18
jan

Scènes de la rue quotidienne

En rue.  Il est blanc, il est gros il est ballonné, il a une tête de bonhomme Michelin.  Mais c’est le bonhomme Michelin.  Je n’ai pourtant pas bu.  C’est bel et bien lui.  Le bonhomme Michelin qui se balade dans le piétonnier de ma ville.  Emotions.  Afflux de souvenirs dans ma tête.  Le bonhomme Michelin c’est toute mon enfance.  Un rituel.  Aller voir le bonhomme Michelin qui gonflait, dégonflait, regonflait et redégonflait, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.  J’aime le bonhomme Michelin.  J’ai la larme à l’œil.

Il est violent.  Je le vois à travers la vitre du bus, arrêté par la scène, qui se déroule à même la bande de circulation.  Son nez est en sang.  J’ignore ce qui s’est passé avant, mais je vois ce qu’il se passe là, à l’instant.  Il veut frapper.  Il est en furie.  Il est petit et il s’attaque à un homme barraqué.  La violence entraîne la violence.   On sent la peur.  Les femmes autour s’interposent, en vain.  Il veut frapper.  Il est en furie.  Ne parvenant pas à atteindre son adversaire qui fait deux têtes de plus, il se rue sur quelque chose.  Je ne vois pas quoi.  On dirait qu’il lance un objet.  Une jeune fille s’écarte, terrorisée.  J’ai la larme à l’œil.

A l’intérieur du bus, les passagers sont stupéfaits.  Silencieux.  Une seule s’agite, bouge, regarde et pousse de petits cris de biche apeurée.  « Mon dieu mon dieu ».  Une maman et sa fillette, superbes toutes les deux, observent, apeurées elles aussi.  Dans un geste protecteur, la mère pose délicatement sa main sur le visage de la petite, comme pour l’empêcher de regarder, en douceur.  D’une voix tendre elle lui demande « ça va ? ».  « ça va », répond-elle d’une toute petite voix. J’ai la larme à l’œil.

Toujours dans le bus, deux femmes discutent « il revient souvent en Belgique, c’est extraordinaire d’être ainsi attaché à ses racines, il revient voir sa maman aussi, mais il adore son pays ».  Qui que quoi dont où.  No idea.  Troublant.

En rue, à nouveau, il tente de distribuer ses tracts.  Une sombre histoire de mur en Palestine.  Personne ne l’écoute.  Personne ne le regarde.  Personne ne lui répond.  Inlassablement, il continue, il répète, passant après passant, son discours.  Flash-back.  Je vends mes Pralinettes, pour la bonne cause.  Personne ne me regarde.  Personne ne me répond.  Personne ne m’écoute.  Cette sensation de n’être rien, de déranger, de faire peur, quasiment.  Et les excuses que j’entends : « j’ai une crise de foie, j’ai du diabète, je viens de commencer un régime, pas le temps, pas l’envie, plus d’argent, moi pas parler la France ».  Dur moment.  Sentiment d’intense solitude.  Promis, la prochaine fois qu’on me tendra un tract sur le mur de la Palestine, les estropiés des îles Fidji ou le sort des crabes célibataires d’Amérique du Sud, je le prendrai et je sourirai.

En rue, encore, une femme enceinte.  Très enceinte.  Vraiment très enceinte.  Elle marche d’un pas de crabe.  Tente de se pencher.  Un lacet défait ?  Une démangeaison soudaine ?  Le geste est lent, lourd.  J’ai mal pour elle.

En rue, enfin, des bribes de conversations arrivent jusqu’à moi.  Un homme : « Extrêmement précise ».  C’est rapide, bref, tant son pas est vif.  Une jeune femme au pantalon rouge « j’ai revu des collègues, des colocs, je retrouve un équilibre ».  

Deux amies.  « A part ça, quoi de neuf ? ».  « Rien, juste ça ».  Elle baisse les yeux sur son ventre rebondi.  Un petit être ou de l’aérophagie ?  Je ne le saurai jamais.

Derrière moi « Mais fais attention enfin.  Tu ne vois pas les voitures ou quoi ? »  Je me retourne, afin de voir cet enfant qui se fait réprimander.  En fait d’enfant, un chien.  Un chien.

Petits bouts de vies qui traversent la mienne.

5
jan

Scènes d’une salle d’attente quotidienne


Dans la salle d’attente du médecin, ce qui est super chouette, c’est qu’en y entrant en parfaite santé, vu la foule en délire à l’agonie qui s’y presse, on en ressort à coup sûr malade.

Comme je suis déjà malade, pas de stress, ça ne pourra pas être pire.

Quoique…

Imaginez la scène.  A mon arrivée, je réalise avec stupeur et tremblements que six personnes sont déjà arrivées avant moi, les lâches.  Dix minutes après mon arrivée, six autres nous ont rejoints.  C’est quoi tous ces gens qui ont décidé d’être malades en même temps que moi ?  A-t-on idée.

