12
déc

SOS d'un terrien en détresse

J’ai été recontactée par Solitaireetmalade. Mais si, souvenez-vous, ce fameux contact à qui j’ai dispensé de judicieux conseils santé et qui s’est volatilisé dans la nature sans même un merci. Et bien he’s back. J’en reviens pas. Et il me remercie pour mes conseils, n’ayant jamais pu le faire avant (était-il malade, mort, ressuscité, dans le plâtre jusqu’au cou, Dieu seul le sait). Je lui réponds poliment, sans plus, ne souhaitant plus jouer les psy-assistantes sociales. Mais il insiste. Et j’ai comme un sentiment de déjà vu. Ici, point de problème de santé, mais une grosse peine de cœur, il avait rencontré quelqu’un (ce qui explique son silence soudain et absolu), elle l’a largué il y a trois minutes douze secondes et quatorze centièmes, il est triste, il a besoin de parler, blablabliblablabla. Je prends des gants (mais je ne suis pas championne pour ça) pour lui signaler que «la dernière fois il n’a même pas eu la politesse de me remercier, et que, là, il se repointe pour me raconter ses problèmes ! Que je ne suis pas psy, que je ne suis pas une roue de secours qu’on contacte quand on se fait larguer et que sa peine de cœur m’importe peu, que je suis sur le net pour rencontrer quelqu’un, pas pour consoler les malheureux ». Oui, là j’ai mis des gants, promis juré. D’habitude, je suis bien plus brute de décoffrage. En réponse, il n’en a pas pris, de gants, je me suis fait insulter et traiter d’égoïste. Faut oser non ? Je suis pas SOS peine de cœur, désolée. Enfin, s’il insiste, pourquoi pas, mais ça sera 50 eur la consultation, voilà.

9
déc

Relooking

Comme je suis clouée au lit, j’ai pris sur moi de me traîner au PC hier soir, et de tenter de rester assise pour renouer un peu avec mes vieux contacts du net.

Souvenez-vous, il était une fois des Voisins qui m’avaient contactée. Restaient en compétition Voisin III dit le Caustique et Voisin I dit le Gentil.

Avec le Gentil, on continue notre petit bonhomme de chemin, tout en douceur. Il est toujours Gentil, sans plus.

Par contre, j’ai pas mal discuté avec le Caustique, toujours égal à lui-même. Nos conversations sont à chaque fois houleuses, à la limite de l’engueulade. Pourquoi je continue à tchatter avec ? Une force indéfinissable me pousse sans doute vers lui. Non, je rigole, cette force s’appelle la connerie et j’en ai eu la preuve hier. Nous discutions de tout et de rien, savoir de tout ce qui nous énerve et de ce que nous avons en commun : rien. Il a un petit côté BCBG efféminé que je n’apprécie pas chez un homme, enfin plutôt que je n’apprécie pas chez lui. Mais parfois je me dis « qui aime bien châtie bien », serait-ce le signe d’une attirance cachée ? Il a d’ailleurs fait quelques sous-entendus laissant supposer que je pourrais lui plaire. J’ignore ce qu’il en est de la réciproque, je sens qu’il n’est pas ce qu’il me faut. Quoi qu’il en soit, si attirance il y eut, elle vient d’exploser en morceaux. J’ai dû dire quelque chose qui l’a heurté, car tout d’un coup, sans l’avoir senti venir (il est toujours piquant, donc je ne me méfiais pas), j’ai eu droit à un petit discours sympa, que je vous résume : « je pense sérieusement que tu dois te relooker !! Tu ne te mets pas en valeur ... J'ai vraiment pas envie de prendre un an pour te dire ça, alors excuse moi d'avoir été brutal ...» (Je vous passe les précisions qui ont suivi et qui m'ont tout bonnement anéantie).

Après Mister Ecolo et Mister Psy (voir posts précédents), voilà Mister Conseil en Relooking. J’avoue que ma susceptibilité en a pris un coup. Bon, je l’admets, j’ai l’œil gras et le cheveu terne, ou l’inverse, et la goutte au nez, mais il ne m’a pas vue hier soir, dans mon état de décrépitude. Il m’a toujours vue sur mon trente et un, maquillée, coiffée, bref potable ! Sauf qu’il doit préférer l’eau de source à l’eau potable, lui. Qu’il me dise que mon look ne lui plait pas, aucun problème, mais être ainsi persuadé de me donner le meilleur conseil du monde, ça m’a tuée. J’étais déjà mourante, mais là ce fut le coup de grace, je suis morte. Pas encore enterrée, personne ne m’ayant trouvée. On me trouvera à moitié dévorée par mon rat domestique, comme Bridget Jones. Je suis morte, mourrue, défunte, et je vous écris de là-haut.

