17
nov

Les Coeurs en Peine du net

Depuis mon retour du ciné, je suis sur le net. Aucune trace de mes contacts habituels, normal il est encore tôt dans l’après-midi.

Je suis contactée par un tout nouvel inscrit, Coeurenpeine, qui m’inonde de messages. Il vient à peine de s’inscrire, apparemment un tout nouveau célibataire. Ça pue. Je n’aime pas ça du tout. Pour avoir été larguée régulièrement, je sais comme les premiers jours, ou même les premières semaines, sont difficiles, et se remettre « en selle » directement, pas toujours une super idée. Et jouer les lots de consolation, très peu pour moi.

C’est déjà le cas avec Solitaireetmalade, dont je n’ai pas parlé encore. Il demandait des conseils santé et mon côté bon samaritain m’ont fait l’aider : conseils, dialogues, support psy, je me transforme en assistante sociale malgré moi. Depuis qu’il a eu ses conseils, plus de nouvelles, je pense qu’il a pris ce qu’il avait à prendre : il existe beaucoup d’aspirateurs sur les sites de rencontres, ils viennent obtenir aide et soutien, aspirer un maximum, et une fois reboostés disparaissent dans la « vraie vie ».

Coeurenpeine me semble du même acabit, mais il parvient à attirer mon attention et entretenir un dialogue somme toute agréable. Ah, le Plongeur débarque sur mon écran, yessss. Je dialogue donc avec les deux, attention à ne pas mélanger. Surtout que le Cynique se pointe également et me tape déjà sur le système, je dois être maso parfois, de supporter ça, et d’apprécier parfois. Je jongle avec mon clavier et ma souris pour assumer les trois conversations. D’autant que Coeurenpeine est vraiment insistant, il veut absolument m’offrir un verre ce soir. J’aime pas trop accepter une rencontre après quelques brefs échanges, sait-on jamais… qu’il viendrait avec son book de photos érotiques ! En plus je dialogue aussi avec mon Plongeur alors, j’hésite. Mais comme le Plongeur m’annonce qu’il s’en va passer la soirée avec des potes, je ne réfléchis plus et j’accepte de rencontrer immédiatement Coeurenpeine. Qui entre-temps n’est plus dispo ! Quééén affaire. Enfin bon, j’en ferai pas une maladie, c'est clair. Mais lui si, on dirait. Il s’organise en un temps record pour désorganiser son emploi du temps et me trouver un créneau… Voilà, je m’en vais, je cours, je vole, vers mon destin. A demain sur le net.

12
nov

Trois voisins : un viré, deux renommés, et un plongeur... beaucoup de possibilités !

Hier, toujours sous le choc de cette vision d’horreur décrite au post précédent, je prends trois sédergine, deux aspégics, un motilium et me revoilà d’attaque. Prête à affronter tous les détraqués, pervers et autres hommes mariés en manque de sensations fortes. Je trouve pathétique d’en avoir à zoner sur le net pour trouver ces fameuses sensations fortes, j’avoue. Je suis peut-être tout autant pathétique d’y chercher l’amour, me direz-vous. J’admets. Mais le net est un moyen comme un autre, après tout.

Quant aux énergumènes dont je parle, je ne critique pas le fait qu’ils cherchent sur le net à assouvir leurs pulsions, mais qu’ils aillent alors sur des sites spécialisés et non sur des sites de rencontres décrits comme à caractère non sexuel (je me marre). Enfin soit. Je garde cependant confiance en mes «Voisins», et cette journée fériée leur est consacrée. Sans doute la diffusion de Desperate Housewifes dès demain me motive-t-elle à persévérer sur cette voix nébuleuse.

