24
déc

J'ai testé la marche gourmande

J'ai toujours voulu tester une marche gourmande, vous savez, ce phénomène très à la mode en ce moment, où l'on marche durant un kilomètre avant de déguster l'apéro, puis deux kilomètres jusqu'au potage, deux jusqu'à l'entrée froide, trois jusqu'à l'entrée chaude, deux jusqu'au plat principal, un seul jusqu'au trou normald (ça se met bien là, le trou normand, me demande si c'est pas avant le plat, enfin bon, vous comprendre ce que moi vouloir explicationner hein ?) et enfin deux jusqu'au fromage et au dessert.

Les marches gourmandes fleurissent un peu partout dans ma région.  Eté comme hiver, puisque pas plus tard que le week-end dernier, y'en avait une, magnifique, très bonne, sous la neige en plus, un joli cadeau de la nature.

C'était à Floreffe, et moi j'étais à Yvoir, avec Titine (Titine est le surnom qu'on donne à une voiture non ? mais dans ce cas, c'est le surnom d'une amie), en train de tester un autre type de marche gourmande.

Tout aussi gourmande.

Mais un chouia moins marche.

Juste un chouia.

Départ du stand de chapeaux et sacs tenus par Sarah de Sakasara et une ancienne collègue et amie (ancienne pour collègue, pas pour amie of course).

Cinquante mètres jusqu'au stand de l'escargotière de Warnant, où je m'offre des escargots à la bièrre de je sais plus où et d'autres escargots à la sauce tomate lardons.

Vingt mètres jusqu'à la tartiflète, qui sent atrocement bon, mais n'est pas encore tout à fait prête.  On reviendra.

Trente mètres jusqu'au stand qui propose à boire : prune chaude, bête noire (ou belle-mère) chaude avec chantilly.  J'opte pour la bête noir, un régal de chez régal.  Et quand je vous dis régal, c'est régal, la boisson est brûlante, totalement noire, au petit goût de café, et son amertume est neutralisée par la chantilly, mmhhhhhhhhhhh.

Quinze mètres jusqu'au boudin (et aux avisances), que je prends noir nature et blanc à l'escargot.  On devient ce qu'on mange.

Vingt-deux mètres pour revenir à la tartiflette, enfin prête, que nous dégustons avec un petit vin chaud.

Vingt mètres pour revenir au stand chapeaux et sacs.

Vingt mètres pour aller chercher un vin chaud pour Sarah.

Vingt mètres pour en revenir.

Vingt mètres pour repartir chercher un vin chaud pour ex-collègue.

Vingt mètres pour en revenir.

Pause.

Vingt mètres pour aller reprendre un vin chaud pour moi, cette fois.

Vingt mètres pour en revenir.

Après tous ces vins chauds, trente mètres pour tituber jusqu'aux cougnous en tous genres, z'en font même au lard !  J'opte pour le cougnou au chocolat blanc, un délice.

Quarante mètres pour revenir aux chapeaux et sacs, soit dix de plus que d'habitude, mais le vin chaud me fait zigzaguer.  Tiens, et si j'en prenais un petit troisième, ça réchauffe tant...

Cinquante centimètres pour tendre la main vers un bout de patate au foie gras.  Délicieux la patate au foie gras, super substitut au toast que la patate chaude, je vous le dis.

Cent mètres (la route est longue) jusqu'aux cuberdons.  Saveurs variées : framboise (le classique), violette, rose et pomme.  Je prends violette, ils sont divins, craquants dehors, bien coulant dedans.  Au passage, dégustation de tous les autres goûts, ainsi que des macarons.  Tout est fabriqué maison, et je m'extasie devant la beauté des cuberdons.

Cent mètres pour revenir aux chapeaux et sacs... 

Après cette looooooooooooooongue marche gourmande, retour au bercail.  Le ventre plein et le coeur qui pétille, Titine le confirmera...

Et une chtite photo du stand.  Nan, le bonhomme c'est pas Sarah,  elle est derrière.  Chuis douée en dessin hein, avouez...

