16
nov

Jane Austen et moi - Emma Campbell Webster

« Le dimanche, on lit (encore) au lit ... et on reste dans le domaine Austen »... »

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Vous souvenez-vous des « livres dont vous êtes les héros », du moins ceusses qui sont de ma génération (le presque troisième âge, aux dires des petits jeunes) ?

Je m'en étais offert un à l'époque de la grande mode.  Pour rappel, ces livres un tantinet fantastiques ne se lisaient pas comme les livres classiques, puisqu'au fur et à mesure de la lecture, en fonction des choix faits (genre avaler quelque chose de suspect, se battre avec un monstre, choisir une arme ou bien une autre ou s'orienter à droite ou à gauche), le héros, soit le lecteur, était catapulté à une autre page.  Mon désespoir fut grand à l'époque, passque, si mes souvenirs sont bons (hé ho, ça date déjà !), j'ai systématiquement fait mourir mon héros, quel que fut le tour que prenait l'histoire.

Voici maintenant l'opportunité de pouvoir me rattraper, et, si vous-mêmes avez été victimes de ces ouvrages, vous rattraper, lecteurs frustrés par ces échecs de l'époque, et ce dans une version « livre dont vous êtes l'héroïne » bien plus passionnante et romantique que celle d'antan, peuplée de personnages à l'allure douteuse ou effrayante.  Ici, c'est dans le monde d'Elizabeth Bennet et de toute sa clique (sa famille un peu folle-dingue, Monsieur Darcy, Monsieur Collins, Monsieur Bingley...) que « Jane Austen et moi » vous plonge de plein fouet.  Le but du « jeu » : faire un mariage de raison et d'amour, of course.  En partant avec un certain potentiel d'intelligence, de confiance et de fortune (très peu de fortune, vous vous en doutez), ainsi qu'avec des qualités... et des défauts, lesquels progresseront en bien ou en mal au fil de la lecture, votre héroïne (savoir vous) évoluera dans la société d'antan, y fera des rencontres, bonnes et mauvaises, fera face à des demandes en mariage et devra faire des choix qui feront évoluer, en bien ou en mal, son potentiel, sa vie, son destin...

Créer la vie d'Elisabeth Bennet, la faire rencontrer l'amour, le vrai, se repaître de cette époque, tout cela en admirant au passage les superbes illustrations couleurs de Pénélope Bagieu distillées dans tout l'ouvrage, voilà un bon moyen de s'amuser tout en redécouvrant d'une façon bien différente, l'œuvre de Jane Austen.  Car le livre est bien sûr inspiré d'Orgueil et Préjugés, mais également de l'entièreté de ses ouvrages.

Un livre parsemé d'un humour fou, qui offre l'avantage de proposer une version différente à chaque lecture... Il vous faudra sans doute du temps pour conquérir Monsieur Darcy, peut-être finirez-vous nos jours avec Wickham, ou, pire, avec Monsieur Collins... La vie est parfois cruelle... mais une nouvelle lecture vous offrira à nouveau une chance de trouver l'amour, le vrai.

A découvrir absolument si vous aimez Jane Austen.  A découvrir absolument si, au contraire, vous ne connaissez rien à son œuvre et si vous rêvez de la découvrir d'une façon originale, ludique, et si joliment illustrée (j'adore Pénélope Bagieu, vous le savez, mais ces dessins « à l'ancienne » me ravissent encore plus, si tant est qu'un tel ravissement soit possible - ça devient de l'adoration, j'assume).  Mais peut-être vous faudra-t-il alors acheter l'œuvre intégrale de Jane Austen, pour bien maîtriser les subtilités des dangers qui se profilent à l'horizon ou des opportunités qui s'offrent à vous... passqu'une jeune fille qui veut se faire épouser ne recule devant aucun sacrifice.

Sur ce, je file, j'ai un Monsieur Darcy à conquérir, moi !

PS : Au fait, je déclare que la triche est autorisée pour parvenir à vos fins.  Ben comme dans la vraie vie quoi, fichtre.

Illustrations : copyright Danger Public/Pénélope Bagieu.