Voisin III, que j’ai donc rencontré pour une courte promenade matinale, fait partie de mes contacts réguliers, mais nos relations sont devenues, disons… professionnelles. Comme ma profession est en rapport étroit avec un de ses projets, nous avons décidé de nous « associer » provisoirement sur le sujet et de joindre l’utile à l’agréable. J’ai dès lors passé quelques heures chez lui, à l’aider dans ses recherches. Et quand je dis recherches, je parle autant de ses projets (que je maintiendrai confidentiels, par respect pour lui), que de recherches de l’amour. Nous avons donc découvert ensemble divers sites de rencontres connus ou moins, parcouru quelques profils, enfin c’était sympa. Il a un petit charme physique qui ne me laisse pas indifférente. Par contre son caractère fort taiseux et son humour très caustique ne me conviennent pas. Je n’aime pas l’humour gras, c’est un fait, mais je déteste tout autant le cynisme à la limite de la méchanceté. Nos dialogues sont toujours sur le fil, que ce soit sur le net ou en réel. Est-ce une façon de se conquérir petit à petit ? Lancer des vannes plutôt que des fleurs ? Aucune idée à ce stade, mais toujours est-il que je ne veux (plus) d’un homme méchant. Qu’on se le dise. Pour plus de facilité, j’appellerai maintenant Voisin III « Le caustique », ça prêtera moins à confusion je pense.

Voisin I, quant à lui, s’est également manifesté pour un long dialogue virtuel. Il n’a pas l’humour gras, il n’a pas l’humour cinique. Il a l’humour que j’adore à 100 %. C’est un plaisir permanent de tchatter avec cet homme. C’est toujours virtuel, il ne semble pas en demander plus, je profite de ces petits moments très distrayants. Je l’appellerai maintenant « Le Gentil », ça lui va bien.

Et pour en terminer, un mot du Plongeur. La date est fixée. Ça y est ! On a rendez-vous. Boum boum boum. Finalement on n’a plus trop envie d’attendre nos anniversaires, donc c’est pour … très très bientôt… Boum et reboum. Paaas bien de rêver ainsi d’un inconnu, je saaaaaiiis, mais je préfère de loin rêver de lui que de mon Voisin pervers qui, horreur et damnation, connaît ma rue, j’avais oublié ça ! Pourvu qu’il ne me dépose pas son book un de ces jours dans ma boîte… Heureusement, ma concierge adorée veille au grain pour la surveillance de la résidence. Je vous dis donc à bientôt sur le net. Je m’en vais plonger dans Desperate Housewifes.

12
nov

Docteur Jekyll et Mister Hyde

La fin de ce WE sinistre approche et voici venu le temps de vous narrer mes dernières (més)aventures… Je dis WE sinistre en fonction du temps uniquement, car pour le reste il fut sympa, très sympa (mais le détail sera pour plus tard, par écrit).

Bon, revenons-en provisoirement à Voisin II. Oui vous avez bien lu, voisin II, car avec tous ces voisins, j’ai fait un énorme melting pot, et c’est donc voisin III qui m’a emmenée dans une balade folle vers nos bureaux respectifs, tandis que Voisin II était toujours virtuel et mystérieux. Voisin II, donc, était poli, spirituel, respectueux, sympa, cultivé, intelligent, en résumé bourré de qualités. Il va de soi qu’après plusieurs longues périodes de discussion, il en savait déjà pas mal sur moi. Mais étonnamment, il en disait vraiment peu sur lui. Homme marié ? Possible, mais Dieu seul le sait et le saura jamais. Les hommes sont secrets par définition. Les hommes mariés sont secrets par conviction. Enfin, pour ma part, je laisse toujours le bénéficie du doute, et vu que nos conversations étaient très plaisantes, je ne voyais (encore) aucun argument concret pour en rester là.

Vendredi soir, je me partage entre mon petit écran et mon écran plat. Voisin II est présent, nous poursuivons nos dialogues animés. « Keskil est respectueux, keskil écrit bien, sans faute, et tout et tout », me dis-je. Quand il me propose une photo, j’accepte bien évidemment, espérant que le physique ressemble à l’intellect. Quand il me questionne « tu préfères une photo de moi nu ou habillé », je reste dans mon trip et me dis « mon dieu qu’il est drôle, il va m’envoyer une photo de lui bébé sur une peau de mouton »… Naïve ? Pas tant que ça, des propositions de photos ou webcam, j’en reçois à la pelle, mais elles viennent immédiatement, au premier message, de tels hommes n’ayant pas de temps à perdre, ils ratissent très très large pour trouver ce qu’ils recherchent, donc ils en viennent immédiatement au fait et c’est préférable. Lui n’est pas ainsi. Donc j’opte pour une photo de lui… nu… bien sûr… et j’attends ma photo de lui bébé sur sa peau de mouton, ça va être craquant à souhait. Je suis morte de rire à l’idée du tour que prennent nos dialogues.

