5
jan

Vous savez faire ça vous ? (défi physique number two)

Après le test du pied qui rentre entre le gros orteil et son pote de droite (enfin de gauche aussi, ça dépend du pied que vous utilisez pour le test), voici un nouveau test : le test du pouce qu’on plie pour qu’il touche l’avant-bras

Vous savez le faire ?

Moi je savais, quand j’étais jeune.

Maintenant je suis vieille et rouillée, j’y arrive plus.

Donc pas de photo vu que j’y arrive pas.  Enfin plus. 

Mais une illu de Ptit Bordel, car elle aussi sait le faire.

Et vous ?

Et cette fois je veux des photos, pas comme pour le coup du pied hein, tricheurs va !

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30
déc

J’ai testé le réveillon annulé

(passqu'il va de soi que ce blog continuera comme avant durant 2011, vlà du billet classique, comme d'hab quoi...)

Cette année, j’avais prévu le même réveillon que l’an dernier (si vous avez oublié ce dont il s’agissait, retournez 365 jours plus tôt pour le découvrir).  C’était sans compter sur la neige, la vilaine.

Déjà qu’il a fallu déployer une énergie folle pour s’inscrire à ce réveillon.  Les organisateurs sont pleins de bonne volonté, mais niveau organisation… ce sont des organisateurs désorganisés.  On leur pardonne, vu que c’est pour une bonne cause.

Une fois notre inscription confirmée, ainsi que nos tâches de la soirée, vlà que la neige redébarque et bloque la voiture censée nous emmener là-bas. Une voiture bloquée dans un village lointain = impossible d’aller au réveillon.  CQFD.  Bien sûr, j’ai pensé y aller seule.  J’aime pas faire les choses seule, c’est un fait, mais là j’aurais osé.  Sauf qu’aller là-bas à pied dans la neige, no soucy.  Mais en revenir, tard le soir, à la merci des tueurs en série de Noël, non merci.  On s’est fait la réflexion récemment qu’avec la neige, même la plus noire des nuits semble moins effrayante, mais les tueurs en série ne font pas grève quand il neige, non non non.

Me vlà donc condamnée à réveillonner seule avec mon rat.

Pas amusant.

Enfin, si, le rat est amusant, mais l’idée de ce réveillon seule, alors que je me réjouissais de pouvoir à nouveau offrir mon aide et passer un réveillon génial, c’est encore pire que l’idée d’un réveillon seule quand on l’a depuis des mois, cette idée.  La déception est plus grande.  La solitude est plus cruelle (bon, promis, je jouerai pas ma Cosette).

Mais pas le choix, sauf à me faire inviter dans une famille heureuse (toutes les familles heureuses gardent une place vide pour un malheureux ou une malheureuse non ?), je mettrai le petit Jésus dans la crèche toute seule cette année.

Il est 17 heures. 

La neige est devenue folle dingue de mon pays, au point qu’elle le recouvre entièrement sur une hauteur de 40 centimètres.

J’ai rien dans mon frigo.

Et dans 7 heures, c’est Nowèl.

L’heure est grave.

Le matin même, j’ai entendu qu’un groupuscule révolutionnaire namurois, les « Crous du cul », à moins qu’il ne s’agisse des « Crew du cul », ont transformé la citadelle, recouvrant ses spots blancs de filtres mauves et oranges.

Je décide d’aller voir ça.  J’enfile mes bottes de compétition et je me lance dans l’aventure : marcher jusqu’à la citadelle.

Je découvre de petits biscuits dans ma boîte aux lettres.  J’ai une bonne fée.  On dirait des sablés au chocolat.  Une fois le sachet ouvert, ça sent le fromage : des sablés au parmesan.

Nous partons donc, mes sablés et moi, vers la citadelle.

En chemin, je scrute l’intérieur des maisons.  Paraît que c’est pas poli, mais j’adore.  Les tables sont dressées.  Les convives sont attendus.  J’ai l’impression d’être la petite marchande d’allumettes, du coup.  Je me sens d’un triste, je vous dis pas.  Alors je continue à marcher.

Et je découvre la citadelle.  Mauve et orange.  Trop belle.

Je m’offre une petite méditation sur le sens de la vie et tout et tout, en mangeant mes sablés.  Je sens même une chtite larmichette rouler sur ma joue.  Nan, je ferai pas ma Cosette, je l’ai promis.  Mais c’est une expérience scientifique comme une autre : preuve qu’une larme ne gèle pas, même pas grand froid.

