10
avr

J’ai attrapé un coup de soleil, un coup de folie, un coup d’inconscience (librement inspiré de Richard Cocciante)

Lundi de Pâques.

Ennui profond.

Pas d’énergie pour écrire des billets, juste suffisamment pour faire une monstrueuse vaisselle poilue, une lessive de 100 chaussettes orphelines et pour glander toute la journée.

Je surfe sur ma page orange, espérant une rencontre miraculeuse qui me ferait croire en l’amour.

Mais je ne reçois que des « t’as pas une photo ? » (nan, je montre pas ma tronche, c’est clair ?) « tu fais quoi dans la vie ? » (comme si les histoires d’amour étaient conditionnées à la profession des deux protagonistes) et « c’est quoi ton prénom », voire pire « tu cherches quoi ici ? » (ben voyons, un nouveau frigo ou une raquette de tennis).

Quand soudain, un popup « envie de parler, choisis le sujet ».  ça me plait.  Parler, et non questionner, ça change.  Ça fait des vacances, sur la page orange, de parler, sans subir un interrogatoire en règle.  

Alors je propose un sujet : « le drame des crevettes grises de la mer du Nord mangées par les humains sans cœur que nous sommes ».  Ben quoi, il est pas bien mon sujet ?  Faut savoir, vous devez savoir, que les crevettes grises sont un peu comme le fil conducteur de mon guide des paresseuses, enfin, non, pas le fil conducteur, mais plutôt un sujet qui revient régulièrement, comme un clin d’œil.  Alors voilà, nous avons parlé des crevettes.  Selon lui, elles étaient heureuses, d’être baignées dans la mayonnaise.  Moi je craignais pour leur taux de cholestérol.  Il me précisait qu’il la prenait light, sa mayonnaise.

Et puis j’ai lâché la phrase qui tue « le nirvana, c’est de les manger, assise sur le sable, en regardant la mer ».  

Et il m’a dit « ok, on y va ».

Un lundi de Pâques.  Enneigé.  A 17 heures.

Croyez-le ou pas, enfin si, croyez-le, j’ai dit oui.  Même que j’avais peur de partir à la mer avec un total inconnu avec qui j’avais échangé dix phrases.  Même que j’avais encore plus peur en apprenant qu’il avait une camionnette blanche, comme Dutroux et Fourniret.  Même que je me suis dit que j’étais folle, complètement folle.  Même que je me suis dit que oui, j’étais folle, mais que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais.  J’ai toujours rêvé d’aller à la mer, sur un coup de tête.  Manger des crevettes.  Ou des moules.  Ou de partir à Paris, juste pour y rester une heure, voir la Tour Eiffel scintiller.

Alors je l’ai fait.

Trois minutes avant de partir, j’ai reçu ceci, d’un auteur de Chloé des Lys, maison d’édition dont je vous ai déjà parlé, Martine, extrait de son livre « Tâches d’encre ».

Nord

Mon Nord, c’est ce ciel profondément gris
Le vent qui fait murmurer les lèvres
Leur faisant dire la douceur de la brise
La chaleur des bûches allumées et celle du café versé.

Mon Nord, c’est cette mer couleur grise
L’eau qui fait murmurer les lèvres
Au rythme du ruissellement des pluies
Au son des bûches qui craquent et de la cafetière reposée.

Mon Nord, c’est ta chevelure devenue grise
Le sourire qui fait murmurer tes lèvres
Leur fait décliner la tendresse de l’âge
Comme tu déclinais, dans le passé, ton latin adoré.

Mon Nord, c’est ce ciel infini de gris
Nuances qui font murmurer les lèvres
Au son du vent de nos plaines
Au rythme d’un accordéon fatigué.

Mon Nord, c’est
Cette mer du Nord qui vient et qui repart ; c’est
Ce vent d’Ouest qui souffle et qui pique ; ce sont
Ces plaines fertiles qui offrent le blé ; ce sont, c’étaient aussi
Ces travailleurs frontaliers et
L’odeur du pain grillé caressant les maisons alignées.