Et la photo tombe, en même temps que son masque ! Je suis morte de rire mais à la fois stupéfaite. Point de bébé sur peau de mouton, inutile de vous faire un dessin. Bon, c’est pas vraiment une photo d’art, même si elle est en noir et blanc, pour parler crûment on dirait le frère de Rocco Siffredi en pleine auto-satisfaction (ô quelle jolie expression). Oui je connais Rocco, j’ai vu sa tête à la TV, et j’ai vu son outil de travail au cinéma aussi, voilà, j’avoue, dans son film grand public que je trouvais assez traumatisant, non par la taille de sa chose (nous en reparlerons dans un prochain post tiens), mais par le scénario somme toute très pervers. Finalement je préfère le bon petit porno classique sans scénario, on sait à quoi s’attendre et basta. Enfin, « je préfère », j’avoue que ça ne me fait pas fantasmer du tout, loin de là, mais on sait à quoi s’attendre, aucune histoire, juste du cul. Par contre, ce film, Romance X pour ne pas le citer, était hautement plus perturbant.

Enfin je ne vais pas disserter sur Rocco toute la soirée. Je ne vais pas non plus disserter trop longtemps sur Voisin II, que j’appelle actuellement Docteur Jekyll et Mister Hyde, qui, non content d’avoir provoqué un traumatisme à vie sur ma pauvre petite personne fragile, s’est étonné que la photo ne me plaise pas et ses mielleuseries se sont étonnamment transformées en «avoue que tu aimes ça, sal…», «ça t’excite pas de voir mon énoooorme …», «t’en veux une autre, de photo ?». Et il était persuadé que c’était mon plus vif désir. D’autant que j’ai eu le malheur de ne pas le refuser-bloquer-effacer- annihiler-détruire tout de go, et qu’il a eu le culot de revenir à la charge quelques heures plus tard «alors t’as réfléchi, vraiment pas envie de revoir ma grosse …». Et je vous passe les meilleures, pour éviter de choquer certains chastes yeux qui se poseraient par hasard sur ce blog romantique .

J’ai maintenant mon argument concret (plus concret que jamais… il a hanté mes nuits depuis, et pas en fantasmes, en cauchemars horribles où je me trouve dans un labo photo remplis de tas de clichés sordides, clichés qui se transforment ensuite en véritables êtres humains bien vivants, ouf, traumatisme absolu) : restons-en là. Retour sur le net.

6
nov

Tout à moi ?

Oubliant mes dernières mésaventures, je me replonge assidûment dans mes messages, avec pour but de dénicher la perle rare… ou de retrouver trace de l’homme qui plonge dans mes yeux… Je passe la matinée de dimanche sur le net. Ça permet aux mâles connectés de m’envoyer ce qu’on appelle des « popups », qui sont des « fenêtres surgissantes » pleine de surprises… bonnes ou mauvaises !! Allant de la proposition salace de l’homme marié fier de l’être aux messages plutôt sympas, en passant bien sûr par les sempiternels « t’as une webcam »…

Un popup attire mon attention, celui de Toutàtoi. Sympa, un bon sens de la répartie, pas mal d’humour. Une agréable conversation s’enclenche entre nous, qui fait que j’accepte de le rencontrer le surlendemain pour un resto à deux. Manger fait partie de mes plaisirs, l’ai-je déjà dit ? Rien de diététique, tout ce qui est bon est mauvais, c’est connu. Mauvais pour la santé, mais si délicieux pour le moral, la joie de vivre, les papilles gustatives. La balance dites-vous ? Oui, je sais… Ne m’en parlez pas. J’ai la chance folle de ne pas prendre un gramme malgré mon régime alimentaire qui n’a rien d’un régime !

Nous continuons à discuter ainsi jusque tard dans la nuit, avec la promesse de continuer la conversation le lendemain, et celle, bien sûr, de se voir comme prévu.