Le jeu consiste donc à tenter de garder sa place sans se la faire piquer par autrui, mais sans chiper la place d’un autre non plus.  Un vrai challenge.  D’autant qu’il faut savoir que les gens malades sont un peu à cran (moi je suis très beaucoup à cran quand je suis malade) : devoir patienter ainsi des heures en attendant son tour, toussant, crachant, agonisant, mourant de chaud puis de froid.  Pas la joie.  Nous gardons cependant suffisamment de lucidité pour tenir les comptes sans anicroches, mais à grands coups de « c’est à vous ensuite ? et moi j’étais juste avant Madame mais après Monsieur n’est-ce pas ?  Moi je suis arrivée avant vous, vous, vous et vous, mais c’est tout ce que je sais »  Passionnant.

Et niveau contamination, ça ne pourrait être pire, entre la mémé au nez coulant, le petit vieux qui crache ses poumons avec des bruits à filer la nausée à un estomac vide, la dame qui se trémousse sans cesse comme si elle devait faire pipi, le gosse turbulent et fiévreux qui joue à cache-cache avec lui-même (jeu ô combien conseillé dans une salle d’attente bourrée massacre) et sa mère qui garde le nez collé à son mouchoir comme pour éviter qu’une substance étrange ne s’en échappe.  C’est un drame dramatiquement dramatique : ils ont tous l’air… malade !

C’est pas que je sois hypocondriaque (enfin si, quand même un peu, je l’avoue), mais rester une heure et trente-neuf minutes en leur compagnie ne présage rien de bon pour ma santé fragile.

En effet.  Une heure trente-neuf minutes.  J’ai donc, entre deux quintes de toux, le temps de lire l’intégralité des derniers numéros de Voici, Public et Closer, torchons que je ne lis jamais.  J’apprends donc que Sarkozy sort avec Laurence Ferrari (tiens ça doit être un vieux numéro ça, actuellement y’a de la Bruni dans l’air), que Omar Harfouch à 9876 potes sur Facebook et que des femmes jolies (et m… j’ai aucune chance d’épouser ce riche homme hyper snob, mais je vais m’inscrire sur Facebook c’est decided), que Xavier (l’infect individu de Secret Story) se fait liposucer les fesses, que Nadyia a montré son téton lors d’un show TV et que Arthur et sa créature de rêve nommée Estelle ont failli périr lors d’une escapade secrète en avion.  Transcendant !

Entre deux news croustillantes de la mort qui tue (Jenifer se ronge les ongles – Hélène Ségara a un bonnet D), j’écoute les conversations des patients.  Passque pour une fois, le silence ne règne pas.  Moi qui me plaignais, lors de ma dernière visite à l’hosto (à lire ici), que personne ne parlait dans la salle d’attente, et bien je vais vous le dire, et ceux qui voudront dire que je ne suis jamais contente pourront le dire, le silence est d’or dans les salles d’attente !

Parce que les sujets de conversation que j’ai dû supporter donneraient envie de se suicider au plus gai des lurons.  « Aaaah ma bonne Dame, les prix des consultations augmentent à partir d’aujourd’hui, on a mal choisi notre jour hein (rire gras) »  « aaaah ma bonne Dame tout augmente, y’a qu’à voir le prix du pain, de mon temps on le payait 40 francs (soupir contrit) » « même les boîtes de petits pois augmentent (re-soupir contrit) »  « ma bonne Dame, j’ai fait le compte, vous savez combien elle gagne la doctoresse, sur une soirée de consultation, elle a pas à se plaindre (regard envieux) » « non mais elle a fait des études pour ça (regard blasé) »  « et puis les hausses de l’immobilier, comment voulez-vous qu’on s’en sorte (larmichette dans l’œil) » « sans parler de la TVA de 21 % sur le chauffage, est-ce bien normal ? (illumination suspicieuse) »  « rien n’est normal ma bonne Dame, savez-vous qu’on a septante minissss’ en Gelbique, faut bien les payer à ne rien faire, qu’on les extermine tous (regard fou) »…  Et patati et patata.  Le tout entrecoupé de larges scènes de toux et de nettoyage de nez coulant.  J’en arrive presque à ne plus parvenir à me concentrer sur les frasques d’Amy Winehouse, c’est dire.

Voici donc ce qui se passe dans une salle d’attente.  

Mon tour vient enfin et je peux ainsi me soumettre au stéthoscope glacial et au tensiomètre gonflant, dans les deux sens du terme.  Je rentre ensuite dans mon home sweet home, me lover sous ma couette bien chaude, savourant le silence qui règne, ingurgitant les potions miracles qui m’ont été prescrites.

