23
nov

L'Anaïssade du jour

Enfin la "collèguade".

Atelier floral ce midi au bureau, Mostek, moi, et "la stagiaire devenue collègue", on fait des fleurs en crochet.  Enfin, Mostek et moi.  Puis arrive l' "ex-stagiaire", qui a envie de tenter.  Nous vlà donc toutes les trois avec nos crochets.

J'ai été formée par une véritable ex-collègue, qui m'a tout expliqué récemment.  Parlant d'elle, j'évoque le fait qu'elle fait ses fleurs en voiture (voiture conduite par son époux, of course), sans même les regarder, scrutant le paysage, tant c'est un automatisme pour elle.

Et l'ex-stagiaire de demander "et comment elle tient le volant, alors ?"  C'est cela oui...

Le résultat avec ma mienne, de fleur :

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Et l'écharpe faite par Mostek, pour prouver que ça fait pas "petites bobonnes", non mais, scandale, oser nous traiter de petites bobonnes, ça se paiera cher à grands coups d'envoi de puces pas savantes.

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Demain, on tente les "cache rouleau de papier WC", magnifiques non ?  On va relancer la mode, je vous le dis :

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23
nov

Quand les reboostants me font un effet bœuf (bis)

Je vous ai parlé hier de ces tas de gélules et ampoules que j’avais ingurgitées pour me rebooster, et qui étaient miraculeusement miraculeuses.

Durant cette cure, j’ai pu constater que c’était vraiment le cas.

Nous sommes en septembre.

Il fait absolument sinistre, il pleut, il fait gris.  Un peu comme en novembre, mais en septembre.

J’ai rendez-vous avec une amie à 12h30 chez Pizza hut.  A Namur.  Et chuis à Bouge. Sur les hauteurs.

A 12h00, je finis de bosser, et je pars choper un bus.

Que je rate.

Pas grave, je prendrai le prochain.  Mais il est dans un quart d’heure.  Je vais être en retard.

Je suis à l’arrêt de bus.

J’attends.

Souci supplémentaire, j’ai pas de montre (c’est cette période horrible durant laquelle j’ai vécu sans montre, souviendez-vous).  Je supporte pas ça.

Alors je regarde mon GSM, presque déchargé, toutes les trente secondes, et je réalise que je vais vraiment être en retard.  Horreur et putréfaction glauque, j’aime pas du tout être en retard.  Etre en retard me stresse au plus haut point.  Vous me direz qu’avec les potions miraculeuses que j’ingurgite, je devrais pas être stressée.  Je confirme.  Mais y’a des limites quoi.  Ça empêche le stress, mais pas dans les cas extrêmes comme un crash d’avion, un grand requin blanc qui surgit ou cinq minutes de retard.

Me vlà donc à l’arrêt de bus, en retard.  Galère.  Enfer.

Mais la galère et l’enfer, c’est maintenant (à dire sur le ton de Denis Brogniiiiaaaaard dans Koh Lanta, lorsqu’il dit « et le conseil, c’est maintenant).

Car surgit une guêpe.

Sont pas censées se mettre à l’abri, quand il pleut, les zébrées, des fois ?

Même pas.

Et elle me tourne autour.  Déjà que j’ai pas de parapluie, faut que je me farcisse une zébrée qui me harcèle.  A croire que la pluie l’énerve.

La pluie l’énerve, et la guêpe m’énerve, on est mal barrées, elle et moi.

Pour échapper à l’attaque guêpo-nucléaire, je décide d’aller à l’arrêt suivant, à pied.  J’ai bien le temps.  Autant m’occuper, et ne plus subir ce bestiau qui tourne autour de moi comme un bernard-l’ermite autour d’une coquille vide.

Alors je marche jusqu’à l’arrêt suivant.

Une fois arrivée, je me dis que ça ne changera rien à mon retard, qu’il serait bon que je prévienne mon amie. 

Je saisis mon gsm, mais pas le temps d’envoyer un sms, il est totalement déchargé (mes amies vous diront que mon gsm est inutiles, il est soit déchargé, soit inaudible pour mes pauvres petites oreilles sourdes, donc dans tous les cas, je ne réponds pas).  A peine le temps de voir l’heure qu’il est, et il se coupe, définitivement.

Il est 12h18.

Le prochain bus est dans dix minutes.

