8
jui

Scène d’une faune à plumes quotidienne

Rendez-vous avec Mostek, samedi dernier, enfin le samedi avant la Pentecôte quoi, pour aller voir les cygnes, les grèbes, les poules d'eau, les bernaches, les oies, les oies d'Egypte... bref notre petite ménagerie à plumes dont nous sommes totalement accro.

Oui, les deux folles armées d'appareils photos qui s'extasient comme des BFFO (best friend for ever) devant le nouveau-né de leur BFFO, ben c'est Mostek et moi.  Les deux folles qui courent d'un endroit à l'autre en bavant de bonheur, c'est nous.  Les deux folles qui se font un délire de portraits réciproques en noir et blanc, sépia, et autres cœurs en couleurs, c'est nous aussi. Les deux folles qui suivent la famille cygnes du port de plaisance au pont des Ardennes, comme des paparazzis en furie, c'est encore nous. Les deux folles qui assument leur canard-attitude, c'est vraiment nous. Et la folle qui se fait un délire avec une fleur de pissenlit, enfin les doudous, c'est moua.

Balade jusqu'au pont des Ardennes, d'abord, pour voir si la mère cygne qui a eu un petit mais continue à couver trois œufs a enfin ses quatre petits.  Ben non.  Que dalle.  Déjà, le samedi d'avant, je rêvais d'un « accouchement en direct live », j'ai même dit à un passant qui passait « je reste ici jusqu'à ce qu'ils éclosent, na ».  On a bien ri.  D'ailleurs on s'amuse bien, lorsqu'on surveille la mère et les enfants, qu'on s'assure qu'ils se portent bien.  Y'a un passage de malade, en permanence.  Une foule en délire. Donc ça crée des liens.  Samedi dernier, par exemple, personne ne savait que le premier petit était né, j'ai donc eu le plaisir de l'annoncer à tous ceux qui s'approchaient en demandant « y'a du neuf ».  Et oui, y'avait du n'œuf, an ah ah.  Et puis j'ai discuté avec une femme hyper sympa et son fils hyper génial (un djeun qui s'intéresse à la nature et pas aux iPod et aux Wii, ça mérite le détour), qui m'a dit que le quartier était super, que tout le monde discutait, que son chien, qui attendait famille, décidément, permettait bon nombre de discussion, et tout et tout.  Puis a surgi une vieille rombière qui nous a tenu un discours sur les crottes de cygnes qui l'énervaient, et tout et tout.  Et moi de lui dire « oui ben je préfère marcher dans une crotte de cygne que dans une crotte de chien ».  Elle a marmonné que non et est partie en vociférant.  En effet, le quartier est super, ah ah ah.  Non mais, les chiens, ils sont domestiqués, les maîtres n'ont qu'à nettoyer leurs crottes.  Et les cygnes, ils sont dans la nature, faut bien qu'ils chient hein.  Pfff, vieille rombière je disais. 

Mais à part ça, l'ambiance est très chouette autour du nid.  Sauf qu'elle n'avait pas encore pondu.  Ni samedi dernier, ni le samedi de la Pentecôte.  Mais ce samedi-là, le père est absent.  Ce qui nous permet de nous approcher du petit à quasi moins d'un mètre.  Un régal.  Et de leur donner la salade préparée exprès pour eux.  Qu'ils mangent.  Un bonheur.  Puis le père revient, de sa démarche aussi gracieuse sur terre que celle d'un hippopotame en fin de vie.  Il s'installe calmement, nous laissant tranquille, jusqu'à ce qu'une dame inconsciente s'approche brusquement de la famille.  Elle est jambes nues, en plus.  Et le cygne de l'attaquer.  Et elle de ne rien voir.  Et nous de hurler.  Et elle d'avancer encore.  Et nous de hurler de plus belle.  Un film d'horreur je vous dis.  Elle échappe de peu à l'animal, et continue à rire, inconsciente de sa bêtise.  Dans l'intervalle, papa cygne s'et planté sur le trottoir pour défendre sa famille, et bébé cygne décide de pioncer sous l'aile protectrice de maman cygne.  Nous partons.

