16
aoû

Ex-profil de ma vie, the come back

Je sais que vous êtes friands de mes rencontres foireuses, petits sadiques.  Ça vous plait hein, de voir Anaïs se prendre des bides, des râteaux, subir des flops et des déceptions.  Ça vous donne l’impression de lire un magazine people : « Anaïs a rencontré le profil de sa vie : un mariage bientôt ? »  « Anaïs passe une soirée avec profil de sa vie » « Anaïs et profil de sa vie : rien ne va plus » « Ex-profil de sa vie disparaît de la vie d’Anaïs sans laisser de traces »…

Alors je ne peux résister à l’idée de vous proposer un nouvel épisode de cette saga estivale « Anaïs manque de s’étrangler : ex-profil de sa vie is back ».

Naaaaaaaaaaaaa, ne vous frottez pas les mains de joie.  Du moins si cette joie est synonyme de « aaaah, enfin, l’amour, le grand, le vrai, le beau, dans la vie d’Anaïs ».  Mais si cette joie est pernicieuse et synonyme de « aaaah, enfin, Anaïs va encore vivre des trucs foireux », là vous pouvez vous frotter les menottes.

Je suis sur la page orange, en train de répondre à un charmant monsieur avec qui je discute depuis quelques jours.  Qui est sympa, drôle, pas con et pas moche.  C’est cool, car ça fait quinze jours que j’ai plus de news d’ex-profil de ma vie, donc j’ai tiré un trait sur lui, après avoir envisagé, au choix, de lui envoyer par sms l’adresse de ce blog, d’aller foutre le feu à sa maison, de le dénoncer sur la page orange comme potentiel tueur en série, et j’en passe.  Mais là, j’ai de chouettes contacts, alors j’ai fini par le zapper.  Alors je discute avec du monde.  Allons-y lentement, lentement, trèèès lentement.  Anaïs ne s’emballera plus.  J’envoie ma réponse à ce nouveau contact sympa et paf, petite notification « vous avez un nouveau message ».

Etant donné qu’ex-profil utilise un prénom bidon qui n’est pas le sien (dommage car entre nous son prénom est vraiment moche de chez moche, pas le prénom d’un prince mais un prénom qui me rappelle des souvenirs d’enfance pleins de café au lait tiède et de transpiration), mais ce prénom bidon est toujours le même, dans ses divers et nombreux profils, suivi soit d’un autre mot soit de chiffres, toujours les mêmes aussi.  Donc je ne tilte pas tout de suite, car il n’a pas opté pour ce fameux prénom, cette fois, dans ce profil tout frais tout juste sorti de l’œuf.  Mais les chiffres sont les mêmes, on ne change pas une équipe qui gagne.  Mais je ne tilte pas avant d’ouvrir le message et de revoir cette photo, toujours la même, également.

Et son message, court et sec : « quand m’invites-tu à prendre un verre ? bisou »

Juste ça.

Pas un « je te dois une explication pour ne m’être plus manifesté après avoir accepté ton amitié éternelle et indéfectible, j’ai disparu purement et simplement et viré mon profil sans un adieu car (biffer la mention inutile) ma mère a été piquée par la mouche tsétsé j’ai dû aller la rapatrier par avion sanitaire, je me suis brisé les dix doigts lors d’une tentative de record du monde de hulla hoop au Brésil il y a peu et étais incapable de t’envoyer le moindre mail ou sms je m’en suis mordu les doigts enfin ce qu’il en restait, je me suis enlisé dans de la fiente de poules en voulant les sauver pour un organisme de défense animale et l’intoxication à l’ammoniaque a été sévère, j’ai glissé sur une peau de banane et subi une amnésie dont je sors à peine et tadaaam je me souviens enfin de toi et de ta beauté transcendante, j’ai rencontré une meuf juste après toi mais là elle vient de me larguer comme une crotte, alors je m’ennuie ferme donc autant te recontacter tu serais bien assez conne pour me reparler. » Chais pas vous, mais moi, j’ai une petite et trèèès vague idée de l’hypothèse la plus crédible…

Alors je me tâte.  J’hésite.  Je réfléchis.  Je médite.  Je m’interroge.  Deux secondes.

