30
jui

Je vous dois la vérité toute nue...

Hier, message : "j'ai passé une très belle soirée en ta compagnie, j'espère que toi aussi" Signé, profil de ma vie.

Ce matin, message : "je préfère qu'on en reste là" Signé, ex profil de ma vie.

Question du jour, keski s'est passé entre ces deux messages... mystère et bouldegommmmmm'.

Question subsidiaire, keski cloche à ce point chez moi ?

Et moi, je m'en vais lécher ma plaie et me faire consoler par des filles, y'a finalement que ça de vrai, tous des salauuuuuuuds... ah, y'aura un mec aussi tiens, il va en baaaaaaaaaaaaver, je vous le dis.

 

5
jui

Docteur Jekyll et Mister Hyde (new version)

Pour ceusses qui aiment mes rencontres foireuses, une version réécrite de "Docteur Jeckyll et Mister Hyde", aventure, enfin mésaventure, contée sur ce blog il y a des années déjà...  Réécrite en style d'aujourd'hui, ce qui m'a permis de réaliser combien j'allais au but à l'époque, zappant tous les détails que j'aime ajouter actuellement.  Donc j'ai un peu étoffé l'histoire.

A découvrir en exclusivité sur My Major Company Book, sous le nom "mes crapauds 3".

Bonne lecture.

Edit de 12h07 : autres textes à redécouvrir :

"Celui qui avait dû être poulpe dans une autre vie" (mes crapauds 5)

"Celui qui aimait le lapin" (mes crapauds 4)

Bonne découverte ou redécouverte de ces expériences, euh... particulières...

 

8
mar

Mosselman

Il m'a proposé d'aller manger des moules.  Super initiative.  J'adore les moules.  Et surtout les frites qui vont avec.  Sans oublier la mayonnaise, car tout belge sait qu'une frite belge ne serait pas une frite belge sans la dose de mayonnaise qui la recouvre presque.

J'aurais encore préféré que nous allions manger ces moules en bord de mer.  A la mer du Nord ou, soyons fous, au Cap Gris Nez, où les moules sont plus petites, mais tellement plus savoureuses.

Mais il est temps de grandir et de cesser de prendre mes rêves pour la réalité : nous irons manger des moules près de la Meuse, c'est déjà ça.

J'ignore si vous avez été, il y a quelques années, tout comme moi, fan d'Ally Mac Beal.  Pour ma part, c'est une série qui m'a fait beaucoup rire, sans doute car je me retrouvais dans le personnage.  Je me suis d'ailleurs offert l'intégrale il y a quelques mois, que je n'ai pas encore eu l'occasion de regarder.  Va falloir y songer.

Il y a une scène d'Ally Mac Beal que je n'oublierais jamais.  Elle est invitée au restaurant par un homme séduisant, doté d'un bon sens de l'humour et intelligent.  Je la sens qui fantasme déjà.  Ils dégustent une salade.  A la première bouchée qu'il avale, une grosse coulée de vinaigrette dégringole de sa lèvre et il semble ne pas s'en apercevoir.  Ally lui fait un signe discret et il s'essuie.  La soirée continue.  Seconde bouchée, rebelote.  Ally commence à s'interroger sur cet homme incapable de manger correctement.  A nouveau, elle lui signale que la vinaigrette stagne sur son menton.  Troisième bouchée, itou.  Ally perd alors définitivement espoir que ce repas puisse aboutir sur la moindre relation et se met à visualiser cet homme totalement enduit de vinaigrette, du sommet du crâne au cou, une vinaigrette gluante, glaireuse, verdâtre, qui coule en permanence sur le visage méconnaissable de cet homme d'un coup plus séduisant pour un sou.

Et bien cette vision d'horreur, je l'ai eue durant tout mon repas avec Mosselman, et j'ai dû lutter à de nombreuses reprises contre un fou rire qui me titillait les zygomatiques.

D'abord, Mosselman est incapable de manger correctement des moules.  Moi on m'a appris que les moules se mangent soit en les extirpant de leur coquille avec la fourchette, soit avec l'aide d'une coquille vide dont on se sert telle une pince.  Mosselman, il mange ses moules avec les doigts, comme les frites.  Autant pour les frites, le geste reste gracieux, autant pour les moules, voir ses doigts boudinés tenter d'attraper de grosses moules molles, les tirer vigoureusement de leur coquille et les enfourner dans une bouche grande ouverte, me donne la nausée.  D'autant qu'à chaque fois que la moule se détache de la coquille, elle pendouille lamentablement et laisse échapper un petit bruit sourd et mouillé.

