6
jui

Brèves d’un site de rencontres : dialogue de sourds

Sa première question : « Tu cherches amitié ? »

Moi : « Amitié et amour en fait, mais le terme amitié fait fuir, parfois, les obsédés… » (et puis comme ça, si le mec qui me contacte est hyper lourd, je me retranche derrière ma demande d’amitié, voyons voyons, qu’allais-tu imaginer, moi un plan Q, jamais au grand jamais).

Lui : « Bon, je cherche amour, mais je te propose mon amitié, même si je cherche amour. Parce que moi, je cherche l’amour hein.  »  (A votre avis, il cherche quoi ?)

Moi : « Mais amitié et amour ne sont pas incompatibles. »  (Passque l’un peut basculer vers l’autre, mais surtout passque dans la vie, j’ai besoin des deux moi, c’est ainsi)

Lui : « Ah ben non hein l’amitié c’est pas possible quand on est en couple moi quand je suis en couple ben je vois uniquement nos amis communs il est pas question d’autre chose et si je suis en couple je veux pas que ma copine voie quelqu’un d’autre en amie si je suis en couple et puis quand on est en couple on n’a pas besoin de voir d’autres gens et certainement pas sur le net, mais keske vous avez à vouloir des amis je comprends pas d’ailleurs l’amitié ça n’a aucun sens ça sert à rien moi je veux être en couple. »

Moi : « Ben l’amitié c’est important aussi ».

Lui : « Oui ben dis-moi ce que vous avez, les femmes, qui tournent pas rond, à toujours vouloir des amis, moi je veux l’amour, c’est quand même grave, c’est quoi votre problème à vous les femmes hein, dis-moi, c’est quoi votre problème à toujours vouloir de l’amitié ». (et pas de la baise, je veux de la baise, je ne pense qu’à la baise, ça te tente pas un plan amitié + baise des fois ?)

Moi : « au revoir au revoir président » (je l’ai juste pensé, pas écrit, of course, j’avais rédigé une explication de mon point de vue sur l’amitié, puis me suis dit « à quoi bon hein ? »).

Donc Moi : néant.

Mais j’aurais aimé lui dire :

De un : « respiiiiiiiiiiiiiiiiiiire ». 

De deux : « c’est qui qu’a proposé son amitié, hein, c’est qui ? »

17
jan

Brève d’un site de rencontres : les virus traversent-ils les pc ?

(Les brèves ? Des billets brefs, passque l’épisode, anodin mais néanmoins amusant, ne mérite pas un trèèèèès looooong billet, tout simplement).

J’ai fait sa connaissance il y a trois semaines.  Virtuellement uniquement.

Je suis en pleine conversation sur msn avec lui lorsque ma grippe se déclare soudainement et violemment.  Je lui indique donc brièvement que je me sens malade, tout d’un coup, et que je vais me coucher.  Ce que je fais d’ailleurs ensuite.

Sa réponse « déjà ? ».

Moi « ben oui, je suis malade ».

Lui « ça arrive ».

Sa sollicitude me touche profondément.  Je sens le prince charmant qui sommeille en lui.

Quinze jours plus tard, je réapparais sur msn.  Mon profil indique que j’émerge enfin de cette sale maladie.

Il m’apostrophe alors « tu émerges ? »

Moi « oui ».

Lui « tu n’es plus malade ? »  Je vous le disais, il ne pensait qu’à ça depuis notre dernier échange, se rongeant les ongles des orteils de n’avoir plus de mes nouvelles.  Un prince charmant en puissance.  On va se rencontrer se marier faire des enfants vivre heureux et jamais divorcer.

Moi « encore un peu malade, mais c’est la fin ».

Sa réponse ?

Rien, nada, niente…  Silence absolu. A croire qu’il a peur que je sois toujours contagieuse et que ça se transmette par internet.

Ah non, j’ai une autre idée qui pointe : il m’espérait en pleine forme pour me proposer une rencontre immédiate et plus si affinités.  Surtout le « plus si affinités ».  Mais si moi y’en a être encore bof, moi y’en a pas être dispo.  Je l’ai échappée belle.

Allez, au suivant…

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31
aoû

L'heure du verdict a sonné

Il est temps de vous le révéler : oui, oui et oui, le prénom d'ex-profil de ma vie a été révélé dans vos suggestions.