J’arriverai au Pizza Hut à 12h45 au plus tôt.

Je serai en retard, et même pas possible de prévenir.  Drame intersidéral.

Alors, dans un élan de folie rare et pas douce pour un euro, je prends une décision qui va changer le cours de ma vie : je vais y aller à pied.

Quand je vous dis que les potions magiques à base de plantes doivent contenir des trucs pas catholiques : moi, aller à pied jusqu’au Pizza Hut !

Avec cette pluie fine, qui plus est.

Mais ma décision est prise, j’irai plus vite à pied.

Alors j’entame la descente jusque la ville, je marche, je marche, je marche.  Et je me déshabille au fur et à mesure, tellement marche me donne chaud chaud chaud.

En chemin, je tente d’obtenir l’heure en m’adressant à des passants qui passent.  Ben les passants qui passent, ils ont rarement l’heure.  Dingue, plus personne n’a l’heure dans cette ville.  Et ceux qui l’ont angoissent quand je m’approche, comme si j’allais leur arracher leur montre Cartier ou Rolex.  Je finis par obtenir l’heure, 12h28, je suis encore dans les temps.

Je traverse la ville, j’affronte les travaux de la rue de l’Ange (toujours pas finis, mais c’est pour bientôt I guess), et j’arrive au Pizza Hut au moment même où la pluie fine se transforme en averse puis en drache nationale.

Ouf.  Je l’ai échappée belle.

Il est 12h30, je suis arrivée à destination.

A l’heure.

Mon amie est en retard.

Je m’en moque, cette petite marche m’a revigorée, merci les potions magiques, merci la vilaine guêpe.

 

Et une chtite illu de coco.  Mais non, jamais je n'adopterai une zébrée, non de non.

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22
nov

Quand les reboostants me font un effet bœuf

(Billet écrit en septembre, depuis, j'ai terminé ma cure, suis tombée malade ah ah ah, et suis redevenue stressée de la mort)

Vous le savez, j’en ai parlé, je prends trois tonnes de reboostants chaque matin, au point que je me lève dix minutes plus tôt pour avoir le temps de sortir chaque petite pilule de sa boîte, de casser chaque ampoule et tutti quanti.

Le rituel est immuable :

Je commence par avaler.

Et pour ce faire, j’ai décidé de ne pas remettre à plus tard les tâches les plus difficiles, comment ça s’appelle déjà faire ça, y’a un verbe bizarre pour ça, qui veut dire ne pas remettre à demain patati patata… allez, ça va me reviendre… Tintinnabuler ?  Non.  Tergiverser ?  Non.  Procrastiner ?  Ouiiiiiiiiiii (merci google, shame on me pour mon inculture). 

Donc je ne procrastine pas, et je commence par le pire :

« L’opération pilules ».

D’abord, la pilule jaune. La pire du pire.  Celle qui se met toujours de biais dans la gorge pour bien m’arracher les amygdales, la garce.  Je l’avale d’une énorme goulée d’eau tiède.  J’ai constaté qu’avec l’eau tiède ça passe mieux qu’avec l’eau glacée, peut-être car cette dernière contracte le gosier.

Ensuite, les petites gélules roses et blanches.  Normalement, ça passe.  Parfois, ça colle.  Alors j’avale de l’eau à qui mieux mieux.

Je termine par les deux blanches, qui accrochent un tantinet, mais pas trop, tant que je prends beaucoup d’eau.

Tout ça dure bien cinq bonne minutes, car entre chaque prise, je dois respirer, tenter de me convaincre que ce que je sens, là, au diaphragme, c’est l’angoisse de l’avalage et pas le médoc qui est définitivement coincé, même qu’il va provoquer une infection fulgurante et que je mourrai d’une gangrène gazeuse du diaphragme et que je serai le seul cas au monde et qu’on appellera ça le syndrome Anaïs Valente.

Après tout ça, je vais faire trois fois pipi pour éliminer les deux litres d’eau qui ont servi à avaler ces dix médicaments.  Nan, je rigole, pas dix médicaments.  Le matin c’est le jeune, deux blancs, un rose et blanc.  Le midi un rose et blanc.  Le soir trois rose et blanc, deux blancs.  Tout ça c’est que du naturel hein, ne sortez pas votre loupe, c’est pas des pilules magiques qui font voir la vie en rose, c’est pas de l’ecstasy, c’est pas du viagra féminin non plus, c’est que de la plante miraculeuse ma bonne Dame.