Mais keskilamonlook, hein ???? Il a rien, je le trouve très bien mon look. D’ailleurs, gnark gnark, il l’ignore, mais pour mon anniversaire me suis offert une nouvelle coupe de cheveux qui me va à ravir, tout le monde me l’a dit, oui, tout le monde. Et on me fait bcp de compliments sur ma façon de me vêtir. Evidemment, s’il rêvait d’une Pamela gonflée, effectivement j’en suis loin. S’il fantasme sur des tenues hyper sex, hauts talons, latex, rouge à lèvres sanguinaire, il repassera. Mais comment eusse-je pu (est-ce bien français ça ?) imaginer que cet homme BCBG efféminé – petit pull sur petite chemise – petit débardeur 100 % wool – chaussures vernies, souhaitait une femme au look sauvaaaach ? Si ça tombe, sous ses pulls en laine, on trouve des menottes, chaînes et autres fouets et joujous sado-maso.

Finalement chacun ses goûts, je vais pas en faire un fromage, s’il préfère le cheddar au gouda, libre à lui, mais le plus exaspérant c’est le côté «conseil de bonne copine» de ses propos, du style «c’est pour ton bien, je me devais de t’aider». Ma réponse «Merci tu m’a beaucoup aidée. Je réalise en effet que je n’avais aucun goût. Surtout en matière des hommes que je côtoie. Tu n’es pas à mon goût. Adieu».

2
déc

Lu sur mon site orange...

"Chômeur chronique, marié et infidèle ayant un caractère impossible à supporter, sans humour, frustré, sans classe, ne sachant pas se tenir à table, n'ayant aucune éducation, rustre, grossier à la limite de la vulgarité, irrespectueux, matérialiste, ignoble, menteur, râleur, voleur, buveur, moche, inculte, désagréable, associal, prétentieux, fainéant, lourd, idiot à la limite de la débilité, n'ayant pas de voiture mais possédant un permis de conduire 'poids lourds' cherche désespérément jeune femme de très bonne famille possédant de préférence une carte de crédit Américan Express 'Platinium', jolie, riche, sensuelle, intelligente, charmante, cultivée, agréable à vivre, ayant de la classe, une Porsche GT3, un Yacht ancré dans le port de Gustavia, un chalet à Avoriaz, une villa avec piscine à Monaco....et, condition impérative, un sens de l'humour un peu plus dévellopé que la moyenne de la majorité des 'radasses décérébrées' qui trainent leur carcasse sur ce site de ringards lobotomisés!"

A votre avis, il vaut le détour ou je risque d'être cataloguée radasse décérébrée ? Il a flashé sur moi, waaaaw, quéééé bonheur !

20
nov

Sujet(s) tabou(s)

On a tous des sujets tabous. Moi j’aime pas parler de mes ex, je trouve qu’interroger un contact internet sur ses ex c’est déjà très étrange.

Je ne suis pas d’un naturel jaloux, alors les ex de mon actuel ne m’intéressent pas plus que ça : je suis allée boire un verre chez l’ex d’un ex (qui à l’époque était l’actuel, vous me suivez ?), il m’a dit que durant ma pause pipi (petite vessie = danger !), elle lui avait fait un de ces rentre-dedans… un autre ex (à l’époque un actuel, vous suivez toujours ?) voyait son ex chaque semaine, en tête à tête. Et j’acceptais, confiance confiance.

Un soir, exceptionnellement, j’ai été acceptée dans leur soirée… cette fille était un tel canon que j’ai morflé (je suis pas jalouse mais faut pas pousser, quand on sait que le sosie de Penelope Cruz a partagé le lit de son homme, c’est dur à avaler). Grosse difficulté pour résister à la tentation de lui arracher le visage et le lancer en pâture à des chiens errants. Tout ça pour dire que parler de ses ex n’a pour moi pas trop d’intérêt, du moins avec un futur ou un nouveau 

Avec les copines c’est tout différent, on adore parler de ses ex, soit pour leur trouver tous les défauts du monde et se conforter dans l’idée qu’on a eu raison de le plaquer/de se faire plaquer, soit pour se lamenter sur cet amour fabuleux perdu à jamais – et ce en fonction du délai écoulé entre le point de rupture et le moment de la conversation...

Autre sujet qui est devenu tabou depuis que je suis sur le net : la voiture. J’ai mon permis, une choupinette, mais je déteste conduire, et, j’ignore pour quelle raison, je l’ai mis dans mon profil. Dans les j’aime-j’aime pas (voir mon tout premier post), j’ai mis que la voiture c’était cool et utile mais que je détestais ça. Et patatras, ils se sont tous mis en tête de m’en parler…

J’ai alors modifié mon profil en y laissant l’info, mais en précisant avec une pointe d’humour que je cherchais un homme qui ne tentait pas de me persuader que la voiture c’était génial que j’avais pas à avoir peur que j’avais pas à détester ça que j’avais à comprendre que c’était la plus belle invention depuis le fil à couper le beurre et blablabli et blablabla. J’ai déjà eu ma dose de leçons de morale dans la vie : les instits, les profs, les parents, les patrons, les clients. Si c’est pour en avoir également des internautes je dis non trois fois non.