Retour au port de plaisance, pour une séance d'observation des poules d'eau, qui courent dans tous les sens, petites boules noires aux becs bien rouges.  Adorables.  En chemin, nous croisons la famille oies d'Egype.  Les petits ont bien grandi.  Le duvet laisse place à quelques plumes, déjà.  Et ils font leur gym...

Au loin, vers l'écluse, nous repérons la seconde famille cygnes.  Et une petite marche jusque là-bas.  Une fois sur place, on hésite à photographier des rideaux en dentelle représentant des cygnes, pour le souvenir quoi.  Meuh non on n'est pas folles, juste fofolles, vous saisissez la nuance ?  Les cygnes font demi-tour.  Et on repart vers le port de plaisance, sans vraiment les avoir vus.  En chemin, je trouve un Flair, peut-être abandonné par une adepte du maga-crossing, frère du book-crossing, why not.  Je l'adopte. 

Au port, nous approchons enfin des cygnes.  Enfin c'est plutôt le père cygne qui nous approche.  D'habitude, il charge les bernaches, ses pires ennemies, mais là, il nous attaque sans cesse.

La famille se déplace ensuite dans un endroit ensoleillé.  Nous la suivons et assistons à une véritable partie de plaisir.  Les cygnes, papa, maman et les deux petits, batifolent dans l'eau.  Et que je me roule.  Et que je batte des ailes.  Et que je fasse une accélération bruyante.  Et que je pousse des cris de cochon qu'on égorge.  Que du bonheur pour nous.

Après ce bain familial, séance de photo en mode macro, de toutes les fleurs qui nous environnent.  Keskon peut gacher de la non-pellicule, depuis que le numérique existe, ma bonne Dame.

Puis retour au bercail pour séance lecture.  Sur mon transat.  A l'ombre.  Mais le soleil tape dans mon dos.  Ça chauffe.  Je décide de bouger le parasol.  Et je réalise qu'il n'y a pas de soleil.  Si ça chauffe, c'est que je suis cramée de chez cramée.  L'enfer dans mon dos.  Et à l'avant aussi.  L'enfer !  Impression d'être dans un four en permanence.  Je suis rouge coq, ça tombe bien finalement, après tous ces volatiles.  Rien remarqué, captivée que j'étais par la promenade et les bestioles.

Comme quoi, l'observation de canards, c'est vraiment pas sans danger. 

Copie de bbcygne

Copie de bbcygneetmaman

Copie de cygne

Copie de cygnes

Copie de oiegym

pissenlitpt

25
jan

Scènes d’un salon de coiffure

Je n'ai pas emporté de magazine.  Grossière erreur (célèbre réplique de Julia Roberts dans Pretty Woman, après son historique séance de shopping).  Le retard est énorme.  Je n'ai plus qu'à attendre, mon carnet de notes en main.

Les discussions vont bon train. 

Sur les jeunes de nos jours qui ne sont plus ce qu'ils étaient (comment auraient-ils pu être autre chose que ce qu'ils sont, ils n'étaient pas nés de nos jours à nous...). 

Sur les jeunes, toujours, qui se marient en étant au chômage ma bonne Dame.

Sur les jeunes qui sont tous des fainéants (j'acquiesce, c'est vrai qu'ils le sont presque tous, tchu).

Sur les jeunes qui veulent avoir de l'argent avant de l'avoir gagné, on a été jeunes aussi ma bonne Dame, mais pas comme eux.    Autre époque, autre mentalité.

Sur cette cliente arrivée rousse et devenue noire par l'opération du Saint-Esprit, aux dires d'une vieille dame très sympathique, quoique pas très saine d'esprit.  Elle n'a sans doute plus causé depuis son brushing de la semaine dernière.

Je m'ennuie ferme, le retard est toujours énorme.