Je rentre ensuite chez moi préparer mon réveillon.  Sur le chemin du retour, je croise une bande d’oies qui préparent le réveillon, heureuse d’avoir échappé à la tradition du foie gras, j’imagine…

J’ai rien acheté pour mon réveillon censé se passer ailleurs.  Fort heureusement, j’ai toujours dans mon frigo, en période de fêtes, du foie gras et du magret de canard.  Je me fais donc quelques toasts en guise d’entrée.

J’allume mon pc, histoire de voir si d’autres âmes solitaires traînent sur internet.  Vive le monde moderne, qui permet d’être seule sans réellement l’être.

J’allume aussi la TV, histoire d’avoir un super bruit de fond. 

Puis, la veille, j’ai acheté une lasagne Farniente. 2,59 eur : le prix de mon repas festif.  Je rigole, mais elle était divine, cette lasagne.  De circonstance pour la venue du divin enfant, tout compte fait. Avec du coca light, c’est parfait.  Jamais d’alcool chez moi.  Juste des bulles.

Je zone devant la TV.  Ennui profond.  Ennui psychologique, of course, car je ne m’ennuie jamais en général.

Alors, en plus d’internet et de sa page de rencontres orange, sur laquelle surfent finalement pas mal de gens, j’ouvre MSN, enfin Windows Live Messenger que ça s’appelle.  Et puis Facebook.

Et finalement, les heures filent à grande allure.  Entre les discussions avec ceusses dont le réveillon est terminé à 20 h, ceusses tout seuls car leur voyage au bout du monde a été annulé because pas de décollage d’avion because neige, ceusses ou plutôt celle qui m’allume sa webcam pour me plonger dans l’ambiance de son réveillon festif, ceusses seuls chais pas pourquoi, ceusses, ou plutôt celle, qui fait des cougnous et m’en fera livrer un demain, ben je ne sais plus où donner de la tête.

Je mène de front trois conversations,  puis quatre, puis cinq.  Je fais connaissance avec plein d’hommes ultra sympas.

Et, étonnamment, il est 2 heures du matin.  L’heure d’aller au dodo.

Finalement, c’était un chouette réveillon.  Pas comme les autres, mais chouette.

Et le lendemain, 9h30, je reçois le plus gros cougnou de toute ma vie : un cougnou de compétition, ma bonne Dame.  Délicieux en plus.

Bon, j’espère tout de même que l’an prochain blanche neige boudera un peu plus et que je pourrai reprendre mes activités réveillonnesques habituelles.

 Photos de la citadelle (les couleurs sont pas comme sur la photo, beaucoup plus jolies en vrai) puis le réveillon des oies.

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27
déc

Mon new canapé et moi

Ceusses qui sont sur Facebook le savent déjà, aujourd'hui, j'ai adopté un nouveau canapé.  Et puis deux fauteuils clubs miniatures.  Le tout en cuir noir.  C'est tout choli.

Tout choli maintenant que j'ai tout installé.

Mais quelle aventure.

Ça vous dit que je vous la conte, mon aventure-canapé ?  Je sais que vous adorez ça, que je vous raconte mon quotidien stupéfiant et tellement fascinant.  So fascinating.

Nous sommes en octobre 2010.

Deux ans que je dis à tout le monde "j'ai envie d'un nouveau canapé".  En d'autres termes, je veux remplacer mon vieux canapé par un neuf, et remplacer mes deux fauteuils en rotin de chez Ikéa, que j'ai tant vu que j'en ai la nausée d'écoeurement, par je ne sais pas quoi : un micro-canapé, un pouf rectangulaire, des petits fauteuils club de bureau... un truc du genre quoi.

Deux ans que j'en parle.

Deux ans que je feuillette les catalogues.

Deux ans que je regarde les publicités.

Deux ans que je trouve rien qui me plait.

Je veux du cuir, pour changer du canapé en tissus qui partage ma vie depuis quinze belles années.

Et chez Ikéa, zont le modèle en cuir noir.  Mais je l'aime pas trop.  Je préférais l'ancien, qu'ils ne vendent plus.  Qui est d'ailleurs dans la salle d'attente oùsque je bosse, même que je bave dessus chaque fois que je le regarde.  J'aurais dû l'acheter y'a cinq ans, voilà tout.

Lors de ma dernière virée Ikéa, j'ai tellement tergiversé devant le nouveau modèle, que je trouvais immonde, mais je tentais de me convaincre du contraire, que les amies qui m'accompagnaient m'ont dit "bon ça suffit, si tu hésites tant, tu le prends pas, c'est qu'il est pas fait pour toi".  Apparemment, les canapés, c'est comme les mecs, si on hésite, c'est que c'est pas le bon.