Ensuite vient l’opération « ampoules ».

Au début de ma cure d’intoxication aux plantes miraculeuses, je séparais bien les ampoules. Je commençais par la meilleure, celle qui a un goût d’orange, enfin d’orange plus très bonne.  Ensuite, je m’infligeais le supplice de celle qui a un goût de poubelle, enfin de poubelle pas très propre, et qui me rappelle mon enfance (maman, m’as-tu fait boire ces trucs quand j’étais môme ?).  Je me ruais par après sur la petite ampoule au goût de métal, pour terminer par celle en plastique dont le contenu a autant de goût que de couleur, savoir que dalle, pas de goût, pas d’odeur, pas de couleur, à croire que c’est de l’eau. 

A chaque ampoule, donc, j’ajoutais un peu d’eau (je l’avoue, du jus d’orange pour celle au goût de poubelle, car ils le conseillent sur la boîte et ça passe un chouia mieux), je buvais.  Puis j’allais refaire pipi bien sûr.

Puis je me suis dit que ça ne servait à rien d’avaler tout ça séparément d’affilée, que tout allait se mélanger dans mon pauvre estomac déprimé.

Donc maintenant je mélange tout dans mon verre et j’avale.  Je gagne ainsi trois minutes.

Ensuite, je pars bosser, l’estomac déjà plein.

Et la vessie déjà pleine, aussi.

Tout ça pour me redynamiser et être capable de bosser correctement, de vous écrire des bafouilles, d’écrire mes articles sérieux, d’avoir de nouveaux projets top secret, de lire, de zieuter la TV, de faire mon shopping, de ranger, nettoyer, balayer, astiquer.  Bref d’avoir une vie normale de célibattante sans m’endormir dès 9 heures du matin.  Le tout sans avoir des envies de meurtre en permanence, tant qu’à faire.

Et ça marche.  Maintenant chuis hyper zen quand je traverse la rue, même plus envie de crier des insultes à ceusses qui accélèrent en me voyant.  Même plus envie de lancer violemment mon sac contre la carrosserie.  Même plus de violence verbale à l’égard des clients hystériques. Même plus envie de siester à toute heure du jour et de la nuit. Je suis zeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen.  Et dynamiiiiiiiiiiiiiik.  Le tout en même temps.  Limite si je vous pas des papillons roses et des éléphants bleus, ou l’inverse, partout où je passe. J’aime tout le monde, là, d’un coup d’un seul.

Un miracle miraculeusement miraculeux que ces potions magiquement magiques, je vous prie de me croire.

 

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18
nov

Une soirée pleine de petits et de grands bonheurs

On s’est offert une soirée d’enfer avec Mostek et Moustique, une soirée… euh chais pas moi, une chouette soirée quoi.  M’est venue spontanément l’expression « une soirée filles et bas résille », mais franchement, même si ça rime, ça colle pas à notre soirée.  Passqu’on met pas de bas résille, nous, même si on est des filles, des vraies.

Après maintes discussions et tergiversations au sujet de l’endroit rêvé pour passer une soirée « comme au bon vieux temps quand on bossait ensemble, avant la démoustication patronale, qu’on causait dossiers devant un plat de pâtes en refaisant le monde », nous optons pour un resto grec.  Ça fait un bail qu’on n’a plus mangé grec, voilà une super occasion.

Mostek et moi sommes pile à l’heure au rendez-vous, Moustique pile plus cinq, à peine eu le temps de l’attendre en commençant à refaire le monde.

Une fois l’apéro commandé, nous entamons vraiment notre séance « refaire le monde ».  Etrangement, mais pas tant que ça, nous adorons discuter boulot, même si Moustique est partie depuis bientôt deux ans, ça me sidère toujours la rapidité avec laquelle les mois filent comme des bas pas résille.  Comme dirait l’autre, « on va tous crever » (private joke, reliquat du temps oùsque les bureaux où je bosse étaient ailleurs, temps que les moins de cinq ans d’ancienneté ne peuvent pas connaître, temps que je partage désormais avec tellement peu de monde, on ne rajeunit pas ma bonne Anaïs).  Malgré le temps qui passe, ben ça nous unit toujours, alors on cause bureau, on cause dossiers, on cause clients chiants (pléonasme), on cause boss, on cause collègues, on cause horaires, on cause salaires, on cause bureau bureau bureau.

