12
avr

Je finirai vieille fille

C’est maintenant une certitude certainement certaine : je vais finir vieille fille (qui a dit « tu l’es déjà » ?).

Passque sur la page orange, ben je vais vous le dire : tous les mecs me saoulent.

Tous.
 
Sans exception.

D’abord y’a le direct : « 2 nuits, tu prends ? »  Je réponds quoi ?
si on commençait par une ?
t’as deux préservatifs ?
pour deux nuits c’est 500 eur


Le semi direct : « salut dis moi sa te plairais de me voire en cam? » (je vous laisse les fautes) Je réponds quoi ?
Oh oui je ne rêve que de ça
Oups, nu ou habillé ?
Pourquoi, tu veux t’offrir une petite branlette en direct live ?

(réponse bonus) Ecoute, je vois ta tête en photo, ça me suffit largement

La question qui tue « tu te prenome?? »  Je réponds quoi ?
Jeu mapel Hanais (oups je sé pas comant sa s’écris)
Tu peux répéter en français ?

… (y’a pas de 3e choix)

La question directe « t aimes les metis sexy bien foutu viril bien monté et toppppppppppp amant  lol ? carpe diem »  Je réponds quoi ?
c’est cela oui…
ton « lol » m’angoisse…
nan j’aime que les micro pénis

La question qui veut rien dire « j ai photos ici ... et toi ? »  Je réponds quoi ?
Moi y’en a pas comprendre, toi pouvoir faire phrase ?
J’ai photos ici aussi, des tas d’albums plein ma bibliothèque
Moi pas montrer photo à toi, toi comprendre ?


La question qui n’en est pas une « je suis désespéré je ne rencontre personne ici, j’en peux plus d’être seul, c’est l’enfer »  Je réponds quoi ?
Tu ne me rencontreras pas non plus nananèèèèèère
Pauvre chou, tu veux l’adresse d’une assistante sociale ?
Arrête de te lamenter et intéresse-toi à tes interlocutrices
(c’est la réponse que j’ai fournie, et il a pas du tout apprécié, l’ingrat)

Et le comble du comble, même sur ma boîte mail, celle qui est liée au blog, donc n’ayant rien à voir avec un site de rencontres, je reçois des messages exaspérants.  Exemple : « je veux ton cv : photo, age, travail... »  Je réponds quoi ?
d’abord on dit pas « je veux », mais « je voudrais »
mon travail c’est bloggueuse, ça se voit pas ?
pour la photo va mater mes seins sur la mosaïque, et basta


C’est définitif, je finirai vieille fille, et j’en arrive à me dire que c’est préférable…

11
avr

IMC

Immédiatement, le courant est bien passé… c’est étrange comme parfois on n’a plus rien à dire après avoir parlé boulot et loisirs.  Rien de rien.  Et parfois, on ne parle ni boulot ni loisirs, on parle de tellement de choses que c’est comme si on s’était toujours connus.  Ames sœurs ?  Coup de cœur virtuel ?  Chais pas, mais j’aime.

Tout cela sur la page orange, mon site de rencontres belges favori.  Pas en live.  Pas encore.

Mais on discute on discute on discute.  Pour peu, on saurait plus se quitter.

Alors que je suis censée bosser pour mon blog, bosser pour mes articles sérieux, bosser pour mes projets top secret, voilà que je tchatte durant des heures.  C’est pas sérieux ma bonne Dame.

Puis vient le temps des confidences.  La confiance règne, on parle un peu plus de nos vies privées, de nos expériences, de nos rêves les plus fous, de nos envies secrètes.

Je l’avoue, j’ignore par quel concours de circonstances on en vient à parler poids.  J’ai sans doute dû me lamenter que j’avais un tantinet (mais si peu, si peu) grossi ces derniers temps, parce qu’il me lance « oui enfin, avec un IMC de 20,67593532, t’as vraiment pas à te plaindre ».

