oie orpheline, qui n’a aucun congénère en bord de Meuse, même qu’elle hurlait désespérément au début, semble s’être acclimatée un peu mieux et fait des pieds et des mains (enfin des pates et des ailes) pour manger le plus possible, avec succès.  Pas farouche, l’immigrée.

Je quitte ensuite les lieux, morte de rire à l'idée de ce making of pas comme les autres...

PS : zavez vu, la vidéo est moche, trop claire, floue et tout, mais on entend les oiseaux, yessssssss.

PS : les photos : dégustation sur la berge avec les palettes salvatrices, le repas continue dans l'eau, la Meuse se transforme en cafeteria, et puis l'immigrée (si quelqu'un sait ce que c'est et si elle passera l'hiver dans nos contrées, je serais ravie de le savoir)

 
Garnier bio, retour à la nature
envoyé par anaisvalente. - Découvrez plus de vidéos de mode.

 

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5
oct

Le goût d'écrire

Avec ma crève...

J'ai perdu le goût de bosser.  Bon, ben ça, je l'ai plus trop, le goût de bosser, moi je veux devenir gagneuse à l'euromillions.  Pis j'ai continué à bosser, somme toute. Mais l'obligatoire quoi, le lucratif, l'alimentaire, le t'as pas le choix petite Anaïs.

J'ai perdu le goût de manger du chocolat.  Juste envie de "frais", symptôme d'un big méga énorme désordre dans mon organisme (à ne pas confondre avec l'envie de fraises, symptome d'un énorme désordre aussi, mais plus dans le bidou).

J'ai perdu le goût de lire.  Pas d'énergie, pas d'envie.  Les yeux trop lourds, les paupières trop fiévreuses, ou l'inverse.

J'ai perdu le goût de respirer, vu mes poumons encrassés.  Ou plutôt englairés.  Pas ragoutant ?  Je sais.  Mais c'est ainsi.  Et respirer dans ce cas, ben c'est pas facile.  Ça siffle, ça brûle, ça fait des glouglous glaireux.  C'est l'enfer.  Un enfer tout relatif, je sais, mais chuis une chochotte je vous dis.

Et puis j'ai perdu le goût d'écrire.  Totalement.  Plus rien écrit depuis avant ma pharyngite devenue bronchite, n'en déplaise à Monsieur lait, Madame miel, et la famille Augmentin.  Plus rien écrit du tout, et même pas envie.  C'est grave docteur ? 

Ça me semblait grave oui, alors j'ai fait une pause.  Juste pour voir ce que ça fait, de ne plus être blogueuse.

Une semaine de vie sans blog.

Etrange semaine.

Pleine de quiétude.  Sereine.  Calme.  Reposante. 

Je me suis même demandé un instant si j'allais pas tout arrêter.  Vraiment demandé.  Ça me ferait des vacances.  Ne plus me demander si j'ai pas oublié un billet pour demain.  Ne plus transformer chaque événement de ma vie en billet potentiel.  Ne plus me dire, à longueur de journée, "tu dois écrire sur ça ça ça ça ça et ça, Anaïs, t'as un retard de malade, tu assumes pas, t'es pas cap d'écrire aussi vite que ton ombre".  Me laisser vivre.

Mais l'écriture, ben j'ai réalisé qu'elle me laisse pas le choix.  Elle s'impose à moi dans tous les moments de mon existence.  Elle est là dans ma tête, j'ai beau vouloir la faire taire, elle revient, elle me harcèle, elle me parle.  Elle est exigeante.  Elle fait partie de moi.

Et tout à l'heure, je suis sortie me promener avec mes bananes, mon couteau, mes produits de beauté et mon appareil photo en mode caméra (n'appelez pas le SAMU, y'a une raison à la présence de ces objets durant ma balade), et ce fut épique.  Burlesque.  Angoissant.  Enorme.  Et là, au pire de la situation, quand je pensais ma dernière heure arrivée (j'exagère un peu, mais vraiment un peu, juste pour le suspens), ben c'est à mon blog que je pensais, au plaisir que j'aurais à raconter cette aventure qui m'arrivait.  Je ne pensais pas à comment me sortir de cette situation dans laquelle je m'étais mise, je pensais à la façon dont je l'écrirais, au bonheur de le raconter, de vous faire rire peut-être.

Ben voilà, c'est clair, chuis guérie...

Enfin.

Le goût est reviendu.

Alléluia.

 

28
sep

Malaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaade

...donc rien à lire pour vous ce mercredi et peut-être aussi jeudi (mais je vais tenter), sorry, pas d'énergie, pas de force, mais je bosse et je fais le plus urgent de mon existence... donc je vais vous négliger.  A bientôt.

