30
aoû

Nicci French

"Le dimanche, on lit au lit".

Quand je suis tombée sur "Sourire en coin" de Nicci French sur une brocante, je me suis ruée dessus, passqu'une amie venait justement de me dire "Nicci French, c'est sensassssssssssssss".

Et en effet.

En l'espace de quelques jours à peine, je me suis offert une orgie de Nicci French.  Même pas dégoûtée.  Encore envie...

Pour la petite histoire, Nicci French, c'est un couple.  Ils se sont rencontrés, aimés, mariés, et écrivent maintenant à quatre mains.  Et c'est une sacrée réussite.  Leurs thrillers ne sont pas plein d'hémoglobine, que du contraire.  L'intrigue est nouée de façon à faire monter l'angoisse crescendo.  Les personnages sont intéressants, avec bien souvent quelques failles.  Et beaucoup de psychologie.  De plus, contrairement à certains auteurs, comme par exemple Mary Higgins Clarck, qui écrivent toujours suivant la même trame, Nicci French propose à chaque fois des histoires totalement différentes : tueur en série, harcèlement par conjoint, maladie mentale, disparition ...  Et ce qui est chouette, c'est que si vous en lisez un et que vous aimez, vous avez de quoi passer de bons moments durant des semaines...

Bref, une fois la première page dévorée, impossible d'arrêter.  Je vous aurai prévenus.  A ne pas lire toute seule dans le noir un soir d'orage...

Je vous livre mon top, histoire que vous sachez par lequel commencer si l'envie vous prend :

A lire impérativement :

Dans la peau : " Zoé est institutrice. Jeune, séduisante, fraîchement débarquée à Londres, elle se sent un peu perdue. Elle n'a qu'une hâte : se débarrasser de l'appartement sordide qu'elle a acheté sans réfléchir quelques mois auparavant. Jennifer est une mère de famille bourgeoise. Belle, elle aussi, mais plus sophistiquée. Elle s'investit dans la rénovation de la maison qu'elle vient d'acquérir avec son mari dans le nord de Londres. Nadia est animatrice de spectacles pour enfants. Au lendemain d'une rupture douloureuse, elle essaie de remettre de l'ordre dans sa vie... et dans son appartement. Trois femmes apparemment différentes qui ont cependant un point commun : un serial killer les observe, les connaît, les aime, et leur écrit pour leur annoncer qu'il va les tuer."

J'ai cauchemardé sur les tueurs en série après avoir lu seulement cinquante pages... absolument génial ! Mais trouillomètre en hausse dès la première page.

Sourire en coin : "Lorsqu'elle surprend son petit ami en train de lire son journal intime, Miranda met aussitôt fin à leur liaison. Brendan a beau être un fiancé idéal, aimable, souriant, disponible, elle ne peut supporter cette intrusion dans sa vie privée. Quelques jours plus tard, Miranda apprend que Brendan a entamé une relation avec sa sœur Kelly. Coïncidence ? Hasard troublant ? Puisque Kelly est follement amoureuse et la famille ravie de cette idylle, Miranda n'a aucune raison de douter des sentiments du jeune homme. Vraiment aucune ?"

Complètement époustouflant !  Une angoisse qui monte petit à petit, jusqu'à son apogée.

La chambre écarlate : "Regent's Canal, faubourg de Londres... Lianne une adolescente fugueuse de 17 ans, est retrouvée morte, face contre terre et le corps lardé de coups de couteau. La police porte immédiatement ses soupçons sur Michael Doll vagabond à moitié fou et bien connu pour ses penchants pervers. Toutefois, malgré la triste histoire qui les lie, la psychiatre Kit Quinn a de sérieux doutes quant à sa culpabilité. Première observation, le meurtre s'est déroulé de manière bien trop précise pour une brute comme lui. Encore plus troublant, ce même assassinat fait étrangement écho à celui de Philippa Burton, riche bourgeoise, dont le cadavre a récemment été découvert de l'autre côté de la ville dans une posture identique..."

Une intrigue bien ficelée, dès les deux premières pages.  Angoissant.

