2
oct

Coup de foudre !

sensuelle oct 07
Normalement, ce 1er octobre, j’aurais dû vous annoncer la parution d’un de mes textes inédits dans un mensuel français dont je vous ai déjà parlé.  Il s’agissait d’un texte un peu rigolo, un peu coquin, vous aurez vite compris de quel magazine je parle.  Durant des mois, la rédaction m’a fait croire que je serais publiée.  Et puis, étrangement, il y a quelques semaines, plus de réponse à mes mails, le silence absolu.  S’il y a bien une chose ignoble, c’est ce silence, qui signifie que vous n’êtes rien, que vous n’avez droit à aucune considération, que vous ne méritez même pas qu’on consacre trente secondes à vous répondre.  J’ai donc appris, par personne interposée, que mon article passait à la trappe, et qu’ils avaient jugé inutile de me le dire, pas de temps à perdre sans doute.  Je vous invite donc à boycotter ce magazine, parce qu’il n’a aucun respect de ses lecteurs et parce que, tout bien réfléchi, on n’a pas besoin d’un magazine pour apprendre à utiliser nos joujous.  Na. Et encore na.

Finalement, ce 1er octobre sera tout de même un jour de chance pour moi, par le plus grand des hasards.

Il y a quelques semaines, Céline, du blog journaliste cherche job, me signale qu’elle cherche des anecdotes rigolotes au sujet du coup de foudre et me demande si j’ai quelque chose à lui proposer.  Bien entendu, ça ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde, et moi, quand on me propose d’écrire, j’écris.  Je raconte donc deux coups de foudre que j’ai vécus.  Et je les lui envoie.  C’est pour un magazine dont j’ignore tout, je l’avoue, et rien ne garantit que je serai sélectionnée parmi les témoignages.  En plus, j’ignore totalement quand le mag va paraître.  Donc ces articles, je les oublie presque.

Et tout à l’heure, ô surprise, une lectrice me félicite pour cet article paru dans Sensuelle.  Je suis d’abord étonnée, puis la pièce tombe.  Zont pris un de mes articles.  Youpiiiie.  Et en plus zont mis un lien, ça c’est super sympa.  Premier lien dans un mag français.  Fais un vœu Anaïs, ferme les yeux, fais un vœu.

Merci à Géraldine de m’avoir si rapidement envoyé une photo de l’article.  Je vais harceler mon libraire demain pour tenter de le trouver, ce petit nouveau mag oùsque j’ai un chtit article.  Je ne sais même pas si c’est vendu en Gelbique, sacrebleu !  De toute façon, de deux choses l’une, ou je le trouve dans mon pays, ou je traverse les fleuves, les montagnes, les volcans et les mers pour aller le chercher en France.

En attendant, je vous livre le « texte intégral » des deux coups de foudre que j’avais contés…  Bonne lecture.

Ne jamais mélanger plaisir et travail

C'est un jour comme les autres, métro-boulot-dodo.  Je suis donc paisiblement en train de boucler un dossier urgent, lorsque je suis demandée à l'accueil par un client.  Je m'y rends, totalement inconsciente de l'événement perturbateur qui se prépare.  Je repère mon client, qui me tourne le dos, je m'approche.

Entendant mes pas il se retourne, et là… patatras.  Badaboum.  Plouf.  Paf.  Mes jambes tremblent, mon estomac se noue, mon cœur s'emballe comme un dingue et je deviens rouge coquelicot.  Il est beau, il est grand, il sent bon le sable chaud (oups je m'égare).  Je n'ose croiser son regard bleu lagon.  

Je me raisonne tant bien que mal "Ma petite Anaïs, c'est un client, et tu dois rester professionnelle".  Je m'approche, chevrote un "bonjour" et saisis les documents qu'il me tend, pour les photocopier.  Ma main vibre, comme après un effort musculaire.  Voulant l'impressionner, je ne fais pas usage de la dégrafeuse pour séparer les documents, je fais un geste brusque mais néanmoins censé être esthétique (genre femme fatale qui maîtrise la situation) … et je déchire toutes les feuilles.  Mon visage coquelicot devient grenat, je bafouille quelques excuses.  Il reste imperturbable.  Je m'éloigne de lui pour les quelques photocopies.  Toutes les feuilles se coincent dans la machine, je tire, je pousse, je m'énerve, je vacille comme une feuille face à l'automne menaçant.  Tant bien que mal, et plutôt mal que bien, j'effectue mon travail et reviens vers lui pour lui rendre sa paperasse.  Je bafouille un "au revoir", je serre sa main chaude (à moins que ce ne soit mon imagination) et je le regarde s'en aller à regrets.  Toute la journée, je ne pense qu'à lui, à lui à lui, dont je sais juste ses nom et prénom.  

