22
nov

Quatre fromages et un enterrement

Après ces considérations télévisuelles, j’en reviens à mon sujet de prédilection : mes rencontres. Et plus particulièrement mes retrouvailles avec le Plongeur.

Comme convenu, il est venu chez moi découvrir l’apéritif local (fallacieux prétexte pour l’attirer dans mon antre magique). En ouvrant la porte, mon cœur fait à nouveau boum boum, ça fait du bien de le revoir. L’apéro lui convient, mon intérieur aussi, ma personne je l’ignore encore… Après l’apéro, il ne s’enfuit pas sous un prétexte quelconque du genre je dois voir un pote – je bosse tôt demain – ma mère est malade. Nous partons même manger un bout dans un italien. A moi une pizza quatre fromages super coulante, aaaah, le bonheur. Rien que pour la saveur de ce mets, ça valait la peine. Même si jamais rien ne se produit entre nous, cette pizza restera un grand moment dans ma vie. J’appelle ça un orgasme stomacal.

Evidemment, la charmante personne qui me tenait compagnie avait sans doute une influence sur ma passion subite pour les pizzas quatre fromages. Il en a pris une et dans un élan «soyons similaires soyons un», je me suis écriée «ah cool, moi aussi je prends toujours la quatre fromages». En fait c’était ma première quatre fromages. Et j’ai aimé, ouf. Je ne devrai pas manger à vie des quatre fromages par amour, comme cette femme qui, à son premier rendez-vous, n’avait pas osé refuser une proposition de moules-frites, et, les années suivantes, se vit obligée d’accepter une moules-frites chaque année à la date anniversaire de leur rencontre. Elle n’avait jamais tenté d’avouer son mensonge… jusqu’à une fameuse dispute où, à bout de nerfs, dix années et dix moules-frites plus tard, elle lui a hurlé «moi j’en ai marre de manger des moules par amour». Il n’y a rien compris et la dispute s’est évaporée sur un fou rire. Histoire vraie, lue dans Flair il y a des siècles.

Donc si je finis ma vie avec le Plongeur, je mangerai des quatre fromages, par amour, mais aussi parce que j’aime ça, waw.On est ensuite repassés chez moi, on a beaucoup parlé, je ne m’ennuie jamais en sa compagnie, tout coule de source, comme si je le connaissais depuis des lustres. Au moins cette soirée géniale m’a permis d’oublier un tant soi peu mon échec cuisant de ce WE… échec que je serai amenée à revoir le WE prochain déjà, oh rage oh désespoir. Prions pour que la pensée du Plongeur me fasse oublier mes pensées secrètes pour ledit échec…

19
nov

Nouvelles résolutions

Voilà si j'avais besoin d'une dernière confirmation sur le fait que mes chances de séduire le mystérieux homme qui fait frémir mon coeur étaient égales à zéro, c'est maintenant chose faite. Certains signes ne trompent pas.

Je dois donc me résoudre à abandonner définitivement les minuscules et maladroites tentatives de séduction pour me tourner vers d'autres horizons. Le plus dur est que je vais être amenée à le revoir très régulièrement, et sans doute prochainement "casé" avec l'amie d'un ami d'une amie etc etc... qui lui courait après et qui semble le rattraper :)) J'en ris mais c'est quand-même un peu dur ce soir, déjà que le dimanche n'est pas trop mon jour, et que, malgré que je savais pertinemment que je n'avais rien à attendre de lui, je me berçais de quelques douces illusions. Comme tout cela est dur. Pas le moral. Le meilleur moyen d'oublier un homme : en trouver un autre :) J'y fonce de ce pas.

19
nov

Je fonce

Après réflexion, et au vu de cette superbe photo qui m’a fait rêver, j’ai foncé : j’ai proposé au Plongeur de venir tester un apéritif régional qu’il ne connaît pas. Voilà. Na. C’est fait. Et il a dit oui.

19
nov

Qui l'eût cru, lustucru...

Qui aurait cru que, en dépit de mes efforts faits sur le net pour rencontrer quelqu’un de manière, je dirais, artificielle (sans être péjorative), j’irais m’amouracher de quelqu’un de manière, je dirais, naturelle… Personne ! Qui aurait cru que je m’amouracherais de quelqu’un qui n’éprouverait rien en retour… là, tout le monde (du moins tous ceux qui me connaissent) ! C’est la norme chez moi…

Je vous passe les détails de la rencontre, qui date de quelques semaines déjà, il s’agit de l’ami d’un ami d’une amie etc etc. Ça a commencé sur les chapeaux de roue, on s’est directement pris la tête. Pour ma part c’est bon signe : quand je me prends la tête, c’est parce que je suis intimidée, alors je sors sans cesse des vannes pour combler cette angoisse. Je redeviens ado. J’ai beau me raisonner depuis lors, me répéter sans cesse que je n’obtiendrai rien, ça se sent, il me considère comme la bonne copine sympa avec qui on rigole bien, hein – grande tape amicale dans le dos – t’es ma pote toi ! Je suis habituée à ce genre de scénario, à chaque fois que j’ai un gros coup de cœur, ça finit ainsi.