Au pays des vivants : "Kidnappée, ligotée, à peine maintenue en vie par un mystérieux tortionnaire... quand Abbie Devereaux reprend connaissance, seule, dans le noir, une seule idée s'impose à elle : s'échapper. Avec un courage hors du commun, elle parvient à s'enfuir et à mettre fin à cette terrifiante expérience. Du moins le croit-elle, car le cauchemar ne fait que commencer... Abbie a en effet perdu tout souvenir des jours précédant son agression, et la police comme les médecins concluent à l'affabulation d'une jeune femme dépressive. Confrontée à un mur de ténèbres, à l'incrédulité de tous et aux zones d'ombre de sa mémoire, elle veut reconstituer son passé. Pour la guider dans cette quête aux frontières de la folie, Abbie n'a qu'une certitude : si son bourreau existe, il saura la retrouver."

Scotchant et angoissant au possible.

A lire absolument :

Charlie n'est pas rentrée : "Alors qu'elle s'apprête à quitter la grisaille de Sandling Island pour des vacances au soleil avec sa famille, Nina attend Charlie, sa fille, adolescente imprévisible et secrète. Mais Charlie est en retard et Nina est de plus en plus inquiète. Elle le sent : Charlie est en danger. Fugue, accident, kidnapping ? Dans la petite île battue par les vents, face à l' indifférence de ses voisins et à la lenteur de la police, Nina entame une angoissante course contre la montre pour sauver sa fille. Sa seule arme pour sortir de ce cauchemar : son instinct..."

Tout se passe en une seule journée, mais quelle journée !

A ne pas lire en premier, petite déception assurée :

Aide-moi : "Un mari attentif, un travail passionnant, des amis fidèles : Holly est parfaitement épanouie. Pourtant, des incidents se multiplient au cours desquels la jeune femme montre un tout autre visage. Cassante, parfois violente, infidèle, elle a le chic pour se mettre dans des situations impossibles et faire naître la haine sous ses pas sans même s'en rendre compte. Inquiets puis agacés, ses amis se demandent si Holly n'est pas en train de sombrer dans la folie et s'il ne faudrait pas l'enfermer, pour la protéger de ses propres excès, comme le suggère son mari. Mais, au plus profond de son abîme intérieur, Holly est persuadée d'être manipulée..."

Je n'ai pas adoré, la fin m'a vachement déçue.

Jeux de dupes : " Comment se reconstruire après un drame ? Spécialiste des traitements post-traumatiques, le Dr Samantha Laschen va avoir l'occasion de confronter ses théories à la réalité. La police lui a en effet confié la garde de Finn Mackenzie, une adolescente qui a miraculeusement survécu au massacre de sa famille. Mais l'enquête piétine et les assassins courent toujours. S'ils en ont après Finn, ils n'épargneront pas non plus ceux qui lui apportent leur aide. Et d'apaisant refuge, la tranquille maison de Samantha, isolée sur la lande, pourrait bien se transformer en un piège mortel..."

Moins décevant que "Aide-moi", mais ne m'a pas captivée autant que les autres.

Je dois encore lire :

Jusqu'au dernier : "Astrid mène une vie sans histoires entre son job de coursière et la grande maison qu'elle partage à Londres avec plusieurs autres personnes, pour certains des amis de longue date. Jusqu'au jour où, sur son vélo, elle se fait renverser par une voisine. Plus de peur que de mal... sauf que la voisine est retrouvée le lendemain, battue à mort. Puis c'est le tour d'une cliente chez qui Astrid devait aller chercher un colis, et qu'elle découvre sans vie, sauvagement assassinée. Coïncidence ? La police n'y croit guère. Pour Astrid et ses six colocataires c'est le début du cauchemar, surtout lorsque le, tueur frappe à nouveau, cette fois-ci au coeur du petit cercle d'amis. Mais sont-ils vraiment si proches que ça ? Lentement, l'amitié se transforme en méfiance, l'amour en haine, et chacun se demande : qui sera le prochain sur la liste ?"

Mémoire piégée : "Il y a vingt-cinq ans, Natalie Martello a disparu. Aujourd'hui, son corps est découvert dans le jardin du domaine familial et la police conclut à un meurtre. Résultat : le doute s'installe et l'équilibre du clan se retrouve menacé. Quel indicible secret les Martello ont-ils enfoui ? Quelle sombre réalité se cache derrière ce squelette exhumé ? Jane, meilleure amie de Natalie au moment des faits, décide de se rappeler ces quelques jours d'automne où tout a basculé : avec l'aide d'un psychanalyste, elle fouille dans ses souvenirs, car elle seule détient la clé de l'énigme."