Les discussions vont toujours bon train.

Sur celle-ci qui vient refaire ses mèches, et doit encore faire ses valises avant son départ en vacances.

Sur celle-là qui sort du shampooing et ne cesse de s'admirer en se passer la main dans les cheveux.  Vingt minutes sans que la main quitte la tignasse.

Sur celle-ci qui ne veut pas que ses cheveux soient coupés trop courts.

Sur celle-là qui se dispute au GSM avec sa mère, et prend une moue tellement boudeuse pour lui dire au revoir.

Je n'ai pas emporté mon Flair, drame drame drame.  L'ennui se transforme en exaspération profonde.

Je partirais bien, mais pour aller où ?  Et comment oser revenir ensuite, après avoir fait un mini scandale ?

Je garde espoir, doivent encore passer avant moi une coupe, une mèche rousse, une mèche blonde et une retouche de décoloration.  Espoir espoir espoir.

Les discussions vont encore bon train.

Retour sur les sujets de prédilection : la météo et les prochaines vacances : ousque vous allez ? Essque c'est loin ?  Avec qui ? Essqui va faire beau ?   Essque vous partez longtemps ? 

Vient mon tour.  Je me détends.  Je suis belle.  Je suis bien coiffée.  Au revoir.  Merci.

Illu de Julie.

coiffeur

14
jan

Scènes d’une cour de récré

Moi, au chaud, dans le bus.  Qui avance à la vitesse d'un escargot paraplégique.  Voire tétraplégique.  Vue plongeante sur la cour de récré.

Enneigée, la cour de récré.

Pleine de mômes, la cour de récré.

Ils courent dans tous les sens, les petits bouts, grisés par toute cette blancheur qui devient grise, boueuse et cradingue sous leurs pas.

Au loin, un bonhomme de neige finit (ou commence ?) sa vie.  Avec son allure de tour de Pise, il a déjà dû en voir, depuis son érection.  Cible des gamins détenteurs de grosses boules blanches, peut-être ? (« érection » et « boules », c'est rien que pour attirer les pervers avides de sensations fortes ici et leur dire « zêtes au mauvais endroit les gars » - et puis ça fait monter le compteur hein).

En voilà une, d'ailleurs, de boule (de neige, hein, mieux vaut le préciser) qui heurte la fenêtre du bus, tiens de boule.  Attention, le chauffeur risque de ne pas apprécier, vade retro enfantas.

Deux fillettes en mauve (deux sœurs ?) font quelques glissades sur la neige un peu fondue, un peu gelée, va savoir.  Elles s'en donnent à cœur joie, et me donnent froid. 

De dos, un papa.  Il a l'air mignon comme tout : jeans moulant son postérieur à la perfection (rhaaaaaa), veste noire parfaite, cheveux en bataille juste ce qu'il faut.  Il tient dans ses bras une petite fille, qui elle-même tient un parapluie.  Ils attendent.  Ils attendent et attendent encore.  Soudain, il fait un petit signe.  Un gamin les rejoint.  Son père s'accroupit alors, et tente de refermer son manteau, resté ouvert malgré le froid.  On sent une telle tendresse... et une telle maladresse, passque ça prend du temps hein, de fermer un manteau.  Une fois la tâche enfin accomplie, le papa se redresse, et entraîne ses enfants ailleurs.  Vers un ailleurs dont j'ignore tout.  La gamine continue à tenir le parapluie, ennuyant au passage les autres parents, les autres enfants. Le papa s'est retourné, mignon, en effet.  Mais si marié, si papa.

Une gamine habillée de rose fuchsia ère, seule.  Elle attend.  Elle ne semble pas aimer attendre.  Impatience de l'enfance.  Keskelle attend ? Une maman, une mamy ?  Qui n'arrivent pas, ralenties par la neige, sans doute.

De petits groupes d'étudiantes déjà ados avant l'heure déambulent sur le trottoir, heureuses de ce mercredi après-midi sans doute plein de promesses.

