13
déc

Retour sur le net

J’ai réalisé que je n’avais plus tant de contacts que ça sur le net. Après avoir éliminé tous les cas pathologiques, pervers, névrosés, déprimés, amoureux ailleurs, ou simplement pas intéressés, je me décide enfin à m’intéresser de plus près à mon Voisin Gentil. Après tout, pourquoi pas, pour changer, faire un peu mieux connaissance avec quelqu’un qui semble normal. Etrange comme cette perspective me semble d’une banalité affligeante. Suis-je à ce point névrosée ou perverse pour être toujours attirée par « ceusses qui ne me conviennent pas » ? Bon, un petit effort. Je me consacre entièrement à Gentil. J’apprends pas mal de chose sur lui, plus en une seule soirée qu’au long des brefs échanges que nous avons eus en plusieurs semaines. Et ce qui devait arriver arriva. Gentil m’invite au cinéma. Le cinéma est l’endroit idéal avec les gentils. Pas besoin de trop parler. Gentil rime souvent avec ennuyeux. Idéal. Aussitôt dit aussitôt fait, cinéma nous voilà. Le film était sympa, et Gentil aussi, je dois le reconnaître. C’est le gendre idéal. Attentionné, drôle, et gentil (mais ça vous le saviez). Par contre, mon cœur n’a pas fait boum boum… Rien n’est parfait en ce bas monde.

11
déc

On est peu de choses

Echec ne m’a pas répondu. Mes scénarii s’effondrent comme un château de cartes soumis au vent du Nord. Non, il ne m’a pas immédiatement téléphoné pour s’enquérir de ma santé si fragile (j’en ai remis une petite couche dans mon mail, arguant de crises de toux interminables, de microbes voletant partout dans mon living, d’un virus récalcitrant). Non, il ne s’est pas présenté à l’improviste, un bouquet de roses dans une main, des gouttes nasales dans l’autre, pour me gaver de grogs, de médocs, et de bécots ! Et non, il n’a même pas daigné m’envoyer un petit mail banal du style « bon rétablissement ». Il veut la paix. Je peux mourir seule, ici, abandonnée de tous et de lui, il ira cracher sur ma tombe (Boris Vian).

On est peu de choses en ce bas monde, même ma bonne amie, celle-la même qui m’a annoncé si brutalement l’inclination d’Echec pour Rivale - Ouh comme je parle bien, c’est passque j’ai regardé, hier, en boucle, « Orgueil et Préjugés » (Monsieur Darcy est totalement craquant, mais à ne pas confondre avec le Marc Darcy de Bridget Jones, tout aussi craquant) et « Raisons et Sentiments » (Hugh Grant jouait déjà comme une vieille savate, mais les amours contrariées de cette époque me font toujours frémir) – bref cette « amie » n’est pas venue me rendre une visite de courtoisie sur mon lit de souffrance (elle avait un livre à me rendre, elle l’a négligemment jeté dans la boîte aux lettres de mon immeuble, par crainte de la contagion sans doute).

On est peu de choses !

10
déc

Hélas trois fois hélas

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Pitié pardonnez-moi, c’est pas ma faute. Mes doigts ne m’obéissent plus, ils ont décidé de vivre leur propre vie. J’ai beau tenter de les maîtriser, pas moyen. Ils ont envoyé un mail à Echec. C’est pas moi, c’est eux. Je le jure, je ne voulais pas ça. Ils ont pris le pouvoir, rébellion, mutinerie. Ils m’abandonnent. Et voilà, le mal est fait. Pourtant je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais à lui je ne pensais à lui je ne pensais à lui je pensais à lui je pensais à lui je pensais à lui ! Mea culpa, mea maxima culpa. Mon cerveau aurait-il donné des ordres à mes doigts sans que je m’en aperçoive. Promis, je réciterai deux Pavé et trois Ater, ou deux Avé et trois Pater, au choix. Bon, maintenant, il répond ou quoi ??

10
déc

Echec et mat

J’ai eu quelques nouvelles de mon Echec. Echec est le charmant Monsieur qui m’a fait totalement craquer mais sans réciprocité. C’est le cas avec toutes mes rencontres me direz-vous, soit.

Echec, je l’ai rencontré « dans la vraie vie ». L’ami d’un ami d’une amie, la pièce tombe ?

