22
déc

Le bus, c’est l’aventure… (part 3)

Je descends donc du bus longue distance qui a refusé ma présence et j’attends un autre bus, plus « urbain », où je pourrais réchauffer mes petons congelés par les congères et la petite marche forcée d’il y a un quart d’heure.

Le voilàààààààààààààà, tel le messie : un bus.  Urbain.

Y’a foule, à croire que tout le monde a été éjecté de bus grandes lignes en prévision du nouveau règlement à la noix de macadamia.

Je me mets dans la file de ceusses qui veulent monter et j’attends.  Je suis derrière une dame et son fils, que je laisse passer.  Ils s’installent sur deux places individuelles, l’un derrière l’autre.  Tchu, j’aurais pas dû les laisser passer, du coup.

Je m’installe donc non loin d’eux, sur un siège pour deux.  J’aime pas ça, vu qu’avec tout le barda que je trimballe, je suis souvent obligée de me serrer comme une sardine obèse pour ne pas occuper deux sièges à la place d’un.

Mais je suis contente d’être assise.  Et au chaud.  Et enfin dans un bus qui me ramène at home.

D’autant qu’il y a foule.

Et que la foule augmente aux deux arrêts suivants.

Soudain, cris et hurlements.

Pas cris et chuchotements, non, cris et hurlements.

Beuglements.

« C’est mon fils, rendez-moi mon fils ».

« Mais c’est mon petit-fils, je veux mon petit fils ».

« JE VOUS DIS QUE C’EST MON FILS ».

« NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN C’EST MON PETIT-FILS ».

Et ainsi de suite durant de longues secondes.

Tous les passagers, moi y compris, sont statiques, estomaqués, sauf deux personnes qui tentent doucement de séparer les deux furies, accrochées toutes deux aux bras de ce pauvre enfant, qui s’est mis entre-temps à pleurer et hurler de peur.

Et moi d’imaginer qu’il se déchire en deux, tant ses « mère » et « grand-mère » frisent l’hystérie.  Ah non, elles ne la frisent pas, elles sont en plein dedans.

Dans ma tentative de compréhension, je me dis qu’il doit s’agir d’un conflit familial : une mère et sa fille, une belle-mère et sa belle-fille, qui ne se voient plus, l’enfant vivant chez sa mère, la mère ou belle-mère voulant se l’accaparer quand le hasard de la rencontre les met en contact.

Alors je ne moufte pas, conflit familial.

Et puis la mère hurle, supplie le chauffeur d’intervenir.  Il ne moufte pas non plus, ça doit être le règlement qui prévoit qu’à partir du 1er janvier les chauffeurs peuvent plus aider les passagers, même s’ils se vident de leur sang.  Alors autant les habituer dès le 15 décembre hein.

Soudain, un petit bonhomme capuché tire doucement le bras de la « grand-mère », toujours hurlante et accrochée à son « petit-fils », et lui dit « mamy, chuis là ».

Et voilà, je comprends.

Et tout le monde comprend.

La Mamy, et ben, elle s’est trompée d’enfant.  Avec la foule, la « vraie maman » a voulu prendre son fils sur ses genoux pour libérer l’enfant.  A ce moment précis passe la mamy, qui perd sans doute un instant de vue son vrai petit-fils, lequel file dans le fond du bus.  Le regard de notre mamy un tantinet taupe se pose alors sur l’enfant en train de changer de siège, elle le confond avec son petit-fils et, au lieu de vérifier (faciiile de vérifier, suffit de mater le visage de l’enfant, pardi), tente de l’arracher à sa pauvre mère qui n’y comprend rien.

Mais maintenant on a tous compris.

Et la mamy aussi.

Mais, au lieu de se confondre en excuses, ben elle continue à hurler, non plus sur la vraie maman du pauvre enfant traumatisé, mais sur son vrai petit-fils revenu des limbes du fond du bus.  C’est donc la faute de ce pauvre enfant, qui a commis, j’en suis consciente, une bêtise en allant dans le fond du bus, mais de là à lui hurler dessus et à le tenir responsable de son hystérie, il y a un pas qu’elle n’aurait pas dû franchir.  Du moins le pense-je.  Passque c’est qui l’enfant là, le gamin de sept-huit ans qui par mégarde fonce dans le bus, ou la mamy adulte qui s’imagine qu’on veut lui voler ledit gamin et hurle comme une possédée et tente d’arracher un enfant des bras de sa mère sous prétexte qu’il est habillé pareil que son petit-fils ?  Passque je vous le dis, y’a rien de plus ressemblant à un manteau foncé qu’un autre manteau foncé.  Mais tout de même quoi…

Les cris continuent donc, seule la cible a changé.

