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jui

Pour un jour avec toi – Gayle Forman

"Le dimanche, on lit au lit".

Qui n'a pas rêvé d'agir sur un coup de tête, de partir avec un inconnu, vers l'inconnu, quand bien même ce serait pour un jour ?

Je l'ai fait, un jour de 2008, partir à Paris, billet acheté en urgence au prix du caviar, pour découvrir l'Olympia et un super concert, puis loger chez une inconnue qui m'hébergeait, connue via mon blog, et le lendemain, errer seule dans Paris.  Je l'ai fait.

Allyson le fait également.  Grâce à Shakespeare, qui tient une place de choix dans ce roman.  Elle quitte son voyage scolaire l'espace de 24 heures, et suit le jeune acteur rencontré durant une représentation shakespearienne, qui l'emmène découvrir Paris.

Coup de cœur.  Pour lui.  Pour Paris.  Et moi, pour ce roman…  Mais le lendemain matin, Allyson se réveille seule et retourne à sa petite vie d'américaine soumise aux désirs de papa maman.

Et si cette rencontre avait tout changé ?  Il lui faudra une année pour se remettre de cette journée, une année pour oublier… enfin oublier, pas tout à fait…

Pour un jour avec toi est le premier tome d'une… euh, une bilogie ?, de Gayle Forman, auteur de Si je reste, ce roman si émouvant.  L'émotion est également au rendez-vous, même si dans une moindre mesure, le sujet étant plus léger, dans ce nouveau roman qui nous fait découvrir une héroïne sensible, qui découvre la vie et l'amour, tout en découvrant Paris et Shakespeare.  Découvrir, découvrir, découvrir, parce que le monde s'ouvre à elle, enfin...

Un très chouette roman, qui laisse bien sûr un goût de trop peu en bouche, puisqu'il faudra attendre l'automne pour lire le second volet, Pour un an avec toi est en effet la suite, écrite par Willem, celui qui changera sa vie… peut-être.

Attendre ou ne pas attendre, telle est la question… Euh, non, pas le choix, je vais devoir attendre, et je vous assure que rhaaaaaaa, ça va être long long long.

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2
jui

Juste avant le bonheur - Agnès Ledig

Le facteur m'a apporté ce livre à 12h58, c'est ce qu'indique le petit papier glissé dans ma boîte aux lettres, que je serrais très fort dans la main en courant après lui pour le rattraper, pieds nus, cheveux au vent, passque j'avais pas été assez rapide pour arriver à la porte d'entrée.  Et il a accepté de me le remettre, sans m'obliger à attendre le lendemain pour aller à la Poste, cette fois en souliers; merci facteur.

A 13h, je commençais "Juste avant le bonheur".

Juste avant le bonheur, pour moi, c'est le moment de grâce, un peu comme juste avant le début d'une relation, tout est possible, tout peut arriver, tout va arriver.  Juste avant. 

Et c'est un endroit où j'aimerais être, Juste avant le bonheur, tout comme là où se situe l'action de ce livre, dans une petite maison nichée au bord de la mer, en Bretagne.  Passque la mer, en ce moment, c'est mon grand fantasme.  Et comme il en faut peu pour être heureux, qu'il suffirait qu'un ours genre Baloo apprivoise le Renard que je suis, et m'emmène Juste avant le bonheur, il m'a fallu deux minutes pour me vautrer dans cet ouvrage dont j'avais eu connaissance en avril dernier déjà, mais dont le titre ne m'a interpelée que la semaine dernière, va savoir pourquoi, y'a pas de hasard.

Et il en regorge, de bonheur, Juste avant le bonheur.  Des petits bonheurs, qui compensent parfois les grands malheurs.  Puis de la douceur.  Des rires.  De la douleur.  Bref, ce qui fait la vie, et que l'auteur parvient à réunir dans une harmonie parfaite, dans une histoire à la fois légère et difficile, pleine de dialogues subtils et savoureux.  La quatrième de couverture dit que l'on passe du rire aux larmes sur la même page, et je confirme.