Je manque de m’étrangler avec ma gaufre pleine de sucre, de graisse et de conservateurs en apprenant qu’il a été calculer mon IMC.  Pour information, l’IMC c’est l’indice de masse corporelle (ou BMI en anglais, pour body mass index), que l’on obtient par un savant calcul (poids divisé par la taille / par cent au carré, ou quelque chose du genre).  Un chiffre somme toute peu révélateur, sauf dans ses extrêmes, car la densité osseuse entre en ligne de compte, de même que la répartition de la graisse, qui chez moi, est concentrée aux mauvais endroits, me donnant une silhouette de poule (une grosse masse sur deux petites allumettes de jambes, c’est mon destin).

Il a calculé mon IMC !

Je me souviens que j’avais révélé mon IMC sur mon blog il y a déjà un petit temps, et que certains curieux s’étaient rués sur la page orange pour tenter de m’y localiser, en vain, car trouver le poids et la taille via l’IMC n’est pas une mince (ou une grosse, c’est selon) affaire.  C’est même limite impossible au vu des innombrables possibilités taille/poids pouvant donner un même IMC.

Mais jamais, oh non jamais, je n’aurais imaginé que l’on puisse calculer l’IMC des femmes inscrites sur le site.  Je ne suis pas débile, je me doute que la taille et le poids sont analysés, scrutés, vus et revus, cela va de soi.  Alors, vous me direz, calculer l’IMC, ce n’est point grave, puisque poids et taille sont indiqués.  C’est juste un petit truc en plus…

Ben moi je dis que c’est grave, et s’il y a un psy dans la salle, j’aimerais qu’il me le confirme.  C’est révélateur d’une obsession obsessionnellement obsessionnante non ?

Vous me connaissez, je n’ai pas ma langue en poche.  Ainsi, après cette révélation, mon IMC-obsessed s’en est pris plein la tronche de ma part : et qu’à son âge (en plus c’est un vieux) c’est dingue d’être si superficiel, que je ne côtoierai jamais un homme qui fera une fixette sur le moindre gramme pris, le moindre soupçon de cellulite (et chez moi la cellulite ne se soupçonne pas, elle s’impose), que j’ai adopté mes cellules adipeuses pour la vie et que c’est à prendre ou à laisser, que manger de la salade verte (avec une tomate en dessert) chaque jour ne sera jamais mon leitmotiv, que j’aime trop les lasagnes et les macarons, et patati et patata.  Une vraie tornade, l’Anaïs.

Je lui ai enfin précisé qu’il devrait tenter de calculer mon QI tant qu’il y était, ainsi que mon QC (pour « quotient culturel », of course, mais il l’a interprété « quotient cul »… comble du comble, obsédé dans tous les sens du terme le bonhomme, par la minceur et par le sexe, mamma mia, c’est vrai que la pratique intense du sexe fait maigrir – il paraît, car ma pratique à moi se résume à l’abstinence…)

Pour tenter de se disculper, il m’a alors énuméré précisément les poids et taille de ses ex, afin de me prouver qu’il avait accepté des rondes dans sa vie (quel sens du sacrifice, n’est-ce pas ?).  Moi je vais vous le dire, je ne me souviens absolument pas du poids de mes ex, ni de leur taille d’ailleurs (et pourtant, dieu sait si j’en ai peu, d’ex).  Donc son listing en bonne et due forme n’a pas arrangé son cas, que du contraire.

Ensuite, il a eu la bêtise de me préciser qu’il bloquait (sur la page orange, comme sur tous les sites de rencontres, on peut bloquer qui on veut, en particulier, pour nous les femmes, les obsédés ou les mariés), donc il bloquait les femmes trop grosses qui le contactaient !  Non mais franchement.  Etre bloqué, c’est limite une insulte (mais pour les obsédés ou les mariés, c’est bien fait, na).  Alors bloquer des femmes jugées trop rondes, moi je dis que ça mérite des claques.  Des qui laissent de groooooooosses marques bien rouges sur les joues.

Non mais.

Il veut me rencontrer.  Je perds quatre kilos avant ?  Ou j’exige de connaître son IMC, pour indice de masse de cervelle ?
 
 celullite

10
avr

Des crevettes à la mer (suite du billet qui précède, vous l’aurez deviné)

Je suis donc partie… ou plutôt nous sommes partis.

En direction de la mer, un lundi de Pâques plein de neige, pour y manger de crevettes.