Et je réponds « volontiers, mais je vais faire mieux qu’un simple verre, tant qu’à faire, je t’invite à la Bergerie (resto étoilé namurois), régalons-nous sur mon compte, ensuite on ira à l’hôtel des Tanneurs, je louerai la superbe chambre avec jacuzzi et vue sur les toits de Namur et tu abuseras de moi à ta guise. »

Nan, je rigole.

Je réponds « on se connaît ??? »

Bien fait pour sa gueule.  Non mais.

Illus d'Emma Toz et son petit grain de folie.  Voilà tout ce par quoi je suis passée en découvrant le message d'ex-profil de ma vie.  Le blog d'Emma, je viens de le découvrir et j'aimeuh d'amour, même que j'ai déjà plein d'illus que je veux vous montrer et que ses illus m'inspirent des billets, si c'est pas ça le bonheur... Ennplus, y'a la musique de la Belle et la Bête, mon Disney préféré, sur son blog.  Bon, j'aime pas la musique sur les blogs, mais ça j'aime.

L'horreur c'est que je sais pas la contacter et j'espère qu'elle va pas me haïr et me maudire sur quinze générations d'avoir pris ses illus...

 

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7
aoû

Inception… puis déception

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Deux histoires en une… petits gâtés que vous êtes.

Inception, puis déception.  Mais pas de déception pour Inception.  La déception est après.  Of course.

J’ai donc été voir Inception.  Avec le profil de ma vie.

On m’avait dit beaucoup de bien de ce film.  A lire le résumé, pas le genre que j’aime.  Un résumé qui m’épuise, auquel je ne pige rien.  Et la bande-annonce, avec ces rues qui se soulèvent, brrrr, j’en tremblais d’effroi.  Mais vu la super critique et les ceusses qui m’ont dit « va le voir », ben j’ai été.  J’obéis, moi, ma bonne Dame.

Fort heureusement, on m’avait aussi dit « les cinq premières minutes sont complexes, t’inquiète, ça ne durera pas ».  Passqu’en effet, complexes, ces cinq premières minutes.  Mais ça ne dure pas.

Maintenant, c’était peut-être la présence d’ex-profil de ma vie qui me perturbait.  Chuis toujours un peu stressée dans ce genre de circonstances.  Plein d’idées me passent en tête : « respire pas trop fort », « gesticule pas », « ne sois pas trop près de lui », « ne sois pas trop loin de lui », « croise les jambes, ça fait dame », « décroise les jambes, mauvais langage corporel, signe de fermeture », « ne le regarde pas », « ne le regarde pas, je te dis », « et s’il essayait de m’embrasser je ferais quoi ? », « et s’il n’essaie pas de m’embrasser, je fais quoi ? », « concentre-toi sur le film tu vas rien piger », « j’ai soif, pourquoi j’ai pas dit oui quand il m’a proposé une boisson », « c’est qui ce personnage-là déjà, je pige rien », « il est mignon ex-profil, me demande s’il voudra me revoir », « j’aime bien ses lunettes », « il voudra pas me revoir, trop moche, trop conne, trop grosse, trop inculte, trop trop trop », « il voudra pas me revoir, pas assez sexy, pas assez intelligente, pas assez grande, pas assez pas assez pas assez », « il voudra me revoir, je suis le profil de sa vie »… et je vous en passe.

En plus, pas de bol, je me tape de l’asthme et j’ai oublié mon spray chez moi.  Pas mourir ici, pas mourir ici pas mourir ici.  Bon, ça pourrait être romantique, j’agonise, j’étouffe, on se retrouve à l’hosto et tout et tout.  Ça pourrait être romantique dans une comédie romantique.  Pas dans la vie.  Dans la vie, je me racle la gorge sans cesse, pour faire passer la crise. Et il me propose une pastille pour la gorge.  Il est exaspéré, c’est clair.  Je l’exaspère avec mes bruits de tuberculeuse.  Pourtant, Sissi, elle avait séduit un empereur, malgré sa tuberculose.  Oui, bon, dans la vraie vie on a dit.  Donc une pastille.  A la menthe.  Je déteste les pastilles à la menthe.  Mais j’accepte.  Et elle est bonne, cette pastille.  Pas trop fort.  Faut que je demande la marque.