 

Copie de divers 071.jpg

 

23
déc

Le bus, c’est l’aventure : le bonus « tentative de suicide sous le bus »

Je vous rassure tout de suite, il ne s’agissait pas d’une véritable tentative de suicide.  Le fond n’était pas ça, même si la forme y était totalement.  Rares sont les gens qui se suicident en se jetant sur un bus, ils préfèrent de loin le train, plus sûr (z’avez déjà vu un suicidé via train se relever après le passage de l’engin ?), plus rapide (au vu des morceaux éparpillés partout, c’est vraiment rapide), même si pas toujours ponctuel (d’où parfois, sur les voies, des candidats au suicide en train de lire la gazette en attendant l’arrivée de la faucheuse).

Flash back.

Une journée estivale comme les autres.

Je rentre chez moi après ma journée de travail.

En bus, comme d’hab.

Je monte et m’installe, rien d’original quoi, ce que je fais chaque jour, plusieurs fois par jour.  Je suis à la première place, côté opposé à celui du chauffeur.

Le feu est rouge, mais le bus se déboîte déjà légèrement de l’arrêt, histoire je suppose de pouvoir démarrer en trombe quand il passera au vert (le feu, pas l’arrêt, pas le bus non plus, y’ que le feu qui peut changer de couleur).

Soudain surgit un grand homme, immense.

Il frappe agressivement à la porte du bus, voulant entrer.

Mais tout usager du bus sait que c’est peine perdue : le règlement dit qu’une fois que le bus n’est plus totalement à son arrêt, nul passager ne peut entrer.  Ni descendre d’ailleurs.

Je ne tente d’ailleurs jamais d’entrer quand le bus fait mine de partir, quand bien même le feu serait rouge pour un bon bout de temps encore.  Peine perdue je vous dis.  Aucune chance que les portes s’ouvrent  pour moi, juste une chance que les passagers confortablement installés me voient me ridiculiser à supplier pour pouvoir entrer.  Je me suis déjà suffisamment ridiculisée la fois où, sortant du bus, je me suis vautrée sur une petite souche d’arbre (enfin d’arbuste) et ai offert aux passagers une vision de ma carcasse étalée à plat ventre, sur toute sa longueur, sur le sol.  Je ne tente pas non plus de sortir en dehors des arrêts, l’assurance l’interdit.

Mais ce grand homme ne semble pas connaître le règlement.  Et il veut rentrer.  A tout prix.

Comme le chauffeur refuse, il n’est pas content.

Mais pas content du tout.

Il est d’abord interloqué.

Puis il se met à vociférer.

Enfin, il frappe la porte en verre pour forcer l’ouverture, en vain.  Il frappe, il cogne, il tabasse, cette pauvre porte innocente.

Je suis tout près de cette porte, et j’entends donc les bruits de ses poings sur le verre.

Puisque ni ses cris ni sa violence ne font s’ouvrir les portes, il adopte une nouvelle stratégie.

Il semble s’éloigner du bus.  Ouf, il a compris, il s’en va.

Puis il se rapproche, se place devant le bus, et recommence ses vociférations.

Après s’être égosillé, il a besoin de repos : il se couche sur le bitume, devant le bus.

Le spectacle est à la fois à mourir de rire et hautement pathétique.

Notre homme ne bouge plus, il a trouvé une position qui sied à sa situation, savoir au bas mot 4 grammes dans le sang.  Etre couché est donc plus sécurisant pour lui.

Ensuite, il s’assied sur le trottoir.  Mais vu sa hauteur, ses jambes encombrent la rue. Le bus ne peut dès lors pas démarrer.

Et moi je suis hilare, pendant que certains passagers frôlent la crise cardiaque. Un vieux monsieur s’énerve sur la lenteur des bus, le scandale de la situation, et j’en passe.  Il m’énerve encore plus que l’énergumène du dehors, je l’avoue.  Passque la situation est cocasse, et ne doit pas se produire si souvent !

Le chauffeur, qui n’a pas perdu son flegme, appelle le contrôle pour signaler la chose.

