21
jan

Le monde du livre

Le monde du livre, c'est une foire du livre virtuelle, qui présente des éditeurs de tous horizons, parfois moins connus, dont Chloé des Lys, dont je vous ai déjà parlé.

De temps en temps, j'y écrirai la critique d'un livre que j'ai aimé (ou pas)... dans un style différent de ce blog... faut savoir être sérieuse parfois, ma petite Anaïs.

La première est en ligne ici, allez y jeter un oeil, et visitez par la même occasion ce site tout nouveau et qui mérite le détour.

 

 

Les chats ne pleurent pas – Joëlle Ginoux-Duvivier

Un titre qui interpelle immédiatement, parce que si l’on peut prêter aux matous pas mal de sentiments humains, c’est bel et bien une réalité : ils ne pleurent pas.  Mais que font-ils qui puisse autant passionner l’auteure ?

Dans cet ouvrage très (trop ?) court, 99 pages, elle nous emmène en voyage au pays des félins de poche, au travers de huit nouvelles.

Huit nouvelles très variées allant de l’intrigue policière où le chat a le premier rôle à la haine farouche que voue un homme à son épouse et au chat qu’elle chérit, en passant par la chasse aux sorcières et la déclaration d’amour faite par le matou à celui ou celle qui partage sa vie… et vice-versa.  Des nouvelles écrites dans des styles parfois très différents et inégaux en qualité.

Une façon originale qu’a trouvée l’auteure de nous entraîner dans sa passion du chat, que l’on décèle en chaque mot de l’ouvrage.

Au fil de la lecture, on rit, on frémit, on s’attendrit.  A découvrir, surtout si le chat vous passionne.

 

7
jan

Une tranche de vie tout à fait fascinante

Dans la série des contes de fées vécus par les bloggueuses, y’avait déjà celui d’Anne-Solange Tardy, et sa Double vie de Pénélope B.

Maintenant, y’a le conte de fées de Pénélope Bagieu, mais n’y voyez aucun lien avec le titre de l’ouvrage précité, pure et totale coïncidence. 

 Est-il encore besoin de présenter Pénélope Bagieu et son héroïne, Pénélope Jolicoeur ?  « Héroïne » est finalement un terme très mal choisi, car Pénélope n’a rien d’une héroïne, et c’est ce qui la rend si attachante : elle est normale, elle est snob, parfois, et râleuse, souvent, elle est gourmande, toujours, elle est fofolle, à l’occasion, elle est amoureuse de son homme et des chatons aux yeux doux, elle prend du coca light avec son super big mac hypracalorique et elle regarde des films d’horreur le soir (même pas peur).  Et puis beaucoup d’autres choses encore.  Voilà pourquoi, moi, je suis une adepte des aventures de Pénélope, depuis le tout début de son blog (oui, du temps oùsqu’elle était même pas connue, ben moi j’étais déjà fan), il y aura bientôt un an.  Chaque matin, c’est mon petit moment bonheur : le dessin du jour. 

Alors quand, tout récemment, j’ai reçu de son éditeur le livre tout beau tout nouveau tout chaud tout choli de Pénélope Bagieu, « Ma vie est tout à fait fascinante », j’ai fait des bonds de joie, telle une elfe joyeuse, malgré la fièvre qui me tenaillait.  Impatiente (vous me connaissez), j’ai bâclé ma demi-journée de travail (feuilletant, dès que l’occasion se présentait, le  précieux ouvrage, mais ne le répétez pas à Boss chéri) et je l’ai immédiatement parcouru de long en large, une fois dans le bus, un sourire béat sur les lèvres (oui, cette demi-folle qui riait toute seule dans son bus, c’était bien moi).  On y retrouve ses meilleurs dessins ainsi que des inédits.  Vu le succès fulgurant que connaît son blog (15.000 pages vues par jour, vous zimaginez !), nul doute que ce livre va rapidement devenir un best seller et qu’elle n’a pas besoin que je parle d’elle sur ce blog bien moins visité, mais une telle réussite, un tel talent, ben je me dois d’en parler, c’est une question de culture du peuple, et vous savez combien je tiens à votre culture, chers lecteurs.  Donc, un futur best seller, je le répète.