Mais, hormis ces quelques considérations typiques de la rencontre futurement foireuse, j’ai adoré Inception.  Quelqu’un m’a dit que le réalisateur devait être un peu fou pour avoir imaginé ça.  C’est sans doute ce qui fait que le film captive d’un bout à l’autre, cette folie.  Et puis Léonardo Di Caprio qui joue vachement bien le bellâtre torturé (il m’a jamais vraiment fait de l’effet, Léo, une gueule trop parfaite, trop enfantine, mais bon, je l’aime bien quoi).  Et puis ce rêve dans ce rêve dans ce rêve dans… ce rêve ou cette réalité ?  On s’y perd à la longue.  Et c’est triste, parfois.  Angoissant, souvent.  Tous ces tueurs, font peur.   Et puis un film plein de questions, jusqu’au dénouement final, qui ne dénoue peut-être pas tout.  Passque la toupie.  Je m’interroge.  Un film à voir au cinéma, pour les images, pour l’action, pour le son.

Fin du film.

Fin de l’histoire, aussi.  Fin de profil de ma vie.  Bienvenue ex-profil de ma vie.

Ça vous dit un petit résumé des divers échanges de mails et sms suivant la séance.  Enfin, de ce qui est racontable (cf la Boum) of course, je vais pas entrer dans les détails, rassurez-vous (je sens une pointe de déception, bande de petits curieux).  Vous avez eu un mini résumé la semaine dernière, mais ici je vous propose un big méga gros petit résumé.

Jeudi.

Lui « Passé une très bonne soirée en ta compagnie, espère toi aussi ».

Moi « Moi aussi, merci encore ».

Vendredi.

Lui  « Mieux vaut en rester là, restons amis ».

Moi « Bien sûr, pas de souci, restons amis ».  C’est vrai quoi, on n’a jamais assez d’amis, et l’amitié c’est bien aussi, et puis l’amitié peut toujours muter, et puis il est sympa, alors amis c’est bien, c’est super, c’est génial, c’est nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

Lui « Ok, super ».

Lui, un peu plus tard « Et puis, on sait jamais comment ça peut évoluer, je vais réfléchir, je réfléchis ». Mais il réfléchit à quoi, bordel de dieu ?  J’ai rien demandé, rien proposé, dit ok pour amitié, ça mérite aussi réflexion ça ?

Samedi.

Lui « Comment vas-tu ? » Aaaaaaaaaaah, mon nouvel ami veut savoir comment je vais.  C’est bon signe non ?

(Je vous passe les détails d’un blabla habituel et passionnant entre nouveaux amis youpie).

Moi, après une heure de discussion « Bon, sorry, je te laisse, j’ai un rendez-vous, bonne soirée, à bientôt, mon cher ami ». Et je file au lit, mouahahah, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais, ça peut marcher vous pensez ?

Dimanche.  A l’aube.

Lui.  « Alors, ce rendez-vous ? Bon, je pars toute la journée, bon dimanche.  »

Je vous le disais, il angoisse. Ça marche, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais.

Moi.  « Bon dimanche, bon amusement, à bientôt ». J’élude le rendez-vous de la veille avec mon oreiller, faut titiller sa jalousie, qu’il s’imagine des choses je vous dis.

Lundi.

Silence.  Il médite.

Mardi.

Silence.  Il réfléchit.

Mercredi.

Silence.  Il est jaloux mais se retient de m’interroger plus.  Il en bave.

Jeudi.

Silence.  Il a viré son profil sur la page orange.  Volatilisé.  Effacé.  Sans un mot.  Sans un au revoir.  Sans un adieu.  Evaporé.

Déception.  Drôle d’attitude.  Bon, je sais, j’ai rien raté, c’était un perturbé.  Puis au ciné, il faisait rien que m’interrompre, jamais su en placer une, ce qui est quand même rare avec moi.  Il écoutait rien. Puis finalement, il était loin de ressembler à Brad Pitt (alors que moi, bien sûr, je ressemble à Angelina Jolie, c’est bien connu).  Puis moi je mérite un homme qui n’hésite pas, qui fonce, qui m’aime et le dit et l’assume et le redit.

Mais tout de même…

Je n’y comprendrai jamais rien aux mecs, c’est définitivement définitif.

Et le drame dramatiquement dramatique finalement, le pire du pire du pire, c’est que jamais je ne connaîtrai la marque de ces pastilles à la menthe, damned.

2
aoû

Coccinelle, demoiselle, bête à bon Dieu...