Ensuite chuis allée avec une ancienne collègue dans un tout joli magasin, où elle avait repéré un tout joli canapé gris.  Il était en effet tout joli.  Mais c'était un "une place et demi", et moi me faut un deux places.  Oui, j'ai beau être une pauvre célibattante, me faut un deux places, pour m'avachir à mon aise.  Dans l'absolu, je rêve d'un canapé d'angle avec une... euh, une liseuse ?  J'ignore comment s'appelle ce pouf intégré qui se place souvent à l'extrémité des canapés d'angle, formant un genre de C.  Dans l'absolu, voilà donc mon rêve.  Mais en pratique, vu que mon salon est petit comme un mouchoir de poche lavé à 90 degrés, un deux places est le seul modèle capable d'un séjourner. Mon salon est un petit rectangle qui accueille, outre une fenêtre, une porte et une cheminée.  Il reste donc peu de place pour caser un téléviseur et un salon, je vous le dis.

J'ai donc pas acheté le canapé gris, nonobstant sa beauté incommensurable et le fait que si je l'achetais dans la minute je recevais le pouf gratuit, mais si je revenais le lendemain c'était fini.  Ce genre de procédé ne m'inspire aucune confiance.  Et, sachant qu'il m'a fallu une année pour remplacer ma TV qui s'éteignait sans vouloir se rallumer, année durant laquelle j'ai, à chaque panne, utilisé une vieille petite TV qui ne mémorisait aucune chaîne lorsqu'on l'éteignait, sachant que mon premier appareil numérique a fait des siennes trois ans avant que je le remplace, vous imaginez bien que chuis pas du genre à acheter un canapé en une minute, non mais.

Et puis, en octobre dernier, Mostek, dans un élan de bravoure intense, de sens de l'abnégation incredible et de témérité folle, me propose d'aller visiter un magasin de meubles dont j'ignore tout à l'instant où elle me le propose : USICO.

Rendez-vous est pris pour le samedi matin 9 heures.

C'est tôt.

Ce que j'ignore, c'est que Mostek, me connaissant, a planifié sa journée afin de pouvoir rester dans le magasin au bas mot jusque 13 heures, se disant qu'il me faudrait bien ça pour analyser chaque canapé, puis repartir sans acheter quoi que ce soit.

Ouh la vilaine, penser ça de moi, m'enfin.

Depuis trois jours, j'analyse le site web du magasin, je repère le canapé de mes rêves, je mesure mon salon, note les mesures des canapés, vérifie les tons, et je fais même un plan de mon futur canapé, histoire de voir ce que ça donne.  Je réalise alors que ça donne rien, le canapé envahit tout, exit le canapé de mes rêves.

Mais je garde espoir, y'aura peut-être sur place un tout choli canapé non repris sur le site web.

Nous arrivons donc chez Usico, énorme magasin qui propose non seulement des canapés, mais tout ce qui peut meubler un domicile.

Je me précipite vers l'ex-canapé de mes rêves, qui, en vrai, est super pas beau, super trop moderne, super pas assorti à mon intérieur fait de portes en pitchpin et de la plus belle et plus rare cheminée du monde, j'ai nommé ma cheminée en bois.

Comme quoi, confirmation est faite : les canapés, c'est vraiment comme les mecs, ça peut être charmant et séduisant en photo sur un site "de rencontres" et s'avérer moche et pas confortable en réel.

Le vendeur, charmant, lui, en réel, vient nous proposer son aide.  D'habitude, j'ai tendance à refuser, préférant mater à ma guise.  Mais là j'accepte, et je lui déballe tous mes malheurs : mon salon petit comme un unicellulaire, l'impossibilité d'accueillir ces canapés modernes dotés d'accoudoirs de 99 centimètres de large, mon envie de cuir noir, et tout le touttim.

Et, telle une bonne fée face à Cendrillon, mon nouvel ami le vendeur, qui a tout compris de mes malheurs (et ça rime), m'emmène vers le canapé des mes rêves.

Un véritable coup de foudre.

Trois minutes plus tard, je rejoins Mostek et lui annonce "ça y est, j'ai trouvé, j'achète".

Elle s'évanouit un bref instant.

Quand elle reprend ses esprits, je lui confirme que commande est passée.

Incredible but true.

Dix minutes plus tard, j'ai trouvé des petits clubs adorables qui complèteront à la perfection le canapé.