Et il le vaut bien.  Parce que lire chaque matin les frasques de Pénélope Jolicoeur, c’est formidable.  Mais avoir ses frasques réunies en un ouvrage tout mignon, c’est encore mieux, croyez-moi, moi qui l’ai déjà nananère (je sens que vous devenez jaloux, là, mais faut pas, il est déjà dans toutes les bonnes libraires françaises, et très très bientôt en Gelbique).

Et si vous ne connaissez pas Pénélope Jolicoeur (comment, est-ce possible, sérieusement ?), je vous conseille de vous concentrer sur ses jolis yeux.  Parce que dans ses yeux, on voit tout, on comprend tout, et même, des fois, on se voit soi-même, et c’est ce qui fait qu’on l’aime.

penelope

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13
déc

Les années Dorothée

Paru sur Madmoizelle.

En librairie, un bouquin me saute aux yeux « les années Dorothée ».  Plein d’images, plein d’articles, plein de souvenirs.  Je le veux.  

Et je me laisse emporter par la nostalgie de l’adulescente que je suis encore…

Les barbapapas, qui se transformaient à volonté, boules ronds carrés.

Les couennes de jambon que je dévorais allègrement, inconsciente de mon futur taux de cholestérol dramatiquement haut.  

Hélène et les garçons, et toutes ses séries gagatisantes mais tellement plaisantes.

Les crêpes de maman, une saveur inimitable, une odeur extra, et une cassette vidéo souvenir à mourir de rire (que je n’ai plus, mais je l’ai encore bien en tête, vive les souvenirs).

Les Monchichis, les bisounours et les Lucioles.

Les monstrueux dimanches, veille de bassin de natation.  Pas moyen de ne pas y penser, de ne pas trembler d’effroi face à cette perspective : me déshabiller devant trois dizaines de belles plantes, moi le petit chardon, me traîner jusqu’au bord de cette fameuse piscine.  Incapable de plonger, incapable de sauter.  Et même incapable de nager…  Donc condamnée à patauger dans la petite profondeur, accrochée au bord tel un morpion s’accroche à son pubis.  

Pif et ses gadgets, Le journal de Mickey du mercredi, le Super Picsou qui suivait.  Des heures de lecture.

Le bonhomme Michelin qui se gonflait et se dégonflait au fil des minutes, que j’aimais tant regarder (je repense à ça car je viens d’en voir apparaître un dans ma boîte Yahoo, et non je n’ai ni bu ni pris un quelconque produit stupéfiant, j’ai bien vu un bonhomme Michelin me sourire).

Les trucs qui m’énervaient : Chapi Chapo, la panthère rose, le générique d’Autant Savoir (musique sinistre, personnages étranges).

Remi Brica et son attirail fou.

David et Jonathan, « est-ce que tu viens pour les vacances », j’avais eu la cassette pour mon anniversaire et je ne vivais plus qu’avec mon walkman sur la tête.  Pour les djeuns, un walkman, c’était un lecteur MP3 plus gros avec une cassette dedans (je vous jure, ça a existé).

Les autoscooters lors de la foire annuelle (c’est peut-être de ce goût prononcé pour ce sport particulier que j’ai gardé des douleurs lombaires récurrentes).

Ma Charlotte aux fraises qui sentait si bon (la fraise, vous l’aviez deviné ?).

Le dictat des marques : les chaussettes Burlington, les bandanas de cette petite boutique de luxe, les jeans C17, les fringues Chipie, et j’en passe.