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16
nov

Orgueil & préjugés - Jane Austen

« Le dimanche on lit au lit... » - Illu de Petit Bordel

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Je l'avais dit, je l'ai acheté, je l'ai lu : Orgueil & Préjugés.  J'avoue qu'au vu de la couverture ringardissime, j'ai failli le remettre en rayon.  Mais j'avais décidé de lire un Jane Austen.  J'ai donc lu un Jane Austen.  Et j'ai aimé. 

Bien sûr, je connaissais l'histoire, ayant vu le DVD au moins une petite dizaine de fois (la dernière date de quelques mois, va falloir que j'y remédie rapido presto).  Mais la redécouvrir écrite fut pour moi une expérience très attrayante.  Etonnamment, ce récit écrit il y a deux siècles ne se démode pas.  Bien sûr, ne vous attendez pas à des scènes de baisers langoureux ou de sexe torride.  En ce temps-là, ma bonne Dame, on ne pratiquait pas avant le mariage.  A peine si l'on pouvait se regarder avant le mariage.  Le livre permet, mieux que le film encore, de réaliser quels étaient les usages de l'époque, dans la bonne société.  Et quels usages !  A frémir d'angoisse, même si cette période, parfois, me fait rêver.  Jusqu'à ce que je réalise qu'à mon âge, je serais déjà au couvent... ou mariée de force.  Le livre, par contre, fait moins ressentir les émotions que le film.  Enfin le pense-je.  Disons qu'elles sont distillées à toutes petites doses, les émotions, et qu'il faut savoir être attentive durant la lecture afin de les percevoir et de les recevoir.

J'ai passé un très chouette moment en découvrant, enfin, une œuvre de Jane Austen, et je me réjouis de découvrir bientôt Persuasion, acquis lors de mon dernier séjour parisien.  Si vraiment, ce type de lecture vous rebute, rabattez-vous sur le film, vous m'en direz des nouvelles !

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16
nov

Sexe, diamants et plus si affinités - Lauren Weisberger

« Le dimanche on lit au lit... » - Illu de Petit Bordel

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Trois amies.  Emmy, Leigh et Adriana.  Emmy est romantique et rêve du grand amour, mais son grand amour à elle vient de la larguer comme une chaussette même pas sale.  Leigh a trouvé le grand amour depuis belle lurette et occupe le poste idéal au sein d'une maison d'édition, mais pourquoi est-elle alors si triste ?  Adriana est frivole et dépense sans compter l'argent de papa-maman tout en passant d'une relation à une autre, si tant est qu'on puisse qualifier ses aventures d'une nuit de « relations ».  Lors d'une soirée entre filles, elles décident de se donner un an pour changer de vie.  Radicalement.  Emmy va cesser de chercher l'homme idéal pour devenir un tantinet libertine.  Adriana, elle, va tout faire pour trouver l'amour, le vrai.  Quant à Leigh... elle ne prend aucune bonne résolution, puisque sa vie est idéale... quoique... tout compte fait... est-elle si idyllique ?

Voilà, en quelques mots, le petit bijou que nous offre Lauren Weisberger, auteure du célèbre Diable s'habille en Prada.  On ne change pas une équipe qui gagne : sexe, argent, amitié, amour et humour.  Vous allez me dire que cette recette ressemble à celle de Sex & the City.  Peut-être, mais tout bien réfléchi, si, finalement, nous adorons ces histoires et ces filles, c'est justement parce que ces filles, ces femmes, Emmy, Leigh, Adriana, tout comme Carrie, Charlotte et compagnie, se ressemblent.  Nous ressemblent.  Vous ressemblent.  Et c'est ce qui fait que, moi, j'adore ces livres, drôles sans tomber dans la caricature, romantiques sans tomber dans le gnangnan, touchants sans tomber dans le mélodrame.

En cette période pré-hivernale parfois sinistre, ce livre est le remède antimorosité par excellence.

Ruez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !  Sur ce, il me reste une cinquantaine de pages avant le dénouement, alors vous comprendrez que je ne m'attarde pas.

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9
nov

« Quand vous lirez ce livre » de Sally Nicholls

« Le dimanche on lit au lit... » - Illu de Petit Bordel

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Je vous écris cette chronique les yeux encore tout mouillés, le nez encore tout coulant, les lèvres encore toutes tremblantes.

J'ai terminé la lecture de "Quand vous lirez ce livre" il y a trois minutes à peine, alors vous excuserez les traces de larmes sur mes écrits.