Une instit referme sa classe à triple tour et s'éloigne en saluant au passage ses élèves, et ses anciens qui se précipitent pour un petit « bisou-souvenir ».  ça marque, une instit, dans une vie.  Dans le bon comme dans le mauvais sens, mais certaines marquent plus que d'autres, c'est clair.

Un gamin stressé repère le bus, toujours aussi rapide qu'un escargot paraplégique, et s'élance au pas de course vers l'arrêt, situé quelques mètres plus loin.  Ne cours pas, t'as le temps, tu vas glisser et tomber...

Et quand on parle de chute, patatras, c'est un tout petit bout qui s'étale en voulant rejoindre rapidement sa maman.  Un gros bisou dans le cou plus tard, c'est oublié.  Un gros câlin et on rentre à la maison, bien au chaud.  Peut-être au coin du feu de bois (je sais, le mythe famille « petite maison dans la prairie » me reprend).

La gamine en rose attend toujours.  Ses joues sont aussi roses que son manteau, maintenant.  Elle scrute un GSM, attendant un sms ou un appel salvateur.

La cour se vide petit à petit.

Le bus avance petit à petit.

Et j'arrive à bon port.  Enfin à bonne école (même si l'expression « aller à bonne école » signifie autre chose, je saiiiiiiis hein une fois).

Je descends, j'enfile mes gants, je resserre mon écharpe.

Je lève la tête, entrouvre la bouche et happe un petit flocon éphémère.  C'est froid.  C'est doux.  Et c'est fondus.

Je marche à petits pas.  Pas envie de me vautrer devant quelqu'un qui m'observerait d'un bus...

Je souris à l'idée de ce qui m'attend : piano de mes rêves me voilà !

Photo issue du blog Saranoujamy.  

courneige

3
nov

Scènes d’une veille de Toussaint

En cette veille de Toussaint, le ciel est bleu et le soleil brille.  Je décide d'aller me balader sur le marché.  En chemin, je croise des dizaines de pomponnettes, des centaines de bruyères et des milliers de chrysanthèmes : clair et net, c'est la Toussaint.

J'ai toujours trouvé ça étrange, cette obligation de se recueillir un jour par an, de fleurir les tombes un jour par an.  Maintenant, je comprends mieux.  Ça n'empêche pas d'agir les autres jours, mais celui-là permet d'officialiser les choses. 

Sur le marché, j'achète de superbes orchidées, c'est pas de circonstance mais qu'importe.  Les conversations sont déprimantes à souhait : « la dispersion, c'est pas cool, on ne peut aller se recueillir nulle part » (je confirme, pas cool, même si de toute façon, aller se recueillir, pas mon truc, car pas besoin d'être face à une tombe pour y penser), « on prend les jaunes ou les mauves, chéri ? », « bon, récapitulons, ton père, ma mère, papy, la cousine Bertha, je n'oublie personne ? ça en fera quatre, ma bonne Dame ».  Sinistrose assurée.

Je rode comme une âme en peine sur ce marché surpeuplé où s'approcher des étals relève de l'exploit. 

Tiens, Monsieur Carabouilla, bien connu des Namurois, n'est pas là.

Je repère un stand de couettes, mais pas de jolie flanelle.  C'est pas aujourd'hui que je trouverai du bordeau à jolis motifs, y'a que des fleurs dont même une mère-grand de 102 ans ne voudrait point ou du gris du gris du gris.  J'ai déjà du gris.  Je veux du bordeau. 

Je continue mon chemin, au milieu des poussettes, des caddies, des couples et des familles.  Pas moyen d'avancer.

Alors j'observe.  Et je réalise avec horreur le nombre incroyable de personnes « à mobilité réduite », comme on dit : en chaise roulante ou armées de cannes, de béquilles.  Y'en a des tonnes.  Est-ce le marché qui les attire, ou est-ce moi qui suis plus observatrice que d'habitude ?  Aucune idée mais j'en reviens pas.