Et la première cible, j’ai nommé la véritable maman, s’est réfugiée au début du bus avec son gamin encore tremblotant.  Et moi chuis toute émotionnée de ce qui vient de se passer.  D’autant qu’elle accuse les passagers de ne pas avoir moufté.  Et elle a raison, mais ça s’est passé si vite, juste le temps de me dire « mais keski se passe, c’est deux membres de la même famille qui s’arrachent le même enfant ? » et paf, l’affaire était terminée.  Je réalise alors pourquoi, bien souvent, lors des agressions, les gens ne bougent pas : ils sont scotchés de stupeur (et tremblements).

Le chauffeur, lui non plus, n’a pas moufté, et il refuse d’appeler la police, que la vraie maman réclame à cor et à cris, et je veux bien la comprendre, son gamin est totalement traumatisé.  Le chauffeur finit par se ranger au bord d’un trottoir et par appeler le contrôle TEC, qui met des plombes à venir.  Heureusement que personne n’était mourant, sinon la faucheuse aurait largement eu le temps de faire son travail.

L’attente est si longue que pas mal de passagers descendent du bus, tant qu’à faire.  Mais il neige et j’ai froid, alors je reste à ma place.  Et puis, sait-on jamais qu’il se passe encore quelque chose.  Passque je suis en train de saliver de bonheur à l’idée des billets que je vais vous écrire suite à tous ces événements, hein, c’est clair.

La grand-mère, remise de ses angoisses, tente une approche pour s’excuser, mais il est trop tard, la mère lui hurle qu’elle aurait mieux fait de vérifier avant de vouloir démembrer son fils qui n’était pas son petit-fils (ça va, vous suivez toujours ?)  Et le vrai petit-fils de se faire à nouveau enguirlander comme du pus.

Arrive enfin le contrôle TEC, qui prend les cartes d’identité et note les faits.  La vraie maman et son gaminou sous le choc descendent du bus, afin de se remettre de tout ça, d’échapper à la mamy furax et de décider si plainte sera déposée.

Le bus continue son trajet, avec moi à bord, la mamy et son vrai petit-fils qui, le pauvre, va sans doute passer un sale gros quart d’heure une fois hors de la vue des passagers.  Il en a déjà bavé depuis vingt minutes, je n’ose imaginer la suite…

Je rentre chez moi, me disant que vraiment, le monde devient fou.  Et violent.  Et agressif.  Et déneuroné.

Je vous le disais, le bus, c’est vraiment vraiment vraiment l’aventure…  

Demain, un « bonus bus » : tentative de suicide devant l’engin.

21
déc

Le bus, c’est l’aventure (part 2)

Après ma petite marche revigorante et mon trajet en bus-luge, me voilà donc prête à tenter de choper un second bus, celui qui me ramènera dans mon home sweet home.

J’ai du bol, y’a un bus « en stock », qui attend gentiment l’heure du départ.

Je me précipite vers lui (traduisez : je marche, comme un colvert femelle, vers lui, tentant à chaque pas de ne pas faire une glissade digne des meilleurs exploits de Philippe Candeloro - à ce moment, je n'ai pas mes bottes magiques des sept lieues achetées vendredi, qui m'ont sauvé la vie depuis, vu que la Gelbique est maintenant officiellement annexée à la Sibérie) et j’entre.

C’est un bus « longue distance » censé s’arrêter près de chez moi.  Un genre de « grande ligne », comme on dit à la SNCF. 

Par acquit de conscience, je demande : « Bonjour M’sieur, vous vous arrêtez bien près de chez moi siouplait ? » (pour les blondes, il va de soi que j’ai pas dit « près de chez moi », vu que le M’sieur il connaît pas oùsque j’habite).

Et là, il me répond : « Oui mais prenez un autre bus ».

Et moi : « … » (ben oui quoi, le temps que l’information remonte à mon neurone, je marque un temps d’arrêt).