Oh non, ce n'est pas d'un livre triste que je veux vous parler.  Pas au sens premier du mot "triste", savoir sombre ou morose.  Genre sordide.  Qui fait pleurer dans les chaumières juste pour faire pleurer dans les chaumières. 

C'est un livre poignant.  Voilà le terme adéquat : poignant.  Passque la fin du livre, on la devine évidemment dès lecture de la quatrième de couv' :

"Je m'appelle Sam.

J'ai 11 ans.

Je collectionne les histoires et les objets incroyables.

J'ai une leucémie.

Quand vous lirez ce livre, je ne serai peut-être plus là".

Ah ben voilà, je pleure encore.  C'est malin.

Mais même en devinant la fin, on entre dans cet ouvrage à pieds joints.

Aussi étrangement que cela puisse paraître, moi, je dirais que ce livre, c'est la vie.  La vie d'un enfant en passe de devenir un ado, malade depuis toujours, ou presque.  Une vie normale, somme toute... ou presque.  Avec des envies d'enfants : battre un record du monde, prendre un escalator en sens inverse.  Des rêves d'enfants : voir la terre d'en haut.  Et puis des enfants : Sam, Félix son best friend, Elsa sa sister.  Et des questions.  Des tas de questions.  Celles que se pose un enfant de 11 ans.  Un enfant de 11 ans malade.  Bref, un livre plein de vie, de rire et de joie, malgré la vie, malgré la mort, malgré tout. 

Sam devient notre enfant, notre frère, notre ami.  La lecture est fluide.  Le temps passe vite.  Trop vite.  Le livre passe vite.  Trop vite.  Et puis c'est déjà la fin...  Trop vite, trop beau, trop poignant, trop drôle aussi.  Dès la page 100 (il y en a 280), j'ai senti une grosse boule dans ma gorge, qui n'a cessé de grossir et de faire un va-et-vient durant les 180 pages suivantes.  Mais c'était bon. 

Un livre sorti à la fois dans la collection adulte et dans la collection jeunesse, parce qu'il peut être lu par tous.  Oserais-je dire "parce qu'il doit être lu par tous" ? 

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2
nov

Les tortures de la mode - Caroline de Surany

Qui ne connaît pas Caroline de Surany et son célébrissime blog www.carolinedaily.com ?  Elle y dispense des tas de conseils mode. 

Oui, bon, moi, les conseils mode avec photos à la clé, c'est pas trop mon truc.  Passque je me trouve moche dans tout, et plus particulièrement dans les tenues qu'on voit fleurir sur les blogs, faites pour les tailles 34 à bonnet AA.  Soit.

Par contre, un guide rigolo et joliment illustré sur la mode, ça, c'est mon truc.  Passque la mode, personne n'y est indifférent.  Ah ben non, si je vous le dis.  Soit on la vénère et on fait tout pour la respecter au maximum.  Soit on s'y oppose fermement, auquel cas, pour une rébellion en bonne et due forme... il est nécessaire de la connaître un peu pour mieux la combattre.  CQDF.  La mode est incontournable.  Je vous le disais.  Je suis géniale, je sais.

Mais ça parle de quoi, me direz-vous ?

Et bien des « tortures de la mode », savoir de ce qu'elle nous inflige (la garce), de ses conséquences sur notre portefeuille (vide), notre vie (dépourvue de sens en l'absence de ce si joli petit sac pas cher ma bonne Dame), notre chéri (enfin le vôtre, puisque moi yen n'a pas avoir de chéri), notre santé mentale (n'appelez pas la psychiatrie, être une fashion victim n'est pas encore reconnu comme une maladie grave par l'OMS) et nos amies (qu'on tuerait pour leur piquer leurs nouvelles godasses, cela va de soi).

C'est plein d'anecdotes, de listes rigolotes, de mauvais coups que la mode nous réserve, de conseils à mourir de rire et de thèmes dans lesquels toute femme normalement constituée se reconnaîtra sans peine : mode et shopping, mode et maman, mode et banquier, mode et travail, mode et chéri... pour n'en citer que quelques-uns.

A offrir, et à s'offrir.  Ou à se faire offrir, tant qu'à faire, c'est encore mieux.

torturesdelamode