Mais il y a pire : comme il mange ses moules avec les doigts, ceux-ci sont rapidement couverts de bouts d'oignon et de céleri.  Je ne parviens rapidement plus à détacher mon regard de ces doigts à la fois gras des frites, et plein de morceaux de légumes que Mosselman ne semble pas avoir envie de happer avec ses lèvres. 

Enfin, un énorme bout de persil semble s'être coincé entre ses incisives et ne pas vouloir s'en échapper. 

Mon regard oscille dès lors entre les doigts aux oignons et céleri et les dents au persil.

Plus moyen de me concentrer sur notre conversation, dont j'ai d'ailleurs oublié les tenants et les aboutissants.

Impossible de ne pas repenser à cette scène d'Ally Mac Beal, et d'imaginer Mosselman enseveli sous des kilos d'oignons cuits et de céleri, le tout arrosé de mayonnaise bien liquide bien grasse.

Je me mets ensuite à imaginer qu'il tente de m'embrasser et de me refiler son bout de persil, tout en me caressant doucement les épaules de ses mains transformées en légumes...

Aaaargh, décidément, manger des moules n'a parfois vraiment rien de romantique.

(Illu dont je n'ai pas trouvé la source, si quelqu'un sait, je l'indiquerai volontiers...)

mosselman

12
mai

L’art de se faire des films

J'ai lu sur le blog chabadabada que les filles étaient championnes dans l'art de se faire des films au niveau des mecs, parfois même avant de les avoir rencontrés...

Etonnamment (jouez les étonnés, par pitié), cette constatation m'a rappelé un tas, mais un tas vraiment énooooooooooooorme, genre terril de Charlerwè, de souvenirs.

Prenons-en un au hasard.  Vraiment au hasard.

Moi, sur la page orange, en train de faire le tri dans mes milliards de messages.  Soudain, l'un d'eux sort du lot.  Un message sans faute.  Drôle.  Une introduction dont j'ai oublié les tenants et aboutissants, mais bien loin des sempiternels « bonjour, tu fais kwa dans la vie, tu veux des enfants, tu cherches quoi ici ? » (je cherche un carnet à spirale pour écrire mes chroniques, c'est pas ici que ça s'achète ?)

Bref on discute.  Beaucoup.  Longtemps.  On passe sur MSN, ce qui est déjà l'épreuve ultime, car entre les messages genre mails et le tchat, y'a une grosse nuance qui peut briser tout le charme.  Mais le charme n'est pas brisé.  Que nenni.  Mieux.  Il a mis sa photo, et je le trouve craquant.  Alors je mets ma photo, et il ne s'enfuit pas en courant, ce qui relève du miracle, je vous prie de le croire.

On discute une bonne partie de la nuit et comme ça, d'un coup d'un seul, il m'invite au resto le lendemain soir.  Je réfléchis deux secondes.  J'interroge mon estomac qui pour le moment hésite entre ulcère et indigestions quotidiennes, je lui intime l'ordre de me laisser quelques heures de répit, on conclut un pacte de non-agression. 

Et j'accepte l'invitation.  Demain.  19 heures.  Petit resto italien du coin.  Nan, je vous dirai pas le nom, des fois que vous en feriez votre QG.  Le petit italien du coin, c'est MON QG, est-ce bien clair ?

Il est quatre heures du mat, on se dit à demain, ou plutôt à tout à l'heure. 

Et je file faire de beaux rêves sous mon édredon bien rembourré qui sent si bon mon nouvel adoucissant, ou adoucisseur, jamais su comment skon disait au juste.

Et c'est là que le film commence.

Passque j'ai rendez-vous demain, enfin tout à l'heure, avec un presque inconnu dont j'ai juste vu la photo mais avec qui le courant passe tellement bien qu'il est clair et net comme clarinette que c'est l'homme de ma vie et même de l'éternité qui suivra.

Non contente d'imaginer qu'on va se plaire s'épouser s'aimer pour les siècles des siècles amen, j'en arrive même à imaginer toute la soirée, dialogues à l'appui.  Et surtout la fin de soirée, le moment oùsqu'il me ramène chez moi pour un dernier verre, me regarde de ses grands yeux bruns (ou bleus, ça va aussi, même gris ou verts, chuis pas raciste), se penche vers moi et m'embrasse voluptueusement.

Dans mon scénario, tout est absolument parfait.

Alors j'imagine la suite.  Mon état d'amour incommensurable, les copines à qui je raconte que je suis (enfin) raide dingue d'amour de l'homme idéalement idéal, puis ma mère, puis le mariage, et pourquoi pas un enfant même si ça se discute hein, faut pas mettre la charue avant les bœufs, c'est pas mon genre, vous le savez.

Et puis il est sept heures du mat et j'ai pas encore dormi.  J'ai que fantasmé.

Toute la journée, je fantasme encore.