Edit de 18h56 : le verdict est tombé, pharyngite, rien de grave, mais ça fait maaaaaaaaaaaaaaaaaaal.  Incapable d'avaler quoi que ce soit à part yaourt et eau, je vous dis pas pour l'Augmentin, j'ai failli périr étouffée... Quand je suis malade je suis une vraie chochote, je veux plus être malade, en plus j'ai refusé le certificat médical tellement j'ai à faire, au bureau, niveau loisirs et projets professionnels... 

Voilà, je dépriiiiiiiime...  Je vous laisse, sur ce, mon avenir fait de spray pour gorge et antibiotiques m'attend.

Illu de Sorcière et Chocolat, super blog, que je vous invite à découvrir, ça vous occupera jusque jeudi.

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28
sep

Je passe mon temps à le perdre

C’est dingue comme, une fois le PC allumé, le temps passe vite.

Oh, pas du temps à vivre, non, du temps à ne rien foutre.

Du temps à attendre qu’une série se télécharge.

Du temps à lire des blogs et leurs milliards de commentaires.

Du temps à zieuter les mots-clés.

Du temps à écrire le titre d’un prochain billet, mais pas à l’écrire, le billet.

Du temps à vérifier mes mails, toutes les trente secondes.  « Bonjour, je m’appelle Anaïs Valente, et je suis accro à ma boîte mail ».

Du temps à aller sur Facebook refuser des centaines d’invitations à des trucs plus farfelus les uns que les autres, dans des groupes n’ayant aucun sens, à faire des tests n’ayant aucun intérêt.

Du temps à lire vos commentaires (ça c’est pas du temps perdu) puis à y répondre.

Du temps à sauter, tel Tarzan, d’un site à l’autre, puis d’un blog à l’autre, en lisant des infos qui me mènent à d’autres infos.

Et puis paf.  Je regarde ma montre.  Et trois heures ont passé.  Surtout ne pas me demander « keske j’ai fait de ces trois heures », car la réponse est sidérante de connerie : RIEN.

Je vous le disais : je passe mon temps à le perdre.

Et vous, vous le perdez à quoi, votre temps ?

Illu de Cyberbv

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24
sep

L'enquête...

Suite à notre virée « photos-cygnes » hyper agréable mais un peu foireuse because confusionation intense entre tous les bébés cygnes devenus grands, nous décidons, Mostek et moi, de faire une big méga enquête de la mort qui tue, en ce jeudi après-midi. 

Le rendez-vous est fixé à 5 PM, pour un départ en bord de Meuse, munie de nos appareils photos et de nos notes quant aux bagues d’identification des cygnes namurois. 

Mostek arrive chez moi, en nage. Paraît qu’il fait torride, encore.  Je n’ai pas remarqué, vu que j’ai siesté comme un chat de 25 ans, mi-ombre, mi-soleil, mi-en bikini, mi-sous ma grosse couette douillette. 

Je lui fais confiance et m’habille léger. 

Le ciel est encore dégagé. 

Pour notre aventure, nous emportons de quoi boire et des éclairs au chocolat, vu que c’est tea time, ou presque. 

Une fois en bord de Meuse, nous repérons de suite la famille cygne « port de plaisance » au complet : papa, maman, bébé beige devenu grand et quasi blanc, bébé gris devenu grand et toujours gris.  Pas de trace de la famille à enfant unique, j’ai nommé la famille « pont des Ardennes », celle que nous recherchons puisque le but de notre enquête est de retrouver Jadex, le petiot de la photo du Jardin Extraordinaire.  Tant pis, nous nous contenterons de la famille « port de plaisance » Ils sont sur l’autre rive, damned.  Il nous faut de la salade, damned. 

Aussitôt pensé, nous nous ruons vers le primeur du coin pour y dégotter deux salades bien fraîches pour attirer nos chéris. 

En chemin, nous réalisons combien nous avons faim faim faim.  Faim faim faim est le Seigneur, comme je chante parfois… Et moi j’ai envie d’une fricandelle.  Avec de la mayonnaise.  Gras sur gras. Passque, c’est bien connu, moins par moins donne plus.  Donc du gras sur du gras neutralise le gras, non ? 

Après les salades, donc, petit détour par la friterie, fricandelles et sauces au programme.  Ainsi qu’une boisson qui pique pour bibi.  Il est déjà 5 :30 PM, du coup. 

C’est en sortant de la friterie que nous réalisons l’ampleur de la catastrophe : il pleut.  Et voilà, la météo ne s’était pas trompée, pour une fois.  La pluie annoncée par l’Ouest, ben la voilà.  Pile au moment de notre petit pique-nique en bord de Meuse, si c’est pas malheureux. 