Bravo à la gagnante, qui ne gagne rien sinon l'honneur d'avoir dans les prénoms masculins qu'elle estime dotés de mochitude le prénom d'ex-profil de ma vie.

16
aoû

Ex-profil de ma vie, the come back

Je sais que vous êtes friands de mes rencontres foireuses, petits sadiques.  Ça vous plait hein, de voir Anaïs se prendre des bides, des râteaux, subir des flops et des déceptions.  Ça vous donne l’impression de lire un magazine people : « Anaïs a rencontré le profil de sa vie : un mariage bientôt ? »  « Anaïs passe une soirée avec profil de sa vie » « Anaïs et profil de sa vie : rien ne va plus » « Ex-profil de sa vie disparaît de la vie d’Anaïs sans laisser de traces »…

Alors je ne peux résister à l’idée de vous proposer un nouvel épisode de cette saga estivale « Anaïs manque de s’étrangler : ex-profil de sa vie is back ».

Naaaaaaaaaaaaa, ne vous frottez pas les mains de joie.  Du moins si cette joie est synonyme de « aaaah, enfin, l’amour, le grand, le vrai, le beau, dans la vie d’Anaïs ».  Mais si cette joie est pernicieuse et synonyme de « aaaah, enfin, Anaïs va encore vivre des trucs foireux », là vous pouvez vous frotter les menottes.

Je suis sur la page orange, en train de répondre à un charmant monsieur avec qui je discute depuis quelques jours.  Qui est sympa, drôle, pas con et pas moche.  C’est cool, car ça fait quinze jours que j’ai plus de news d’ex-profil de ma vie, donc j’ai tiré un trait sur lui, après avoir envisagé, au choix, de lui envoyer par sms l’adresse de ce blog, d’aller foutre le feu à sa maison, de le dénoncer sur la page orange comme potentiel tueur en série, et j’en passe.  Mais là, j’ai de chouettes contacts, alors j’ai fini par le zapper.  Alors je discute avec du monde.  Allons-y lentement, lentement, trèèès lentement.  Anaïs ne s’emballera plus.  J’envoie ma réponse à ce nouveau contact sympa et paf, petite notification « vous avez un nouveau message ».

Etant donné qu’ex-profil utilise un prénom bidon qui n’est pas le sien (dommage car entre nous son prénom est vraiment moche de chez moche, pas le prénom d’un prince mais un prénom qui me rappelle des souvenirs d’enfance pleins de café au lait tiède et de transpiration), mais ce prénom bidon est toujours le même, dans ses divers et nombreux profils, suivi soit d’un autre mot soit de chiffres, toujours les mêmes aussi.  Donc je ne tilte pas tout de suite, car il n’a pas opté pour ce fameux prénom, cette fois, dans ce profil tout frais tout juste sorti de l’œuf.  Mais les chiffres sont les mêmes, on ne change pas une équipe qui gagne.  Mais je ne tilte pas avant d’ouvrir le message et de revoir cette photo, toujours la même, également.

Et son message, court et sec : « quand m’invites-tu à prendre un verre ? bisou »

Juste ça.

Pas un « je te dois une explication pour ne m’être plus manifesté après avoir accepté ton amitié éternelle et indéfectible, j’ai disparu purement et simplement et viré mon profil sans un adieu car (biffer la mention inutile) ma mère a été piquée par la mouche tsétsé j’ai dû aller la rapatrier par avion sanitaire, je me suis brisé les dix doigts lors d’une tentative de record du monde de hulla hoop au Brésil il y a peu et étais incapable de t’envoyer le moindre mail ou sms je m’en suis mordu les doigts enfin ce qu’il en restait, je me suis enlisé dans de la fiente de poules en voulant les sauver pour un organisme de défense animale et l’intoxication à l’ammoniaque a été sévère, j’ai glissé sur une peau de banane et subi une amnésie dont je sors à peine et tadaaam je me souviens enfin de toi et de ta beauté transcendante, j’ai rencontré une meuf juste après toi mais là elle vient de me larguer comme une crotte, alors je m’ennuie ferme donc autant te recontacter tu serais bien assez conne pour me reparler. » Chais pas vous, mais moi, j’ai une petite et trèèès vague idée de l’hypothèse la plus crédible…

Alors je me tâte.  J’hésite.  Je réfléchis.  Je médite.  Je m’interroge.  Deux secondes.

