2
déc

Coeur gros, ventre vide - Jeanne (et Farida Taher)

"Le dimanche on lit au lit".

Un livre qui se lit vite, parce qu’on accroche dès la première ligne.

Un livre qui ne raconte rien d’extraordinaire, mais qui captive par ses détails ordinaires.

Voici mon petit résumé de Cœur gros, ventre vide.

J’ai été envahie par l’empathie en découvrant qu’être pauvre ne signifie pas être chômeur, sans revenus, vivre sous les ponts et/ou manger aux Restos du cœur.

On peut bosser, à deux, être propriétaires de sa maison, et être dans la misère, ou presque. Parce que les incidents de parcours mènent parfois rapidement à la spirale du surendettement. J’ai eu mal pour Jeanne, qui ne parvient pas à s’intégrer dans son village ou à l’école, car sa pauvreté semble marquée sur son visage. Ça m’a rappelé l’époque où j’étais ado, dans une école snobissime, où les marques et les grosses villas étaient indispensables, et où je n’avais ni l’un ni l’autre. J’ai ressenti aussi ce rejet, mais je m’interroge parfois sur la véracité de ce ressenti : était-ce bien réel ou me mettais-je à l’écart sciemment, me sentant différente ? Faut que j’en parle à un psy.

J’ai plongé tête la première dans la vie de Jeanne, et en deux jours, j’avais terminé son récit. Touchant.

Et pourtant, contradictoirement, elle a fini par m’énerver, la miss, à force de lire qu’elle a faim, qu’elle a pas de tunes, que tout le monde est méchant avec elle. J’ai eu comme un sentiment de victimisation, un sentiment Caliméresque. Et je me suis dit que mon empathie s’était envolée, de deux coups d’aile, flap flap, que c’était pas bien de penser ce que je pensais, mais j’ai pas pu m’en empêcher de le penser Monsieur le juge, c’est pas ma faute, c’est la faute à ma jeunesse patati patata. Comme une envie de la secouer, de lui dire que si sa famille est dans la dèche, c’est pas totalement sa faute, à sa famille, mais c’est quand même un peu sa faute, à force de faire crédit sur crédit, ben voilà quoi.

Et puis lire d’un côté qu’elle a faim, vraiment faim, et de l’autre que sa mère lui donne 20 eur pour aller aux auto-scooters, ça m’a laissé comme un goût amer en bouche. 20 eur c’est pas grand-chose, me direz-vous. Et puis elle a besoin de s’amuser, la gamine, me direz-vous encore. Oui, et je dois être une vieille ringarde capitaliste égoïste, mais je me dis que si j’avais que 20 eur en poche, et que je devais choisir entre nourrir mes gamines ou leur payer des tours en auto-scooters, ben le choix serait vite fait. Je l’avoue, ça m’a passablement énervée, car j’ai eu la sensation de lire ce qu’on lit quotidiennement dans la presse belge : des lamentations en tous genres, sur des expulsions, des saisies, des gens en difficulté, et quand on investigue un peu… on découvre qu’ils l’ont creusée eux-mêmes, leur tombe financière, en préférant s’offrir un écran plat que payer leur loyer. Je caricature, mais vous voyez le topo quoi. .

Cette histoire de tours en auto-scooter, ça m’a vraiment ôté toute mon empathie, sacrebleu.

Mais ça n’enlève rien à ce récit simple mais de qualité, dont le naturel m’a passionnée et au plaisir que j’ai eu à découvrir ce petit bout de vie ordinaire d’une jeune fille somme toute pas si ordinaire que cela. Je pense qu’elle fera mieux que ses parents, elle a tout compris, somme toute.

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27
oct

La bible selon le chat – Philippe Geluck

« Le dimanche, on lit au lit ».

Le chat, c’est ma bible depuis toujours, enfin depuis qu’il existe et que j’ai acheté le premier tome, que j’ai dévoré, adoré, vénéré. Ça fait un bail déjà. Un bail de bibles, dévorées.