Derrière nous, un énergumène mange en lisant bruyamment.  Enfin lit en mangeant bruyamment.  Non, ce n’est pas ça, Anaïs, tâche de t’exprimer correctement crévindjeu.  Il lit.  Il mange.  Et il se racle la gorge.  Mais pas un « heum heum » bien sec.  Non, un raclement qui veut dire « remonte vite dans mon gosier, grosse glaire visqueuse, que je puisse t’extirper de mon organisme au plus vite… ou te ravaler goulument ».  Et il fait des bruits immondes, des bruits vomitifs, des bruits glaireux. 

Et nous tentons de continuer de parler bureau, malgré le fou-rire de dégoût qui nous guette.

Puis on zappe.  Enfin.  Et on passe aux potins de filles, qui tournent autour de sujets hautement intellectuels, et tellement universels : sexe, fringues, bouffe, kilos en trop, projets perso, projets pro, séries télé, et puis les trucs hautement intellectuels, universels, mais confidentiels, que je ne peux répandre ici sous peine d’être maudite pour 666 générations.

Mister glaire continuer ses ablutions visqueuses.

Notre bouffe arrive.  Moustique et moi, on a pris les brochettes d’agneau.  Mostek le mezze. Elle regrette.  Mostek et Moustique ont pris les pâtes grecques.  Moi la patate pétée.  Je regrette.  Chais pas vous, mais moi, j’ai la manie de bien souvent regretter mon choix au resto, une fois que je vois l’assiette de autres.  Instinct grégaire sans doute.  Donc y’a que Moustique qui est pleinement heureuse de son choix.  Alors Mostek et moi, on fait du troc : « je t’échange de l’agneau contre un calamar et des pâtes grecques », « adjugé ».

Mister glaire continuer ses ablutions visqueuses.

Et nous, on se régale, en continuant à refaire le monde.

Mister glaire continuer ses ablutions visqueuses.

Et on passe au dessert.  Assiette de pâtisseries grecques pour moi, j’en rêve depuis plusieurs heures déjà.  Finalement, peu importaient l’apéro et le plat, tant que j’avais mon dessert dégoulinant de sucre pour terminer en beauté.  Alors, on termine en beauté, en devisant sur ces cinq mini pâtisseries hyper alléchantes… bien que l’une d’elle ressemble fortement à un Tampax… ou plutôt à un OB.  Discussions intellectuelles de filles, je vous disais.

Mister glaire continuer ses ablutions visqueuses.

Soudain, un appel téléphonique annonce une mega big grande nouvelle de la mort qui tue.  Et tout bien réfléchi, on a chacune des bonnes nouvelles à fêter.  Chacune.  Toutes.  Somme toute, c’est assez rare pour être remarqué.  Passque lors d’un repas entre girls, la probabilité que toutes aient des bonnes nouvelles est aussi élevée que de trouver une perle dans chaque huître creuse d’un buffet géant.  Mais là, si, on a toutes de bonnes nouvelles de la dead qui tue la live.

Mister glaire continuer ses ablutions visqueuses.

Et nous, on veut fêter ça.  Mais pas ici, marre des raclements de gorge répugnants qui finiraient par donner la nausée à toute une équipe de médecine légale. 

On va partir d’ici.  On paie, on se lève.  Moustique et moi devisons gaiment et longuement sur nos écharpes Strelli respectives, leurs motifs, leurs coloris presque similaires, leur beauté, leur année d’achat… jusqu’à ce que Mostek nous interrompe d’un « euh, je dérange pas les filles ? »  Fou-rire.

Bon, on quitte Mister glaire.

Reste à décider ce qu’on va boire pour fêter ça.

Un cocktail ?  Nan, je ballonne trop après ce repas succulent.

Du champagne ? 

Yesssssssss, super idée.

Là vous vous dites, c’est quoi ces gonzes qui ont toujours du champagne au frais au cas où elles auraient une bonne nouvelle, on est dans Gossip girl à Namur, là, ou quoi ?