Et je réponds « volontiers, mais je vais faire mieux qu’un simple verre, tant qu’à faire, je t’invite à la Bergerie (resto étoilé namurois), régalons-nous sur mon compte, ensuite on ira à l’hôtel des Tanneurs, je louerai la superbe chambre avec jacuzzi et vue sur les toits de Namur et tu abuseras de moi à ta guise. »

Nan, je rigole.

Je réponds « on se connaît ??? »

Bien fait pour sa gueule.  Non mais.

Illus d'Emma Toz et son petit grain de folie.  Voilà tout ce par quoi je suis passée en découvrant le message d'ex-profil de ma vie.  Le blog d'Emma, je viens de le découvrir et j'aimeuh d'amour, même que j'ai déjà plein d'illus que je veux vous montrer et que ses illus m'inspirent des billets, si c'est pas ça le bonheur... Ennplus, y'a la musique de la Belle et la Bête, mon Disney préféré, sur son blog.  Bon, j'aime pas la musique sur les blogs, mais ça j'aime.

L'horreur c'est que je sais pas la contacter et j'espère qu'elle va pas me haïr et me maudire sur quinze générations d'avoir pris ses illus...

 

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7
aoû

Inception… puis déception

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Deux histoires en une… petits gâtés que vous êtes.

Inception, puis déception.  Mais pas de déception pour Inception.  La déception est après.  Of course.

J’ai donc été voir Inception.  Avec le profil de ma vie.

On m’avait dit beaucoup de bien de ce film.  A lire le résumé, pas le genre que j’aime.  Un résumé qui m’épuise, auquel je ne pige rien.  Et la bande-annonce, avec ces rues qui se soulèvent, brrrr, j’en tremblais d’effroi.  Mais vu la super critique et les ceusses qui m’ont dit « va le voir », ben j’ai été.  J’obéis, moi, ma bonne Dame.

Fort heureusement, on m’avait aussi dit « les cinq premières minutes sont complexes, t’inquiète, ça ne durera pas ».  Passqu’en effet, complexes, ces cinq premières minutes.  Mais ça ne dure pas.

Maintenant, c’était peut-être la présence d’ex-profil de ma vie qui me perturbait.  Chuis toujours un peu stressée dans ce genre de circonstances.  Plein d’idées me passent en tête : « respire pas trop fort », « gesticule pas », « ne sois pas trop près de lui », « ne sois pas trop loin de lui », « croise les jambes, ça fait dame », « décroise les jambes, mauvais langage corporel, signe de fermeture », « ne le regarde pas », « ne le regarde pas, je te dis », « et s’il essayait de m’embrasser je ferais quoi ? », « et s’il n’essaie pas de m’embrasser, je fais quoi ? », « concentre-toi sur le film tu vas rien piger », « j’ai soif, pourquoi j’ai pas dit oui quand il m’a proposé une boisson », « c’est qui ce personnage-là déjà, je pige rien », « il est mignon ex-profil, me demande s’il voudra me revoir », « j’aime bien ses lunettes », « il voudra pas me revoir, trop moche, trop conne, trop grosse, trop inculte, trop trop trop », « il voudra pas me revoir, pas assez sexy, pas assez intelligente, pas assez grande, pas assez pas assez pas assez », « il voudra me revoir, je suis le profil de sa vie »… et je vous en passe.

En plus, pas de bol, je me tape de l’asthme et j’ai oublié mon spray chez moi.  Pas mourir ici, pas mourir ici pas mourir ici.  Bon, ça pourrait être romantique, j’agonise, j’étouffe, on se retrouve à l’hosto et tout et tout.  Ça pourrait être romantique dans une comédie romantique.  Pas dans la vie.  Dans la vie, je me racle la gorge sans cesse, pour faire passer la crise. Et il me propose une pastille pour la gorge.  Il est exaspéré, c’est clair.  Je l’exaspère avec mes bruits de tuberculeuse.  Pourtant, Sissi, elle avait séduit un empereur, malgré sa tuberculose.  Oui, bon, dans la vraie vie on a dit.  Donc une pastille.  A la menthe.  Je déteste les pastilles à la menthe.  Mais j’accepte.  Et elle est bonne, cette pastille.  Pas trop fort.  Faut que je demande la marque.