Au fait, j’ai une énoooooooooorme rhino-pharyngite, même que la doctoresse, et bien elle a pas dû abaisser ma langue avec le bâton de torture (un abaisse-langue que ça s’appelle), vu que les rougeurs montent quasi jusqu’à ma langue.  J’ai donc de jolis petits bonbons blancs dénommés antibiotiques à ingurgiter, ainsi qu’un truc immonde, jamais je n’aurais cru qu’un truc pareil puisse exister : un spray pour le nez ET la gorge.  Avec embouts interchangeables, alléluia.  C’est infect.  Non, infect est trop respectueux pour ce truc répugnant au possible, qui laisse un goût, une odeur, une texture dans tout le système respiratoire, sur la langue, sur les lèvres.  C’est vomitif, tout simplement.  Paraît que c’est efficace.  J’ai déjà spritché quatre fois, mais j’ai toujours la sensation d’avaler des clous, c’est grave docteur ?

PS : à l’heure de publication de ce billet, la situation est gravissimement grave, ça a dégénéré en bronchite… je vous fais d’ores et déjà mes adieux, sait-on jamais.  Hypocondriaque ?  Je vous dis que non !

12
déc

Un moment de plénitude

Une séance de cinéma en solo.  « Survivre avec les loups », l’histoire incroyable de cette gamine juive qui, en 1942, a traversé l’Europe jusqu’à l’Ukraine pour tenter de retrouver ses parents, déportés « vers l’Est », lui avait-on dit.  Surprenant et émouvant.  A voir !

A la fin du film, sensation étrange, zenitude, plénitude, solitude.

Il est 15h30.

Il pleut. J’ai oublié mon parapluie.  

J’attends le bus.  J’attends.  Mais pas envie d’attendre.

Pas envie de rentrer.  « J’veux pas rentrer chez moi seule », chantait Regrets.

Alors je vais dans un salon de thé dont je vous ai déjà parlé, Villeroy Club.  Je m’offre non pas un tiramisu spéculoos, non pas deux tiramisus spéculoos, non pas trois tiramisus spéculoos… mais une gaufre farcie à l’abricot.  Ben oui quoi, faut bien varier les plaisirs.  Et un Ice tea pêche (je suis dans une période Ice tea pêche en ce moment).

Je monte, et je m’installe dans le coin.  Tout dans le coin.  Un coin discret.

J’ai emporté avec moi un livre.  J’ai toujours un livre avec moi, c’est essentiel.  Celui-là, je l’ai commencé dans mon bain le matin même.  Et j’aime.  Je vous en parlerai bientôt, c’est « La sieste (c’est ce qu’elle fait le mieux) », de Tonie Behar.  Mais je vous en reparlerai tout à l'heure, promis.  

Je dévore ma gaufre.  J’ai faim.  J’ai soif aussi.  

Je regarde ma montre.  Dix minutes ont passé.  Seulement.  Fou comme le temps ne passe pas quand on est seule.

Enfin, presque seule.

Une petite dame âgée, qui ne quitte pas son chapeau bordeaux, squatte une table voisine.  Silencieusement.

Je dévore ensuite mon livre, au point d’en oublier où je suis.  Je suis dans le Sud de la France, je suis amoureuse, je nage, je rêve, je vis, je chante.  Je suis Diana, l’héroïne de La sieste.  Je suis engloutie dans l’histoire.

Zenitude, plénitude, solitude.

Arrivent une maman et sa fillette d’une dizaine d’années.  Dissipée la fillette.  C’est de son âge.  Adieu zenitude.  Adieu plénitude.  Adieu solitude.

Je suis sauvée par un GSM.  Celui de la mère, qui sonne et l’entraîne dans une conversation qui dure.  La fillette, devenue silencieuse, s’ennuie, et quitte les lieux pour explorer le rez-de-chaussée.

Je capture quelques bribes de la conversation, sans rien comprendre.  Je comprends juste que le calme est presque revenu.

Je replonge dans ma lecture.  Je la termine.  J’essuie discrètement une petite larme qui coule sur ma joue droite.  Je me sens bien.  Un peu mélancolique, mais bien.

Il est 17h.  Fou comme le temps passe vite quand on est captivée.

Avant de quitter les lieux, je réalise que la table a été taguée d’une inscription gravée, qui dit, simplement, « Anaïs ».  Je vous le jure, c’est vrai.   

Drôle de hasard.  Dorénavant, ce sera « ma » table.

17
oct

Chroniques d’un dimanche gourmand

Vu que, dans un élan de paresse incontrôlable (et surtout parce que je me suis offert le luxe d’un repas quasi gastronomique avec une bande de copines hier), je n’ai pas fait de courses, je n’ai rien pour déjeuner en ce dimanche.