Je pourrais vous répondre « Kwaaaaaaaa ? Tout le monde n’a pas du champagne, avec des macarons et un gros pot de caviar chez souaaaaaaa ?  M’enfin, c’est quoi cette populace qui se contente d’un paquet de Grills et d’un Martini pour fêter une bonne nouvelle ? »

Mais bon, me croiriez vous ?

Nan.

C’est juste le hasard qui fait bien les choses et qui a mis chez Mostek une bonne bouteille de champ’.  Mais pas au frais, vilain hasard qu’est pas parfait.

Direction chez Mostek alors.

Une fois sur place, nous nous vautrons sur son canapé, pendant qu’elle tente d’ouvrir sa bouteille.  Bingo, elle y parvient sans défoncer son plafond.  Nous sert trois grands verres de champagne (pas des coupes, nan, des verres à limonade), avec des glaçons dedans.  Sacrilège ?  Sans doute, mais keske c’est sympa, cette dégustation improvisée.

Petit surf sur Facebook afin d’y glaner des informations captivantes. 

Second verre.

Mostek se lance dans la coiffure et fait des tresses à Moustique.

Troisième verre.

On allume la télé pour savoir qui est viré de Secret Story.

Bouteille terminée.

Ça tourne un peu la tête, mais c’est que du bonheur.

Comme cette soirée ponctuée de moments de nostalgie, de grands débats sur l’avenir et d’un nombre incroyable d’éclats de rire.

 

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26
oct

Anaïs s’offre une cuisine équipée pour sa Saint-Valentin

Un peu à la façon d’Anaïs à la ferme, Anaïs a un petit frère, Anaïs et le zizi sexuel, voici donc Anaïs et sa cuisine équipée. 

J’ai toujours rêvé d’avoir une cuisine équipée.  Rhooo, ça va hein, pas besoin de vous marrer, c’est pas passque je cuisine jamais que j’aime pas la beauté d’une cuisine équipée.  Tout comme c’est pas passque je me lave jamais que j’ai pas fait installer une salle de bains.  Je rigooole hein, je me lave.  Et puis dans une cuisine, on fait pas que cuisiner : moi j’y lave mon linge, j’y range mes pizzas et mes lasagnes, j’y stocke des boissons fraîches et du lait de soja à la banane et j’y fais plein d’autres choses encore que la morale réprouve.

Dans mon premier chez moi, j’en avais une, de cuisine équipée.  Elle était toute cholie.  Noire avec des plans de travail blanc et des poignées en inox.  Avec des taques électriques, un four, une machine à laver bien cachée, un frigo et un congel.  Le bonheur.  Bon, je n’y cuisinais jamais, pour sûre, mais c’était le bonheur.

Puis j’ai déménagé dans mon chez moi actuel, et y’avait pas de cuisine équipée.  Y’avait de bêtes meubles blancs avec d’immondes poignées rouch’. 

Vu que mon budget tirait grave la tronche, j’ai fait simple : j’ai pleuré un bon coup, puis j’ai remplacé les poignées rouch’ par des poignées suédoises portant un nom imprononçable genre strümligggg.  Dont coût, euh, vingt zeuros.  Et déjà, le bonheur a commencé.  Mais j’avais que des meubles.  J’ai donc complété avec frigo, congélo, machine à laver (mon destin est d’avoir toujours ma machine à laver dans la cuisine, faut croire) et une cuisinière d’étudiante, avec un micro four qui crame derrière et cuit pas devant et deux taques au-dessus, même que si les deux taques fonctionnent ensemble, ben le four il fonctionne plus.  C’était pas le bonheur d’antan dans mon premier chez moi, mais ça l’était presque.

Puis y’a cinq ans, j’ai voulu une cuisine équipée.  J’ai regardé les prix, j’ai pleuré un bon coup, et puis je me suis offert un pot de peinture en vert pomme.  Dont coût vingt-cinq zeuros.  Et j’ai repeint, et ça a transformé la pièce.

Ça doit être à ce moment que mon fantasme cuisine équipée anthracite est né, passque l’anthracite et le vert pomme, ça va super bien ensemble.  J’ai donc commencé à rêver.  Mais je me suis contentée de rêver, passque j’aime pas les travaux, j’aime pas les changements et j’aime pas avoir des intrus dans mon chez moi.  Or, une cuisine, c’est des travaux, des changements et des intrus, sans oublier les emmerdes qui découlent de tout cela, bien souvent.