Les dimanches d’été à nager dans la piscine, avec Julie Taton (Miss Belgique, hein, excusez du peu).  Taton maillot Julie ?  Je vous jure que j’ai nagé avec Julie, moment de gloire (j’aurais dû demander un autographe rondidju).

Le distributeur de « chiques » rondes, que tout le monde se devait d’avoir dans sa chambre d’ado branché.

Les épaulettes qu’on glissait sous les soutifs, histoire de se faire une carrure de boxeur.

La boîte à chapeau, super classe pour ranger ses secrets, ses journaux intimes et autres bêtises de l’époque.

L’école, et cette obligation que je me mettais d’atteindre 90 % dans toutes les matières.  Perfectionniste dans l’âme, déjà.   

Le drame de la photo de classe.  Le trou sur la photo, là, oui là, c’est moi, on ne me voit pas, tellement je suis petite.  Dans les années 90, j’avais rattrapé la moyenne (même peut-être dépassé d’un chouia), à la vitesse du TGV, gagnant au passage d’immondes vergetures de croissance, rien n’est parfait en ce bas monde.

Les bottes de cow-boy (santiags) qu’on serrait en douce avec un lacet avant de mettre le jeans au-dessus.

La Vienetta du dimanche chez bon-papa/bonne-maman, depuis lors je ne sais plus avaler un gramme de cette insipide glace.

Les Malabar, gros chewing-gum roses emballés de jaunes, leurs tatoos, leurs petites BD.  Le lait concentré sucré à même le gosier.  Les lacets à l’anis.  Les chewing-gums qui pétillaient dans la bouche.  Les sucettes en chocolat et nougat.

Ma tortue Caroline (comme c’est original), qui mangeait des fraises et que j’aimais tant.

Les Partenaires Particuliers qui cherchaient Partenaires Particulières.

Ma chanson culte années 80, s’il n’en restait qu’une ce serait celle là : 2 Belgen -  Lena Lena qui symbolisera toujours mon premier béguin.

La mort de Cloclo, une journée si chaude.  J’ignore si je m’en souviens réellement ou si c’est à force d’avoir entendu le récit de cette journée tragique que je crois m’en souvenir (d’ailleurs c’était avant les années 80).

Les groseilles au fond de mon jardin, officiellement appelées maquereaux, que je n’allais pas déguster car je détestais ça.  Je n’aime que les fruits à multitude de boules : framboises et mûres.

Et puis tout ce que ce livre me rappelle avec émotion et humour : Les mystérieuses cités d’or, la bande à Dorothée, la 2CV, les boys bands, Tournez Manège, l’ouragan Caroline de Monaco, les Bioman.  Et puis des publicités, des livres, des événements…

Des heures de lecture pour tout se rappeler de ces années.

Des années kitsch, des années dorées, des années fantaisie, des années colorées.

Des années inoubliables.

Et pour vous, les années 80, les années 90, les années Dorothée, ça évoque quoi ?

anneesdorothee

12
déc

La sieste (c’est ce qu’elle fait de mieux) – de Tonie Behar

Paru sur Madmoizelle.com

Un livre dont le titre m’a immédiatement donné envie d’en savoir plus.  Parce que ce titre, c’est moi, j’aime tant la faire, la sieste !  J’adore ça.  Dormir, tout simplement dormir.  Je ne parle pas ici de sieste crapuleuse, que nenni.  Voyons.  Dormir.  Juste dormir !  C’est aussi ce que je fais de mieux.
 
Une couverture rose glam qui attire et me ressemble sans doute un peu aussi.  Une couverture qui donne envie de dévorer le livre, comme un bonbon acidulé.
 