Il ajoute : « Dès le 1er janvier, on ne pourra plus emprunter les bus longue distance et descendre avant, alors j’habitue déjà les passagers ».

Ben voyons.

Ainsi, cette décision ridicule prend effet le 1er janvier, nous sommes le 15 décembre, mais « faut déjà habituer les passagers ».

A mourir de rire.

Tant qu’à faire, j’ai cru entendre que les tarifs du TEC vont augmenter en février.  Pourquoi on les augmente pas dès maintenant, pour « habituer les passagers ».

Entre parenthèses, d’un côté on augmente les tarifs, de l’autre on empêche les pigeonsssagers de monter dans certains bus… cherchez l’erreur.  Cherchez... et contactez-moi quand vous aurez trouvé.

Et pourquoi on n’habitue pas les gens pour tout, via la même procédure… ?

« Le gaz et l’électricité vont augmenter l’an prochain, mais on vous ponctionne déjà cette année, comme ça vous serez habitués en 2011. »

« Ma chérie, on vient de se marier, je sais, mais tu dois te rendre compte que dans quelques années, quand je me serai lassé de toi, je te tromperai.  Alors je commence dès demain, comme ça tu t’habitues petit à petit ».

« Toi le rat, t’as une espérance de vie très courte, alors je t’écrase déjà de mon talon, comme ça je m’habitue à ta mort sans avoir dû m’habituer au préalable à ta présence ».

« Dans quarante ans, la pension… mais arrêtez déjà de bosser, ça facilitera la transition, vous serez habitués » (tiens, là, je dis pas non).

Vous en avez d’autres ?

Je ne peux en entendre davantage, alors je descends du bus, pendant que le chauffeur continue son discours d’un « à l’heure de pointe, quand y’a du monde, les ceusses qui descendent au début du parcours des grandes lignes, c’est caca boudin, on n’en veut plus, paie ton abonnement en gentille Anaïs docile et râle pas… bref casse-toi de mon bus ».

Bien sûr, j’aurais pu rester dans le bus en argumentant qu’un règlement applicable le 1er janvier n’est applicable qu’à partir du 1er janvier, ça me semble cohérent.  Mais j’avais pas envie de me retrouvée coincée dans les congères d’Outsyploulesbainsdeglace, passque le chauffeur m’aurait séquestrée dans son véhicule jusque là, je le sentais venir gros comme un égo de chauffeur de bus proportionnel à la taille de son engin (je parle du bus là, pour le reste j’ai pas été voir dans son slip kangourou).

Et puis, maintenant que je sais ce qui m’attendait dans le bus suivant, ben chuis contente d’être descendue…

A suivre...

 

20
déc

Le bus, c'est l'aventure (part 1)

Cette journée de mercredi a mal commencé.

D'abord, il neige (dit Musti).

J'aime la neige.  Mais uniquement quand je suis chez moi et que je dois pas sortir et que j'ai bien chaud et que je me contente de regarder les flocons tomber.

Là, je dois bosser, pas le choix, donc j'aime pas la neige.

Une fois arrivée au boulot, je saisis mes clés, tente d'ouvrir la boîte aux lettres, d'en sortir tout le brol qui y vit, de la refermer.  Et c'est lorsque je veux intervertir "clé de la boîte aux lettres" et "clé de la porte d'entrée", le drame : mon porte-clés tombe. 

Dans la neige.

Je le ramasse et fais tomber tout le courrier en me penchant.

Je jure comme un arracheur de dents (ah non, lui, il ment), je ramasse le barda et je rentre, pour découvrir que les ordinateurs ne vont plus.  Tchu, faut que j'en parle à la responsable informatique.  Sauf que la responsable informatique, c'est moi (rigolez pas, chuis nulle en informatique, mais chuis la moins nulle de tous, voilà tout).

Je vous passe toutes les merdes dans mes dossiers, c'est confidentiel of course.

Puis vient l'heure de me "tirer d'ici" (comme dit Patrick Swayze à Bébé quand elle en a marre et qu'il l'emmène jouer les équilibristes sur un tronc après avoir défoncé la vitre de sa voiture, tout ça sur fond de pluie, de

Je pars donc en quête d'un bus, ce qui revient à trouver un poil sur un Sphynx, vu la météo.