Après une brève sieste, me revoici scotchée à mon pc, lisant mes mails habituels. Une copine m’a envoyé un petit jeu sympa que je tente en vain de gagner. Je m’acharne depuis pas mal de temps lorsque Toutàtoi se connecte et entame une conversation. Passionnée par mon petit jeu, je réponds relativement lentement à ses messages. Il s’en étonne, je lui explique les raisons de ma lenteur. Et là, surprise : la crise. Jalousie ou hystérie ? Tout y passe… Je n’ai pas à faire autre chose durant nos conversations, c’est d’un irrespect total. Il ne comprend pas mon attitude, ne la tolère pas, bref un chapelet de reproches. Je n’ai plus non plus à parler à personne puisque j’ai accepté un rendez-vous avec lui. Commence alors un interrogatoire pour savoir si depuis notre premier contact j’ai osé répondre à certains messages. J’explique, j’ignore pour quelle raison car j’estime n’avoir aucun compte à lui rendre, que je ne tchatte avec personne, que je n’ai aucun contact sérieux actuellement et que notre rendez-vous est bien confirmé. La crise s’amplifie : je n’ai aucun respect, je suis indélicate, faire un jeu sur le net tout en lui écrivant est inadmissible. Et moi je suis pétrifiée, j’hésite entre la stupéfaction et la crise de fou-rire. Un jaloux ! Le mot est faible. Jamais vu, quasi jamais parlé avec, et j’ai déjà droit à ma première scène… Courage fuyons !

J’annule illico mon rendez-vous et remercie le ciel de m’avoir ouvert les yeux avant de commettre l’irréparable  Adieu Toutàtoi. Retour sur le net. Et que mon plongeur se montre vite !

3
nov

Une averse...

Ce n'est pas le printemps et pourtant, comme l’a dit un de mes amis assez branché sur la chose …, « les petits oiseaux chantent dans les culottes »… Hem, je suis crue là ? Non, je dirais que je suis cuite, et recuite, j’ai envie d’une folle rencontre, passionnée, passionnante, grisante… enfin la totale. Les chabadasbadas, le sea sex and sun. Et si je n’ai pas le sea et le sun), je me contenterai du sex.

Dare dare, je fonce sur mon supermarché virtuel voir si je peux trouver de la chair fraîche. Un message d’un certain «Milou» m’attend. Milou ? Il cherche son Tintin ? Bof, chuis pas très chien j’avoue. Au fil de notre conversation, j’apprends que c’est Milou comme… Militaire. Oh. Mon père est militaire. Glups. Bon signe ou mauvais signe ? Je ne réfléchis plus, j’ai envie d’une rencontre folle, passionnée, passionnante, grisante (oups je me répète), j’accepte un rendez-vous immédiat et totalement irréfléchi : 1er novembre, jour des morts, je veux me sentir vivante. Je demande à mon futur prince charmant de passer me prendre chez moi avec son carrosse (mon carrosse à moi est au cimetière).

Il arrive à l’heure militaire, bon point. Et nous filons, cheveux au vent, boire un cocktail dans un établissement romantique au possible, accompagné de zakouskis fondants et d’une musique… bon stop, j’exagère un tantinet. C’est un bête café, des bêtes cacahouètes pleines de germes (vous connaissez l’histoire de l’analyse faite sur des cacahouètes qui révéla qu’elles étaient pleines de germes… et d’urine masculine – merci aux mères d’apprendre à leurs fistons dès l’enfance à se laver les mains…). Bref, un bête rendez-vous, sans musique romantique, mais sympa. Conversation fluide, pas mal de rires, un peu grisée par le cocktail. Et je pense à mon adage «sea sex and sun». Et paf. D’un coup, je dégrise. Il me plante là. Oui vous avez bien lu. «Bon, c’était sympa mais je dois retrouver des copains, salut, on s’appelle». Comment ça on s’appelle ! Il n’a même pas demandé mon numéro le goujat, le rustre, le monstre non avide de chair fraîche. Il est 23h, je suis en ville, seule, abandonnée, plus de bus, condamnée à rentrer à pied. Larguée comme une chaussette dépareillée sur un trottoir glacial de fin de soirée. Et re-paf. Une averse éclate. Drache nationale, grêle, vent.

Je me croirais dans un film, au moment où un nouveau prince potentiel va débarquer avec son parapluie, m’abriter, me reconduire et m’aimer pour les siècles des siècles, Amen. Mais non ma chère Anaïs, tu n’es pas dans un film, encore moins dans un conte de fées. Aucun prince potentiel à l’horizon, aucun parapluie dans ton sac, rien de rien. Il ne me reste qu’à marcher jusqu’à chez moi, hésitant entre rires et larmes. Dans mon rêve de «sea sex and sun», j’aurai juste la pluie en guise de sea… Adieu Milou. Retour sur le net.