Feu de glace : "Alice Loudon croise un inconnu et renonce à tout pour lui. Elle ne sait rien de lui, si ce n'est la passion qu'il lui inspire. Peu à peu, découvrant le passé récent d'Adam, héros discret de nombreuses expéditions du Killimandjaro à l'Everest, elle cherche à comprendre le caractère tourmenté et secret de cet alpiniste d'exception, rescapé d'une tragédie montagnarde où plusieurs de ses partenaires ont laissé leur vie. Et parmi eux, trois femmes dont il aurait été très proche. Elle acquiert bientôt la certitude qu'elle a épousé un meurtrier. Au point que son entourage s'inquiète pour sa santé mentale. Mais les preuves s'accumulent, et sa propre vie est désormais en danger."

 

14
aoû

Trois femmes

Afghanistan.  Elle a connu la liberté.  D'écouter de la musique.  De regarder des vidéos.  De bouger.  De sortir.  D'avoir les cheveux au vent.  De regarder les cerfs-volants.  D'aller à l'école.  De travailler.  Malgré les guerres, elle ressentait la liberté.  Puis les talibans ont débarqué et ont tout changé.  Plus aucun droit.  Plus le droit d'étudier.  Ni d'avoir un chien.  Ni un oiseau.  Interdiction de sortir.  De se montrer.  De porter des chaussures blanches.  Et tant d'autres choses encore.  Absurdes.  Inexplicables.  Monstrueuses.  Interdiction d'être une femme, presque...  Alors elle a lutté.  Pour maintenir l'enseignement.  Pour survivre.  Puis elle a parlé.  Elle a fui.  Enfin, elle a écrit.

Yémen.  Elle pensait partir en vacances.  Découvrir ses racines.  Ses origines.  Son pays gorgé de soleil.  En compagnie de sa petite soeur.  Elle ignorait tout du piège qui se préparait.  Son géniteur (peut-on appeler cela un père ?), les avait vendues, toutes deux, à 14 et 16 ans.  Vendues.  Enfermées.  Mariées de force.  Violées.  Vouées à un esclavage de plus en plus immonde.  Kidnappées et pourtant considérées comme des putes blanches.  Elle a lutté, durant des années.  Prévenu sa mère, mois après mois, de ce qu'elles vivaient, dans des courriers qui n'arrivaient jamais.  Jusqu'à ce jour où, enfin...  après huit longues années d'enfer, la liberté.  Pour elle.  Pas pour elles. Elle a dû laisser sa soeur, ses neveux et nièces, son fils.  Sa petite soeur si fragile.  Toujours prisonnière, près de trente ans plus tard.  Que reste-t-il, actuellement, de cette soeur bousillée par un pays hostile ?  Elle, elle a fui.  Puis elle a écrit.

Cisjordanie.  Elle croyait qu'il allait l'épouser.  Il avait déjà fait sa demande.  Elle croyait l'aimer.  Elle l'aimait peut-être, d'ailleurs.  Alors elle a transgressé les règles et lui a offert son corps.  Sa virginité.  Sacrilège ultime.  Honneur familial bafoué.  La sentence était inéluctable : la mort.  Pétrole.  Allumette.  Torche humaine.  Enceinte de sept mois.  Tout ça pour sauver ce fameux honneur.  Mais elle a survécu.  Un miracle.  Sa "famille" l'a crue morte.  Elle a fui.  Avec l'aide d'une association.  En Europe.  A guéri tant bien que mal.  Et s'est reconstruite, malgré les horreurs vécues.  Elle a eu deux filles, un fils, né de ce "crime" commis là-bas.  Elle se doit de rester anonyme, car sa vie est toujours menacée, l'honneur n'est pas sauf si on la sait en vie.  Puis elle a écrit. 

Trois livres dévorés en l'espace de quelques jours.  D'affilée.  Passionnément.  Trois destins hors du commun et pourtant si communs.  Trois chances de réaliser à quel point je suis bien née, dans ma petite Gelbique, où la femme a tous les droits.  Les mêmes que les hommes.  Même si son salaire est moindre.  Même si elle fait plus souvent le ménage.  Même si certains hommes qui n'en sont pas la prennent pour un punching ball. 