Je sors du bureau, l'arrêt de bus est à 200 mètres (enfin je crois, j'ai jamais eu la notion des distances).  A 20 mètres dudit arrêt : un bus.  Qui n'avance pas, mais de là à ce que je sois cap de faire 200 mètres dans les congères pendant qu'il en fait 20, y'a une marge.

J'abandonne donc, et vais à mon rythme, savoir celui d'un canard stressé par la neige qui s'amoncèle, jusqu'à l'arrêt.  Chemin faisant, je réalise que le bus me semble de plus en plus proche.

Alors que je suis à vingt mètres du bus... il arrive à l'arrêt et embarque quelques personnes.  C'est peine perdue, je n'essaie pas de courir, je m'imagine à plat ventre dans la neige, sous le regard hilare des passagers.  Non.

J'arrive à l'arrêt au moment où il le quitte.  Mais tout qui prend le bus sait qu'il ne faut jamais essayer d'y monter quand il a quitté son arrêt, paaaaas bien, le chauffeur peut pas rouvrir ses portes, questions d'assurances.  Donc je ne tente pas, j'ai évité la gamelle devant les passagers, pas envie de subir un refus d'ouverture de portes par chauffeur mal luné.

Une fois à l'arrêt donc, le bus est à deux mètres de moi, et n'avance plus.

Me vient alors une idée super intelligente (comme quoi ça m'arrive) : marcher vite, très vite, jusqu'à l'arrêt suivant, et espérer marcher plus vite que le bus... ce qui semble possible vu qu'il a roulé 20 mètres pendant que j'en ai parcouru 200.  Merci la neige.

Et me vlà en train de marcher vite.  Ultra vite.  Super vite.  Au point que je meurs de chaud et que mes mollets protestent énergiquement.

Et, à force de marcher vite, je rejoins l'arrêt suivant.

Bien avant le bus.

Vu que je suis contrainte de l'attendre deux bonnes minutes.

Yesssss.

Nous entamons ensuite la descente vers le centre ville, et je peux vous dire que c'est un peu les sports d'hiver en pleine ville, tant ce mastondonte de bus glisse de tous les côtés.  A chaque coup de frein, il vire de bord et c'est la glissade.  Montagnes russes.  Luge.  Ski.  Enfin un peu de tout ça quoi.

Faire de la luge en bus, j'avais jamais tenté.  Et c'est amusant, même si des visions de bus sur le flanc m'ont tout de même effleuré l'esprit angoissé.

J'arrive ensuite à la gare pour le second volet de mes aventures bussesques...

Une petite illu bussesque de Flo.

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11
déc

J'ai testé la soirée de lancement Skynet Lili VIB

 

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J'ai eu la chance d'être conviée à la capitaaaaaaaaaaaaal' afin d'inaugurer le lancement de Skynet Lili VIB, la partie Lili qui répertorie les blogs de filles jugés sympas.  Et j'en suis, ce qui en jette grave de la mort qui tue la vie non ?  Oui, bon, c'est pas le Goncourt, le Pullitzer ou le Nobel de la Paix, mais ça fait plaisir d'être appréciée, on va pas se voiler la face.

 

Et pour une fois que la fiesta oùsque je suis invitée est à Bruxelles et non à Paris, ben j'ai décidé d'y aller, accompagnée de Rachou, autre blogueuse namuroise que je connais depuis pas mal d'années, et de Teddy, blogueur namurois.  Vlà déjà la première bourde anaïssienne : la soirée est ciblée filles, mais moi j'ai pas remarqué.  Donc j'invite Rachou, puis je lance l'invitation pour la seconde place dont je dispose sur ce blog et sur Facebook, sans précision.  Et vlà Teddy embarqué dans une soirée pleine de filles sur talons aiguilles.  Sauf moi of course, j'aurais bien chaussé mes Stiletto habituels, vous me connaissez, mais avec la neige, j'ai préféré jouer la prudence, et j'ai échangé mes talons hauts contre des bottes confortables mais néanmoins toutes jolies, j'ai nommé mes Pataugas (nan, on n'est pas dans Truman Show, j'ai juste envie de faire croire, une fraction de seconde, que, oui, why not, je peux m'imaginer perchée sur des Stilettos, habillée de noir, 47 kilos pour 1m79, regarde de braise et chevelure de feu).

Le rendez-vous est fixé à Namur pour le grand départ en 4x4.  Je vous le dis : on se la pète grave.