Je décide d’affronter les vendeuses de la boulangerie qui me fournit le 7Dimanche, pour m’offrir quelques viennoiseries.

La foule en délire est déjà présente, je me suis levée un tantinet trop tard.  Drame de la "grasse mat'" du dimanche...

Un monsieur laisse tomber son 7dimanche sans se rendre compte du drame qui se noue : il va louper mon billet !  Je lève les yeux vers lui pour l’avertir, il ne semble pas réveillé encore, à moins qu’il n’ait pas cuvé son whisky de la veille.  Je m’abstiens de tout commentaire.  Ai-je aussi cette même tête pas réveillée du lendemain de la veille, moi ?

Une jolie petite dame âgée annonce joyeusement à ses vendeuses habituelles qu’elles ne la verront plus : elle part rejoindre sa fille et son beau-fils dans le Sud, ils lui ont préparé un petit studio indépendant dans leur maison, elle ne sera plus jamais seule.  Sa joie me renvoie à ma propre solitude.  Quand j’aurai son âge, qui irai-je rejoindre dans le Sud, moi ?

Une seconde dame demande « une croûte aux framboises » qu’elle a vue en vitrine.  Introuvable, la croûte.  Elle se fraie difficilement un chemin entre la foule (qui à cet instant s’étend jusque sur le trottoir) pour montrer l’objet de sa convoitise.  « C’est pas une croûte ça ma bonne dame, c’est une tarte feuilletée ».  Elle se confond en excuses.  La vendeuse lui pardonne son erreur.  Ouf, tout est bien qui finit bien.  Vais-je parvenir à passer correctement ma commande, moi ?

Une petite famille heureuse prépare son dimanche-bonheur : croissants, gâteaux et gourmandises.  Et une jolie boîte en fer blanc décorée de bleu « boîte à premiers soins » pour le gamin, et une autre jolie boîte en fer blanc décorée « boîtes à gourmandises » pour la gamine.  Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.  Elles me tentent, ces boîtes en fer blanc.  Puis-je déjà en acheter pour mes enfants à venir, moi ?

Vient mon tour.  Je commande mes croissants.  J’ai craqué sur une croûte aux framboises, portion individuelle.  Toujours pas moyen de demander un seul gâteau, peur que tous les regards se braquent sur moi « ouh la célibataire qui va manger son gâteau toute seule ».  Je prends un javanais pour donner le change et pour qu’ils se disent « ouh la gentille petite amoureuse qui vient chercher des gâteaux pour elle est son chéri ».  Un jour ça sera le cas, na !
 
Une illu de Marguerite
 
Add. du 17 à 7h40... snif j'ai oublié l'illu...
 
Add. du 17 à 12h36 la voilààààààààààààà...
marg




31
mai

Scènes d’un trajet quotidien

Tous les matins, ils sont là au rendez-vous. On attend. Ensemble et à la fois chacun dans son petit coin d’arrêt de bus.

Deux amies. L’une, 1m79 pour 34 kilos habillée. Un visage de poupée barbie. Des cheveux corbeau. L’autre, 1m50 pour 78 kilos sans la tignasse. Un visage rond, un nez volumineux, et je reste polie. L’autre se compare-t-elle à l’une ? Que se dit-elle ? Sa beauté intérieure est-elle supérieure ? Laquelle des deux est la plus heureuse ?

Un djeun casquetté de Vuitton. En training qui brille. Comment peut-on fabriquer des casquettes Vuitton. Les mots « casquette » et « Vuitton » ne sont-ils pas incompatibles ?

Une fille magnifique. Elle a la classe. Brune. Une mèche qui ondule devant ses superbes yeux. La classe. Et en legging une fois.

Une maman et sa fillette. Fidèles au poste, chaque matin. Cette petite, je vais la voir grandir, évoluer au fil des saisons.

Une fille en dreadlocks. Un visage tellement poupon. Encore une enfant. Un visage qui dénote avec sa tenue et sa coiffure. Et pourtant, elle est belle. Vraiment belle.

Un jeune en costume cravate. Il fume. Il crache quatre fois en trente secondes. Bientôt on ne saura plus passer sur le trottoir, faudra slalomer entre les crachats glaireux. La new génération est-elle donc pourri(t)e de l’intérieur, contaminée par un champignon maléfique qui envahit l’estomac, pour devoir ainsi cracher à tout bout de parole ?

Deux femmes d’un âge certain commentent les faits. « Quand je vois ça ma bonne dame, je ne regrette plus de ne pas avoir eu d’enfants », « oh comme vous avez raison ma bonne dame, je suis comme vous, pas d’enfant, pourtant j’ai été si triste, j’en ai tellement voulu, mais maintenant, plus de regrets, quand je vois ça ».

Parfois, je pense comme elles…

Tous les matins, je les vois, je les observe, je les scrute. Et eux, me voient-ils ?

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