Puis il est 19 heures, et là y'a plusieurs possibilités :

- il ne vient pas, cet enfoiré chronique, je le savais qu'il était trop poli pour être honnête

- il vient et c'est la catastrophe, mes plans sur la comète s'écroulent comme un château de cartes de belle au bois dormant

- il vient et c'est fabuleusement fabuleux, comme dans mon fantasme, le bonheur nirvanesque, l'amour éternel et blablabli et blablabla

Devinez quelle possibilité ne s'est jamais, jamais, jamais réalisée à ce jour, hein, devinez donc une fois...

Vie cruelle.  Monde cruel.

 

12
déc

J’ai testé « l’homme qui connaissait les méthodes pour pécho une meuf » (ou « l’expert en séduction »).

Août 2008.

Je discute épisodiquement avec lui, sur MSN, lorsqu'il m'annonce, un soir, très sûr de lui « demain, je teste ma nouvelle méthode d'approche, je fais partie d'un club de séduction ».

Immédiatement, cela m'interpelle, et je propose d'y assister, afin de voir un séducteur en plein travail et d'écrire un article.  La journée promet d'être captivante.  Mister Séduction, appelons-le ainsi, accepte, me suggérant de me lancer dans l'art de la séduction, moi aussi, ce que je refuse illico.

Je prépare dès lors mon matos, imaginant la scène : moi, au bout d'un banc, lunettes de soleil sur le nez, magazine en mains pour me donner bonne contenance, de quoi noter, l'air captivé par ma lecture ; lui, à l'autre bout du même banc, tentant de séduire les femmes par des tas de méthodes mystérieuses dont il va m'exposer le b.a.-ba.

Malheureusement, le soleil n'est pas au rendez-vous et la foule presse le pas pour aller d'un magasin à un autre.  Nous allons donc prendre un verre en terrasse, sous des nuages menaçants.  Durant les premières minutes, il ne cesse de me répéter « je ne le fais que si je le sens, je dois me roder, ne me force pas ».  Ben non, panique pas voyons, je ne force pas, j'assiste juste.  La terrasse est déserte, il m'explique donc comment il va s'y prendre pour séduire.

Séduire, un joli mot qui cache une tout autre réalité, que je détecte immédiatement, du moins lorsqu'il m'annonce, vraiment très sûr de lui, que son club de séduction (mon dieu, que c'est peu modeste de se définir comme un séducteur), disponible sur le net (et vous les hommes, lisez l'article jusqu'au bout, ne foncez pas sur le web pour tenter de trouver ce site), est un site donnant des conseils d'une banalité déconcertante pour parvenir à ses fins : tout d'abord le « kissclose », savoir parvenir à obtenir un baiser, mais surtout le « fuckclose », terme très élégant, on est d'accord, signifiant, vous l'aurez compris, parvenir à, excusez les termes, baiser, niquer, tirer son coup et j'en passe.  Seul but du club.  Seul but de la démarche de ce jour.  Point de romance ou d'amour ici, juste du cul.  Première tactique d'approche, selon lui : provoquer un contact physique, genre sur le bras ou l'épaule, pour induire une complicité.  Je frémis.  Il y a quelques instants, en rue, il a posé sa main sur mon épaule, je n'ai pas rêvé.  Nan, je n'ai pas rêvé.

Arrivent deux jeunes et jolies femmes, qui s'installent près de nous.  J'ai proposé à mon compagnon de quelques heures de prétendre être sa sœur, puisque nous partageons la même table, situation peu favorable à la drague, j'en suis consciente.  Il acquiesce et, après s'être donné du courage du courage du courage (la Grande Sophie) en ingurgitant un verre de bière, il attaque en tentant de susciter une discussion avec les demoiselles.  Flop.  Aucune réceptivité. 

Nous continuons notre dialogue, somme toute passionnant, en observant les femmes (et accessoirement les hommes) qui passent et repassent.  J'adore ça, je l'avoue.  Mister Seduction m'explique comment il repère les femmes intelligentes, celles qui ont ou pas la classe, qui sont ou pas bien habillées.  Au feeling ma bonne dame, au feeling.  Il m'interroge ensuite sur sa propre tenue vestimentaire, qu'il juge très classe et tout et tout.  Moi je la trouve normale sa tenue, voire banale, et je le lui dis.  Clair qu'il a une très haute opinion de lui-même et ça ne pourra que l'aider pour tomber les filles, je n'en doute pas un seul instant.  Je ferais bien d'en prendre de la graine. 

Il pleut.  De plus en plus.  Une jeune étudiante ramasse les coussins afin de les sauver du déluge.  J'explique alors à Mister Seduction qu'un vrai séducteur aurait de suite saisi cette opportunité pour l'aider et faire connaissance.  Il obtempère finalement, tutoyant au passage la jeune fille.  Je n'aime pas ça, ce tutoiement d'emblée.  Je tutoie rapidement, sur le net.  Mais dans la vraie vie, avec des personnes totalement inconnues, cela m'apparaît comme un manque total de respect.  Mais peut-être est-ce cela, le véritable art de la séduction...