J'ai senti comme un vent de Ensemble, c'est tout, souffler durant la lecture de ce rassemblement d'âmes tristes, mais si belles.  Julie qui élève seule Lulu, contre vents et marées, puis cette rencontre avec Paul, récemment largué, qui va l'emmener en vacances, comme ça, juste comme ça, pour lui faire du bien, en compagnie de Jérôme, son fils, qui rime avec triste.

Oh oui, Juste avant le bonheur donne envie d'y plonger et d'y replonger, parce que juste avant le bonheur, c'est presque pendant le bonheur, et c'est tellement bon déjà.  Merci Julie, merci Lulu, merci Jérôme, merci Paul, vous êtes mon moment de bonheur du jour.

Et puis, comment ne pas aimer un livre qui donne envie de tirer la langue, pour s'assurer qu'elle est bien en tunnel ?  (Julie, t'entraîne pas, c'est génétique on t'a dit).  Comment ne pas aimer un livre qu'on peut dévorer en mangeant du Nutella, par solidarité, preuve en image ci-dessous ?  Comment ne pas aimer un livre qui donne envie d'être Julie, malgré tout, malgré ça ?  Comment ne pas aimer un livre qui donne envie de regarder les étoiles ?  Et d'aimer ?  Et de l'être ?  Et de Bretagne ?  De Petit Prince ? D'oignons qui font pleurer ? 

Morceaux choisis :

"Un proverbe japonais dit 'le bonheur va vers ceux qui savent rire'".


"Un proverbe arabe dit 'ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle'".


"Je veux rester là.

Je veux être un château dans le sable.

Je veux être le sable.

Les mouettes.

La mer.

Les vagues.

Je veux être une vague qui court sur la plage.

Ou alors la plage, et attendre la délicatesse des vagues qui viennent me caresser doucement."

 

"- Il faut savoir pleurer quand c'est vraiment nécessaire.  Pour un oignon, je ne vois pas trop la raison, à moins d'avoir une tendresse particulière pour ce légume et ne pas supporter de le couper en deux. (…)

- C'est juste chimique.  Qu'est-ce que vous allez chercher comme explications bancales ?

- Je vous charrie.  Je n'ai jamais pleuré avec les oignons.  C'est comme ça.  Il y a des gens qui ont une hyperlaxité des orteils, ou d'autres une capacité à tirer la langue en tunnel, et bien moi les oignons ne me font pas pleurer.  Je devrais me faire embaucher dans un restaurant de tartes flambées.  Eplucheuse d'oignons.  C'est un beau métier, ça."


"Il faudrait déjà réussir à trouver le prince charmant.  Dans les jolies histoires, les femmes n'élèvent pas seuls leur enfant, elles ne triment pas toute la journée pour pouvoir survivre.  Dans les jolies histoires, les femmes sont belles, les hommes sont forts, ils s'aiment et la vie leur est douce et bienveillante.  C'est nul, les contes de fées."

 

"Si le goût sucré rassure les nouveau-nés, il doit aussi faire du bien aux malmenés, quel que soit leur âge.  On ne quitte jamais vraiment le pays de l'enfance".

 

"Ce n'est pas de la faute des gens.  Ils ne se fient qu'aux apparences.  Il faut gratter pour voir ce qu'il y a au fond.  Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous à la surface.  Des gros remous d'abord, qui vont gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaître.  Peu à peu, la surface redevient lisse et paisible.  Mais la grosse pierre est quand même au fond.  La grosse pierre est quand même au fond."

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10
jui

Purgatoire des innocents – Karin Giebel

"Le dimanche, on lit au lit, et les autres jours aussi".

Je me dois de présenter mes plus plates excuses à Madame Karin Giebel, pour ne parler de Purgatoire des innocents, sorti le 7 mai dernier, que maintenant.

Faut dire que j'ai eu la chance de le lire en avril, mais ça me semblait prématuré de vous en parler si tôt, chuis pas sadique non plus quoi, vous dire "ce livre est formidable, que dis-je, formidouble, lisez-le vite, enfin dans un mois quoi, nananère", c'est d'un sadisme fou, vous trouvez-pas ?