Et c’est véritablement ce qu’est « La sieste » : un bonbon acidulé.  A la fois doux et aigre.  A la fois sucré et amer.  A la fois romantique et réaliste.  Comme la vie.  Comme la vie de Diana, en tout cas.  Diana, chanteuse célibataire parfois désabusée qui, découvrant qu’elle est enceinte, va nous faire revivre son été, fait d’amours foireuses, de rencontres fortes, d’amitié et de vacances au soleil auprès d’une grand-mère aimante, faisant office à la fois de père et de mère.  Parce que sa mère l’a abandonnée, parce que son père l’aime à grands coups de billets de banque.   Parce qu’elle se sent seule.  Parce qu’elle l’est sans doute un peu.  Seule.  L’occasion pour Diana d’une analyse sans douceur de sa vie, son passé, son présent.
 
Un roman qui a l’apparence de la chick lit (et dieu sait comme l’auteur n’aime pas cette expression), mais qui est bien plus que de la chick lit.  Parce que Diana n’est pas une poulette, mais une femme qui se cherche, qui hésite, qui a peur, qui veut aimer mais n’ose pas.  Une femme passionnée par le chant.  Une femme confrontée à la réalité, qui se manifeste sous forme d’un test de grossesse positif.
 
Un livre plein de soleil et d’humour, mais également et surtout plein d’émotions qui prennent aux tripes.  Car on se retrouvera toutes, de près ou de loin, dans cette tranche de la vie de Diana.
 
Un livre à offrir, ou à t’offrir.
 
Ma cote d’amour 8
 
Deux bonnes raisons de lire La sieste :
du soleil en décembre, ça ne se refuse pas
une fois la lecture entamée, plus moyen de s’arrêter
 
Une bonne raison de ne pas lire La sieste :
si l’amour et l’amitié, ça n’est pas ta tasse de thé
sieste

21
nov

Un bébé

Tout d’abord, l’idée fait son chemin.  Elle germe.  Petit à petit, ou d’une façon fulgurante.  Pendant des mois parfois, pour certains.  En l’espace d’une heure, pour d’autres.  Une envie.  Qui grandit qui grandit qui grandit.  Qui s’accroche.  Qu’on oublie parfois, mais qui revient sans cesse, lancinante.  Qui est là, dans un coin de la tête, jour après jour, nuit après nuit.  Et la conclusion d’être toujours identique : écrire un livre.  Alors, la décision est prise. 
 
Une évidence. 
 
Ensuite, vient la « grossesse ».  La « gestation ».  Peut-être la période la plus difficile, car il ne s’agit plus d’idées abstraites, mais d’action.  Avec un crayon ou avec un clavier.  Ecrire.  Page après page, chapitre après chapitre, le « bébé » grandit, évolue.  Phases d’euphorie : « ce que je fais est fabuleux, I’m the best of the best ».  Phase de doute : « autant tout jeter et abandonner ce projet fou ».  Phases de désespoir : « je n’arriverai jamais à rien, personne n’aimera, bouhouhouhouhou ». 
 
Une folie.
 
Et puis, quelques mois plus tard, voilà le nouveau-né qui sort de presse.  Bonheur, angoisse, doutes, joie intense.  Un projet concrétisé.  Il est là.  Il existe.  On peut le toucher, le sentir, le caresser.  C’est enfin une réalité.
 
Une fierté.
 
Que de mois, que d’années, entre la toute première idée folle et l’ouvrage dans les rayons des librairies.  Que d’exaltation, d’angoisses, de plaisir, de rêve.
 
Ce bébé, ce livre, ce n’est pas le mien.  C’est le livre de Bob Boutique, Contes Bizarres.  Je ne vais pas vous dire que Bob est génial et patati et patata.  Je ne vais pas vous dire que ses contes sont extras et patati et patata.  Je l’ai déjà dit.  Et Bob, il n’aime pas ça.
 
Je vais juste vous dire que son livre est enfin disponible.   Que les fêtes approchent et que voilà quoi, achetez-le, offrez-le, lisez-le.  Point à la ligne.  Punt aan de lijn.
 
Bob, toi et ton livre, vous êtes géniaux.  Aaaaargh, ça m’a échappé.
contesbizarres