Qu’importe, ce n’est pas une goutte de pluie qui va nous effrayer, non mais. 

Une goutte, non… mais des trombes d’eau, peut-être un peu… 

Arrivées au port, nous repérons nos cygnes, qui ont sans doute, mus par un instinct incroyable, repéré les salades, car ils arrivent ventre à terre… ou plutôt panse à eau, c’est plus adéquat cygnement parlant. 

Mais moi j’ai faim, alors mon estomac avant le leur. 

Nous envisageons un instant de nous protéger du déluge en squattant une des namourettes, mais j’ai peur des représailles, bien que le panneau explicatif n’indique pas la moindre interdiction d’y monter.  Malgré tout, nous nous installons sur un muret en bord de Meuse, lovée l’une contre l’autre sous notre seul parapluie, et dévorons nos fricandelles grasses surmontées de sauces tout aussi grasses.  Un régal. 

Ensuite, étant donné que la colonie entière d’oies (du Nil, bernache, blanches… toutes quoi), de colvert et autres poules d’eau s’est donné rendez-vous près de nous, sans oublier la famille cygnes qui a rappliqué, nous décidons de nourrir enfin nos bestiaux. 

Sont affamés, les cygnes.  Se ruent sur notre salade sans la moindre crainte.  Tous les quatre.  Les deux adultes.  Les deux bébés plus si bébés que ça.  Zont quasi la taille des parents.  Si ce n’était la couleur du plumage et du bec, ils pourraient passer pour des adultes.  D’ailleurs, les parents les traitent comme des adultes : plus question de leur céder la place face à une feuille de salade, que nenni.  Alors c’est à qui la chopera le premier.  A qui grognera le plus fort pour effrayer « l’adversaire ».  Et les petits devenus grands, étonnamment, continuent à gazouiller comme les cygneaux qu’ils étaient il y a quelques mois encore.  Un gazouillis à mourir de rire lorsqu’il s’échappe d’une si grande bestiole, désormais.  Entre gazouillis et grognements, notre famille cygnes, ben on l’adooooore. 

Ce qu’on adore moins, par contre, c’est cette pluie qui nous trempe.  Vu la torpeur au moment du départ, et sur les conseils de Mostek, j’ai pas emporté de manteau, moi.  Et puis ma chemise est toute mouillée.  Et puis j’ai froid.  Et puis ça continue à pleuvoir. 

Alors, bravant tous les dangers, les brigades de surveillance et le GIGN, nous nous réfugions enfin sur la Namourette pour y dévorer notre dessert, pour rappel, un éclair au chocolat.  Au sec.  Que du bonheur que cet éclair au chocolat dévoré au sec, sur la Namourette, en observant ce qui nous entoure : la famille cygne qui nous a suivies et rode autour de l’embarcation, la citadelle qui nous salue, le pont de Jambes qui fait trempette, les deux autres Namourettes, vides, elles, quelques araignées qui se préparent pour le souper, les gouttes de pluie qui rendent notre Namourette encore plus jolie…  Bonheur bonheur.  Bonheur bonheur.  Jusqu’à ce que Mostek s’offre une jolie gamelle dans la Namourette, oubliant une marche, captivée qu’elle est par les photos qu’elle prend.  Jusqu’à ce que je manque de mourir étouffée par un fou-rire lors d’une séance photos mémorable « singing in the rain ».  J’avais plus autant ri depuis bien longtemps ma bonne Dame. 

Ensuite, comme la pluie menace toujours, nous rentrons chez nous.  La longue balade en bord de Meuse à la recherche de Jadex, ça sera pour plus tard.  Pas trop, car j’ai lu sur le net (sur un site passionnant qui m’a aussi appris que les cygnes sont souvent devenus sédentaires) qu’une fois l’hiver passé, les cygnes nés dans l’année sont chassés par leurs parents et devront se trouver leur territoire à eux.  Ce sera alors pour nous le moment des adieux à Jadex, à bébé beige et bébé gris.  Ce sera aussi le moment des nouvelles naissances printanières… 

Merci la vie.

Mostek nourrit la petite famille.  Remarquez le bec du petit beige, encore bien clair par rapport à celui de papa.

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 Moi en train de nourrir les deux petits, zavez vu ma new bague ?

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 La famille entière est au RV. Y'a même de la salade qui traine sur bébé gris.

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 Mon chouchou d'amour vu de la Namourette... et sous la pluie.

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Et un petit éclair dans le ciel... et un petit éclair dans l'estomac.

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L'heure des adieux, le déluge est là...

 

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 Choli non ?

 

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