Mon Nord, ce sont
Les bateaux, ce sont
Les froids, ce sont, ce seront
Les travailleurs émigrés et
L’odeur du pain fraîchement acheté.

Mon Nord,
Ce sont des rideaux d’arbres, des ruisseaux tout gais
Et des rideaux fermés sur des cœurs entrouverts
Et des courettes ouvertes au seuil d’usines fermées.

Mon Nord,
Ce sont les sirènes qu’on n’entend plus
Et les cris des ouvriers en colère
Et la chaleur de la tasse de café versée
Et la bonne odeur du pain qui taquine le nez.

Mon Nord, le Nord, mon Nord, c’est mon Nord
Et je l’aime.


Et puis je suis partie... (à suivre)

Dessin issu de http://www.promoviande.ch/ (toujours pas compris comment un site dénommé promoviande fait la promo des crevettes)

crevette

29
mar

Premier rendez-vous

ww_logo_120x120


Pour moi, un premier rendez-vous, c’est pire qu’un entretien d’embauche.  Pire qu’une première journée de travail.  Pire qu’un mariage où je vais seule.  Pire qu’un détartrage chez le dentiste.  Pire que le célibat.  Pire que tout.

Pourquoi n’existe-t-il pas des guides du premier rendez-vous ?  Qui donneraient de bons conseils et permettrait aux jeunes (mais si mais si, il faut appeler un chat un chat, je suis encore très jeune) femmes d’aller sans angoisse à leur premier rendez-vous.

Moi, je me pose des tas de questions.  Des tas.

Comment avoir l’air d’être contente de ce rendez-vous, montrer que je me suis préparée pour l’événement, tout en donnant l’impression que je n’en ai pas fait trop, que je ne suis pas obsessionnée par l’événement ?

Est-ce que je mets du parfum ?  Bien sûr, mais pas trop.  Donner l’impression d’être tombée dans un bain de J'adore, ça la fout mal.  Mais le parfum est utile.  Histoire de camoufler l’odeur de laine mouillée de ce pull merdique (vos pulls aussi, ils sentent la laine mouillée ?)  Ensuite, faut choisir quel parfum.  Passque moi, j’en ai des tonnes, des sucrés, des fleuris, des capiteux, des légers, des enivrants…  

Ensuite, est-ce que je me brosse les dents ?  Bien sûr, mais il ne faut pas qu’il sente l’odeur du dentifrice, pour ne pas donner l’impression de m’être préparée à un baiser de cinéma.  Donc j’ingurgite ensuite un tas de bonbons aux fruits, histoire d’avoir l’haleine fraîche… mais pas trop.

Gros dilemme maintenant : qu’est-ce que je mets ?  C’est là que se joue foncièrement tout le drame du premier rendez-vous.  Comment trouver une tenue qui fasse à la fois « non je n’ai pas sorti une tenue spécialement pour l’occasion, que vas-tu donc imaginer, voyoooons » et à la fois « non je n’ai pas remis ce vieux pull tout bouloché que je mets pour nettoyer ma terrasse à la javel ».  Faire montre d’un effort de présentation tout en ayant l’air naturel.  L’enfer.  

Et je mets quoi aux pieds ?  Du pratique mais pas sexy ou mes bottes de « pute » ?  Mes bottes de « pute », ce sont mes bottes à talons.  Mes seules bottes à talons.  Non pas que pour moi, mettre des talons soit synonyme de racolage, m’enfin.  C’est juste que lorsque je les mets, comme je n’en ai pas l’habitude, je me sens femme.  Pas seulement femme.  Plutôt femme femme.  Vous voyez.  Au summum de ma féminité.  Matez-moi ces mollets de poulet sublimé par ces bottes de « pute ».  Bon, je m’égare.

Voilà, chuis prête.  Enfin.  Reste plus qu’à attendre qu’on me le propose enfin, ce premier rendez-vous.
 
