7
fév

Les poissons ne connaissent pas l’adultère - Carl Alderhold

« Le dimanche... on lit au lit ».

Ce dimanche, je ne lirai pas au lit, car je pars à l'aube, en train, pour faire un truc dont je rêve depuis un paquet d'années...

Si j'avais su le thème de ce livre, « Les poissons ne connaissent pas l'adultère », enfin si j'avais su que l'histoire se déroule dans un train, j'aurais attendu pour le lire.  Passque j'adore me plonger dans l'ambiance d'un livre pour le lire.  Tout comme j'ai lu « Croisière » de Janine Boissard durant une croisière, j'aurais aimé lire « Les poissons ne connaissent pas l'adultère » dans un train.

Trop taaaaaaaaaaaaaard.  C'est lu.

J'ai toujours rêvé de vivre un truc incroyable dans un train. Un truc qui bouleverserait ma vie.  En bien. Le train, pour moi, c'est le lieu de tous les possibles.  Je m'y installe et j'attends le départ, entourée d'inconnus.  Que pourrait-il se passer ?  Une rencontre.  Des regards échangés.  Des discussions.  Des rires.  De l'inoubliable. 

Mais finalement, à part quelques fous rires, quelques importuns, quelques odeurs, et une très jolie rencontre féminine durant un retour Paris-Namur, rien de transcendant dans mes voyages en train.  Pas de rencontre boum-boum.  Pas de truc à la sauce Harlequin.

Mais je continue à rêver.  « Le seul fait de rêver est déjà très important », disait Brel.  Alors je rêve.

Et je rêverai encore plus après avoir lu « Les poissons ne connaissent pas l'adultère » (ça fait donc quatre fois que je réécris ce titre, sans songer au copier-coller, pourtant il est long ce titre saugrenu...).

Bon, ben, me direz-vous, Anaïs, tu en viens au fait ?

Ça va ça va, c'est dimanche, cool Raoul.

L'histoire, donc.

Elle s'appelle Valérie.  Mais c'est trop banal.  Alors, elle décide de devenir Julia, pour une journée.  Une journée où tout va changer.  Peut-être à cause de ses 40 ans.  Peut-être à cause de son mari, qui ne la regarde plus.  Et qu'elle ne regarde plus.  Peut-être à cause de sa fille qui ne la supporte plus.  Peut-être aussi à cause de son job, qui ne la fait plus rêver, pour autant que ce fut un jour le cas.  Ce jour-là donc, elle ne va pas bosser.  Elle monte dans un train, sans réfléchir.  Coup de tête.  Coup de folie.  Coup de chance ?

Dans ce train, des personnages.  Plein.  Des rencontres.  Plein.  Des regards.  Plein.  Des faux-semblants.  Plein.  Des envies.  Plein.

Tout ce plein, c'est ce que j'ai toujours rêvé de croiser dans un train, en vain.

Mais elle, Valérie, enfin Julia, elle va le croiser.  Le vivre.  Croquer dedans à pleine dents, comme dans une pomme mûre juste comme il faut.  Le vivre.  Et vivre. 

Un train emporté dans une folie douce, dont les passagers se révèlent tour à tour surprenants, amusants, décevants ou pétillants.  Une folie contagieuse, qui se répand comme une trainée de poudre.  Poudre de perlimpinpin ?  Poudre d'escampette ?  Poudre aux yeux ?

(Tchu, sérieusement, je me relis, et je me dis que ce que j'écris est superbe.  Hein, c'est superbe ?  Non, franchement, ces adjectifs en -ants, cette référence à la poudre, je m'épate moi-même de savoir écrire aussi beaucoup tellement bien et joliment poétiquement, enfin soit.)

Un livre, un train et une tranche de vie, enfin des tranches de vies, à dévorer sans modération.  Il n'y manque rien.  Petit coup de cœur pour le contrôleur, totalement extraordinaire, dans tous les sens du terme.  Et puis coup de coeur pour Vincent.  J'aimerais croiser la route d'un Vincent, un jour.  Et puis Colette aussi, j'aimerais être Colette, un jour.  Et Julia, ah Julia.

Que vous dire de plus ?  Que si ce billet long, décousu, disparate mais tellement spontané et qui vient du fond du cœur de mon coeur, a éveillé quelque chose en vous, il ne vous reste qu'à lire « Les poissons... » enfin je pense que là, à ce stade, vous avez retiendu le titre...

Quant à moi, à l'heure où vous me lirez, je serai dans un train.  Puisse mon voyage être aussi incroyablement incroyable que celui de Julia.  Maintenant que j'y pense, j'ai prévu de lire un truc de tueur en série (véridique, ça ne s'invente pas, un choix pareil).  Puisse vraiment mon voyage n'avoir rien à voir avec le thème de ce nouvel ouvrage...