Mais, hormis ces quelques considérations typiques de la rencontre futurement foireuse, j’ai adoré Inception.  Quelqu’un m’a dit que le réalisateur devait être un peu fou pour avoir imaginé ça.  C’est sans doute ce qui fait que le film captive d’un bout à l’autre, cette folie.  Et puis Léonardo Di Caprio qui joue vachement bien le bellâtre torturé (il m’a jamais vraiment fait de l’effet, Léo, une gueule trop parfaite, trop enfantine, mais bon, je l’aime bien quoi).  Et puis ce rêve dans ce rêve dans ce rêve dans… ce rêve ou cette réalité ?  On s’y perd à la longue.  Et c’est triste, parfois.  Angoissant, souvent.  Tous ces tueurs, font peur.   Et puis un film plein de questions, jusqu’au dénouement final, qui ne dénoue peut-être pas tout.  Passque la toupie.  Je m’interroge.  Un film à voir au cinéma, pour les images, pour l’action, pour le son.

Fin du film.

Fin de l’histoire, aussi.  Fin de profil de ma vie.  Bienvenue ex-profil de ma vie.

Ça vous dit un petit résumé des divers échanges de mails et sms suivant la séance.  Enfin, de ce qui est racontable (cf la Boum) of course, je vais pas entrer dans les détails, rassurez-vous (je sens une pointe de déception, bande de petits curieux).  Vous avez eu un mini résumé la semaine dernière, mais ici je vous propose un big méga gros petit résumé.

Jeudi.

Lui « Passé une très bonne soirée en ta compagnie, espère toi aussi ».

Moi « Moi aussi, merci encore ».

Vendredi.

Lui  « Mieux vaut en rester là, restons amis ».

Moi « Bien sûr, pas de souci, restons amis ».  C’est vrai quoi, on n’a jamais assez d’amis, et l’amitié c’est bien aussi, et puis l’amitié peut toujours muter, et puis il est sympa, alors amis c’est bien, c’est super, c’est génial, c’est nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

Lui « Ok, super ».

Lui, un peu plus tard « Et puis, on sait jamais comment ça peut évoluer, je vais réfléchir, je réfléchis ». Mais il réfléchit à quoi, bordel de dieu ?  J’ai rien demandé, rien proposé, dit ok pour amitié, ça mérite aussi réflexion ça ?

Samedi.

Lui « Comment vas-tu ? » Aaaaaaaaaaah, mon nouvel ami veut savoir comment je vais.  C’est bon signe non ?

(Je vous passe les détails d’un blabla habituel et passionnant entre nouveaux amis youpie).

Moi, après une heure de discussion « Bon, sorry, je te laisse, j’ai un rendez-vous, bonne soirée, à bientôt, mon cher ami ». Et je file au lit, mouahahah, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais, ça peut marcher vous pensez ?

Dimanche.  A l’aube.

Lui.  « Alors, ce rendez-vous ? Bon, je pars toute la journée, bon dimanche.  »

Je vous le disais, il angoisse. Ça marche, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais.

Moi.  « Bon dimanche, bon amusement, à bientôt ». J’élude le rendez-vous de la veille avec mon oreiller, faut titiller sa jalousie, qu’il s’imagine des choses je vous dis.

Lundi.

Silence.  Il médite.

Mardi.

Silence.  Il réfléchit.

Mercredi.

Silence.  Il est jaloux mais se retient de m’interroger plus.  Il en bave.

Jeudi.

Silence.  Il a viré son profil sur la page orange.  Volatilisé.  Effacé.  Sans un mot.  Sans un au revoir.  Sans un adieu.  Evaporé.

Déception.  Drôle d’attitude.  Bon, je sais, j’ai rien raté, c’était un perturbé.  Puis au ciné, il faisait rien que m’interrompre, jamais su en placer une, ce qui est quand même rare avec moi.  Il écoutait rien. Puis finalement, il était loin de ressembler à Brad Pitt (alors que moi, bien sûr, je ressemble à Angelina Jolie, c’est bien connu).  Puis moi je mérite un homme qui n’hésite pas, qui fonce, qui m’aime et le dit et l’assume et le redit.

Mais tout de même…

Je n’y comprendrai jamais rien aux mecs, c’est définitivement définitif.

Et le drame dramatiquement dramatique finalement, le pire du pire du pire, c’est que jamais je ne connaîtrai la marque de ces pastilles à la menthe, damned.