7
avr

A partir de demain...

Je quitte les sujets tristes genre syndrome d'immuno-déficience acquise.  Je vous fais une série spéciale "rendez-vous"... des rendez-vous sur Rendez-vous, ou des discussions sur Rendez-vous...  y'a du lourd, du très lourd...

A demain !

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici le planning :

- demain : "Je suis timide et je ne me soigne pas"

- mercredi : "Chef un pt’tit verre on a soif, une petite bière on a soif (Grand Jojo)"

- jeudi : "J’ai attrapé un coup de soleil, un coup de folie, un coup d’inconscience (librement inspiré de Richard Cocciante)"

 et "des crevettes à la mer" (deux billets pour le prix d'un)

- vendredi : "IMC"

- samedi (après la BD de Bob) : "je finirai vieille fille"

 

 

  

4
avr

J’ai testé « Groseille s’inscrit sur un site de rencontres réservés aux le Quesnoy »

Il y a plusieurs mois déjà, j’ai reçu un mail très étrange via mon blog, me proposant de collaborer à la création d’un site de rencontres pour « célibataires issus d’un milieu aisé ».

Glups.  Moi pas être issue d’un milieu aisé.  Moi être issue d’un milieu normal, banal, dans la moyenne moyennement moyenne.

Intriguée, toutefois, je demande à en savoir plus.  La curiosité est un vilain défaut, je sais.

La réponse me scotche : en bref, cette personne, et d’autres, ont testé les sites « classiques » et ont constaté que « le milieu social aisé et culturel boude ces sites ».  Dernière précision, cette personne a cherché sur google « célibataires riches »… et est arrivée sur mon blog.
 
Cette réponse m’a laissée sans voix.  « Célibataires riches ».  Ben voyons.  D’abord je ne suis pas riche.  Et je ne suis pas culturée, vous le savez.  Alors, ce serait une hérésie que je participe à ce type de projet, puisqu’il est clair qu’en cas de création de ce type de site ségrégationniste, mon inscription ne serait pas validée, pour sûr.

Quoique…  Et si j’essayais ?

Je décide donc de m’inscrire sur un site réservé aux snobinards riches, beaux, cultivés, fréquentant les milieux les plus chic de France, histoire de tâter le terrain.

De m’inscrire sous deux profils différents.

Le premier : mon vrai moi.  Avec une vraie photo de moi.  Un vrai descriptif de moi.  Et mes vrais goûts à moi : Bridget Jones, Pretty Woman, Pisang orange, moelleux au chocolat.  Magasin favori H&M.  Vacances de rêve en Espagne (pour peu j’aurais osé Torémolinos).  Une Groseille pure et dure, romantico-débile.  Moi.

Le second : un faux moi.  Un nom à particule.  Grande.  Blonde.  Photo à l’appui, prêtée par une amie belle comme un cœur pour l’expérience.  Parisienne branchée bossant dans un milieu aisé, aux goûts plus classes : L’élégance du hérisson (j’ai pas oser tenter Proust, de peur de paraître irréelle), La leçon de piano (j’aime aussi, mais ça fait plus mieux que Pretty Woman non ?), champagne, fraises pour accompagner ledit champagne.  Magasin favori Vuitton.  Vacances de rêve en Amérique du Sud.  Une Le Quesnoy, ou presque.

Clic, envoi du profil.  Réception de ce message « votre candidature va être examiné par nos membres, eux seuls ont le privilège et la responsabilité de décider si vous serez sélectionnée ».  Rien que ce message me débecte profondément.  « le privilège et la responsabilité », ben voyons…

Ensuite, j’attends le verdict.

La vraie Anaïs Valente, celle qui aime les séries télé et la chick lit, le chocolat et H & M, est immédiatement refoulée.  Sans arguments, si ce n’est que les critères sont stricts, très stricts, vraiment très stricts.  Clair que mes goûts et ma tronche ne collent pas aux critères stricts.  Pari gagné.

La fausse Anaïs Valente, belle et snob, ambitieuse et adepte du luxe, est acceptée et accueillie en grandes pompes au sein de la communauté « nec plus ultra » à laquelle elle a voulu se joindre.  Immédiatement, les messages affluent.  
Mais finalement, la question reste posée : keski a favorisé, ou pas, ma sélection ?  Les photos tellement différentes, d’une brune banalement banale, ou d’une blonde craquante à souhait ?  Ou les profils diamétralement opposés, d’une brune banalement banale, ou d’une blonde de la haute société ?