Le chat me fait rire, son humour, j’adore, le chat c’est mon idole, j’aimerais avoir son humour jamais vulgaire.

Alors quand la bible sort en version chat, je m’en pourlèche les babines.

Le coffret est super joli, et en l’ouvrant, je découvre deux volumes, comme l’ancien et le nouveau testament quoi.  Mais en fait les deux volumes résument seulement l’ancien testament.   

Et puis je me plonge les mystères de la création de l’univers et de l’homme, si dieu avait été le chat, ou si le chat avait été dieu, j’ai un doute sur ce coup-là.

Hyper drôle, y’a du très bon, et puis y’a du moins bon, étonnamment, parfois chocking, parfois un tantinet vulgaire, c’est qu’il en deviendrait grossier, notre chat transformé en dieu, ce à quoi il ne m’avait pas habituée…  

Et  je vous avoue que ma préférence va au chat qui se prend juste pour le chat, car finalement, ça lui va bien, d’être juste un chat.

Je fus cependant ravie de retrouver le chat, après sa disparition de la presse, j’avais peur qu’il soit mort, mais cette résurrection est rassurante (faut-il l’appeler Jésus du coup ?)

Le Chat, Tome 18 : La bible selon le chat

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6
oct

Débordée, moi ? Plus jamais – Pauline Perrolet – Pacotine

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« Le dimanche, on lit au lit ».

Débordée, moi ? Plus jamais, c’est une psycho-BD. Une BD, avec une valeur ajoutée quoi, puisqu’elle distille, l’air de rien, avec un gros zeste d’humour, des conseils psy.

J’aime.

Le premier volet de cette série traite du « débordement », passque les femmes, avec le stress, la fatigue, les tâches ménagères que leurs chéris délaissent (si, ils sont comme ça, les mecs), et les zenfants, et puis la culpabilité qui arrose tout ça d’un soupçon d’acide, la vie n’est pas toujours facile.

Via quatre personnages, Anna, divorcée un enfant, vivant avec Philippe, deux enfants ; Caroline, mariée 4 enfants, Naïma, célibataire un enfant et Emma 35 ans en couple sans enfant avocate, cette BD ratisse large en abordant tous les types de femmes… sauf le mien, c’est mon regret, passque les célibataires sans enfant, ça existe aussi, oui oui oui, qu’on se le dise. Et moi avec ma chat-mille nombreuse, ben chuis débordée aussi : préparer de bons petits plats, changer la litière, nettoyer les dégâts récurrents des bestioles. Sans oublier mon taf, mes écrits, mon blog, mes séries télé, mes livres, mes loisirs. Alors, ouais, chuis débordée aussi.

Cette lacune mise de côté, j’adore totalement cette BD, qui dédramatise toutes les petites choses du quotidien qui font qu’on se sent parfois débordéééééééééééééééééééééée. Tout cela dessiné par Pacotine, dont j’adore le style.

Bref, que du bonheur, à prix abordable (12 eur, 6,99 eur en kindle) quand on voit le prix de certaines BD de nos jours, ma bonne Dame, et j’attends impatiemment la sortie du volet 2 de ces psycho-BD, qui devrait parler à toutes : Bye bye les complexes…

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27
sep

Une dernière chose avant de partir – Jonathan Tropper

« Le dimanche, on lit au lit », et on publie le vendredi, passque dimanche on sera au FIFF.

Jonathan Tropper n’en est pas à son coup d’essai en matière de littérature, mais c’est le premier livre de cet auteur que j’ai eu le plaisir de découvrir récemment, bien qu’il soit sorti il y a un petit temps déjà, mais peu importe, y’a pas d’heure pour lire Une dernière chose avant de partir, ni une comédie, ni un drame, plutôt une comédie douce-amère, dirais-je.

Douce comme la tendresse qui existe entre tous les personnages, malgré leur cynisme quasi permanent et leur humour parfois détonnant.

Amère car par moments, elle ferait presque pleurer, tant les situations les plus cocasses laissent parfois percevoir une souffrance larvée.