Malgré l’info supplémentaire, un bon nombre continue à me saouler sur ce sujet (comme s’ils ne pouvaient trouver l’inspiration ailleurs). En général c’est d’un banal : «pourquoi tu n’aimes pas la voiture c’est pratique pour aller travailler» «comment tu pars en vacances si t’as pas de voiture» «tu sais la voiture c’est le moyen de transport le plus utile dans la vie, comment tu fais tes courses»… (déjà, j’ai une voiture mais elle ne circule que dans un rayon de 5 km autour de chez moi, et voilà, zont rien compris). Mais je ne résiste pas ce soir à vous livrer le contenu de deux messages reçus coup sur coup de deux membres, qui m’ont laissée sans voix quelques instants. Après les Moralisateur I, II, III, IV et ainsi de suite, voici le messages de …

Le Psydeservice «La voiture, tu en as si peur que ça ? Tu m'en parleras un peu si tu veux... Il faut savoir vaincre ses peurs.»

Suivi du message de L’écolodeservice « Tu dis que la voiture c'est bien mais que tu n'aimes pas... je trouve pour ma part que c'est mal, l'empreinte écologique de la somme des déplacements est catastrophiquement élevée.» Non mais franchement, j’ai pas demandé SOS Phobie, ni SOS Ecologie… Je veux juste faire des rencontres sympas et plus si affinités !

18
nov

Les ex, les ex, les ex

Samedi pluvieux de novembre, mais j’ai le cœur en joie après ma fabuleuse soirée d’hier (sic). Détails ? Détails…

Rendez-vous est donc pris dans un petit café passe partout. Quand j’arrive, il est déjà là, il m’attend. Son style est du genre « loubard » : veste en cuir, chemise bariolée ouverte sur torse poilu. J’aime pas les poils. Certaines femmes trouvent ça super viril, moi ça me révulse. Attention, j’ai pas dit que je refusais tous les hommes poilus, sinon quelle galère, mais à choisir… je craque plus volontiers pour un torse bien lisse. Alors, un homme poilu qui s’assume et les montre, même en plein novembre, vraiment pas mon genre.

Je m’imagine tomber raide dingue d’un yéti en plein hiver, et j’imagine notre première nuit d’amour et ma surprise.

Bref, mon Cœurenpeine n’en donne pas l’impression, d’avoir le cœur en peine. Du moins de prime abord. Lorsque la conversation démarre, je comprends de suite le piège dans lequel je viens de tomber. Et comme je suis bien éduquée, je n’ose pas m’enfuir en courant. De conversation, il n’y a en fait point. Il s’agit d’un monologue total : son ex, ses malheurs, son chagrin, les enfants de son ex qu’il a aimés comme les siens, son chien laissé à son ex, la maison commune vendue à la demande de son ex, la séparation irréversible ». Et lorsqu’il en a fini avec son ex, il embraye sur la précédente, comme si la seule chose qui comptait dans sa vie était les femmes pour lesquels il ne compte malheureusement plus. Il a bien choisi son pseudo. Et ça dure, ça dure. Parce que, grosse bête que je suis, lorsqu’il me propose un second verre après une heure de monologue, j’accepte. Va comprendre. Un zeste de pitié ?

Et on repart pour un second tour, comme dans les montagnes russes, que je ne supporte pas, elles me filent la nausée. Au bout de deux heures il a un éclair de lucidité et m’interroge, d’un coup : «tu t’em… hein ?». Et j’ai l’honnêteté de répondre que oui, que je ne sais en placer une, que parler de ses ex à un rendez-vous n’est pas la meilleure chose à faire. Il me propose de me laisser parler, mais pour moi cela ne peut aller ainsi, on ne tient pas le crachoir à tour de rôle, je veux un dialogue qui permet de se découvrir mutuellement. Il n’est de toute façon pas prêt, tout comme il n’est pas prêt à de nouvelles rencontres. Il doit encore panser ses plaies. Et ça se fera sans moi.

En sortant du café, je respire enfin, et lui me demande « lors, on fait quoi maintenant ?», et je sens, je sais, j’ai compris, que sa question signifie «Je te plais ? On sort ensemble ou pas ?». J’en reste sans voix. J’ai la nette impression que si je dis oui, il ira chercher en vitesse son sac de voyage dans le coffre de sa voiture, et viendra s’installer chez moi. Mon Dieu ayez pitié. Il faut croire qu’en voyant ma tête, il comprend ma réponse, car il me souhaite une bonne nuit et s’en va en ajoutant (c’est véridique !) «finalement, je crois que je suis encore amoureux de mon ex». Ce samedi soir, repos, je m’offre un resto entre copines, et là, je suis certaine à 100 % de m’amuser. A bientôt sur le net.