Pour ces trois femmes, un destin commun : l'esclavage.  Dans des pays où la femme n'est rien.  Moins qu'un animal.  Sans valeur.  Sans pouvoir.  Interdite de vie sociale.  Interdite de voyage sans autorisation.  Interdite de sortir de chez elle, tout simplement.  Elle n'est.  Rien.  Un déchet.  Dont on se débarrasse lorsqu'il n'est plus utile.  Ou s'il est incapable de donner des fils.  Ou s'il a mal agi en osant dénuder un centimètre carré de peau.  En osant regarder un homme.  En osant lever la tête.  En osant exister.  Un déchet auquel on fait subir les pires tortures : le travail harassant jour après jour après jour après jour, des grossesses à répétition, parfois jusqu'à ce que mort s'ensuive, des douleurs physiques et morales, l'excision.  Une vie qui n'en est pas une.

Trois femmes qui s'en sont sorties.

Mais pour combien qui subissent encore tout ça, en 2009 ?

J'ai lu ces livres à la suite l'un de l'autre.

Le premier m'a déçue par son avalanche de faits historiques et politiques, trop complexes pour mon petit cerveau.  Mais il m'a aidée à comprendre le changement intervenu en Afghanistan depuis les talibans.

Le second m'a scotchée, estomaquée et fait réaliser à quel point le sort des femmes au Yémen (mais dans tellement d'autres pays également) est inimaginable pour les femmes comme moi, jouissant d'une liberté totale.  L'enfer sur terre existe.  Et il a été créé plus pour les femmes que pour les hommes, semble-t-il.

Le troisième m'a arraché des larmes.  Je l'ai lu en une soirée.  Impossible d'arrêter.  Autre pays, même sort peu enviable pour les femmes.  Pire encore.  La mort rode partout.  La peur est présente, bien avant le drame déjà.  Une menace permanente.  Une sensation d'être en sursis permanent. 

Après ces trois lectures, me voilà en état de choc.

Et la question du jour est la suivante : qu'est-ce qui justifie que la femme soit considérée comme inférieure à l'homme dans une si grande partie de la planète ?  Qu'elle doive obéir, subir les pires choses, les pires violences, en ayant juste le droit de se taire, sous peine de représailles pouvant aller jusqu'à la mort ?  En vertu de quoi ?  De quelle loi ?  De quelle règle religieuse ?  De quoi ??????

visagevole

venduesbrulee

9
aoû

Petite anthologie de la littérature érotique - Gilles Guilleron

« Le dimanche, on lit au lit ».

Voici un livre tout petit tout petit, au prix également tout petit tout petit : 2,90 eur.

Petit mais costaud, oserais-je dire, en piquant l'expression à une publicité dont j'ai oublié le produit (c'était pas pour la poudre Omo micro ?)

J'avoue avoir été étonnée, car je m'attendais à un simple recueil de textes érotiques courts, allant du moyen âge à nos jours...  Punt aan de lijn. 

Et bien que nenni.

Ce petit livre va bien plus loin, en dressant un inventaire d'une cinquantaine auteurs, classés par ordre chronologique, une petite biographie de chacun, une bibliographie, et enfin, des extraits de leur œuvres.  Une façon bien agréable de réaliser que la littérature érotique a toujours existé, ou presque (et à la TV, TV5 me propose de découvrir une « vierge érotique », quand je disais, il y a un petit temps, qu'il n'y avait pas de hasard, mais bien des coïncidences étranges...).

Les textes sont relativement courts à mon goût.  Trop courts, dirais-je, pour permettre de s'y plonger entièrement et de s'en délecter, mais l'ouvrage a l'avantage de proposer tout un éventail d'auteurs (une cinquantaine), permettant ensuite, en fonction du style, d'acquérir l'une ou l'autre œuvre et de la découvrir plus ... intensément...

anthologie

9
aoû

Vamp’in Love - Raye Kimberly

« Le dimanche, on lit au lit ».

Avec Vamp'in Love, même si l'auteur surfe sur la vague née, sans doute, de la saga à succès Twilight, n'a absolument rien à voir avec ladite saga, rien de rien.

Le seul point commun est sans doute la présence de vampires, cela va de soi, mais également de loups-garous, puisqu'il semble que les deux soient absolument indissociables.