Contrôle qui n’arrivera pas, puisqu’après quelques minutes, notre suicidaire pas suicidaire décide, pour une raison que j’ignore, sans doute sous la pression des citoyens qui, à l’extérieur, tentent de le faire bouger, donc il décide de se reculer, non sans insulter copieusement le chauffeur, les personnes postées à l’extérieur et sans doute Dieu et tous les saints.

Une fois la tentative de suicide pas tentative de suicide avortée, le bus continue sa route, et je rentre chez moi, toujours hilare.

Et je me demande une chose, au moment où je vous écris ces lignes : suis-je la seule à vivre des choses si étranges dans les bus namurois ?

 

 

 

22
déc

Le bus, c’est l’aventure… (part 3)

Je descends donc du bus longue distance qui a refusé ma présence et j’attends un autre bus, plus « urbain », où je pourrais réchauffer mes petons congelés par les congères et la petite marche forcée d’il y a un quart d’heure.

Le voilàààààààààààààà, tel le messie : un bus.  Urbain.

Y’a foule, à croire que tout le monde a été éjecté de bus grandes lignes en prévision du nouveau règlement à la noix de macadamia.

Je me mets dans la file de ceusses qui veulent monter et j’attends.  Je suis derrière une dame et son fils, que je laisse passer.  Ils s’installent sur deux places individuelles, l’un derrière l’autre.  Tchu, j’aurais pas dû les laisser passer, du coup.

Je m’installe donc non loin d’eux, sur un siège pour deux.  J’aime pas ça, vu qu’avec tout le barda que je trimballe, je suis souvent obligée de me serrer comme une sardine obèse pour ne pas occuper deux sièges à la place d’un.

Mais je suis contente d’être assise.  Et au chaud.  Et enfin dans un bus qui me ramène at home.

D’autant qu’il y a foule.

Et que la foule augmente aux deux arrêts suivants.

Soudain, cris et hurlements.

Pas cris et chuchotements, non, cris et hurlements.

Beuglements.

« C’est mon fils, rendez-moi mon fils ».

« Mais c’est mon petit-fils, je veux mon petit fils ».

« JE VOUS DIS QUE C’EST MON FILS ».

« NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN C’EST MON PETIT-FILS ».

Et ainsi de suite durant de longues secondes.

Tous les passagers, moi y compris, sont statiques, estomaqués, sauf deux personnes qui tentent doucement de séparer les deux furies, accrochées toutes deux aux bras de ce pauvre enfant, qui s’est mis entre-temps à pleurer et hurler de peur.

Et moi d’imaginer qu’il se déchire en deux, tant ses « mère » et « grand-mère » frisent l’hystérie.  Ah non, elles ne la frisent pas, elles sont en plein dedans.

Dans ma tentative de compréhension, je me dis qu’il doit s’agir d’un conflit familial : une mère et sa fille, une belle-mère et sa belle-fille, qui ne se voient plus, l’enfant vivant chez sa mère, la mère ou belle-mère voulant se l’accaparer quand le hasard de la rencontre les met en contact.

Alors je ne moufte pas, conflit familial.

Et puis la mère hurle, supplie le chauffeur d’intervenir.  Il ne moufte pas non plus, ça doit être le règlement qui prévoit qu’à partir du 1er janvier les chauffeurs peuvent plus aider les passagers, même s’ils se vident de leur sang.  Alors autant les habituer dès le 15 décembre hein.

Soudain, un petit bonhomme capuché tire doucement le bras de la « grand-mère », toujours hurlante et accrochée à son « petit-fils », et lui dit « mamy, chuis là ».

Et voilà, je comprends.

Et tout le monde comprend.

La Mamy, et ben, elle s’est trompée d’enfant.  Avec la foule, la « vraie maman » a voulu prendre son fils sur ses genoux pour libérer l’enfant.  A ce moment précis passe la mamy, qui perd sans doute un instant de vue son vrai petit-fils, lequel file dans le fond du bus.  Le regard de notre mamy un tantinet taupe se pose alors sur l’enfant en train de changer de siège, elle le confond avec son petit-fils et, au lieu de vérifier (faciiile de vérifier, suffit de mater le visage de l’enfant, pardi), tente de l’arracher à sa pauvre mère qui n’y comprend rien.