ça doit être ça, le coup de foudre.

 Je ne l'ai jamais revu.

C'est lui !

De lui, je n'ai qu'une petite photo transmise par mail.  Une petite photo aussi craquante que celle du fils de Frankenstein et d'Elephant Man.  Il apparaît, grand, style échalas, maigre, style spaghetti, chauve, style Zidane, barbu, style Carlos.  Un véritable remède contre l'amour.  Mais ce n'est qu'une photo.  Et je le trouve sympa, drôle, cultivé.  Alors j'ai accepté un rendez-vous.  Parce qu'on est en 2007 et parce que c'est ça le mystère des rencontres sur internet : un quitte ou double total.

J'aime ces cinq premières minutes avant son arrivée, où je peux me faire un film.  Tout est encore possible.  Tout reste à inventer.

On sonne.  C'est lui.  Aaaaargh, angoisse angoisse angoisse.  J'ouvre ?  J'ouvre pas ?  J'ouvre.  Il est là, devant moi, grand, échalas, maigre, spaghetti, chauve, Zidane, barbu, Carlos.  Rien de vraiment séduisant, rien de craquant.  Et pourtant, je fonds immédiatement comme un marshmallow en plein soleil.  Et une idée fulgurante passe entre mes deux neurones : "c'est lui".  J'ai des papillons dans l'estomac, qui s'agitent comme des fous.  Mes yeux brillent.  Une vague de désir m'envahit.  Mon premier coup de foudre.  Et pour un coup de foudre c'est un coup de foudre.  Nous n'avons pourtant rien en commun, il est l'archétype de ce que je n'aime pas chez un homme : son allure, son look, son caractère, ses goûts, ses envies… sont à l'opposé extrême des miens.  Et pourtant, toute la soirée, je ne cesse de me répéter "c'est lui, c'est lui, c'est lui".  C'est lui que je veux pour partager le reste de ma vie.   C'est clair, c'est dit.  

Un coup de foudre vrai de vrai, 100 % garanti sans OGM.  

Nous ne partagerons que quelques semaines mémorables, faites de jolis moments, de tendres ébats et de fous rires.  Il était l'archétype de ce que je n'aime pas chez un homme.

Illustration de Jean-Pierre Petit, que je remercie.
coup_de_foudre

29
sep

J’ai testé un nouveau site de rencontres…


seductlove

Vous voyez là, à gauche, ce lien bien rose (j’ai réussi à changer les couleurs, chuis fortiche hein), qui dit « Vivez vos envies de rencontres », et bien c’est de la pub.  Vous l’ignoriez ?  Et oui, Anaïs elle a osé mettre une chtite pub sur son blog.  Et sachez que, grâce à cette pub, je vais gagner des milliards d’euros et m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  La vie est extraordinairement belle, hein.

Mais, en lecteurs fidèles, vous savez que je teste tout ce dont je parle, parce que comment en parler sans l’avoir testé, je vous le demande, alors j’ai décidé de tester ce site de rencontres, ce qui en soi ne sera pas un sacrifice.  Et puis, après avoir testé vivre nue, la bague de célibataire et un tas de vibros, je suis prête à tout tester.  Tout.  J’ai bien dit tout.  Vous n’avez pas idée de ce que je prévois pour l’avenir…

Donc c’est parti pour une chtite inscription sur ce chtit nouveau site de rencontres.

C’est un nouveau-né.  L’avantage, c’est que je vais grandir avec lui, le voir évoluer, voir arriver ses nouveaux membres, devenir une habituée.  L’inconvénient, c’est que je vais vivre avec lui ses maladies de jeunesse, ses couacs, ses plantages, son mélange anarchique de langues et ses grosses fautes d’orthographe.  Point positif : l’accueil personnalisé, par le biais d’un petit mail, avec même une petite phrase sympathique rien que pour moi.  Par contre, personnellement je n’aime pas fort l’animation d’accueil sur fond bleu électrique, un bleu qui était à la mode du temps oùsque je portais des fuseaux monstrueux, rentrés dans des bottillons encore plus monstrueux (et dire que ça revient à la mode et que je suis encore capable de finir par aimer à nouveau), ça doit bien faire … vingt ans, ma bonne Dame.  Mais une fois cette animation terminée, le site est nettement plus moderne et convivial.