Coccinelle, demoiselle, vole jusqu'aux cieux...

Vous connaissez la suite ?  Moi oui...

Bon, j'ai pas décidé de vous poster des chansons ou des poèmes, rassurez-vous, juste une superbe photo made by Mostek.  Y a-t-il plus jolies choses au monde que celles issues de la nature ?  Moi je dis non !

 

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Et tant que j'y suis, cette sublimissime publicité, qui me fait rêver, rêver, rêver...

 

27
jui

Aujourd’hui, j’ai rencontré, le profil de ma vie, la la la la

Oui, bon, c’est pas les paroles d’origine, que voulez-vous, faut vivre avec son temps ma bonne Dame.  A l’ère de l’internet, on rencontre des profils avant de rencontrer des hommes.

J’ai donc relancé une offensive sur la page orange, pleine d’espoir et de rêves estivaux. Comme toujours, au début, la profileuse est pleine d’espoir et de rêves… durant dix minutes.  Car immédiatement, les hommesmariés, les perverslubriques, les déneuronésduneurone et les ceussesquinontrienàdire surgissent, comme des puces sur un clebs mal lavé, et m’envoient des mails...

Et de suite, on sent que ça ne va pas coller, car après  les politesses d’usage, savoir les conversations passionnantes du genre « bonjour, bonjour, kesketufaisdanslavie, je bosseettoi, moizossi, kesturecherchesici, euhunnouveaucanapéettoi, euhlafemmedemavie », j’ai plus rien à dire.  J’envoie des mails quasi vides, rien à dire je vous dis (et moi, avoir rien à dire, c’est révélateur non ?).  Je m’ennuie.  Alors, si je m’ennuie devant mon pc, alors que j’ai la TV, des livres et Bubble town à portée de main, je n’ose imaginer comment se passerait une rencontre.  Non, n’imaginez pas, c’est l’enfer, j’ai vécu, j’ai connu je veux plus revivre ça.

Mais aujourd’hui, aaaaaaaah, aujourd’hui… faut que je vous raconte quoi.

Son message est court.  Mais il va à l’essentiel : il aime mon profil.  Sans faute.  Pas mon profil, of course qu’il est sans faute.  Son message, sans faute.  Ça change de la phonétique habituelle, je vous le dis.  Pas de photo, tant pis, on s’en fout des photos, seule la beauté intérieure compte (menteuse).  Je lis son profil.  J’aime.  Il aime Mika, attendez, c’est un signe.  On a tout en commun, c’est ainsi.  C’est un signe.  Meuh non je ne m’emballe pas, voyons, vous me connaissez.  Je réponds, on échange quelques messages, puis on passe sur le tchat.  Le tchat de la page orange, c’est une sacrée aventure.  Ce tchat refuse certains mots.  Par exemple « Meetic », ce qui est compréhensible.  Mais il refuse aussi le mot « toi », ce qui est nettement plus exaspérant et infondé.  Car en général, sur un tchat, on se parle, on se pose des questions, genre « tu vas bien, oui et toi ? ».  Paf, ça foire.  « T’as mangé quoi ?  Des pâtes et toi ? ».  Paf, replantage.  Et même « toi » dans un mot, ça foire.  « T’as fait quoi de la journée ?  J’ai regardé mon toit ».  Paf, plantage.  « Tu fais quoi dans la vie ?  Une thèse sur le toilettage pour chiens ».  Plantage.  Autre mot qui fait planter, « dat ».  Ennuyeux aussi, lorsque j’ai parlé des « inondations », plantage.  « T’as mangé quoi ce soir ?  Des dattes ».  Plantage.  Bref, c’est la croix et la bannière que le tchat de la page orange, mais j’aime vivre dangereusement, alors allons-y.

Entre-temps, j’ai accès à sa photo.  Les photos importent peu hein, je vous le disais là-haut.  Mais bon, y’a une photo, alors je vais voir hein (curieuse, en plus de menteuse)…  Et là, là, ben là.  Trop mimi.  Vraiment mimi.  Tout ce que j’aime, keske je peux vous dire de plus ?  Profil idéal, photo idéale.  Meuh non, je ne m’emballe pas, vous me connaissez.