Le seul petit insignifiant minuscule problème, c’est qu’il ne venait pas de Namur, alors il m’a demandé « oùsqu’on prend l’autoroute pour la mer ».    Question piège, j’en savais rien.  Ben quoi, c’est à l’homme de savoir ça non ?  Et quand on invite une demoiselle à manger des crevettes à la mer, faut connaître le chemin, afin d’éviter de se retrouver à Paris ou à Saint-Trop !

Alors on a fait confiance à Miss GPS.  Ne jamais faire confiance à Miss GPS.  Grosse Pintade à voix Sexy, qu’elle s’appelle.  C’est tout ce qu’elle a pour elle, une voix sexy.  Car question itinéraire, pas douée la Miss.

Une heure après notre départ, on n’avait toujours pas vu le moindre bout d’autoroute, il neigeait de plus en plus, limite si y’avait pas des congères.  Et il commençait à faire noir.  Et on était toujours sur des nationales aussi lentes qu’un escargot namurois. Je nous voyais arriver à destination vers minuit, n’y trouvant aucune crevette, contraints d’aller les pécher directement en mer…

Comme la Miss persistait à nous empêcher de rejoindre la moindre autoroute, j’ai alors proposé, dans un éclair de lucidité, de manger dans le premier resto qui croiserait notre route.  Faut dire que malgré Miss GPS, nous ignorions où nous étions…

Alors on a aperçu, dans le blizzard, un resto italien.  Alléluia.
A peine entrées, il a demandé le chemin vers le jackpot à billets le plus proche, et il est parti tenter de gagner quelques sous.  Un bref instant, je l'ai imaginé regagner sa camionnette blanche de tueur en série en vitesse, m'abandonnant dans un restaurant inconnu sur une route inconnue dans une ville inconnue.

Puis il est reviendu.  M'a offert une rose.  Et on a mangé une pizza.  Plutôt que des crevettes à la mer.  Dans la région bruxelloise, je pense.  Mais pas sûre.  Cela restera à jamais un mystère mystérieusement mystérieux.

Mais c’était bien sympa.  Et puis spontané.

Et j’aime ça, la spontanéité.

Un chouette rendez-vous.
Rien trouvé pour illustrer ce billet, sinon un souvenir du temps oùsque Julia Roberts n'était pas encore connue, savoir avant Pretty Woman, un film super sympa...
mystic-pizza
acheter

9
avr

Chef un pt’tit verre on a soif, une petite bière on a soif (Grand Jojo)

Puisque le printemps est enfin là (mais il repart bientôt, je le sais de source sûre : le 21 juin, il cède la place à l’été, si si, je vous le jure), j’ai des envies de promenades et de verres en terrasse.

Alors, lorsqu’un (en apparences) charmant monsieur de la page orange me propose une balade suivie d’un verre en terrasse (chauffée, la terrasse, pas folle l’abeille), j’accepte volontiers.  Ça suffira amplement à mon bonheur, du moins s’il a un minimum de conversation (et puis s’il est beau, grand, brun, ténébreux, drôle, intelligent, riche et célibataire, ça sera une jolie plus-value).

J’arrive au point de rencontre (on se croirait dans un supermarché : « la petite Anaïs attend son nouveau contact au centre d’accueil ») et je suis agréablement surprise : il n’est ni brun, ni ténébreux, mais néanmoins charmant.  Plaisant.  Oserais-je un « craquant » ?

Nous voilà partis pour une promenade en bord de Meuse.  Le soleil me dore la peau, le vent rafraîchit ma chevelure qui vole au vent (enfin, façon de parler, des cheveux relativement courts, ça vole difficilement au vent), la vie est belle.

Je réalise cependant très vite que je marche à côté d’Einstein, ou presque.  Il est vachement culturé (et que celui ou celle qui ose un « pas difficile d’avoir l’air ‘culturé’ face à Anaïs » soit maudit jusqu’à la douzième génération).  