Du coup j'en ai pas parlé, et maintenant j'ai un retard de dingue pour vous dire ce livre est formidable, que dis-je, formidouble, lisez-le vite.

Mais il n'est jamais trop tard pour lire un chouette bouquin, à lire en journée, si comme moi vous êtes atteints de couillonnade aigue.

Purgatoire des innocents, c'est l'histoire de Raphaël, qui sort de prison et entraîne son jeune frère, William, ainsi que deux autres complices dans un hold up qui tourne mal.  Ils se réfugient alors chez Sandra, vétérinaire, qu'ils prennent en otage et oblige à soigner, tant bien que mal, William, blessé dans la mésaventure.

Commence alors un huis clos angoissant, fait de violence, de souffrance, de méfiance et de défiance (waw j'en ai trouvé quatre, chuis bonne au jeu des rimes). Un huis clos durant lequel, comme frappée par le syndrome de Stockholm, je m'attache aux méchants.

Et puis, le refuge des criminels se transforme, pour eux, en enfer…  et tout bascule.

Comme d'habitude Karine Giebel n'a pas son pareil pour entrer dans l'âme de ses personnages, la décrypter et la disséquer, au point qu'en fin d'ouvrage, ils sont devenus nos amis, ou presque, même les mauvais, qu'on espère finalement voir aussi s'en tirer sans dégâts, mais Karin Giebel n'est pas adepte des happy end, loin s'en faut, et parfois, ça m'horripile grave.

Un livre dur, captivant, angoissant à souhait, à ne cependant pas mettre entre les mains des âmes trop sensibles ou insomniaques.

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8
jui

Autobiographie d'une courgette – Gilles Paris

"Le dimanche, on lit au lit, et le samedi aussi".

Ce livre à la couleur du citron est paru il y a plus de dix ans déjà.  Fort de ses 150.000 exemplaires vendus, le revoici en version améliorée, avec interview de l'auteur, infos utiles et petits exercices à la fin, puisqu'il est également destiné aux adolescents.

Moi chuis adulte, et j'ai adoré découvrir la vie de Courgette, qui tue malencontreusement sa mère d'un coup de revolver, oups.  Bon, c'est pas drôle, je sais, tout comme la vie que menait courgette avant le drame, avec un père parti pour une poule et une mère qui ne parle qu'à son téléviseur et à ses cannettes de bière.  Et cette vie pas drôle va changer du tout au tout, puisque Courgette se retrouve placé en maison d'accueil, où il découvrira, grâce à son optimisme indécrottable, l'amitié, l'amour et, qui sait, le bonheur.

Diantre comme j'ai pleuré en lisant cet ouvrage, dès la page 30 (mais il commence réellement à la page 17, passqu'avant y'a une longue intro).  Et pourtant, immédiatement, il m'a fait penser au Petit Nicolas, avec l'émotion en plus.  Donc c'est drôle, très drôle, mais hyper touchant, tout ça parfois sur la même page.  Passer du rire aux larmes de façon incessante, en étant scotchée à ce livre, lu d'une traite, car c'est comme les M&Ms, une fois qu'on commence, on peut plus s'arrêter.

Un magnifique livre qui, l'air de rien, ouvre à la discussion et à la réflexion, à l'émotion et à l'hilarité.

Je retiendrai le plaisir de Courgette à fabriquer des cœurs ou des balles en pâtes à modeler, chez sa psy, et à les faire passer les uns pour les autres, tout espiègle qu'il est.

"Je termine mon cœur de pâte à modeler que j'offre à Camille.

Je me dis que Madame Colette n'y verra qu'une très jolie balle.

- Alors Courgette, on offre son cœur à Camille ?

- N'importe quoi, c'est une très jolie balle".