Et on discute.  Sur le tchat, ça passe ou ça casse, encore pire que sur les mails, car y’a le côté instantané, comme le café.  Et là, si on n’a rien à dire, ça s’essouffle hyper vite.  L’enfer.  Mais avec mon crapaud charmant du jour, ça s’essouffle pas, on a plein plein plein à se dire.  On parle de nos marques préférées de lasagnes, des moules de Zeelande (ça tourne souvent niveau estomac, zavez remarqué ?), des vacances sans avion (je m’emballe pas de plus en plus, sur ce coup-là), et puis je sais plus de quoi mais on en parle.

Et il me trouve drôle.  Génial non ?

Puis je lui annonce que je vais sortir ma poubelle.  Et lui m’annonce qu’il va vider son lave-linge.

C’est d’un romantisme dingue.

Puis il ne revient pas, damned.

Alors me vient un air en tête.

« Si toi aussi tu m’abandonnes, la la la la la la. »

Et je l’écris.

Si toi aussi tu m’abandonnes…

Il me répond, à son retour : c’est internet qui déconne…

Et moi : ça va je te pardonne.

Et voilà, on fait de la poésie, c’est définitivement le crapaud de ma vie.

Puis ça plante à nouveau, et j’ai en tête :

« Tu t’en vas… »

Puis « Reviens, on va vivre la main dans la main… »

J’ai plein de chansons ringardes en tête.  Et moi, quand j’ai des chansons ringardes en tête, c’est un signe.  Un signe qui ne trompe pas.  Un bon signe.  Meuh non, je ne m’emballe pas, vous me connaissez.

Je tente un « Allô Houston, ici la terre… » (ah ah ah, keske chuis spiritueuse hein).

Et il revient.

Et on continue à causer, et à rire.  Il rit, je le sens je le sais, je l’entends, enfin presque.

Et il me demande mon numéro.

En général, c’est là que ça coince, car je ne donne jamais mon numéro.  Je déteste le téléphone.  Je hais le téléphone, alors franchement, donner mon numéro à un inconnu, très peu pour moi.  Donc, en général, je refuse, j’argument, j’explicite, je tergiverse, mais je donne pas, c’est à prendre ou à laisser.

Mais là, ne cherchez pas à comprendre, pulsion crapautesque, je donne mon numéro.

Vous lisez bien, je donne mon numéro.

Trois fois, car y’a plein de coupures.

Ensuite, silence total.  La parano m’envahit.  Il est dans la police et avec mon numéro, a trouvé mon casier.  Mais j’ai pas de casier.  Il réalise qu’il me connaît et me déteste.  Mais il me connaît pas.  Il est pro en numérologie, et mon numéro ne lui dit rien qui vaille.  Mais mais mais…

Silence.  Silence.  Silence.

Driiiiiiiiiiiiiing.

Horreur et putréfaction, c’est lui.  Faut que je décroche.  J’ai pas envie de décrocher.  Je veux pas décrocher.  Je décroche.

On échange quelques phrases, puis ça coupe.  Il m’avait avertie qu’en plus de soucis internet, il avait des soucis GSM.  C’est bien ma veine, je hais le téléphone, et ça coupe.

Silence silence silence.

Il rappelle.  Et on parle plus longuement.  Ça passe bien.  J’aime parler avec lui.  Et du coup je m’emballe et deviens bavarde, je commence à raconter une anecdote à mourir de rire de mon existence hors du commun.  Je raconte je raconte je raconte.  Jusqu’à ce que j’entende le bip significatif de la coupure de communication.  Je hais le téléphone, je vous le disais.

Silence silence silence.

Troisième appel, juste pour me dire au revoir, vu que ça va encooore couper. Si c’est pas attentionné ça, hein, hein que c’est attentionné.  Ça fait comme s’il était à l’étranger, bien loin, et qu’il mettait sa dernière piécette, on parle très vite, avant que le crédit soit épuisé. On se dit au revoir bonne nuit à très très bientôt.

Rhoooo oui, à très très bientôt.

Il conclut d’un « ne m’oublie pas ». Rhaaaa, so romantic.

Evidemment, s’il tombe par hasard sur ce blog et se reconnaît (passque s’il tombe par hasard, il ne pourra que se reconnaître, c’est clair et net), soit il sera choqué à tout jamais que j’aie osé révéler ces détails de notre vie déjà si intime, soit il rira aux éclats…

S’il se choque, il n’était pas fait pour moi.