Il me propose ensuite de gravir la citadelle.  Ne voulant pas passer pour une petite nature, j’accepte avec une joie non dissimulée.  Sauf que moi, j’étais partie pour une balade.  Pas pour de l’escalade.  J’ai mis une petite tenue pré-estivale (qui déprimait depuis des semaines), j’ai chaussé des bottes aussi sexy que celles de Carrie Bradshaw lors de son escapade parisienne (les fans comprendront).  Donc aussi peu confortables que celles de Carrie Bradshaw lors de son escapade parisienne, logiquement logique.  Je me conditionne donc à souffrir en silence durant toute la montée, et à souffrir en silence durant toute la descente.  Keski faut pas faire pour donner l’impression d’être une femme culturée, sportive, enthousiaste et dynamique.  En plus j’ai rien prévu contre les hypoglycémies, et quand je fais des efforts, j’ai des hypoglycémies, diantre (qui a crié « chochotte » ?)

Sa façon de me parler me met mal à l’aise.  Il parle comme dans les livres.  Avec un vocabulaire que je n’imagine que dans les livres.  Des expressions guindées que je ne lis que dans les livres.  « En l’occurrence, très chèèèère Anaïs, je me passionne pour la culture de crevettes grises en Mer du Nord », « Il va de soi que jamais je ne me risquerais à te demander ton âge », « Mon travail consiste en la gestion de dossiers hautement confidentiels », « Puis-je me permettre de te demander si tu aurais l’obligeance de bien vouloir accepter que je t’offraaaaaaaaasse un rafraîchissement après cette marche somme toute assoiffante ? » « je connais, tout comme toi, certains déboires avec mon fournisseur de téléphonie fixe »… (en résumé et en d’autres termes : il bosse à la CIA, il me trouve vieille, Belgacom (équivalent France Télécom) le fait chier, il aime bouffer des crevettes et il a soif).

A entendre tout ça, je suis sur le cul.  Mais rassurez-vous, je ne le lui dis pas, souhaitant éviter qu’il n’avalasse sa langue en s’étranglant de stupeur face à mon langage châtié.

Une fois arrivés au sommet, il m’offre ce rafraîchissement tant attendu.  Je m’enfilerais bien deux coca light et un ice tea tellement j’ai le gosier sec mais je m’abstiens. (A-t-on idée de proposer une activité d’ascension d’une citadelle quasi similaire au Mont Blanc – non, j’exagère pas, ou si peu – à une frêle et belle jeune femme de mon acabit).  Garder bonne contenance, garder bonne contenance, je ne pense qu’à ça, en m’épongeant le front et les dessous de bras.

Il se choisit une bière.  Moi un seul petit minable Coca light que j’engloutis comme une déshydratée que je suis, tandis qu’il sirote doucettement sa bière.

La conversation va bon train.  Je le fais rire, chose surprenante.  Il n’a pas l’habitude de rire.  Je le sens.  Mes bêtises le font rire.  Impossible de détecter si ce rire est empreint de franchise ou plutôt de cet étonnement tout particulier face à ma bêtise intersidérale.

J’ose lancer une vanne Anaïsienne (dont je ne vous donnerai pas les détails, pour préserver son anonymat) au moment précis où il avale une bonne grosse goulée bien rafraîchissante de bière.

J’ai compris à ce moment précis (ralenti sur image) qu’il riait très peu dans sa vie.  Vraiment peu.  Et jamais en mangeant.  Jamais non plus en buvant.  Encore moins en buvant de la bière.

Il a éclaté de rire.  Comme ça.  D’un coup.  De façon totalement inattendue.  D’autant plus inattendue, qu’il avait la bouche pleine de bière.  Bière qui a explosé en milliers de fines gouttelettes.  Gouttelettes qui ont atterri sur mon visage, dans mes cheveux, dans mon cou, sur mon joli décolleté, sur mon top bien blanc et sur mon jeans tout propre tout chaud du repassage matinal.  Une sorte de brumisateur naturel de bière, en quelque sorte (de quoi je me plains, le houblon a sans doute des vertus cachées).  

Il s’est confondu en excuses, tandis que j’étais morte de rire (mais j’étais rouge tomate trop mûre, également).  Il n’a pas cessé de s’excuser durant la descente de la citadelle.  Moi je riais tant que j’en oubliais presque mes douleurs pédestres.