La foule est décidément trop dense, alors je décide de rentrer chez moi.

En chemin, je croise six jeunes femmes armées de violoncelles.  Au soleil, elles nous offrent un petit concert.  Joli.  Touchant.  J'en aurais presque la larme à l'œil.  J'ai un autre regard sur les musiciens dorénavant, j'observe les mains, j'écoute les notes, je réalise la difficulté.  Et je bave d'envie d'y arriver.

Je continue mon chemin, hèle un bus, et rentre chez moi avec mes orchidées et une folle envie de cuisiner.  Ça tombe bien, j'ai tout prévu pour une lasagne aux champignons.  Je vais me régaler, je vous le dis.

Je me régale, et puis je régale quelques enfants joliment déguisés, qui me chantent une petite ritournelle, de quelques bonbons et chocolats. 

Parfois, c'est cool, la veille de la Toussaint.

(photo Anne-France)

novembre

 

9
sep

Scènes d'une journée au paradis

 

C'est le paradis ou presque.

Un endroit gigantesque, dont une partie est dédiée à la faune et la flore sauvage, une autre... à la faune et la flore sauvage... mais humaine.

Le lac est gigantesque et le soleil radieux s'y reflète.  Rien ne semble bouger, pourtant oiseaux, grenouilles et insectes y vivent en permanence.  Le chemin de terre est aussi sec que mon gosier, que j'abreuve avec un peu d'eau fraîche.  La promenade n'est pas longue, moins de deux kilomètres, mais ces mêmes pas deux mille mètres permettent de découvrir tant de beautés.

Un jardin bio et/ou écolo propose quelques variétés connues ou moins : potirons déjà oranges, potimarrons abrités sous les branches, courgettes de toutes formes et couleurs.  De la mélisse aussi, qui me rappelle la potion magique anti-nausées de mon enfance, "l'eau de Mélisse des Carmes Boyer".  Plus loin, du basilic rouge.  Ah bon, ça existe, du basilic rouge ?  Je palpe, je hume, je goûte.  Succulent.  Meilleur encore que le vert.  L'an prochain, je mets ça sur ma terrasse.

Point de zébrés sur ma route, ce qui rend le bonheur encore plus intense.

Un point d'eau sur lequel volent des tas de libellules.  Surtout des petites rouges.  Mais aussi une grosse zébrée bleue et verte, comme dans Bernard et Bianca.  Elle vole si vite et change de direction si soudainement que je ne parviens à l'observer.  Comme si elle avait compris le message, elle vient se poster devant moi, durant quelques secondes, me permettant de détailler sa beauté.  Un pur moment d'extase. 

Soudain, un bruit.  Un croassement, dirait-on.  Le silence se fait.  J'écoute.  J'attends.  Un mouvement sous l'eau, puis sur l'eau.  Une grosse grenouille verte prend un bain.  Elle est immobile.  Puis bouge un peu.  Puis s'immobilise à nouveau. 

La nature.  Le bonheur.

Ensuite, le meilleur repas du monde : un croque monsieur plein de ketchup et un coca light mangé en terrasse en compagnie d'une guêpe (le bonheur n'est jamais parfait) qui me fait, dans un geste brusque pour me débarrasse de sa présence, tâcher mon pantalon d'une blancheur Dash de grosses gouttes de ketchup.

Petite sieste à l'ombre d'un arbre suivie de la rencontre de la faune et la flore humaine, bien moins captivante que celle du matin, vu que les sujets de discussion tournent autour des joints, de la prison et d'un dépucelage.  Passons.  Ne gâchons pas le bonheur.

Sieste donc, puis dernière promenade avant le retour.  Avec dégustation de mûres.  Tellement gorgées de soleil qu'elles en sont toutes chaudes.  Orgasme gustatif garanti.

Des moments comme ceux-là, le soleil, une grenouille, une libellule, du basilic, des mûres, c'est ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, non ?

(photo flickr)

libellule