S’il rit, on peut fixer la date du mariage…

27
jan

Cendrillon, c’est mwa !

On discute sur le net depuis une petite heure.  Je suis en pyjama, le cheveu triste, l'œil gras, à moins que ce soit l'inverse.  Je zieute d'une part mon écran TV, d'autre part mon écran PC.

Il est 23h et des poussières.  Presque minuit, en fait.

De façon totalement inattendue, il me propose « si on allait prendre un verre ».

L'idée me tente, je lui demande quand il envisage ce rendez-vous.

Sa réponse me laisse sans voix (fort heureusement, la voix n'est pas indispensable à un tchat sur le net) : « ben tout de suite, là, le temps que j'arrive ».

Glups.  Voilà Anaïs, tu ne l'as pas volé.  Tu l'as cherchée, cette proposition, en l'accusant d'être trop plan-plan, de ne pas faire de choses folles comme aller manger des moules à Ostende à 22h ou admirer la tour Eiffel lorsqu'elle scintille à minuit.

Tu l'as ta proposition.  Bon c'est pas les moules à la mer, c'est pas Eiffel à minuit.  Mais c'est une proposition hors norme : un verre avec un inconnu à l'heure ou Cendrillon se transforme en souillon et son carrosse en citrouille.

J'accepte, non sans avoir imaginé tous les scénarios catastrophes possibles :

-          c'est un tueur en série qui fait du boudin de ses victimes, chaque nuit

-          c'est mon voisin qui a tout découvert de mon blog et veut se débarrasser une fois pour toute de moi, exaspéré qu'il est par le crépitement incessant de mes doigts sur le clavier

-          c'est un fétichiste qui va venir me chercher dans un carrosse et m'emmènera au bal

Parano, moi ?  Ben non, mais avouez qu'un rendez-vous à une telle heure, c'est pas habituel.  C'est même très inhabituel.  Doit y avoir anguille sous roche.  Ou arme sous pardessus. 

Dans un élan de protection, j'adresse un mail à une copine, pour lui demander d'envoyer la cavalerie, le GIGN, la police et un prêtre si je ne donnais plus signe de vie sur le blog le lendemain.

J'informe également mon contact-tueur en série-fétichiste-voisin-fabricant de boudin que tout mon entourage est au courant de sa venue.  S'il ne vient pas, j'aurai compris...

Dare dare, je tente de transformer mon vieux pyjama pilou en robe de princesse et mes pantoufles vache en pantoufles de vair.  Et j'attends.

Plus j'attends, plus je me demande pourquoi j'ai accepté d'aller prendre un verre en pleine nuit avec un inconnu, au lieu de somnoler gentiment devant un DVD romantique. 

Heureusement, j'ai à peine le temps d'envisager une retraite stratégique du style « sorry ma grand-mère vient de se faire larguer - j'ai une gastro entérite fulgurante - l'homme de ma vie vient de débarquer à l'improviste on fait connaissance (biffer la mention inutile) » que ding-dong, mon carrosse est avancé.

Nous vlà partis dans Namur, ville ô combien morte, même le samedi soir, à la recherche d'un bistrot daignant accepter deux âmes esseulées à une heure si indécente.  Et bien je vais vous le dire, ce n'est pas chose aisée !!  Seuls restent ouverts ce que j'appelle les « cafés d'alcoolos », enfumés au possible, où trainent des piliers de comptoir, des habitués dans un coma semi-éthylique et où les vieilles chaises sont pleines de chewing-gums collés. 

On dégotte donc un café d'alcoolos encore ouvert, on s'installe et on discute.

Et paf, il est 2 heures du mat.  Tiens j'ai pas vu le temps passer.

De quoi on a parlé ?  De tout et de rien : de sa passion pour la congélation de mouches (tant qu'il ne s'agit pas de congélation de blogueuse, je peux m'estimer heureuse), de ma passion pour la soupe à la terre, de tueurs et tueuses en série, de son aversion totale pour les blogs (glups, jamais je n'oserai avouer que j'en ai un).  Bref de tout et de rien, de choses banales quoi.

Et bien, je vous le dis en confidence, cette petite sortie nocturne, j'ai adoré.

Un chtit dessin de Marguerite la vache pour illustrer le tout.

nuit