Mais maintenant on a tous compris.

Et la mamy aussi.

Mais, au lieu de se confondre en excuses, ben elle continue à hurler, non plus sur la vraie maman du pauvre enfant traumatisé, mais sur son vrai petit-fils revenu des limbes du fond du bus.  C’est donc la faute de ce pauvre enfant, qui a commis, j’en suis consciente, une bêtise en allant dans le fond du bus, mais de là à lui hurler dessus et à le tenir responsable de son hystérie, il y a un pas qu’elle n’aurait pas dû franchir.  Du moins le pense-je.  Passque c’est qui l’enfant là, le gamin de sept-huit ans qui par mégarde fonce dans le bus, ou la mamy adulte qui s’imagine qu’on veut lui voler ledit gamin et hurle comme une possédée et tente d’arracher un enfant des bras de sa mère sous prétexte qu’il est habillé pareil que son petit-fils ?  Passque je vous le dis, y’a rien de plus ressemblant à un manteau foncé qu’un autre manteau foncé.  Mais tout de même quoi…

Les cris continuent donc, seule la cible a changé.

Et la première cible, j’ai nommé la véritable maman, s’est réfugiée au début du bus avec son gamin encore tremblotant.  Et moi chuis toute émotionnée de ce qui vient de se passer.  D’autant qu’elle accuse les passagers de ne pas avoir moufté.  Et elle a raison, mais ça s’est passé si vite, juste le temps de me dire « mais keski se passe, c’est deux membres de la même famille qui s’arrachent le même enfant ? » et paf, l’affaire était terminée.  Je réalise alors pourquoi, bien souvent, lors des agressions, les gens ne bougent pas : ils sont scotchés de stupeur (et tremblements).

Le chauffeur, lui non plus, n’a pas moufté, et il refuse d’appeler la police, que la vraie maman réclame à cor et à cris, et je veux bien la comprendre, son gamin est totalement traumatisé.  Le chauffeur finit par se ranger au bord d’un trottoir et par appeler le contrôle TEC, qui met des plombes à venir.  Heureusement que personne n’était mourant, sinon la faucheuse aurait largement eu le temps de faire son travail.

L’attente est si longue que pas mal de passagers descendent du bus, tant qu’à faire.  Mais il neige et j’ai froid, alors je reste à ma place.  Et puis, sait-on jamais qu’il se passe encore quelque chose.  Passque je suis en train de saliver de bonheur à l’idée des billets que je vais vous écrire suite à tous ces événements, hein, c’est clair.

La grand-mère, remise de ses angoisses, tente une approche pour s’excuser, mais il est trop tard, la mère lui hurle qu’elle aurait mieux fait de vérifier avant de vouloir démembrer son fils qui n’était pas son petit-fils (ça va, vous suivez toujours ?)  Et le vrai petit-fils de se faire à nouveau enguirlander comme du pus.

Arrive enfin le contrôle TEC, qui prend les cartes d’identité et note les faits.  La vraie maman et son gaminou sous le choc descendent du bus, afin de se remettre de tout ça, d’échapper à la mamy furax et de décider si plainte sera déposée.

Le bus continue son trajet, avec moi à bord, la mamy et son vrai petit-fils qui, le pauvre, va sans doute passer un sale gros quart d’heure une fois hors de la vue des passagers.  Il en a déjà bavé depuis vingt minutes, je n’ose imaginer la suite…

Je rentre chez moi, me disant que vraiment, le monde devient fou.  Et violent.  Et agressif.  Et déneuroné.

Je vous le disais, le bus, c’est vraiment vraiment vraiment l’aventure…  

Demain, un « bonus bus » : tentative de suicide devant l’engin.