Je me vois dès lors contrainte de proposer une troisième candidature : ma tête, avec des goûts de luxe.  Et c’est parti pour un troisième profil, avec une photo de moi, différente de la première, mais tout aussi banale.  Je me décrit comme aimant mon propre livre (ego surdimensionné), j’aime toujours le champagne, mais également le chocolat, et je côtoie le Bon Marché parisien (qui n’a de bon marché que le nom).  Je rêve de découvrir le Canada.

Verdict : refus.

La conclusion s’impose dès lors dans toute sa splendeur : le critère principal de ce club de rencontre élitiste est bel et bien le physique.  CQFD.  Je ne suis nullement surprise, mais j’avais le maigre espoir qu’un profil un tantinet « snob » puisse compenser une photo banale.  Il n’en fut rien.

Il me reste à aller pleurer sur mon triste sort : je suis définitivement un thon.  Un thon à la groseille, qui plus est.
 
Illu de Marie... passque réaliser qu'on est un thon à la groseille, c'est pas la joie.
vide_blog

5
mar

Pas touche

Je lis un témoignage dans la presse « cet homme pourtant beau et charmant, je n’aurais pas pu toucher un seul centimètre carré de sa peau. »
 
Je vous avoue que je me sens vachement rassurée de ne pas être la seule à ressentir ça.
 
Comment puis-je pour certains hommes avoir cette pulsion immédiate, cette envie de toucher, ce besoin de rapprochement physique (j’ai pas dit sexuel), alors que pour d’autres je suis incapable de m’approcher à moins de cinquante centimètres, cette idée me révulse, me répugne physiquement, l’idée de toucher me donnerait presque la nausée.  Mais surtout, pourquoi ces sentiments contradictoires ne sont-ils en rien liés au physique, du moins à la beauté physique que j’attribue aux uns ou aux autres ?
 
Un exemple récent.  Un rendez-vous foireux.  Je discute depuis un temps avec quelqu’un de charmant, via la page orange.  Sont toujours charmants sur la page orange, c’est après qu’ils se transforment en princes charmants (rare) ou en crapauds baveux (fréquent).
 
Donc Charmant, appelons-le ainsi, m’invite dans un resto hyper classe.  Il me prend tout de go par les sentiments, vu ma tendance à adoooorer manger.  Et encore plus dans un resto chic et bon.  La soirée se passe bien, ni attirance ni répulsion.
 
Le jour d’après (Chimène Badi), on remet ça.  Charmant s’est mis en tête de satisfaire tous mes désirs.  Magnifique.  Et allons-y pour un petit shopping déco.  Puis il me prépare un délicieux repas dans son magnifique appartement, tandis que je me prélasse sur le sofa, bercée par une musique douce.  Ensuite petit DVD sympa.
 
Et bien à aucun moment, malgré le fait que cet homme soit parfait, je n’ai eu la moindre envie d’un minuscule rapprochement.  Jamais.  Que du contraire.  Va comprendre.  Charmant l’est, charmant, c’est le moins qu’on puisse dire, il est mignon, il n’est pas con, il a une bonne situation, alors pourquoi ?  Ben chais pas !
 
Alors, vu que Charmant avait vraiment envie de toucher, lui, on en est resté là, parce qu’en général, si j’ai pas envie, ça ne vient pas par après, je le sais d’expérience.  Dommage, mais c’est ainsi.
 
Je ne m’en fais pas, depuis lors j’en ai trouvé un que j’ai envie de toucher, je suis normale (enfin pour autant que la normalité puisse vraiment exister) youpie…
 
Ça doit être ça, ce qu’on appelle la reconnaissance bestiale, physique, hormonale peut-être, de l’idéal reproducteur.  Dommage qu’en général je ne sois jamais l’idéale reproductrice des idéaux reproducteurs que mon organisme repère parmi la masse, et encore plus dommage que je sois toujours l’idéale reproductrice des pas idéaux reproducteurs qui m’approchent (vous suivez ?) tchu !

22
fév

Too Fast

Voilà j'ai remis le texte et le dessin, là, juste un peu plus bas...

22
fév

Too fast

Un billet rédigé il y a un petit temps déjà... que je me décide à publier, puisqu'il m'a fait gagner un concours ici.