Les mauvaises langues qui me disent indécise n'ont qu'à bien se tenir.

Huit à dix semaines d'attente, et ça y eeeeeeeeeest... enfin ça y seraaaaaaaaaaaa.

(suite bientôt, sorry les petits loups, mais le canapé est arrivé ce jour, pas eu le temps de terminer ce déjà long billet)

24
déc

J'ai testé la marche gourmande

J'ai toujours voulu tester une marche gourmande, vous savez, ce phénomène très à la mode en ce moment, où l'on marche durant un kilomètre avant de déguster l'apéro, puis deux kilomètres jusqu'au potage, deux jusqu'à l'entrée froide, trois jusqu'à l'entrée chaude, deux jusqu'au plat principal, un seul jusqu'au trou normald (ça se met bien là, le trou normand, me demande si c'est pas avant le plat, enfin bon, vous comprendre ce que moi vouloir explicationner hein ?) et enfin deux jusqu'au fromage et au dessert.

Les marches gourmandes fleurissent un peu partout dans ma région.  Eté comme hiver, puisque pas plus tard que le week-end dernier, y'en avait une, magnifique, très bonne, sous la neige en plus, un joli cadeau de la nature.

C'était à Floreffe, et moi j'étais à Yvoir, avec Titine (Titine est le surnom qu'on donne à une voiture non ? mais dans ce cas, c'est le surnom d'une amie), en train de tester un autre type de marche gourmande.

Tout aussi gourmande.

Mais un chouia moins marche.

Juste un chouia.

Départ du stand de chapeaux et sacs tenus par Sarah de Sakasara et une ancienne collègue et amie (ancienne pour collègue, pas pour amie of course).

Cinquante mètres jusqu'au stand de l'escargotière de Warnant, où je m'offre des escargots à la bièrre de je sais plus où et d'autres escargots à la sauce tomate lardons.

Vingt mètres jusqu'à la tartiflète, qui sent atrocement bon, mais n'est pas encore tout à fait prête.  On reviendra.

Trente mètres jusqu'au stand qui propose à boire : prune chaude, bête noire (ou belle-mère) chaude avec chantilly.  J'opte pour la bête noir, un régal de chez régal.  Et quand je vous dis régal, c'est régal, la boisson est brûlante, totalement noire, au petit goût de café, et son amertume est neutralisée par la chantilly, mmhhhhhhhhhhh.

Quinze mètres jusqu'au boudin (et aux avisances), que je prends noir nature et blanc à l'escargot.  On devient ce qu'on mange.

Vingt-deux mètres pour revenir à la tartiflette, enfin prête, que nous dégustons avec un petit vin chaud.

Vingt mètres pour revenir au stand chapeaux et sacs.

Vingt mètres pour aller chercher un vin chaud pour Sarah.

Vingt mètres pour en revenir.

Vingt mètres pour repartir chercher un vin chaud pour ex-collègue.

Vingt mètres pour en revenir.

Pause.

Vingt mètres pour aller reprendre un vin chaud pour moi, cette fois.

Vingt mètres pour en revenir.

Après tous ces vins chauds, trente mètres pour tituber jusqu'aux cougnous en tous genres, z'en font même au lard !  J'opte pour le cougnou au chocolat blanc, un délice.

Quarante mètres pour revenir aux chapeaux et sacs, soit dix de plus que d'habitude, mais le vin chaud me fait zigzaguer.  Tiens, et si j'en prenais un petit troisième, ça réchauffe tant...

Cinquante centimètres pour tendre la main vers un bout de patate au foie gras.  Délicieux la patate au foie gras, super substitut au toast que la patate chaude, je vous le dis.

Cent mètres (la route est longue) jusqu'aux cuberdons.  Saveurs variées : framboise (le classique), violette, rose et pomme.  Je prends violette, ils sont divins, craquants dehors, bien coulant dedans.  Au passage, dégustation de tous les autres goûts, ainsi que des macarons.  Tout est fabriqué maison, et je m'extasie devant la beauté des cuberdons.

Cent mètres pour revenir aux chapeaux et sacs... 

Après cette looooooooooooooongue marche gourmande, retour au bercail.  Le ventre plein et le coeur qui pétille, Titine le confirmera...

Et une chtite photo du stand.  Nan, le bonhomme c'est pas Sarah,  elle est derrière.  Chuis douée en dessin hein, avouez...