Nous nous sommes quittés en bons termes, j’en ai profité pour l’embrasser à la française.  Meuh non, pas un french kiss, m’enfin, qu’allez-vous imaginer (en plus il avait bu de la bière, j’aime pô les bisous à la bière).  Je l’ai embrassé deux fois, un smack sur chaque joue, en appuyant bien avec les miennes, de joues, histoire de lui refiler un peu de sa bière, qui me tiraillait encore le visage.

Depuis, il m’a adressé neuf mails.  Des excuses.  Des excuses.  Encore des excuses.  Jamais je n’aurais imaginé qu’il existât tant de façons de demander pardon, de se confondre en excuses, d’exprimer ses regrets éternels…

J’aime po l’odeur de la bière.  J’aime po les buveurs de bière.  J’aime po les buveurs de bière qui boivent la bouche ouverte. Na.

PS : j’accepte de le revoir ?

PS2 : trouvé sur le net « Dès le Moyen Age on appliquait des cataplasmes de houblon pour soigner la goutte, les rhumatismes, les maladies de peau, les foulures et enflures diverses et également les maux de ventre.  Dans d’autres pays comme le Japon et la Chine, on utilise les autres propriétés du houblon pour soigner les problèmes urinaires et les maladies tels que la diphtérie, la tuberculose, le simple rhume et la toux. »  - dois-je y voir un message subliminal ?

Illu de Flo.
anaispardon-1

8
avr

Je suis timide et je ne me soigne pas

Ça fait un petit temps qu’on discute sur la page orange.  De tout, de rien.  Mais beaucoup.  On a toujours à se raconter, et c’est bon signe.  Très bon signe.  Alors, quand pour marquer le cap des deux semaines, il m’invite dans un resto gastronomique de sa région, j’accepte, séduite à l’idée de le rencontrer, séduite à l’idée de me régaler.

Il vient me chercher, et me ramènera.  Cette sensation d’avoir un chauffeur, mmmmh, c’est agréable.

Il est pile à l’heure, tout mignon dans son costume cravate.  Et oh, quand on mange gastronomique, on s’habille en conséquence.  Je me trouve jolie aussi, tiens, pour une fois, dans ma petite robe noire.

Dès les premières minutes du trajet, notre « affaire » se présente mal.  Lui qui me racontait sa vie en long et en large ne trouve soudainement plus rien à me dire.  Et quand je dis rien, c’est rien.  Sans doute se concentre-t-il sur sa conduite.  Une attitude somme toute hyper respectueuse à mon égard : il n’a pas envie de m’envoyer dans le décor.

Nous arrivons enfin (la notion du temps s’allonge sadiquement lorsque le silence est de la partie), et prenons place dans le plus beau resto que j’aie jamais vu de ma vie. 

J’appréhende, au vu du service guindé et du silence tout aussi guindé de mon compagnon, la longueur du repas étoilé que nous allons déguster.

Dans un restaurant « so chic », il n’y a pas de mouches.  C’est bien dommage, car j’aurais pu les entendre voler.  Ça m’aurait occupée.  J’aurais pu également tenter de distinguer si elles étaient à longues ou courtes ailes, génétiquement parlant (vous avez pu remarquer ici que la génétique me passionnait). 

A l’apéritif, j’ai déjà épuisé tous les sujets possibles et imaginables. 

A l’entrée (poêlée de Saint-Jacques accompagnée de son petit risotto à la truffe), de grosses gouttes dégoulinent de mes aisselles pour aller s’écraser à grands coups de « ploc » sur le parquet bien ciré.  Je me surprends à compter les petits pois du risotto.  Dix-neuf.  Ridés ou lisses ?  Vive la génétique qui vient à mon secours.

Au plat de résistance, je n’ai plus faim, contractée que je suis par mes tentatives vaines de parler, simplement parler.

Au dessert, je jette l’éponge et me réfugie moi aussi dans un mutisme dont je ne parviendrai plus à sortir.

Le trajet de retour s’écoule lentement, comme à l’aller.  Sauf que je m’assoupis, ce qui raccourci considérablement mon attente.

Me voici chez moi, j’entame une très longue conversation avec mon rat, qui, le pauvre, dormait, mais, comprenant ma détresse, fait mine de m’écouter attentivement.  Merci, le Rat.

Ill de Miss Minimo que j'aime tout particulièrement... 
Timide-1pt