Donc à chaque fois que je sais que je vais le revoir, comme hier (oui la sortie entre copines c’était un tout petit mensonge, y’avait des êtres mâles également), je me sermonne les heures qui précèdent : coeur

* il n’a rien pour te plaire : c’est vrai, physiquement, pas du tout le genre qui me fait rêver en général, mais là j’ignore pour quelles raisons absurdes, je craaaaque, rien que de le regarder, je fonds comme neige au soleil

* son caractère ne te convient pas : tout à fait l’inverse du mien

* tu n’as rien pour lui plaire : là c’est facile à me faire entrer entre les deux neurones, ça se voit clairement, que je ne lui plais pas : jamais un petit mot gentil, juste des vannes (décidément c’est notre mode de communication)

* il ne répond jamais à tes sms ni tes mails : ou alors brièvement, sans question en retour qui laisserait présager qu’il ait l’espoir d’une réponse de ma part, sans utiliser le maximum de caractères autorisés dans le sms comme on le fait quand on veut tout dire. Il me répond comme on répond à un bon pote

* tu n’es pas la seule sur le coup : et l’autre, que dis-je, les autres, mettent le paquet, elles foncent, pas comme la grosse timide que je suis qui ne tentera rien sans être sûre à 900 % que le crapaud qu’il est serait ravi de se voir embrassé par une grenouille de mon espèce (et nous nous transformerions en prince et princesse, nous serions heureux et nous aurions beaucoup d’enfants, pour les siècles des siècles, Amen), et comme on n’est jamais sûr à 900 %, je vais me le faire chiper et je passerai le reste de ma vie à le voir roucouler béatement avec cette autre qui aura, elle, tenté sa chance, et gagné le jackpot.

Et au moment où je le vois, bardaf, tout s’écroule. En quelques secondes, mes bonnes résolutions s’envolent et je me remets à rêver, fantasmer, espérer. Mais rien ne se passe, bien évidemment. Je suis submergée par des bouffées d’affection, qui se transforment en envies de lui prendre la main, de le toucher. Moi qui ne suis pas tactile avec ceux qui ne me font pas d’effet, je sais pertinemment que ces envies de toucher sont très révélatrices. Heureusement j’arrive à dominer mes pulsions et à rester sagement assise sur ma chaise bras croisés. J’évite de trop boire, sait-on jamais de quoi je serais capable. Et voilà donc le résultat, je rentre chez moi, frustrée de n’avoir su percevoir en lui le moindre petit signe qui puisse me laisser espérer, et je passe une mauvaise nuit. Je vais donc aller prendre une bonne douche froide pour remettre toutes ces idées stupides en place, et me préparer, me pomponner, me faire jolie, choisir des vêtements qui me rendent féminine et attirante, car tout à l’heure… il sera là. C’est grave docteur ?

14
nov

Un plongeur qui me fait plonger

Voilà c’est fait. Je ne voulais pas en parler avant, donner la date, l’heure, le lieu, de peur de rompre le charme. De peur, surtout, de me faire poser un lapin et de devoir l’avouer ensuite. J’ai donc plongé dans les yeux de mon plongeur hier soir.

Le rendez-vous était fixé chez moi pour l’apéritif et, ridiculement, ça m’a fait l’effet d’un film : il a sonné, j’ai ouvert, et là, contrairement à mes précédentes rencontres, chabadabada, bardaf, un coup de foudre. Inexplicable car ce n’est vraiment pas mon genre, mais alors pas du tout. Parait que c’est scientifique : notre corps reconnaît les caractéristiques du mâle qui serait idéal pour assurer la descendance. Et compenserait nos failles physiques par exemple. Rien de romantique à cette alchimie, mais ça m’a fait un drôle d’effet.

Il avait un cadeau anticipatif pour mon anniversaire, moi rien. C’est gentil tout plein. Je me liquéfie, tout comme nos apéritifs que j’ai servis d’une main tremblante (je craque je craque je craque). Ensuite, il m’a invitée dans un petit resto sympa, assez intime sans tomber dans la guimauve. Pourtant je me sens guimauve, faut que je me ressaisisse. Le courant passait super bien, on riait, j’adore plonger (comme c’est original) dans ses yeux rieurs. Par contre, la plongée, il en ignore tout, c’est juste un de ses rêves. On s’est promené un peu dans le froid, j’étais totalement envoûtée, mais comment être sûre qu’il existe un soupçon de réciprocité ?

Voilà je suis sur mon nuage. Mais bon c’est resté totalement platonique, car dans ces moments là, je suis d’une timidité maladive, et si l’autre ne fait pas un petit geste, en 2053 j’y suis toujours… On a parlé de se revoir, mais la rengaine du «on s’appelle», je la connais… Donc Wait And See… En attendant, c’est Dream in Blue …