 

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23
déc

Le bus, c’est l’aventure : le bonus « tentative de suicide sous le bus »

Je vous rassure tout de suite, il ne s’agissait pas d’une véritable tentative de suicide.  Le fond n’était pas ça, même si la forme y était totalement.  Rares sont les gens qui se suicident en se jetant sur un bus, ils préfèrent de loin le train, plus sûr (z’avez déjà vu un suicidé via train se relever après le passage de l’engin ?), plus rapide (au vu des morceaux éparpillés partout, c’est vraiment rapide), même si pas toujours ponctuel (d’où parfois, sur les voies, des candidats au suicide en train de lire la gazette en attendant l’arrivée de la faucheuse).

Flash back.

Une journée estivale comme les autres.

Je rentre chez moi après ma journée de travail.

En bus, comme d’hab.

Je monte et m’installe, rien d’original quoi, ce que je fais chaque jour, plusieurs fois par jour.  Je suis à la première place, côté opposé à celui du chauffeur.

Le feu est rouge, mais le bus se déboîte déjà légèrement de l’arrêt, histoire je suppose de pouvoir démarrer en trombe quand il passera au vert (le feu, pas l’arrêt, pas le bus non plus, y’ que le feu qui peut changer de couleur).

Soudain surgit un grand homme, immense.

Il frappe agressivement à la porte du bus, voulant entrer.

Mais tout usager du bus sait que c’est peine perdue : le règlement dit qu’une fois que le bus n’est plus totalement à son arrêt, nul passager ne peut entrer.  Ni descendre d’ailleurs.

Je ne tente d’ailleurs jamais d’entrer quand le bus fait mine de partir, quand bien même le feu serait rouge pour un bon bout de temps encore.  Peine perdue je vous dis.  Aucune chance que les portes s’ouvrent  pour moi, juste une chance que les passagers confortablement installés me voient me ridiculiser à supplier pour pouvoir entrer.  Je me suis déjà suffisamment ridiculisée la fois où, sortant du bus, je me suis vautrée sur une petite souche d’arbre (enfin d’arbuste) et ai offert aux passagers une vision de ma carcasse étalée à plat ventre, sur toute sa longueur, sur le sol.  Je ne tente pas non plus de sortir en dehors des arrêts, l’assurance l’interdit.

Mais ce grand homme ne semble pas connaître le règlement.  Et il veut rentrer.  A tout prix.

Comme le chauffeur refuse, il n’est pas content.

Mais pas content du tout.

Il est d’abord interloqué.

Puis il se met à vociférer.

Enfin, il frappe la porte en verre pour forcer l’ouverture, en vain.  Il frappe, il cogne, il tabasse, cette pauvre porte innocente.

Je suis tout près de cette porte, et j’entends donc les bruits de ses poings sur le verre.

Puisque ni ses cris ni sa violence ne font s’ouvrir les portes, il adopte une nouvelle stratégie.

Il semble s’éloigner du bus.  Ouf, il a compris, il s’en va.

Puis il se rapproche, se place devant le bus, et recommence ses vociférations.

Après s’être égosillé, il a besoin de repos : il se couche sur le bitume, devant le bus.

Le spectacle est à la fois à mourir de rire et hautement pathétique.

Notre homme ne bouge plus, il a trouvé une position qui sied à sa situation, savoir au bas mot 4 grammes dans le sang.  Etre couché est donc plus sécurisant pour lui.

Ensuite, il s’assied sur le trottoir.  Mais vu sa hauteur, ses jambes encombrent la rue. Le bus ne peut dès lors pas démarrer.

Et moi je suis hilare, pendant que certains passagers frôlent la crise cardiaque. Un vieux monsieur s’énerve sur la lenteur des bus, le scandale de la situation, et j’en passe.  Il m’énerve encore plus que l’énergumène du dehors, je l’avoue.  Passque la situation est cocasse, et ne doit pas se produire si souvent !

Le chauffeur, qui n’a pas perdu son flegme, appelle le contrôle pour signaler la chose.

Contrôle qui n’arrivera pas, puisqu’après quelques minutes, notre suicidaire pas suicidaire décide, pour une raison que j’ignore, sans doute sous la pression des citoyens qui, à l’extérieur, tentent de le faire bouger, donc il décide de se reculer, non sans insulter copieusement le chauffeur, les personnes postées à l’extérieur et sans doute Dieu et tous les saints.

Une fois la tentative de suicide pas tentative de suicide avortée, le bus continue sa route, et je rentre chez moi, toujours hilare.

Et je me demande une chose, au moment où je vous écris ces lignes : suis-je la seule à vivre des choses si étranges dans les bus namurois ?