Bien sûr, j'ai pris la peine d'imprimer le plan de l'endroit où nous allons, un nouveau truc dont j'ai oublié le nom.  J'ai même imprimé les horaires de train, des fois qu'une tempête de neige nous empêche de démarrer la tuture.

Bien sûr, j'ai laissé toute ma paperasse à la maison.

Bien sûr, Teddy, un homme, un vrai, en mâle sûr de lui, refuse qu'on repasse chez moi chercher les infos, il connaît Bruxelles comme sa poche.

Bien sûr, le trajet se passe sans encombre, l'autoroute est dégagée, l'ambiance est bonne, on rigole bien, on sera à l'heure malgré le retard pris au moment du départ.

Bien sûr, une fois à Bruxelles, impossible de trouver l'endroit, dont nous avons tous oublié le nom.

Sans adresse, sans plan, sans rien, au milieu d'une ville sans piétons because la neige toute blanche qui squatte les lieux, ça va être fastoche.

Soudain, mon neurone se réveille et me murmure à l'oreille une idée canon.  Et moi de m'écrier "personne n'aurait un gsm avec internet par hasard ?"  Et nous vlà sur le gsm de Rachou (le mien étant, vous le savez, un vieux Samsung sans fonction utile, que je rêve de remplacer par un nouveau Hello Kitty avec fonctions vitales, comme par exemple un logo félin à l'affichage, du rose partout et Hello Kitty qui me sourit/souris/rat, enfin façon de parler, vu qu'elle a pas de bouche, contrairement à Musti dont la bouche est un X, on l'a remarqué récemment avec Mostek).

Après une demi-heure de slalom dans la capitaaaaaaaaal, découverte de petites rues en bonus, nous voilà à destination, avec à peine 20 minutes de retard.

Le lieu du jour s'appelle Aloft, et il est magnifique, surtout ses toilettes pour femmes que nous squattons dès notre arrivée. 

Nous rejoignons ensuite l'équipe Skynet pour les festivités. 

J'ai faim, bien que je me sois empiffrée avant le départ, à grandes bouchées de pain d'épice étouffe chrétien, histoire de caler mon estomac.  Et puis, même si on nous a promis de quoi nous sustenter, j'ai toujours un doute, me souvenant d'une soirée liégeoise soi disant-extraordinaire où je m'étais rendue avec Mostek, et qui fut plus bof bof que bof bof : snob, avec trois pelées cacahuètes et deux sandwiches gras. 

Mais les plateaux qui nous sont proposés suscitent en moi un réveil des papilles et laisse présager d'orgasmes gustatifs multiples.  Je me rue tout d'abord sur les blinis au tartare de saumon et poivre rose, totalement divins.  Je teste ensuite le foie gras sur pain d'épice moelleux à souhait et pas du tout étouffe chrétien.  Je continue avec les coupelles de crevettes grises à damner un saint et je conclus avec les coupelles de chèvre et tomates séchées, un vrai péché capital.  Le tout arrosé d'un vin blanc succulent (y'avait du champ aussi, mais j'ai évité, histoire de pas trop balonner, tant qu'à faire).  Tout ça semble très peu catholique pour mon fessier, mais je m'en contrefiche.

Les discussions, qui vont bon train (hé, y'a quasi que des filles hein), sont interrompues pour la présentation officielle de Skynet Lili VIB.  Je me sens l'âme d'une femme d'affaires, là, d'un coup, même si l'ambiance est plus aux réjouissances qu'aux affaires sérieuses.

Ensuite, retour aux festivités, où nous attend une ribambelle de cupcakes très très colorés.  Et voilà ma petite Anaïs, c'est enfin l'heure de ton premier cupcake, tu en rêvais depuis si longtemps, Skynet l'a fait.  Ils sont tout nacrés et couverts de perles en sucre recouvertes d'argenté, comme sur les nids de Pâques de mon enfance, trop mimi du bonnet, ces cupcakes. 

Je me lance donc et goûte mon tout premier cupcake, à la rose.  Enfin il paraît, car j'avoue que la déception est au rendez-vous.  Ecoeurant comme tout, ce cupcake.  J'aime la meringue italienne, mais là, trop c'est trop.  Déçue l'Anaïs.