21
déc

Le bus, c’est l’aventure (part 2)

Après ma petite marche revigorante et mon trajet en bus-luge, me voilà donc prête à tenter de choper un second bus, celui qui me ramènera dans mon home sweet home.

J’ai du bol, y’a un bus « en stock », qui attend gentiment l’heure du départ.

Je me précipite vers lui (traduisez : je marche, comme un colvert femelle, vers lui, tentant à chaque pas de ne pas faire une glissade digne des meilleurs exploits de Philippe Candeloro - à ce moment, je n'ai pas mes bottes magiques des sept lieues achetées vendredi, qui m'ont sauvé la vie depuis, vu que la Gelbique est maintenant officiellement annexée à la Sibérie) et j’entre.

C’est un bus « longue distance » censé s’arrêter près de chez moi.  Un genre de « grande ligne », comme on dit à la SNCF. 

Par acquit de conscience, je demande : « Bonjour M’sieur, vous vous arrêtez bien près de chez moi siouplait ? » (pour les blondes, il va de soi que j’ai pas dit « près de chez moi », vu que le M’sieur il connaît pas oùsque j’habite).

Et là, il me répond : « Oui mais prenez un autre bus ».

Et moi : « … » (ben oui quoi, le temps que l’information remonte à mon neurone, je marque un temps d’arrêt).

Il ajoute : « Dès le 1er janvier, on ne pourra plus emprunter les bus longue distance et descendre avant, alors j’habitue déjà les passagers ».

Ben voyons.

Ainsi, cette décision ridicule prend effet le 1er janvier, nous sommes le 15 décembre, mais « faut déjà habituer les passagers ».

A mourir de rire.

Tant qu’à faire, j’ai cru entendre que les tarifs du TEC vont augmenter en février.  Pourquoi on les augmente pas dès maintenant, pour « habituer les passagers ».

Entre parenthèses, d’un côté on augmente les tarifs, de l’autre on empêche les pigeonsssagers de monter dans certains bus… cherchez l’erreur.  Cherchez... et contactez-moi quand vous aurez trouvé.

Et pourquoi on n’habitue pas les gens pour tout, via la même procédure… ?

« Le gaz et l’électricité vont augmenter l’an prochain, mais on vous ponctionne déjà cette année, comme ça vous serez habitués en 2011. »

« Ma chérie, on vient de se marier, je sais, mais tu dois te rendre compte que dans quelques années, quand je me serai lassé de toi, je te tromperai.  Alors je commence dès demain, comme ça tu t’habitues petit à petit ».

« Toi le rat, t’as une espérance de vie très courte, alors je t’écrase déjà de mon talon, comme ça je m’habitue à ta mort sans avoir dû m’habituer au préalable à ta présence ».

« Dans quarante ans, la pension… mais arrêtez déjà de bosser, ça facilitera la transition, vous serez habitués » (tiens, là, je dis pas non).

Vous en avez d’autres ?

Je ne peux en entendre davantage, alors je descends du bus, pendant que le chauffeur continue son discours d’un « à l’heure de pointe, quand y’a du monde, les ceusses qui descendent au début du parcours des grandes lignes, c’est caca boudin, on n’en veut plus, paie ton abonnement en gentille Anaïs docile et râle pas… bref casse-toi de mon bus ».

Bien sûr, j’aurais pu rester dans le bus en argumentant qu’un règlement applicable le 1er janvier n’est applicable qu’à partir du 1er janvier, ça me semble cohérent.  Mais j’avais pas envie de me retrouvée coincée dans les congères d’Outsyploulesbainsdeglace, passque le chauffeur m’aurait séquestrée dans son véhicule jusque là, je le sentais venir gros comme un égo de chauffeur de bus proportionnel à la taille de son engin (je parle du bus là, pour le reste j’ai pas été voir dans son slip kangourou).

Et puis, maintenant que je sais ce qui m’attendait dans le bus suivant, ben chuis contente d’être descendue…

A suivre...

 

20
déc

Le bus, c'est l'aventure (part 1)

Cette journée de mercredi a mal commencé.

D'abord, il neige (dit Musti).