N'oubliez pas d'aller lire le billet de la Sudinette et celui d'Angie et aussi celui d'Amandine.
Vous pouvez aussi découvrir tous les textes sur le blog (attention majorité en néerlandais) 
 
 

8
fév

Les douze macarons de minuit

Vu votre insistance à la limite du harcèlement (des centaines de mails suppliant, c'est pas du harcèlement ça, ma bonne Dame ?), je me fais une joie de vous raconter ma livraison de macarons made by Jean-Philippe Darcis.

Ils sont donc arrivés à 19h tapantes (paf), dans leur choli petit sac orange. Gros défaut de Monsieur Darcis : point de jolies boîtes comme chez Ladurée, je m'en vais de ce pas lui suggérer d'y remédier, il en va de l'image de marque de ses somptueux macarons. Pour rappel, j'avais commandé douze petites choses rondes colorées, croustillantes et moelleuses à souhait : framboise, praliné, nougat, lait d'amande, cassis-violette, fraise-coquelicot et chais plus quoi (étrangement, y'a toujours un goût qui ne me revient pas en mémoire). A l'heure où je vous écris, ils attendent impatiemment de me provoquer un orgasme gustatif, lovés dans mon frigo (si si, ils sont lovés les uns contre les autres, pour se tenir chaud par cette température polaire nécessaire à leur anti-rancissement, je vous montrerai une photo dès que possible).

Voilà. Vous savez tout.

Le livreur ? Ben quoi le livreur ? Vous voulez savoir quoi ? Tout ? Que je vous raconte tout ? Enfin ce qui est racontable (célèbre réplique issue de "La boum", j'ai de fameuses références cultureuses, je sais).

Et bien…

Que vous dire, sachant qu'il vient lire ce blog ? Sympa, drôle, ténébreux (même si pas tout à fait brun, enfin chais plus, faisait noir hein, ma bonne Dame), et patati et patata (je peux pas trop en dire, je vous dis qu'il vient lire ce blog, titchu) avec un côté obscur de la force bien marqué, surtout depuis que je sais qu'il fut un temps où il avait les cheveux longs et verts (serait-il une réincarnation de l'incroyable Hulk ?) et depuis que j'ai appris qu'il rédige des textes sur la meilleure façon d'exterminer la race humaine (mitraillette, hache ou virus ébola ?).

Et puis bon, je me dois d'être honnête, y'a un tout petit mini rikiki détail insignifiant, qui risque de pas plaire à tout le monde, notamment au mulot à longue queue qui partage ma modeste existence : macarons-man, ben, c'est un assassin de rats. Enfin de rat. Un seul, mais c'est le rat de trop, n'est-ce pas. Il prétend que ça serait plutôt "non assistance à personne en danger" et non pas "meurtre avec préméditation", mais j'émets quelques doutes, sachant qu'il a laissé son propre rat, son fidèle compagnon depuis six ans, qui jamais ne le quittait, qui lui tenait chaud les soirs d'hiver, qui lui susurrait des mots doux à l'oreille les soirs de déprime, qui cuvait avec lui dans les vapeurs d'alcool (attention, âmes sensibles, ne lisez pas ce qui suit, vous pourriez être traumatisés à jamais, vous voilà préviendus), donc il a laissé son rat se noyer dans une Chimay bleue. Vous lisez bien. C'est une mort horrible et sinistre pour un rat si gentil, j'en ai conscience, et cet événement conduira tout droit macarons-man croupir en enfer pour l'éternité, au milieu de centaines de rats vengeurs et assoiffés de sang, cela va de soi. N'allez pas parler de cet événement à mon mien, de rat, je voudrais pas qu'il en cauchemarde la nuit, le pauvre petiot.

Pourtant je vous assure, il a pas l'air d'un assassin de rat, macarons-man. Mais l'air ne fait pas la chanson, d'ailleurs soyez contents que je sois toujours en vie à l'heure où je vous écris… Assassin de rat, oui. Assassin d'Anaïs, non. Ou pas encore.