Alors, on discute de tout et de rien pour oublier le goût du cupcake : de nos projets, de nos blogs, de nos jobs, des bébés très moches dont on n'ose dire à leurs mamans qu'ils le sont, de la joie de boire du champagne tiède dans des verres à eau et de Ben Simon, que quelques blogueuses auront le privilège de rejoindre à Paris (si le tirage au sort leur est favorable).  J'ignore totalement qui est ce Ben Simon, ou ce Simon Ben (quel est le prénom ?  Ben ? Simon ?), mais je feins de le savoir, en grande blogueuse hyper informée sur la mode que je (ne) suis (pas) (et ne serai jamais).

Entre deux parlotes, je teste le cupcake au chocolat.  Pas mal, mais écoeurant également.  Puis je grapille un morceau de celui au beurre de cacahuète de Rachel.  Très original, à goûter. 

Ensuite, le miracle se produit : je teste le cupcake à la violette (enfin je pense que c'est à la violette, les goûts ne sont pas très repérables, contrairement aux couleurs), puis je me rabats sur ceux à la rose, que je dévore allégrement.  Incroyable mais vrai, mais les cupcakes, plus on en mange moins ça écoeure, dingue de chez dingue.

Ça y est, je suis fan de cupcakes.

 

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L'heure du départ approche, l'heure de la séparation avec toutes ces blogueuses sympas à peine rencontrées, So fille, la fille de 1973, carnet ordinaire, carogribouillis...  Sans oublier ma petite Rachou et Teddy.

Nous repartons avec un gros sacs plein de chouettes cadeaux, dont un sac de Ben Simon, le fameux le seul l'unique, dont j'ai appris entre-temps, avouant pour finir mon ignorance, que Bensimon, c'est le nom de famille Serge Bensimon.  Jamais entendu parler.  C'est définitif, je suis pas une blogueuse mode.  Pas grave, j'ai de toute façon pas gagné au tirage, j'attendrai le grattage.  Mais le sac reçu de mon nouvel ami Bensimon est tout mimi, tout mauve, tout sac de sport.  Je fais pas de sport, ça sera donc mon sac de non sport.  Je vous épargne le détail de tous les autres cadeaux, pas envie de faire baver dans les chaumières.

Le retour à Namur se passe sans encombre et je rentre chez moi des étoiles pleins les yeux, de nouveaux blogs plein mon carnet d'adresses et du cupcake plein le bidou.

Illu de Carogribouillis.  Photo des cupcakes de Rachou.

PS : en vous écrivant ce billet, j'ai laissé cramer ma pizza hawaai du bon Docteur Oetker (pourquoi un médecin vend-il des pizzas, je vous le demande...)  Et même pas un petit blinis saumon ou un pain d'épice au foie gras à me mettre sous la dent, pffff, quelle vie.

Conclusion :

 

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1
déc

Quand je suis victime de harcèlement par Voo

L’autre jour, on sonne.

Je vais ouvrir.  Cela semble logique, mais en général, quand j’attends personne, j’ouvre pas, sait-on jamais que ce serait un ogre, un tueur en série ou un commercial de chez Voo.

Mais là, j’ouvre.

Bingo : un commercial de chez Voo.

Qui me demande « niveau télévision, êtes-vous chez Voo ? »

Et moi de lui répondre « ben oui, chuis chez moi, ça se voit non ? »

Naaaaaaaaaaan, je rigole, j’ai pas dit ça, le pauvre doit y avoir droit toute la sainte journée.  A-t-on idée aussi d’appeler sa société d’un nom qui prête autant à confusion.  Déjà qu’avec Base, on est servis, vu qu’il faut vraiment faire gaffe à la façon dont on le prononce… 

Donc je réponds « oui oui, chuis chez Voo ».  Ce qui peut prêter à confusion, vu que chuis chez moi, et pas chez vous…

Mais il me comprend, il a dû avoir deux semaines de formation sur « comment bosser chez Voo en échappant aux vilains jeux de mots et aux malentendus ».

Et c’est là que mon destin bascule, alors qu’il m’interroge à nouveau « Zavez le numérique ? »

Et comme je ne sais pas mentir, je réponds « ben non ».

Brouloumbroulom (bruit du destin qui bascule).

J’ouvre un peu plus grand ma porte, que je gardais jusqu’alors presque fermée, le pied gauche la bloquant, la main gauche tenant un énorme couteau à éplucher les patates, des fois que le commercial de Voo serait également un ogre tueur en série.