J'aime la neige.  Mais uniquement quand je suis chez moi et que je dois pas sortir et que j'ai bien chaud et que je me contente de regarder les flocons tomber.

Là, je dois bosser, pas le choix, donc j'aime pas la neige.

Une fois arrivée au boulot, je saisis mes clés, tente d'ouvrir la boîte aux lettres, d'en sortir tout le brol qui y vit, de la refermer.  Et c'est lorsque je veux intervertir "clé de la boîte aux lettres" et "clé de la porte d'entrée", le drame : mon porte-clés tombe. 

Dans la neige.

Je le ramasse et fais tomber tout le courrier en me penchant.

Je jure comme un arracheur de dents (ah non, lui, il ment), je ramasse le barda et je rentre, pour découvrir que les ordinateurs ne vont plus.  Tchu, faut que j'en parle à la responsable informatique.  Sauf que la responsable informatique, c'est moi (rigolez pas, chuis nulle en informatique, mais chuis la moins nulle de tous, voilà tout).

Je vous passe toutes les merdes dans mes dossiers, c'est confidentiel of course.

Puis vient l'heure de me "tirer d'ici" (comme dit Patrick Swayze à Bébé quand elle en a marre et qu'il l'emmène jouer les équilibristes sur un tronc après avoir défoncé la vitre de sa voiture, tout ça sur fond de pluie, de

Je pars donc en quête d'un bus, ce qui revient à trouver un poil sur un Sphynx, vu la météo.

Je sors du bureau, l'arrêt de bus est à 200 mètres (enfin je crois, j'ai jamais eu la notion des distances).  A 20 mètres dudit arrêt : un bus.  Qui n'avance pas, mais de là à ce que je sois cap de faire 200 mètres dans les congères pendant qu'il en fait 20, y'a une marge.

J'abandonne donc, et vais à mon rythme, savoir celui d'un canard stressé par la neige qui s'amoncèle, jusqu'à l'arrêt.  Chemin faisant, je réalise que le bus me semble de plus en plus proche.

Alors que je suis à vingt mètres du bus... il arrive à l'arrêt et embarque quelques personnes.  C'est peine perdue, je n'essaie pas de courir, je m'imagine à plat ventre dans la neige, sous le regard hilare des passagers.  Non.

J'arrive à l'arrêt au moment où il le quitte.  Mais tout qui prend le bus sait qu'il ne faut jamais essayer d'y monter quand il a quitté son arrêt, paaaaas bien, le chauffeur peut pas rouvrir ses portes, questions d'assurances.  Donc je ne tente pas, j'ai évité la gamelle devant les passagers, pas envie de subir un refus d'ouverture de portes par chauffeur mal luné.

Une fois à l'arrêt donc, le bus est à deux mètres de moi, et n'avance plus.

Me vient alors une idée super intelligente (comme quoi ça m'arrive) : marcher vite, très vite, jusqu'à l'arrêt suivant, et espérer marcher plus vite que le bus... ce qui semble possible vu qu'il a roulé 20 mètres pendant que j'en ai parcouru 200.  Merci la neige.

Et me vlà en train de marcher vite.  Ultra vite.  Super vite.  Au point que je meurs de chaud et que mes mollets protestent énergiquement.

Et, à force de marcher vite, je rejoins l'arrêt suivant.

Bien avant le bus.

Vu que je suis contrainte de l'attendre deux bonnes minutes.

Yesssss.

Nous entamons ensuite la descente vers le centre ville, et je peux vous dire que c'est un peu les sports d'hiver en pleine ville, tant ce mastondonte de bus glisse de tous les côtés.  A chaque coup de frein, il vire de bord et c'est la glissade.  Montagnes russes.  Luge.  Ski.  Enfin un peu de tout ça quoi.

Faire de la luge en bus, j'avais jamais tenté.  Et c'est amusant, même si des visions de bus sur le flanc m'ont tout de même effleuré l'esprit angoissé.

J'arrive ensuite à la gare pour le second volet de mes aventures bussesques...

Une petite illu bussesque de Flo.

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