Il y a un an, j’ai pourtant décidé de m’y coller.  Enfin, de m’y coller en mode « j’y pense puis j’oublie ».  On m’a dit « tu feras ça au printemps, on est plus motivé ».  Le printemps est venu, mais pas mon envie de me bouger pour ma cuisine. 

Purée une page word, et j’ai encore rien dit… pourquoi je cause tant ?

Puis l’été est venu.

Puis l’automne est venu.

Et une collègue a placé sa cuisine, en me racontant tous ses soucis électriques, aquatiques et j’en passe.  J’ignore pourquoi, mais ça m’a donné l’envie d’enfin me bouger.  Sans doute car j’avais vu sa cuisine et qu’elle était trop trop jolie, brillante et tout, absolument ce qu’il ne faut pas, car la mienne serait vite pleine de traces de doigts. 

Un beau matin plein de soleil, passant devant un magasin de cuisines, je franchis enfin le pas, j’entre.  Et je prends rendez-vous.

Quelques jours plus tard, par un après-midi plein de soleil,  Mister Cuisinéquipée vient chez moi, prendre les mesures de ma cuisine de naine de jardin, hyper mal conçue, avec des murs même pas en angle droit, des fenêtres et des portes partout.  L’enfer.  Mais j’ai plein d’idées, j’ai noté tout ce que je veux, comment je le veux, et tout et tout, et on s’entend bien Mister Cuisinéquipée et moi, sauf qu’il veut me fourguer un coloris sable alors que je voulais de l’anthracite, pardi.  Du sable, ça va pas la tête ?  là, on est vendredi.

Et ce lundi, mon géèsseème sonne.  Comme d’hab, je l’entends pas.  Comme d’hab, j’entends le bip signalant un message.  J’écoute.  C’est Mister Cuisinéquipée qui me signale que les plans sont prêts et tout et tout.  C’est le Speedy Gonzales de la cuisine équipée, dis donc.  Le soleil est toujours de la partie, c’est un bon présage.

Je cours, je vole, telle une libellule rose vers une goutte de rosée, vers Mister Cuisinéquipée, qui m’accueille à bras ouverts et me montre tout ce qu’il a prévu pour moi :

- plein de tiroirs pour ranger mes couverts (sauts de joie, j’ai pas un seul tiroir actuellement)

- un truc dont j’ignore le nom, vertical, qu’on ouvre et où on range les épices et les bouteilles d’huile ou vinaigre (trop meugnon, même si je cuisine pas)

- un néon sous les meubles (aaaaaaaaaaaaaaaaaah, nooooooooooooooon, tout sauf un néon, je hais les néons, j’exècre les néons, je vomis les néons)

- deux halogènes sous les meubles (aaaaaaaaah, ouiiiiiiiiiiiiii, en plus on les allume d’une pression du doigt, so chic)

- un frigo à hauteur d’homme, enfin de femme (bonheur, plus de lumbago)

- un four combiné ultra multi fonctions qui cuisinera tout seul (je veux y croire)

- un grand congelo pour stocker mes pizzas (et mes lasagnes Farniente)

- une hotte en inox (même qu’on met plus de filtre dedans comme dans le temps, j’ai failli provoquer une crise d’angoisse à Mister Cuisinéquipée, ou une crise de fou rire, j’hésite)

- plein plein de place pour ranger

- des tiroirs pour mes casseroles et mes milliards de tupperware

- et c’est tout

On choisit la couleur, de l’anthracite, je confirme.  Les poignées, en inox toutes jolies.  Le plan de travail, parmi 120 couleurs, pire que de choisir une écharpe Strelli je vous le dis…

Deux pages Word, on avance.

Puis, tadaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam, l’imprimante crache son devis.  Trois pages.  Et Mister Cuisinéquipée me récapèpète tout le barda, en lisant chaque ligne, alors que moi, ce qui m’intéresse, c’est le prix.  Tadaaaaaaaaaaaaaaaaaam, vlà le prix.  Ben chuis surprise, je m’attendais à pire.  Bon, faudra le passage d’un électricien pour pouvoir faire fonctionner plus qu’une seule plaque vitro à la fois, donc j’angoisse, mais fais un truc fou ma petite Anaïs, tu peux le faire.  J’ai fait le truc fou d’acheter un canapé et deux fauteuils samedi dernier (après trois ans de « me faut un canapé, j’aime rien, tous trop grands, trop petit mon living, veux déménager, bon, veux un canapé cuir finalement, sont moches chez Ikéa et patati et patata »), en dix minutes chrono (un miracle miraculeusement miraculeux).  J’ai fait le truc fou de prendre Voo numérique avec le Voocorder.  Je fais donc mon troisième truc fou de la semaine : je signe pour accord.