Il pleut à torrents, et je propose d'aller à l'Inno, histoire de tester ses capacités dans les rayons.  En chemin, nous croisons un « brûlage de culottes féminin », et Mister Séduction en profite pour draguer à tout va.  Il n'est pas le seul, puisque je surprends un « je peux vous inviter à prendre un verre », lancé comme une bouée de sauvetage (vu le temps, c'est de circonstance) par un jeune homme timide à une participante jolie comme un cœur.  Refus sec.

Je traîne Mister Séduction, qui serait bien resté en cette féminine mais pluvieuse compagnie, dans le grand magasin, et nous nous dirigeons vers le rayon féminin, où je l'abandonne, histoire de le laisser pêcher tranquille, tout en l'observant de loin.  Petit tour des rayons, je repère une blouse.  Je retrouve mon séducteur en compagnie... d'un homme âgé, avec qui il tient une vive conversation.  Oups, aurais-je mal compris ses préférences ?  Second tour des rayons, pour le retrouver en train de tenter d'obtenir l'adresse mail d'une jolie brune sympathique.  Je m'approche à pas de loup.  Je me cache derrière un rayon plein de pulls au rabais et j'écoute.  Elle refuse, son petit ami se trouvant à l'étage supérieur.  Flop.  Râteau.  Et moi je commence à adorer ma mission secrète.

Encore un circuit dans les rayons, que je connais par cœur.  A force, je vais finir par me faire repérer par la sécurité.  Et j'ai le tournis.  Trop chaud.  Trop lumineux.  J'en peux plus.  Je me réfugie dans une cabine, pour essayer la blouse.  Essayée, adorée, achetée, payée.  J'apprends ensuite que Mister Séduction a carrément quitté les lieux sans m'avertir.  Goujat, ça se confirme. 

La pluie est toujours présente, mais nous nous promenons cependant dans le piétonnier, en discutant à bâtons rompus.  Soudain, il s'interrompt.  Il a repéré une grande brune (encore une, à croire qu'il n'apprécie que les grandes brunes à longs cheveux), et s'approche d'elle, me laissant deux mètres derrière.  Ils discutent.  Je contemple attentivement une vitrine, laquelle me permet de les voir dans le reflet, et de les entendre.  La discussion s'éternise.  J'ai froid.  Il parvient à lui extorquer son adresse mail. Victoire.  Poisson ferré.  Mission accomplie. 

Elle s'éloigne et je le rejoins.  Il est fier comme un paon.  Heureux comme pas deux.  Mais angoissé à l'idée qu'elle pourrait revenir sur ses pas, et le découvrir en ma compagnie.  Il préfère rebrousser chemin et quitter le centre-ville.  Cela m'arrange, je n'en peux plus.  De cette pluie.  De cette drague qui ne colle pas avec l'idée que je me fais d'une rencontre.  D'une rencontre amoureuse, j'entends.  Car il est clair que là, le but est uniquement de parvenir à ses fins, savoir la baise à l'état pur. 

J'en ai encore confirmation sur le chemin du retour, lorsque nous croisons une dernière brune et qu'il envisage de tester à nouveau son pouvoir de séduction, ayant totalement oublié celle qui le rendait si joyeux il y a quelques instants à peine.  Elle enfonce cependant des écouteurs dans ses oreilles, sourde à toute approche.

Je rentre chez moi.  Lui chez lui.  Il a une soirée séduction dans quelques heures, la préparation est de rigueur.

A mon retour, je fonce visiter ce club de séduction sur internet et je découvre, outre les conseils pour draguer, séduire et tirer son coup, un forum digne d'un cursus universitaire mais d'un niveau intellectuel rare, et des guides pour se caser en une semaine, qu'il est conseillé d'acheter dès son arrivée sur le site, pour optimaliser les résultats.  Ben voyons.  Un véritable séducteur a-t-il vraiment besoin de trouver des conseils sur un site web ?  La séduction n'est-elle pas innée et spontanée ? 

Je resterai dubitative une bonne partie de la soirée, un tantinet dégoûtée par ce que j'a vu et entendu, tournant et retournant dans ma tête le fait qu'à l'origine, j'ai commencé à parler à ce séducteur en herbe dans le but d'un rendez-vous ultérieur, qui n'a finalement pas eu lieu.  Alléluia.  J'ai échappé au pire !  Mais j'y ai gagné une jolie blouse et la conviction définitive que les séducteurs, très peu pour moi.

Illu de Flo

draguept