J’ai aimé m’attacher à Drew, qui est pourtant une tête à claques, star éphémère de la musique, immigré dans un hôtel accueillant tous les rejetés de la vie et surtout de la famille, depuis que sa femme l’a quitté, avec sa fille, il y a déjà un bail (sept ans).  Il y a quelques potes, qui constituent son seul noyau social. Le jour où sa fille adolescente, qu’il a fortement négligée, débarque chez lui et lui apprend qu’elle est enceinte, il s’effondre, et apprend que seule une opération pourra le sauver.

Opération qu’il refuse, au grand dam de son entourage…

Paresse ? Manque d’espoir en l’avenir ? Incapacité de savoir s’il veut prendre le risque de vivre encore ?  Sans doute un peu de tout, et ça fait beaucoup de remous…

Jonathan Tropper nous fait passer du rire aux larmes, de l’émotion à l’envie de baffer Drew, parfois.

Une jolie tranche de vie, qui remue parfois à l’intérieur tout ce sur quoi on s’interroge quand on est humain : le sens de la vie, le gâchis du passé, l’espoir en l’avenir…

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26
sep

Histoires à mourir de vivre vol. 2 enfin disponible

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Désolée pour l’interruption momentanée de nos programmes sur ce blog, je vous écrivais le volume 2 des Histoires à mourir de vivre, avec Rachel Colas. Sa sortie fut un peu retardée car Amazon a requis la preuve que nous en étions les auteures. Cela se comprend, des histoires aussi formidables ne peuvent qu’avoir été écrites par des stars internationales comme Marc Levy ou Stephen King, ah ah ah.

Bref, il est enfin disponible, et voici en quelques mots ce que je vous propose d’y découvrir :

 

Il rêvait de la jeunesse éternelle. Méfiez-vous, celle-ci a un prix… (Le pacte)

Un centenaire peut-il être un meurtrier sanguinaire ? (Huit heures pétantes)

Elle se sent morte avant de l’être, parce que des ronces poussent dans son ventre. L’amour va-t-il la sauver ? (La bête et le beau)

Il attend un miracle, car aujourd’hui est le premier jour du reste de sa vie (Une journée aussi belle que le miracle contenu dans le dernier opus de Céline Dion)

Un intrus arrive dans la famille. S’en débarrasser au plus vite sera son but ultime… (L’intrus)

A minuit, tout peut arriver, le pire comme le meilleur (Minuit)

Huit ans, des yeux d’anges, une chevelure blonde, une meurtrière en puissance (Genèse de la psychopathie)

Juste avant le drame, dans la tête des coupables d’infanticides (Juste avant)

Vacances en Italie… vacances de rêve… ou pas (L’abus de Stephen King tue)

Peut-on encore relativiser lorsque sa vie se résume aux barbelés d’Auschwitz ? (Toujours relativiser)

Une histoire dégoulinante de miel et de … sexe (La ruche)

Treize brèves de cimetière, de cercueil ou d’ailleurs…

 

Voici donc les nouvelles histoires que je vous ai concoctées et que vous trouverez dans Histoires à mourir de vivre, vol. 2.  Sans oublier toutes celles que Rachel a écrites rien que pour vous, soit plus de 150 pages de pur bonheur… ou de pure terreur.

Puissent-elles vous plaire autant que celles contenues dans le volume 1, je les ai voulues plus captivantes encore, plus angoissantes, plus émouvantes parfois… et plus drôle pour certaines, si, si, je vous jure, y'a plein d'humour ! Noir parfois...

Et si vous n’avez pas encore votre volume 1, profitez-en, pour le lancement du volume 2, il est en big promo de la mort qui tue la vie, à 99 cents.  Keskon a encore pour 99 cents de nos jours ? Ben rien !

Bonne lecture, et si vous avez aimé (ou pas), revenez le dire ici !

Histoires à mourir de vivre (Vol. 2)

Histoires à mourir de vivre (Vol. 1)