Vamp'in Love, c'est de la chick lit version buveurs de sang : l'histoire d'une vampirette célibataire depuis plusieurs centaines d'années qui crée sa propre agence de rencontres afin d'aider ses congénères à trouver l'amooooouuuuur, le vrai, le grand.  Et comme elle doit à la fois caser des humains (qui vieillissent vite et mal, c'est bien connu), des mordus (la catégorie de vampires à fuir comme la peste) et des héréditaires (vampires de naissance, le nec plus ultra, dont elle fait bien entendu partie), notre héroïne a du pain sur la planche... ou du moins elle en aura lorsque la clientèle pointera enfin le bout de son nez, ce qui n'est pas gagné...  Ajoutez à tout cela une mère dont le seul but est de trouver un compagnon d'éternité à sa fille, une employée humaine qui doit ignorer à tout prix l'existence des vampires et un tueur en série de célibataires qui rode, et vous aurez la recette idéale d'une lecture estivale réussie : du suspens, de l'humour et bien sûr de l'amour.

Vamp'in Love est le premier volet d'une saga (le second sort à l'automne) déjà acquise par la télévision pour en faire une série, c'est dire si le thème des méga « chauves-souris » plait en ce moment.

Une lecture légère et drôle, à emporter à la plage...

vampinlove

12
jui

J'aurais préféré vivre - Thierry Cohen

"Le dimanche... on lit au lit" (même si c'est dans la nuit... on est déjà dimanche).

Des mois que j'ai acheté ce livre, sur les conseils d'un internaute tenant un blog lecture.  Des années que je voulais le lire, depuis que j'avais découvert cette couverture illustrée d'un calendrier (édition originale).

Puis je me suis décidée.

Je ne m'attendais pas du tout à ça, la quatrième évoquant l'histoire étrange d'un homme se suicidant puis vivant, impuissant, sa vie, m'avait laissé imaginer un truc romantico-triste à la Marc Lévy.

Point du tout.  Même si l'étrange et le surnaturel sont au rendez-vous.

Dès la première page, j'ai été happée par l'histoire.  C'est bien ficelé, entre suspense et quatrième dimension.  Ça se lit vite.  Ça se dévore.  Ça fait pleurer.  Ça déprime.  Enfin, moi, ça m'a déprimée, car à lire certaines critiques, ce n'est pas le cas pour tous.  Ça doit être un livre qui déprime les déprimés et donne de l'énergie vitale aux optimistes, à mon avis.  On s'attache au personnage, qu'on a pourtant souvent envie de tuer, puis d'aider, puis encore de tuer.  On veut agir pour lui, on espère qu'il va pouvoir agir.  Alors on dévore le livre, pour en connaître le dénouement.  Vite.  Puis on pleure.  On réfléchit.  On se pose mille question.  On relit la fin pour être sûre d'avoir compris.  Et on repleure.  On reréfléchit. Je dis "on", mais lisez "je".  Chais pas pourquoi là, d'un coup, je parle en "on".

Ainsi donc (pléonasme), j'ai aimé.  J'ai adoré.  J'ai accroché.  Je n'ai pu m'en détacher.  Agréable à lire.  Prenant.  Captivant.  Un bon livre.  Original et tout et tout.

Par contre, ce qui m'a déplu au point de hérisser mes poils de bras (et ceux des jambes, si je ne les avais rasés récemment), c'est la morale de l'histoire.  Cette trame religieuse culpabilisante à souhait.  Ce message, comme un fil conducteur, qui s'accentue à la toute fin pour devenir harcèlement : le suicide est un péché.  Enfin, c'est comme ça que je l'ai perçu, j'imagine que chaque lecteur a sa propre interprétation (la vôtre m'intéresserait, d'ailleurs, tant qu'à faire).  Ça, ça ne m'a vraiment pas plu.  Pour moi, le suicide n'est pas un péché, mais un acte désespéré, commis par quelqu'un qui n'entrevoit pas d'autre solution, ni pour faire du mal à autrui, ni pour se faire du mal, mais au contraire pour ne plus souffrir.  Voilà ma position, totalement, je pense, opposée à celle de l'auteur.  Non, franchement, sur ce coup-là, je n'adhère pas, et je pense que ce message n'était pas indispensable à l'intrigue.  Mais bon, tout auteur fait passer le message qu'il veut, cela va de soi...

A part ce détail final qui me laisse un goût amer, ce livre m'a bouleversée.  C'est l'essentiel.

 

auraispreferevivre