Puis je rentre chez moi, avec mes petits plans tout beaux tout chauds.

Et je me mets en pyjama.

Nan, il est pas 22 heures, il est 16 heures.  Même pas honte.  J’ai pas prévu de sortir, fait frisquet, me faut du douillet, quelle que soit l’heure.

A peine en pyjama, téléphone. 

Mister Cuisinéquipée.

Il a perdu les plans, sans doute emportés par un livreur.  Je propose de rapporter les miens, afin qu’il les copie.

Je me rhabille.

En chemin, j’ai tout d’un coup un doute sur mon électro, aucun souvenir d’y avoir vu la machine à laver, diantre.  Je checke et en effet / in fac / indeed : point de machine à laver.  Oups.

J’arrive et je signale la chose, au méga big étonnement de Mister Cuisinéquipée, convaincu de l’avoir mise.  Que nenni.  Il se confond en excuse et se précipite pour refaire le devis, m’assurant qu’il va m’octroyer une grosse réduction pour compenser son oubli.  Boah, pour moi c’est nin grave hein (à part que va falloir rajouter le prix de cette machine, qui laisse entendre qu’elle lave en programme main avec de vraies mains, greffée à l’intérieur, qui vont caresser mon linge, le masser, le revigorer, l’aimer, le vénérer, ce qui justifierait son prix exorbitant, 1199 euros).  Mais il s’en remet pas, et se lance dans de savants calculs sur sa calculette magique.

L’imprimante crache son nouveau devis.

3000 euros plus cher.  Y’a comme un hic (Jennifer).  Comment un devis augmenté de 1199 euros et diminué d’une groooooooooossse réduction peut-il être 3000 euros supérieur au devis initial ?  Y’a un hic c’est clair, alors, je le signale. 

En effet / in fact / indeed, y’a un stuut.  Mister Cuisinéquipée reprend sa calculette magique et recalcule.  Après de longues minutes, l’imprimante crache son nouveau devis (bis).  Lààààààààà, c’est bien mieux.  Et y’a la groooooooooosse réduction.

Mais j’ai pas la conscience tranquille, là.  Ou du moins, je sens que Mister Cuisinéquipée l’a pas.  Je flaire quelque chose.  J’emprunte alors la calculette magique et je me mets à pianoter.  Le verdict tombe : la grooooooosse réduction, c’est quelques minuscules dizaines d’euros.  Oui, bon, clair que « groooooosse réduction », c’est tellement subjectif.  Alors je dis « en fait, vous me faites une réduction de ça, si je compte bien ».  Faut croire que j’ai l’air déprimée ou fâchée ou contrariée ou dépitée ou prêtàplussigner, au choix, passque ma réduction augmente alors de façon plus intéressante.  Yessssssssssssssss. 

Ben oui quoi, j’aime pas qu’on me mente sur la marchandise.  Si on me dit qu’elle est grooooosse, j’aime qu’elle le soit !

Pour la suite, rendez-vous en février, car ça sera mon cadeau de Saint-Valentin.  Si vous êtes sages et gentils, je peux vous montrer les croquis…

D’ici là, bien sûr, y’aura sans doute des rebondissements…

 PS : les photos, c'est bien sûr pas chez moi, ce sont d'ailleurs TROIS cuisines grises et vertes, chez moi c'est petit comme dans un trou de nez... Si j'avais trois cuisines chez moi, elles seraient de styles différents, comme ça, en fonction de l'humeur, je me dirais "aujourd'hui j'ai envie de manger ma pizza dans un style cottage", "ce soir me faut du moderne, je suis jeune et belle pour manger ma lasagne", "j'ai besoin de robustesse, je vais dans ma cuisine en chêne"... (sauf que j'aime ni le style cottage ni le chêne...)

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