Une fois inscrite, je décide de passer immédiatement à l’attaque.

Je lance une recherche afin de détecter le potentiel homdemavie.  Comme le site est tout neuf, j’évite d’être difficile en réclamant homme 35 ans 1m80 brun ténébreux yeux bleus cheveux courts profession passionnante goût immodéré pour les séries télé et les lasagnes bon cuisiner bon bricoleur charmant amant tendre drôle et gentil et qui vit à Namur.  Je ratisse plutôt large : je recherche les profils masculins belges.  Point barre.  Tout simplement.  Clic.

Suspens insoutenable. Tic, tac, tic, tac…  Vais-je gagner au grand lotto de la vie amoureuse ?

Abracadabra, résultat…

Un.

One.

Eén.

Un seul belge, alleye une fois.

Je ne perds pas espoir, un seul homme me suffira amplement.  Non ?

Je fonce zieuter son profil : 36 ans, 1m73 (bon, je ne suis pas à quelques centimètres près), romantique, cherche amour et relation sérieuse.

Et ben voilà.  Bingo.  Il est parfait.  C’est l’homdemavie, j’en suis sûre.  On va s’aimer, se marier, enfanter, cohabiter, vieillir ensemble main dans la main jusqu’à ce que le mort nous sépare.  Amen.

Bon alors quoi les amis, vous attendez quoi pour vous inscrire et venir faire ma connaissance (juste au cas zoù « 36 ans 1m73 » ne voudrait pas m’aimer m’épouser enfanter cohabiter et vieillir avec moi jusqu’à ce que la mort nous sépare) ?  D’autant que vous aurez deux mois d’accès gratos.  Ensuite, vous serez accros, et vous payerez votre cotisation pour continuer à me séduire.  Gnark gnark… Et moi j’aurai ma com’ sur vos inscriptions.  Gnark gnark gnark, la Marketing Anaïs SA est démoniaque.

NDLR :
- depuis la rédaction de ce billet, le nombre d’inscrits a déjà quadruplé, c’est prometteur.  Et y’a neuf hommes belges maintenant… dont quasi tous âgés de plus de 30 ans.  Je vous le disais : c’est byzance.
- il va de soi que je ne perçois aucune commission sur les inscriptions (mais qu’alliez-vous donc imaginer), donc jamais je ne serai riche à pouvoir m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  Que les choses soient claires entre nous.  Mais la vie est quand même belle.


9
jui

Marguerite s’interroge sur Anaïs

« Anaïs a-t-elle déjà testé le speed dating ? »

La réponse est non. Hélas, trois fois hélas.

Parce que dans mon bled paumé de chez paumé, le speed dating, y’en a pas connaître. Paraît que les habitants de mon bled sont pas chauds chauds pour des speed dating. Alors pas de speed dating, et voilà. Je pourrais me déplacer, c’est clair, mais je me trouve toujours des excuses à la noix de coco : pas le temps, pas les sous, pas le courage, trop timide, trop fatiguée, trop grosse, trop moche, trop peur, éruption d’un bouton, un durillon, un capiton, peur de ne rencontrer que des cornichons, des bidochons, des pas folichons…

Bon, tout le monde sait ce qu’est le speed dating ? Vous, là-bas, dans le fond, avouez que vous ne savez pas… Dans speed dating, y’a « speed », qui en english veut dire « vite ». Pis y’a « dating », qui en english veut dire « rendez-vous ». Fastoche de comprendre : des rendez-vous rapides. 7 hommes, 7 femmes, 7 minutes. Et au bong (ou à la sonnerie, selon l’organisateur), « chaaaaaangeeeeeez ».

Moi ça me tente énormément. Même si j’ai peur de m’emmêler les pinceaux avec sept hommes à cerner en si peu de temps.

D’abord, ça me tente parce que c’est speed. Pas besoin de se coltiner durant toute une soirée la mauvaise haleine de l’un, le flot de paroles de l’autre, le visage soporifique du suivant, les soucis de santé, les postillons, les mains baladeuses,

Ensuite, ça me tente parce que c’est dating. Et des rendez-vous, c’est toujours chouette. Même les nuls. Ça me fait de quoi raconter sur le blog ! Et puis, parfois, le charme agit. Et là, et là… Volent les papillons dans le bide. Et vu la taille du mien, de bide, y’a de la place pour une famille nombreuse de papillons, c’est cool comme tout. Un HLM pour papillons, mon bidounet.

Alors non j’ai pas testé, mais oui j’ai envie… Voilà, c’est dit. Si sept lecteurs du blog ont sept minutes à me consacrer, on peut peut-être faire un mini speed dating. Et si six lectrices veulent tenter l’expérience, on fera un vrai speed dating, vrai de vrai. C’est ty pas une « génialidée » ça ?anais1pt

14
avr

Vendredi 13bis

Le Plongeur m’a recontactée. Pour les amnésiques ou les nouveaux, mes mésaventures avec lui sont narrées au début du blog (pour rappel on s’est rencontrés sur le net, il m’a plu, je lui ai pas plu, on a mangé, on a bu, on devait se revoir il m’a posé un lapin et l’histoire s’est arrêtée là).

J’ai une légère tendance à conserver mes contacts MSN intacts, même quand ils me posent des lapins, se moquent de moi ou me font des déclarations d’amour malvenues. Voilà pourquoi j’ai toujours en stock un pizzaman qui m’a plantée chez moi (ventre vide, intérieur nickel chrome pour sa venue), un invité à une soirée qui m’a plantée chez moi pour cause de dépression fulgurante, 14 hommes qui m’ont plantées ici ou ailleurs, et 47 inconnus avec qui j’ai dû échanger quelques mots il y a trois siècles et demi et… Plongeur.

En ce vendredi 13, le Plongeur m’a contactée. Mon cœur a fait boum boum. Sidérant comme un cœur en léthargie prolongée peut, sur un petit message MSN, rebondir comme le ballon de basket des Frères Scott (j’aime insérer quelques touches culturelles-cultureuses dans mes billets).

Il faut magnifique, le ciel est bleu, quelques nuages en forme de cœur égaient le ciel, et le Plongeur veut me revoir. Tout de suite. Aujourd’hui. Y’a urgence semble-t-il. J’ignore d’où vient cette soudaine urgence, après tant de mois, et de toute façon je n’ai pas envie de le savoir. Juste envie de profiter de cette journée complètement absurde et de courir à ce rendez-vous tellement inattendu.

Je cours, je vole, j’affale mes os de trentenaire ravagée par l’espoir dans un wagon de train surchauffé et puant déjà la sueur d’été. J’ouvre mon bouquin (dont le titre restera jamais gravé dans ma mémoire) et je lis la première page. Je tiens en main mon billet « vendredi 13 » des fois qu’un poinçonneur à képi/treillis surgirait « impromptument ».

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

Les scénarios se mettent en place «j’arrive dans la grande ville, il est pas là, je rentre chez moi» «j’arrive dans la grande ville, il est là, il me plait plus, je m’enfuis en courant» «j’arrive dans la grande ville, il est là, je craque, je lui plais plus, je m’effondre et rentre chez moi» «j’arrive dans la grande ville, il est là, je craque, il craque, nous craquons, il m’enlace, il m’embrasse – pas comme un poulpe par pitié - nous nous marions et avons beaucoup d’enfants qui courent dans notre grand château à Genval»…

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

Le poinçonneur passe et je tremble en tendant mon ticket, ticket qui va peut-être transformer ma vie.

Je m’imagine encore 62,73 scénarios romantiques et 78,93 scénarios dramatiques.

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

J’arrive dans la grande ville. Il est là. Il me plait. Je lui plais. Je craque. Il craque. Il m’emmène manger un petit bout, boire un gros coup. Et tout d’un coup, alors que nous traversons la Grand Place, il me susurre « ça te dirait d’être embrassée sur la plus belle place du monde ».

Chabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabada.

Je dis oui.

Il m’embrasse, je l’embrasse, nous nous embrassons. Tellement que j’en loupe le dernier train. Plus moyen de regagner mon bercail.

Je découche… « Aaaaaaaaaaaaaaaah » vous entends-je jubiler. Mais je couche pas (jamais le premier soir j’ai dit, suis-je claire ?)… « Ooooooooooh », vous entends-je marmonner.

J’ai dû perdre au bas mot 45 kilos, d’une part car embrasser ça brûle des calories, d’autre part, surtout, car je flotte comme un petit nuage moutonneux depuis des heures, je surfe sur la vague du bonheur intersidéral, ça plane pour moi.

J’ai pas gagné au superlotto, j’ai pas gagné au Win for Life. Malheureuse au jeu, heureuse en amour ?

8
avr

Un rendez-vous (écrit ce samedi 7 avril)

Ce soir j’ai rendez-vous.

Un tête à tête à tête à tête.

C’est le jour de la fameuse « rencontre Anaïs » proposée à qui le voulait le 4 mars dernier, suite à mon premier billet « les humeurs d’Anaïs 7Dimanche ». Histoire de fêter ça, quoi, allez une fois. En route pour Liège.

Ça sera donc un tête à tête à tête à tête.

J’ai prévu du champagne. Ben oui quoi, c’est pas tout les jours qu’on devient célèbre… dans son patelin namurois. Célèbre et anonyme. Mais célèbre. Donc champagne. Vous savez pas ce que vous manquez !

18h36. Je suis prête. J’attends. Je connais déjà (si peu) trois/quart des internautes avec qui je vais passer la soirée, mais mine de rien j’ai cette petite angoisse sourde au creux de l’estomac, l’angoisse d’avant un examen oral, celle d’avant un rendez-vous galant. « Et s’ils me trouvaient vraiment conne ? Bon, le blog laisse comprendre que je suis un peu conne, mais s’ils me trouvaient conne tout court ? Si je n’étais pas drôle du tout ? S’attendent-ils à me voir disserter sur tout et n’importe quoi, à la mode d’Anaïs ? Savent-ils qu’en réalité je ne suis pas rigolote et plutôt timide quand je ne connais pas. Et s’ils me trouvaient archi moche ? Bon, ça, finalement, on s’en fout, ça n’a aucune espèce d’importance, mais bon. »

Allez zou. Je serai naturelle, et wait and see.

2h30. Et ben voilà. No stress en fin de compte. C’était super hyper cool. Une soirée comme je les aime. D’abord la rencontre du « quart inconnu » : Bibichette. Me vlà tout de suite rassurée, elle est comme je l’imaginais. On prend Lolo en route. Ensuite champagne chez Boulu. Waw, c’est beau chez Boulu, doit y avoir une femme cachée sous le lit c’est nin possip autrement. Ensuite direction resto, oups comment ça s’appelle déjà ? Ah oui « le bruit qui court ». Superbe cadre (une ancienne banque, et les toilettes valent le déplacement : à côté d’une ancienne salle de coffres). Bonne ambiance, bonne bouffe, bon apéro, bon dessert. Et puis, surtout, bonne ambiance entre nous. Personne ne se regarde en chien de faïence, personne n’est mort de honte de se montrer en compagnie des autres (ou alors ils donnent bien le change). Je glane même quelques idées pour le blog. On mange sous une dalle de verre posée sur des pilastres. Boulu nous fait un stress à l’effondrement. Etrange, je n’y avais pas encore pensé. Merci Boulu, me voilà avec la puce à l’oreille. Les pieds de ceusses qui mangent au-dessus de nous, que l’on discerne par transparence, commencent à m’angoisser. Je me goinfre de tartelette aux framboises et de médicaments pour l’estomac afin que les framboises y élisent calmement domicile. Fin de soirée dans un bar celte/irlandais. Bonne musique. Trop cool. Voilà. Un peu naze car j’ai beaucoup asthmé (du verbe asthmer, of course) durant la soirée. Ça c’est quand on rit et qu’on parle trop, ma chère petite Anaïs. Et puis bon, ce magasin sexy sur notre route, avec des tas de petits canards vibrants sur lesquels on a disserté longuement, c’était tellement amusant que j’ai failli y perdre la vie.

Merci à vous tous pour ce tête à tête à tête à tête. On remettra ça, je l’espère. Et, sincèrement, si ce n’était déjà que pour des rencontres telles que celle-ci (et non pour le plaisir d’écrire, pour ma super chronique qu’on fêtait hier, pour les rires, les larmes et ma vie partagée), ce blog vaut déjà la peine, et plutôt deux fois qu’une. (Ouh que c’est beau, vous pouvez être émotionnés, là, non ?)

On a fait des photos mais je vous arrête tout de suite : n’ayez aucun hope de voir ma tronche de cake, aucun.

Juste ceci…champ