Au fait, pour la petite histoire, je lui ai aussi montré un truc à moi rien qu'à moi très très personnel, qu'une seule autre personne au monde a déjà vue à ce jour. Je sais, c'est fou. Dans la vie, faut parfois être fou. Enfin folle. Une pulsion. Quand la confiance règne la confiance règne. Un jour peut-être, je vous en parlerai. Un jour… Peut-être.

8
fév

Macarons-man

Dites les petits zamis, j'ai une vie en dehors du blog : rentrée tard, dodo devant Medium, levée tôt, départ au turbin, course folle dans les bus... Alors le récit détaillé et croustillant de mon histoire avec mes macarons livrés at home by macarons-man ... ça sera pour plus tard... quand j'aurai le temps.  Patience patience, vous saurez tout tout tout.

3
fév

Bonne résolution (bis)

Croyez-le ou pas, vlà Anaïs qui va vous faire un remake de son tout tout tout tout premier billet, les petits zamis !

Et oui.

Dans un moment de délire délirant pré-Saint-Jelediraipoint, voire lors d’une crise de delirium tremens commune avec Alex, nous avons pris la grande et inéluctable décision de nous réinscrire sur le site orange.  Au même moment.  Même heure, même minute, même seconde.  Top fun délire mégalo délirant non ?  Frénésie, joie incommensurable, excitation du tout nouveau profil…

Nous vlà donc à nouveau rendez-vousiennes.

On y croit.  L’amour est à portée de souris (enfin de rat, dans mon cas).

Je remplis donc mon petit profil, sommairement, je clique, je paie, et je reçois mon premier message qui me souhaite la bienvenue et patati et patata, on connaît la chanson.

Je découvre avec stupeur les personnalités diverses qui peuplent le site (à choisir dans son profil) : scrogneugneu (que j’emprunte à Mireille Dumas, qui l’a cité comme locution favorite ce matin dans Thé ou Café, émission toujours très intéressante qui devrait d’ailleurs plutôt passer à une heure décente), y a-t-il vraiment des gens qui se décrivent comme agressifs, dépressifs, excités, instables, introvertis, maternants ?  Enfin, s’ils le font, ça a le mérite d’être clair…  Me semblait pas que le choix était si vaste auparavant, mais sans doute me trompe-je.

Ça commence très bien pour moi, avec une discussion totalement insensée « bonjour » « bonjour » « tu es géniale » « pardon ? » (ben oui quoi, une telle déclaration tout de go, ça me perturbe, bien que je sache, of course, que je le suis, géniale) « pourquoi ? » « pourquoi quoi ? » « continue tu es géniale »… Oups, do you speak english, sprachen zie deutsch, habla espanol ?

Ça continue très bien pour moi, avec ma première proposition salace, venant d’un quasi mineur d’âge.  Non mais, y’a pas écrit « vieille nana expérimentée » sur mon front hein.  Ni « jeune nana expérimentée », d’ailleurs.  Ni « nana expérimentée » tout court non plus.  Goujat.  Rustre.  Pervers.  Obsédé.  Je dirais même plus : obsessionné.

Ça continue ensuite très bien pour moi, avec une discussion avec un homme sensé, passionné, écrivant sans faute, partageant quelques goûts communs avec moi, n’exigeant pas photo, mensurations, rendez-vous immédiat et ne posant pas les questions qui lassent (tu aimes quoi dans la vie, tu cherches quoi sur ce site ?).  On appelle ça la chance des débutants ma bonne Dame.

Comme dirait Lafesse, pourvu que ça dure.

(Et si vous cherchez à me localiser, bande de petits curieux que vous zêtes, sachez que mon pseudo est en vague relation avec ce petit blog, et qu’il en est de même pour Alex… en relation avec son blog à elle, of course… mais avec un lien certain avec le mien, de blog – suis-je claire ?  Non ?  Tant mieux, c’est le but…).
Le billet d'Alex posté quasi au même moment (comme pour l'inscription, je la devance d'une tête d'épingle), est iciiiiiii.