L'histoire se passe il y a quinze ans, quinze mois, quinze jours, quinze heures… ou quinze minutes.  Qu'importe !  Elle se passe.


J'ai rendez-vous avec un Gendre Idéal.  Mon moral étant au ras des pâquerettes, je décide de m’occuper le corps et l’esprit, histoire de ne pas ressasser les monceaux de malheurs qui envahissent ma pauvre vie  (non j’exagère pas, j’exige d’ailleurs que vous versiez une larme sur tant de désespoir chronique).

Je me jette à corps perdu sur le tchat, histoire de me faire réconforter par les monceaux de mâles qui envahissent le net (là non plus j’exagère pas).

Et j’y retrouve un Gendre Idéal, avec qui j’ai discuté, avec qui j’ai partagé quelques chastes moments.  Ce Gendre Idéal est parfait pour me faire passer une journée sympa, sans prise de tête, sans arrière-pensée.

Et la journée se passe.  Une virée à la mer.  J’aime la mer.  Vous le savez.  Elle me fait rêver.  Elle me fait réfléchir.  Elle me fait aimer la vie.

Et la journée se passe.

Et la soirée se passe.  Il m’invite au resto.  C’et un mec sympa, drôle, pas bête.  Pas mon genre, mais vraiment un mec bien.   Je peux m’en faire un bon ami, on s’entend bien.  Cool j’aurai bientôt un nouvel ami.

On mange super bien, je bois énormément.  Zuis zaoule.  Et moi je suis saoule avec très peu : l’apéro me rend pompette, le vin me rend grisée, le pousse-café me rend hyper joyeuse.
 
Faut croire que j’ai vraiment beaucoup trop bu, car voilà que je l’invite chez moi, et que je lui propose à boire.   Et on s’enfile une bouteille de champagne que j’avais en stock (car bien sûr j’ai du champagne en stock au frigo au cas où une grande occasion se profilerait à l’horizon).  Ma griserie joyeuse se transforme en coma éthylique.

Je ne suis plus qu’une chose dans le canapé.  Avec, à mes côtés, un Gendre Idéal dont je ne distingue plus les traits.  La musique est langoureuse.  Gendre Idéal se rapproche, se rapproche, se rapproche, ou bien est-ce l’effet du champagne qui produit une illusion d’optique ?  Lorsqu’il m’embrasse fougueusement, j’ai confirmation : il s’était bel et bien rapproché.

Ensuite il m’enlève mon tuuuuut, me caresse le tuuuuuut, embrasse mon tuuuuuuuuuuut, c’est long, c’est bon, je flotte, je survole la scène comme si je ne la vivais pas.  Mon cerveau ne réfléchit quasi plus.  Je me laisse aller.  La tension monte, dans tous les sens du terme.   Je le sens en me pressant contre son corps.  Je le ressens.  Tout se passe comme au ralenti et en même temps si vite.  L’envie est là.  On ne se pose plus de question.  On y va.  Il m’arrache le tuuuuuuuut, lèche ma tuuuuuuut, langoureusement, voluptueusement.  Je frémis.  J’en redemande.  Je supplie.  Tout ça a trop duré.  Il est temps.
 
Et puis patatras, badaboum, avant que je n’aie pu réaliser que les choses sérieuses avaient commencé, tout est déjà terminé.

Comment vous dire ?

Eperdu d’amour qu’il était pour moi, Gendre Idéal tente par tous les moyens de réfréner son envie, son désir, mais le trouble que je suscite en lui est tel qu’il ne peut maîtriser totalement son corps, tant son esprit est perturbé à la vue de ma féminité si parfaitement parfaite.  Drame.

En d’autres termes et en langage imagé, trèèèèès imagé, totalement dépourvu de romantisme : le serpent a craché son venin avant d'atteindre sa proie.  Je me dois de dire les choses comme elles sont.

Pour une chute ce fut une chute.  Fulgurante.

Quoi qu’il en soit le résultat était bel et bien là.  J’ai dégrisé immédiatement.  En deux secondes montre en main.

Le ridicule de la situation m’est alors apparu dans toute sa splendeur : cette nuit d’amour improvisée se terminait en eau de boudin, ce mec ne me plaisait pas outre mesure, je n’avais même pas pris le moindre petit pied, et j’étais embarquée dans une histoire foireuse d’avance…  Comment allais-je m’en sortir !

Illu de Flo
anaisvoyage1-1pt