Je vous épargne sa tirade « venez chez Voo, c’est mieux chez nous, TV HD, magnéto viré ».

Et je signe pour un abonnement numérique avec installation gratuite et deux mois d’abonnement gratuits aussi.  Merci Voo.

Deux jours plus tard, le rendez-Voo (mouahaha) est pris pour le 17 novembre.

Je me conditionne donc à avoir quelqu’un chez moi en train de m’installer des trucs, j’aime pô ça. Je me conditionne également à nettoyer tout le brol qui squatte l’arrière de ma télé, savoir des tas de câbles et des tas de moutons, le tout bien enchevêtré par des années de vie sans avoir jamais aspiré là, derrière, tout au fond.

Le 13 novembre, au hasard de mon shopping en ville, je découvre une publicité de Voo « C’est Noël avant l’heure », ou « C’est déjà Noël », enfin un truc du genre.  Je zieute et que vois-je « installation gratuite et six mois d’abonnement gratuits aussi ».  Six !  A partir du 16 novembre.

Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, moi c’est le 17 qu’ils viennent de chez Voo chez moi.

Pas youpiiiiiiiiiiiiiiiiiie, ça sent mauvais, il est marqué « pour toute demande de raccordement à partir du 16 novembre ».  Glup, j’ai fait ma demande avant.

J’appelle donc le service clientèle de Voo, pour en avoir le cœur net.

Un numéro 0800, soit gratuit, merci Voo.  « Pour le français, tapez 1, voor nederlands, druk 2, for english press 3, fur doooooiiiiitch pruuuussssss 4. »  Je tape 1. « Pour une demande de raccordement, tapez 1, pour toute autre information tapez 2. »    Je tape 2.  « Veuillez appeler le 078/… ».  Ben voyons, un numéro surtaxé.  Ainsi, si vous voulez vous abonner c’est gratuit, si vous l’êtes déjà zavez qu’à payer le prix fort.

Me répond alors une sympathique interlocutrice, à qui j’expose le nœud du problème, demandant un chtit geste commercial.  Elle se renseigne pendant que j’écoute une musique mielleuse, puis me propose une solution : annuler ma demande pour le 17, et rappeler dès le 16 pour une nouvelle demande, quand la promotion sera opérationnelle.  Adjugé, on annule, rendez-vous le 16 au téléphone.

Le 17, j’angoisse tout de même que quelqu’un débarque, vu que, du coup, j’ai toujours pas anéanti les moutons de derrière ma TV.

Mais rien.

Jusque 18 heures.

Là, un appel.

Voo.

« Bonjour, Médééééééme.  Etes-vous chez Voo ? »

« Nan, chuis pas chez vous, mais c’est pour bientôt ».

« Bien Voo Médéééme, chez Voo, vous vous sentirez chez vous ».  (Nan je rigole, elle a pas dit ça).

Elle a dit : « Oui, mais vous êtes chez Voo ou pas ? »

« Ben bientôt je vous dis ».

« Mais quand ? C’est sûr, vous êtes chez nous ? »

« J’y serai bientôt JE VOUS DIS ».

« Oui mais bon, vous êtes chez Voo alors ou pas ? »

« Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » (ça va suffire, cet interrogatoire, ta commission tu l’auras pas j’ai signé ailleurs)

« Ok, au revoir ».

18h15.  Téléphone.

Voo.

« Bonjour Médééééééééééééééééééme, j’appelle pour voir comment s’est passée l’installation de Voo chez vous ».

« Elle s’est pas passée. »

« Comment ça ? »

« Ben elle a pas eu lieu, c’est postposé pour que j’aie la big promo du siècle.  J’ai voulu rappeler ce matin pour un rendez-vous, mais la madame du répondeur elle a dit que le temps d’attente était plus long que prévu alors j’ai raccroché ».

« Bien Médééééééééééééééééme, on va vous rappeler directement demain, alors, passqu’il faut que vous veniez chez nous hein, enfin chez Voo, c’est le nec plus ultra et tout et tout pour chez vous d’avoir Voo… »

On est le 1er décembre, zont jamais rappelé…

Va comprendre. Enfin, Voo comprendre, mouahahah.

08:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs et son quotidien stupéfiant | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : voo |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |