8
jan

J’ai découvert l’eau bleue

Il y a peu de temps, j’ai entrepris un grand nettoyage de cuvette de WC.  Grand comme ça, je vous dis pas.  Passque quand on passe des mois à éviter de regarder sa cuvette dans le blanc de l’émail, ben on réalise ensuite que le blanc n’est plus blanc, et que l’émail a muté en un magma de calcaire brun grisâtre pas ragoutant pour un euro mais plus épais qu’une pièce de deux euros.

J’ai donc consciencieusement vidangé la cuvette, ce qui en soi n’est déjà pas une mince affaire, car y’a un fond d’eau qui refuse systématiquement de disparaître, m’obligeant à l’éponger encore et encore et encore.  Et j’aime pas avoir ma tête dans la cuvette de mon WC, je vous le jure, surtout quand elle est brun gris quoi.

Après la vidange, j’ai vidé une bouteille d’ersatz de viakal, histoire d’anéantir ce foutu calcaire.  J’ai laissé tremper 48 heures, durant lesquelles ben j’ai pas été aux toilettes tiens, ben quoi, que voulez-vous que je vous dise ?  Naaaan, je rigole, si vous me connaissiez vous sauriez qu’un bol de lait de soja banane bu à 8 heures s’évacue chez moi à 8 h 20, 8 h 47, 9 h 12, 10 h 21 et 11 h 00, voire parfois même encore vers les 11 h 87…  J’ai donc une autre solution, mais je vais éviter de vous la décrire, ici c’est pas un blog gore, qu’on se le dise.

Après 48 heures donc, quelques lambeaux de calcaire ont enfin accepté de se désagréger.

Et j’ai fini la cuvette au tournevis.  Siiii, je vous jure.  Un enfer.  Je suais comme une damnée, je poussais comme une constipée, je râlais comme une euphysèmeuse (comment ça se dit, une femme qui souffre d’emphysème ?) en fin de carrière.

Bon, tout ça, en fait, on s’en fout, c’est juste pour amener le sujet.

Passque si je mets des mois à nettoyer ma cuvette, au lieu de le faire chaque semaine en parfaite petite femme d’intérieur, une fois que c’est fait, et pour genre deux mois, je passe mon temps à la regarder, l’admirer, la vénérer, ma cuvette propre.  Et je me surprends à croire que je vais devenir une parfaite petite femme d’intérieur.  Alors j’achète tout le matos de la parfaite petite femme d’intérieur : un ersatz de viakal, un spray exprès pour WC, un truc dans une bouteille genre carnard WC et puis et puis et puis, des trucs de cuvette à suspendre sur le bord.  Ces trucs que je me suis toujours demandé (et non demandée, passque moi je parle bien la France) à quoi ils servaient, vu que je finis toujours par les enlever, tout crades, encore quasi remplis, pleins de calcaires eux aussi, pour les jeter d’un air dégoûté et basta.

Mais je suis dans ma phase enthousiaste, alors j’achète.  Et, là, au Carrouf, je découvre un petit miracle : les trucs à suspendre « eau bleue ».  Qui rendent l’eau bleue, comme leur nom l’indique.  Naaaaaaaaaaan, je parle pas des cubes bleus à mettre dans le réservoir d’eau, qui rendent aussi l’eau bleu.  Mais que j’ai du mal à utiliser, passque mon réservoir à moi il a fait la guerre.  Et pas celle de 40.  Celle de 14.  Il est en porcelaine avec une chasse qu’on tire vers le haut, comme au bon vieux temps, chasse qu’on doit aussi tirer, dévisser, soutenir et j’en passe, si l’on veut soulever le couvercle en porcelaine et y glisser un cube bleu, cube qui se fera un malin plaisir de bloquer le mécanisme à la prochaine chasse, of course.  Donc j’ai arrêté les cubes bleus.  Le sevrage fut difficile, mais savoir qu’en plus ils rongeaient les joints et bousillaient les WC m’a aidée à m’en défaire définitivement.  Mais ici, ça se suspend facilement, et ça rend l’eau bleu comme les cubes bleus.  Miracle miraculeusement miraculeux. 

Alors j’adore j’adhère j’adopte.

Et j’achète.

Puis j’installe.

Et c’est parfait.  Mon eau est bleue.  Et ça sent bon l’océan chimique en spray au gaz aussi naturel que les seins de Lolo Ferrari.

Alors, en hamster que je suis, je décide d’en racheter une petite vingtaine (centaine ?) histoire d’avoir du stock.

Sauf que faut aller au Carrouf.

Et au Carrouf, j’y vais jamais, passque faut une tuture, c’est plus mieux.  Et j’ai pas de tuture.

Alors je demande à Mostek si elle va pas au Carrouf prochainement pour me commander un container d’eau bleue.

Elle me dit que y’a pas besoin d’aller au Carrouf, des eaux bleues, y’en a plein chez Trafic.

Alors on va chez Trafic.  Et elle me montre.  C’est Byzance : y’a eau bleue, eau verte et eau mauve.  Siiii, je vous jure !  Odeurs océan chimique, lavande chimique et pin chimique.  Mais je reste sur eau bleue, j’aime bien le bleu et j’aime bien l’odeur océan chimique.

Et j’en achète plein plein plein.

Mais j’ai comme un doute, passque ça ressemble pas à eau bleue du Carrouf, que nenni. Ça ressemble aux bêtes trucs bleus qui servent à rien.  Et il est pas marqué « eau bleue » dessus.  Mais Mostek semble convaincue… jusqu’à ce qu’elle commence à douter, elle aussi.

Mais bon, chuis chez Trafic, alors autant les acheter.  Donc j’en achète plein plein plein.

Et une fois chez moi, excitée comme un gosse un matin de Noël, je déballe une eau bleue et je l’installe.  J’enlève celui du Carrouf, pour que le test ne soit pas faussé par des données extérieures.  Et je tire la chasse.

Et l’eau est blanche blanche blanche.

Dommage dommage dommage.

Qui va chez Carrouf prochainement, pour me commander un container d’eau bleue, le seul, le vrai, celui qui rend l’eau bleue bleue bleue ?

6
jan

Je Voo hais !

Il y a un mois, je vous contais mes premières mésaventures Voo-esques.  

Voo ne m’avait finalement jamais rappelée.

J’ai donc pris les choses en main, et ai rappelé moi-même, souhaitant, après framboise mûre réflexion, adopter un Voocorder et regarder la HD sur ma vieille TV du siècle dernier (nan, je rigole, elle date de 2001, ma TV).

J’appelle donc le service clientèle qui, après le choix de la langue, me  propose de choisir entre « vous voulez devenir client Voo » et « vous êtes déjà client Voo ».  Ouf, j’ai du bol, je veux devenir cliente, je ne devrai donc pas appeler un numéro surtaxé, réservé aux chers clients qui rapportent gros.

Un être humain me répond au bout de longues secondes d’attente, pour me dire « il n’y a personne pour Voo répondre, mais on va Voo rappeler ce matin ».  Si c’est pas la bonne blague belge du jour ça, faire décrocher du personnel afin qu’il signale à la clientèle que personne ne peut décrocher… 

Bien sûr, j’attends toute la matinée un appel qui ne viendra pas.

Mais le miracle se produit finalement le lendemain : on me rappelle.

Et le rendez-Voo est fixé le mardi 4 janvier, at home, pour l’installation de mon Voocorder.

Ils passeront entre 12 et 18 heures.  Impossible d’en savoir plus petite Anaïs, t’as qu’à la fermer et être présente.

Soit, je la ferme et je serai présente.

Le 30 décembre, je reçois un mail : « Cher client, Par ce message, nous vous confirmons le passage du technicien VOO le 04.01.2011 dans l'après-midi. Bonne journée !  L'équipe VOO. »

Et presque au même moment, un sms qui me confirme pareil.  Au cas où je lirais pas mes mails et au cas où j’aurais oublié le rendez-Voo pris, of course.

Tchu, sont bien organisés chez Voo.  Et ça me confirme que le passage initial du 17 novembre (cf mon billet dont question ci-dessus), ben il serait pas passé (ben quoi, un passage, ça passe…), vu que j’ai pas eu ces confirmations préalables.

Le 3 janvier, rebelotte : même mail, même sms.  Ouiiiiiiiiiiiiii, ça vaaaaaaaaaaaaaaaa, j’ai pigééééééééééééééé, je serai lààààààààààààà.

Et le 4 janvier, chuis fidèle au poste, clouée à mon canapé comme la grippe à sa victime.  Tant bien que mal, malgré la fièvre, j’ai dégagé le passage jusqu’au téléviseur, à la prise péritel (c’est toujours comme ça qu’on dit ?) et tutti quanti.  J’ai même entamé ma vaisselle, mais j’ai dû abandonner, terrassée par la fatigue.

14h30.  Appel téléphonique.  Voo.  « Chère Médéme, le technicien ne viendra pas, il vous pose un lapin, bonanéééééééééééééééééééé ».

Moi y’en a être furax, car moi y’en a avoir pris congé pour la circonstance.  Congé finalement muté en maladie, mais congé tout de même.

On se fout de qui, chez Voo (j’avais écrit vous, tout le monde finira par y perdre son belge, ma parole), ils pouvaient pas savoir avant 14h30 que le technicien censé passer entre 12 et 18 était en grève / grippé lui aussi / décédé / en train de fêter la nouvelle année à grandes lampées de champagne / passé chez Belgacom TV ?

Entre-temps, il m’a été confirmé que mon cas n’est pas rare, apparemment l’absence des techniciens Voo au jour fixé est aussi fréquente que les moustiques en Floride au mois de juillet, c’est dire.

Mon technicien est censé passer demain entre 13h30 et 16h… son étau horaire se resserre.

Le miracle se produira-t-il ?  Viendra-t-il ?  Viendra-t-il pas ?

S'il vient pas, je fabrique une poupée Voodou, non mais.

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5
jan

Vous savez faire ça vous ? (défi physique number two)

Après le test du pied qui rentre entre le gros orteil et son pote de droite (enfin de gauche aussi, ça dépend du pied que vous utilisez pour le test), voici un nouveau test : le test du pouce qu’on plie pour qu’il touche l’avant-bras

Vous savez le faire ?

Moi je savais, quand j’étais jeune.

Maintenant je suis vieille et rouillée, j’y arrive plus.

Donc pas de photo vu que j’y arrive pas.  Enfin plus. 

Mais une illu de Ptit Bordel, car elle aussi sait le faire.

Et vous ?

Et cette fois je veux des photos, pas comme pour le coup du pied hein, tricheurs va !

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30
déc

J’ai testé le réveillon annulé

(passqu'il va de soi que ce blog continuera comme avant durant 2011, vlà du billet classique, comme d'hab quoi...)

Cette année, j’avais prévu le même réveillon que l’an dernier (si vous avez oublié ce dont il s’agissait, retournez 365 jours plus tôt pour le découvrir).  C’était sans compter sur la neige, la vilaine.

Déjà qu’il a fallu déployer une énergie folle pour s’inscrire à ce réveillon.  Les organisateurs sont pleins de bonne volonté, mais niveau organisation… ce sont des organisateurs désorganisés.  On leur pardonne, vu que c’est pour une bonne cause.

Une fois notre inscription confirmée, ainsi que nos tâches de la soirée, vlà que la neige redébarque et bloque la voiture censée nous emmener là-bas. Une voiture bloquée dans un village lointain = impossible d’aller au réveillon.  CQFD.  Bien sûr, j’ai pensé y aller seule.  J’aime pas faire les choses seule, c’est un fait, mais là j’aurais osé.  Sauf qu’aller là-bas à pied dans la neige, no soucy.  Mais en revenir, tard le soir, à la merci des tueurs en série de Noël, non merci.  On s’est fait la réflexion récemment qu’avec la neige, même la plus noire des nuits semble moins effrayante, mais les tueurs en série ne font pas grève quand il neige, non non non.

Me vlà donc condamnée à réveillonner seule avec mon rat.

Pas amusant.

Enfin, si, le rat est amusant, mais l’idée de ce réveillon seule, alors que je me réjouissais de pouvoir à nouveau offrir mon aide et passer un réveillon génial, c’est encore pire que l’idée d’un réveillon seule quand on l’a depuis des mois, cette idée.  La déception est plus grande.  La solitude est plus cruelle (bon, promis, je jouerai pas ma Cosette).

Mais pas le choix, sauf à me faire inviter dans une famille heureuse (toutes les familles heureuses gardent une place vide pour un malheureux ou une malheureuse non ?), je mettrai le petit Jésus dans la crèche toute seule cette année.

Il est 17 heures. 

La neige est devenue folle dingue de mon pays, au point qu’elle le recouvre entièrement sur une hauteur de 40 centimètres.

J’ai rien dans mon frigo.

Et dans 7 heures, c’est Nowèl.

L’heure est grave.

Le matin même, j’ai entendu qu’un groupuscule révolutionnaire namurois, les « Crous du cul », à moins qu’il ne s’agisse des « Crew du cul », ont transformé la citadelle, recouvrant ses spots blancs de filtres mauves et oranges.

Je décide d’aller voir ça.  J’enfile mes bottes de compétition et je me lance dans l’aventure : marcher jusqu’à la citadelle.

Je découvre de petits biscuits dans ma boîte aux lettres.  J’ai une bonne fée.  On dirait des sablés au chocolat.  Une fois le sachet ouvert, ça sent le fromage : des sablés au parmesan.

Nous partons donc, mes sablés et moi, vers la citadelle.

En chemin, je scrute l’intérieur des maisons.  Paraît que c’est pas poli, mais j’adore.  Les tables sont dressées.  Les convives sont attendus.  J’ai l’impression d’être la petite marchande d’allumettes, du coup.  Je me sens d’un triste, je vous dis pas.  Alors je continue à marcher.

Et je découvre la citadelle.  Mauve et orange.  Trop belle.

Je m’offre une petite méditation sur le sens de la vie et tout et tout, en mangeant mes sablés.  Je sens même une chtite larmichette rouler sur ma joue.  Nan, je ferai pas ma Cosette, je l’ai promis.  Mais c’est une expérience scientifique comme une autre : preuve qu’une larme ne gèle pas, même pas grand froid.

Je rentre ensuite chez moi préparer mon réveillon.  Sur le chemin du retour, je croise une bande d’oies qui préparent le réveillon, heureuse d’avoir échappé à la tradition du foie gras, j’imagine…

J’ai rien acheté pour mon réveillon censé se passer ailleurs.  Fort heureusement, j’ai toujours dans mon frigo, en période de fêtes, du foie gras et du magret de canard.  Je me fais donc quelques toasts en guise d’entrée.

J’allume mon pc, histoire de voir si d’autres âmes solitaires traînent sur internet.  Vive le monde moderne, qui permet d’être seule sans réellement l’être.

J’allume aussi la TV, histoire d’avoir un super bruit de fond. 

Puis, la veille, j’ai acheté une lasagne Farniente. 2,59 eur : le prix de mon repas festif.  Je rigole, mais elle était divine, cette lasagne.  De circonstance pour la venue du divin enfant, tout compte fait. Avec du coca light, c’est parfait.  Jamais d’alcool chez moi.  Juste des bulles.

Je zone devant la TV.  Ennui profond.  Ennui psychologique, of course, car je ne m’ennuie jamais en général.

Alors, en plus d’internet et de sa page de rencontres orange, sur laquelle surfent finalement pas mal de gens, j’ouvre MSN, enfin Windows Live Messenger que ça s’appelle.  Et puis Facebook.

Et finalement, les heures filent à grande allure.  Entre les discussions avec ceusses dont le réveillon est terminé à 20 h, ceusses tout seuls car leur voyage au bout du monde a été annulé because pas de décollage d’avion because neige, ceusses ou plutôt celle qui m’allume sa webcam pour me plonger dans l’ambiance de son réveillon festif, ceusses seuls chais pas pourquoi, ceusses, ou plutôt celle, qui fait des cougnous et m’en fera livrer un demain, ben je ne sais plus où donner de la tête.

Je mène de front trois conversations,  puis quatre, puis cinq.  Je fais connaissance avec plein d’hommes ultra sympas.

Et, étonnamment, il est 2 heures du matin.  L’heure d’aller au dodo.

Finalement, c’était un chouette réveillon.  Pas comme les autres, mais chouette.

Et le lendemain, 9h30, je reçois le plus gros cougnou de toute ma vie : un cougnou de compétition, ma bonne Dame.  Délicieux en plus.

Bon, j’espère tout de même que l’an prochain blanche neige boudera un peu plus et que je pourrai reprendre mes activités réveillonnesques habituelles.

 Photos de la citadelle (les couleurs sont pas comme sur la photo, beaucoup plus jolies en vrai) puis le réveillon des oies.

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27
déc

Mon new canapé et moi

Ceusses qui sont sur Facebook le savent déjà, aujourd'hui, j'ai adopté un nouveau canapé.  Et puis deux fauteuils clubs miniatures.  Le tout en cuir noir.  C'est tout choli.

Tout choli maintenant que j'ai tout installé.

Mais quelle aventure.

Ça vous dit que je vous la conte, mon aventure-canapé ?  Je sais que vous adorez ça, que je vous raconte mon quotidien stupéfiant et tellement fascinant.  So fascinating.

Nous sommes en octobre 2010.

Deux ans que je dis à tout le monde "j'ai envie d'un nouveau canapé".  En d'autres termes, je veux remplacer mon vieux canapé par un neuf, et remplacer mes deux fauteuils en rotin de chez Ikéa, que j'ai tant vu que j'en ai la nausée d'écoeurement, par je ne sais pas quoi : un micro-canapé, un pouf rectangulaire, des petits fauteuils club de bureau... un truc du genre quoi.

Deux ans que j'en parle.

Deux ans que je feuillette les catalogues.

Deux ans que je regarde les publicités.

Deux ans que je trouve rien qui me plait.

Je veux du cuir, pour changer du canapé en tissus qui partage ma vie depuis quinze belles années.

Et chez Ikéa, zont le modèle en cuir noir.  Mais je l'aime pas trop.  Je préférais l'ancien, qu'ils ne vendent plus.  Qui est d'ailleurs dans la salle d'attente oùsque je bosse, même que je bave dessus chaque fois que je le regarde.  J'aurais dû l'acheter y'a cinq ans, voilà tout.

Lors de ma dernière virée Ikéa, j'ai tellement tergiversé devant le nouveau modèle, que je trouvais immonde, mais je tentais de me convaincre du contraire, que les amies qui m'accompagnaient m'ont dit "bon ça suffit, si tu hésites tant, tu le prends pas, c'est qu'il est pas fait pour toi".  Apparemment, les canapés, c'est comme les mecs, si on hésite, c'est que c'est pas le bon.

Ensuite chuis allée avec une ancienne collègue dans un tout joli magasin, où elle avait repéré un tout joli canapé gris.  Il était en effet tout joli.  Mais c'était un "une place et demi", et moi me faut un deux places.  Oui, j'ai beau être une pauvre célibattante, me faut un deux places, pour m'avachir à mon aise.  Dans l'absolu, je rêve d'un canapé d'angle avec une... euh, une liseuse ?  J'ignore comment s'appelle ce pouf intégré qui se place souvent à l'extrémité des canapés d'angle, formant un genre de C.  Dans l'absolu, voilà donc mon rêve.  Mais en pratique, vu que mon salon est petit comme un mouchoir de poche lavé à 90 degrés, un deux places est le seul modèle capable d'un séjourner. Mon salon est un petit rectangle qui accueille, outre une fenêtre, une porte et une cheminée.  Il reste donc peu de place pour caser un téléviseur et un salon, je vous le dis.

J'ai donc pas acheté le canapé gris, nonobstant sa beauté incommensurable et le fait que si je l'achetais dans la minute je recevais le pouf gratuit, mais si je revenais le lendemain c'était fini.  Ce genre de procédé ne m'inspire aucune confiance.  Et, sachant qu'il m'a fallu une année pour remplacer ma TV qui s'éteignait sans vouloir se rallumer, année durant laquelle j'ai, à chaque panne, utilisé une vieille petite TV qui ne mémorisait aucune chaîne lorsqu'on l'éteignait, sachant que mon premier appareil numérique a fait des siennes trois ans avant que je le remplace, vous imaginez bien que chuis pas du genre à acheter un canapé en une minute, non mais.

Et puis, en octobre dernier, Mostek, dans un élan de bravoure intense, de sens de l'abnégation incredible et de témérité folle, me propose d'aller visiter un magasin de meubles dont j'ignore tout à l'instant où elle me le propose : USICO.

Rendez-vous est pris pour le samedi matin 9 heures.

C'est tôt.

Ce que j'ignore, c'est que Mostek, me connaissant, a planifié sa journée afin de pouvoir rester dans le magasin au bas mot jusque 13 heures, se disant qu'il me faudrait bien ça pour analyser chaque canapé, puis repartir sans acheter quoi que ce soit.

Ouh la vilaine, penser ça de moi, m'enfin.

Depuis trois jours, j'analyse le site web du magasin, je repère le canapé de mes rêves, je mesure mon salon, note les mesures des canapés, vérifie les tons, et je fais même un plan de mon futur canapé, histoire de voir ce que ça donne.  Je réalise alors que ça donne rien, le canapé envahit tout, exit le canapé de mes rêves.

Mais je garde espoir, y'aura peut-être sur place un tout choli canapé non repris sur le site web.

Nous arrivons donc chez Usico, énorme magasin qui propose non seulement des canapés, mais tout ce qui peut meubler un domicile.

Je me précipite vers l'ex-canapé de mes rêves, qui, en vrai, est super pas beau, super trop moderne, super pas assorti à mon intérieur fait de portes en pitchpin et de la plus belle et plus rare cheminée du monde, j'ai nommé ma cheminée en bois.

Comme quoi, confirmation est faite : les canapés, c'est vraiment comme les mecs, ça peut être charmant et séduisant en photo sur un site "de rencontres" et s'avérer moche et pas confortable en réel.

Le vendeur, charmant, lui, en réel, vient nous proposer son aide.  D'habitude, j'ai tendance à refuser, préférant mater à ma guise.  Mais là j'accepte, et je lui déballe tous mes malheurs : mon salon petit comme un unicellulaire, l'impossibilité d'accueillir ces canapés modernes dotés d'accoudoirs de 99 centimètres de large, mon envie de cuir noir, et tout le touttim.

Et, telle une bonne fée face à Cendrillon, mon nouvel ami le vendeur, qui a tout compris de mes malheurs (et ça rime), m'emmène vers le canapé des mes rêves.

Un véritable coup de foudre.

Trois minutes plus tard, je rejoins Mostek et lui annonce "ça y est, j'ai trouvé, j'achète".

Elle s'évanouit un bref instant.

Quand elle reprend ses esprits, je lui confirme que commande est passée.

Incredible but true.

Dix minutes plus tard, j'ai trouvé des petits clubs adorables qui complèteront à la perfection le canapé.

Les mauvaises langues qui me disent indécise n'ont qu'à bien se tenir.

Huit à dix semaines d'attente, et ça y eeeeeeeeeest... enfin ça y seraaaaaaaaaaaa.

(suite bientôt, sorry les petits loups, mais le canapé est arrivé ce jour, pas eu le temps de terminer ce déjà long billet)