Je retiendrai la grosse patoune d'un gendarme pas comme les autres, blessé par la vie, mais plein d'amour au fond de lui. "j'attrape sa grosse main dans la mienne et je la porte à mon visage" (rhaaaa, c'est là que j'ai pleuré la première fois)

 

Je retiendrai qu'on peut faire pousser les fleurs avec la musique :

"Elles poussent comme des herbes folles à cause de papa qui leur fait écouter du jazz.  Elles adorent ça, le jazz.

- Je savais pas que les fleurs aimaient la musique, je dis.

- Oh si, maman elle leur mettait de la musique classique, mais là, elles poussaient bien sagement.

Et vous avez essayé le disco, je demande."

 

Je retiendrai cette poétique différence entre l'enfance et la vieillesse :

"(…) l'âge est comme un élastique, les enfants et les gens très âgés tirent dessus, chacun à un bout, et il finit par craquer et c'est toujours les gens âgés qui se prennent l'élastique dans la figure et après ils meurent".

 

Je retiendrai qu'on peut pleurer et lire tout à la fois, et que c'est bon.

Et je retiendrai qu'un lapsus peut être joli, puisque je voulais écrire "pleurer et rire", mais que j'ai écrit "pleurer et lire", et c'est très bien aussi...

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8
jui

Week-end surprise – Agnès Abécassis

"Le dimanche, on lit au lit, et le samedi aussi".

Week-end surprise est le premier livre que j'ai lu quand le soleil a daigné reviendre dans mon plat pays, après tant de semaines de grèves.  Transat, parasol, coca light, cerveau en état de fonctionnement et petit bouquin. 

Et je l'ai dévoré d'une traite, durant l'après-midi, me délectant de l'humour qu'Agnès Abécassis distille tout au long de cette histoire, comme à son habitude.  Mais pas que.  Nan, y'a même eu des moments émouvants, oùsque j'ai pleuré (vous me direz, en ce moment c'est fastoche de me faire pleurer, mais que soit).

J'ai donc ri, j'ai été émue, et j'ai apprécié retrouver dans ce livre des infos repérées sur la page de l'auteure, comme le choix des prénoms des personnages masculins ou des prénoms du couple du train, Laurent/Gina, ça je m'en souviens, du débat sur Facebook.  Sensation grisante d'avoir connu des bouts du livres avant même sa sortie.

Bon, l'histoire, c'est celle de Brune, elle vit avec ses jumeaux, ados, et ne se rend pas compte que son best friend aimerait être plus qu'un best friend.  Puis y'a sa potesse Prunelle (oui, bon, elles ont de drôles de prénoms, c'est clair), célibataire, qui se chamaille par mail avec Simon, plutôt du genre rustre.  Durant une semaine, elles vont partager leur vie et nous entraîner dans un tourbillon fou, amusant et dépaysant.

Extraits :

"- Bonté divine, tu n'es pas blessée au moins ?

- A peine, juste quelques orteils sectionnés.  Je prie pour qu'ils repoussent dans le bon ordre."

Ça m'a fait mourir de rire, surtout suite à ce billet, of course.

"souviens-toi de ce cardiologue avec qui tu es sortie il y a sept ans, malgré sa calvitie et ses jambes de phasme" Rhaaaaaaaaaaa, j'adore, les jambes de phasme, mais c'est tout moi ça.  Et puis un cardiologue chauve, je dis oui oui et reoui.

"J'allumai la télé, comme un allume le diffuseur d'un parfum d'intérieur, histoire de remplir l'atmosphère de vies artificielles.  (…) Il me fallait prendre les choses en main.  Ce que je fis en m'asseyant par terre. Sans hésiter, je me penchai, j'enserrai mes genoux dans mes bras et je fondis en larmes. Au fond, tout au fond, quelque part, je sentis le fil de mes nerfs se dénouer, s'assouplir et désenfler, à mesure que je les gainais d'un épais onguent lacrymal.  Après tout, je n'étais plus à quelques gouttes près".  Rhou, keske j'ai pleuré en lisant ce bout de page, c'était si… lacrymal.

Une super lecture estivale, à emporter en bord de mer.

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