Je l’ai revu il y a quelques jours, et ai pu constater que malgré mes mantras réguliers « tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui », je pense toujours à lui. Il a eu le culot, oui, le culot, de s’asseoir à côté de moi, ignorant tout du frémissement que ça a provoqué. Ses mains étaient à quelques centimètres des miennes, c’était d’un érotisme fou. Enfin pour moi. A un moment, il m’a dit « Oh, tu as un grain de beauté sur la main ». Aaaaargh. Erotisme. Erotisme. Il a regardé mes mains, il a regardé MES mains. C’est bon signe non ?

Forte de ce signe de son amour pour moi, je lui ai lancé une petite perche, par mail (car sur ce coup là j’ai été forte, je suis parvenue à obtenir toutes ses coordonnées, l’air de rien), pour l’inciter à m’appeler. Ce qu’il a fait immédiatement. C’est bon signe non ? J’ai adoré cette conversation, somme toute assez longue. J’en étais toute tremblante après. Ça fait midinette… mais c’est ainsi ! On a beaucoup ri, comme d’habitude. C’est bon signe non ? Cette sensation de le connaître depuis toujours. C’est bon signe non ?

Bref j’étais sur un nuage, partiellement dû, sans doute, à la fièvre qui m’assaille depuis quelques jours. Toute grisée par cette expérience (enfin) réussie, selon moi, je contacte l’amie de l’ami d’Echec, pour l’inciter à réorganiser quelque chose qui me permette de le revoir. Je prends bien entendu l’air innocent de la femme totalement désintéressée. Et apparemment je joue super bien le jeu, vraiment trop bien, car elle n’imagine pas un seul instant que je sois intéressée… et elle m’annonce que le meilleur moyen de motiver Echec est d’inviter aussi la Rivale (la fameuse Rivale) à la sortie que je propose, car la seule chose qui l’intéresse, lui, c’est de La revoir, Elle. Lui, Elle, Lui, Elle, ces mots tournent dans ma tête. Je dégringole en deux secondes de mon nuage moelleux pour atterrir lourdement (j’avais qu’à pas grossir !) sur le sol, voire au 36e dessous.

Soit cette amie n’en est pas une et elle prend un malin plaisir à me voir mourir d’amour (« il n’y a pas d’amour heureux » - Aragon), soit, ce que je crois, je joue tellement bien le jeu de l’indifférence, qu’elle n’y a vu que du feu. Les dés sont jetés. Rivale aime Echec (je le savais). Echec aime Rivale (je l’ignorais, mais, je me dois d’être honnête, je le craignais). C’est mauvais signe non ? Pour la quinzième fois, je décide de tirer une croix sur lui.

7
déc

Leçon de jardinage ?

J’ai tchatté longuement avec VIP hier soir. J’ignore comment nous en sommes déjà arrivés là, est-ce que parce qu’il vantait sans cesse le fait que j’étais une fille sympa et cool, ç’a m’est monté à la tête comme le champagne lors de la soirée, moi qui suis timide d’habitude, j’ai tout déballé : j’ai dit que ça ne me suffisait pas, que j’avais cru que le courant passait bien, qu’on était complices et que j’espérais plus. La réponse est tombée comme un couperet «je ne vois pas ce qui t’a fait croire ça, on peut être bons copains, mais c’est tout».

Ben voyons, comme d’hab, quand je craque, je ne suis que la bonne copine sympa. Si les relations ne sont qu’une question de chimie, pour la survie de l’espèce, pourquoi ce phénomène chimique n’est-il pas d’office réciproque, ça aiderait ! Bon, je ne connaissais rien de lui, mais j’avais eu un gros coup de cœur. Rien de bien dramatique. On en restera là, l’amitié avec quelqu’un qui me fait craquer, ça ne me fait que souffrir. Au moins ça me confirme qu’on trouve de tout sur le net, même des hommes mignons et adorables (restons objective, même si lui ne me trouve pas mignonne et adorable). Et ça confirme que je peux craquer, plusieurs fois, sur différents hommes. Ça console. Ça rassure.

En plus, avec tous les râteaux que je me prends, je suis ravie, j’ouvrirai bientôt une école de jardinage dans ma région. Avis aux amateurs (célibataires si possible) !