 

poissons

17
jan

Vie de môme

« Le dimanche, on lit au lit »

Et pour une lecture tout aussi légère et tout aussi drôle, je vous conseille Vie de môme.  Le principe est simple (et je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé plutôt, je serais maintenant célèbre et riche, titchu) : collecter toutes les paroles spontanées et à mourir de rire de nos enfants (enfin de vos enfants, ou de leurs enfants, vu que moi j'ai pas d'enfant), en un site web... puis rassembler la crème des crèmes pour en faire un ouvrage.

Ce qui est génial dans ce genre de livre, c'est que de une on peut le lire par petites bouchées apéritives, jour après jour après jour, et que de deux, c'est, à chaque phrase lue, un petit morceau de bonheur. 

Et puis, cerise sur la tarte, y'a moyen de noter vos propres Vies de môme à la fin... Dites, Messieurs les éditeurs, je peux aussi noter des Vies de mômes de plus de 18 ans, c'est accepté ça ou pas ?  Passque, finalement, y'a pas que les mômes qui disent des trucs délirants d'innocence, de drôlerie ou de bêtise (au sens noble du mot bêtise).

Si j'avais pu participer à cet ouvrage, j'aurais inséré ces deux Vies de mômes, qui me viennent de ma filleule chérie, du temps oùsqu'elle était encore toute petite :

Voyant un chat blanc tacheté de noir passer devant elle, elle s'écrire « oh, marraine, un dalmachat ».

Voulant être la plus belle en ce royaume, elle me demande de lui appliquer du « bouche-à-lèvres ».

Avouez, elles sont trop cools les vies de mômes de ma filleule, hein. Elles méritent la palme, le césar et l'oscar de Vie de môme, non ?

 

viedemome

17
jan

Une fille haute couture - Lucy Sweet

« Le dimanche, on lit au lit »

Et si vous préférez une lecture plus « légère », je vous conseille le petit dernier de la collection Bliss : Une fille haute couture.

Evie a 18 ans, des parents très... particuliers, dirons-nous, et une folle envie de se lancer dans des études de stylisme.  Cela tombe bien, une école vient de l'accepter.  Reste juste à convaincre ses fameux parents... puis à s'intégrer dans ladite école, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Je vous avais déjà parlé d'un roman de cette collection que j'adore, savoir « Lottie Biggs n'est presque pas cinglée ».  Dans Une fille haute couture, l'histoire est bien différente, mais l'humour est toujours au rendez-vous.  Avec un soupçon de créativité et un zeste de romantisme... bref, un troisième ouvrage de cette collection à mettre entre toutes les mains féminines.  Le livre « remonte moral » par excellence.  Et la couverture est d'un glamour... (l'image ci-dessus ne rend pas bien son côté brillant rouge et noir, je trouve), enfin bon vous me direz, ça, on s'en fout, l'essentiel c'est l'intérieur.  Et bien moi je vous dis que non, on s'en fout pas, car lire un livre à la couverture glamour, c'est que du bonheur, mais, en plus, lire un livre à la couverture glamour en public, c'est attirer des tas de choses géniales à soi... croyez-moi sur parole, c'est testé et approuvé by Anaïs.  Mais nan, je vous raconterai pas, laissez un peu parler votre imagination, voyons !

Pour découvrir tous les ouvrages de la collection.

 

fille haute couture

17
jan

Ne plus vivre avec lui - Eva Kavian

« Le dimanche, on lit au lit ».

« Sylvia a dix-sept ans. Parce qu'elle en a marre de la garde alternée, parce qu'elle ne veut plus vivre avec son père, cet éternel absent, elle l'appelle. Et il meurt. Il dit d'accord et il meurt, Un père absent et un père mort, ce n'est pas pareil. Ne plus vivre avec lui. Cela paraissait si simple. »

J'ai découvert ce livre sur Arte.  Arte est une chaîne télé formidable, pleine d'émissions incroyables et de téléfilms à découvrir.  Et là, juste avant un téléfilm sur une mère qui tente de quitter l'Allemagne de l'Ouest avec ses filles, je vois par hasard la fin d'une émission et l'animateur présenter ce petit ouvrage édité par une maison d'édition de ma chtite ville à moi que j'aime, savoir Namur (la ville) et savoir Mijade (l'éditeur).  L'histoire m'interpelle immédiatement, cela va de soi.  Passque moi aussi j'ai agi comme Sylvia, il y a un bail emphytéotique, déjà, ou presque.  Et passque qu'il est mort aussi.  Pas comme pour Sylvia, non, mais les deux phénomènes ont eu lieu.

Puis je me dis « est-ce bon de lire ce genre de livre maintenant, ma petit Anaïs ? », en jetant un œil à « Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites », de Marc Lévy, qui me fait des appels du pied aussi, et que je compte relire sous peu.  Comme je suis un peu maso, je décide de lire « ne plus vivre avec lui ».

Et je ne le regrette pas. 

C'est un livre qui chamboule, sans doute car il pose les bonnes questions, et sans mettre de gants.  Sylvia n'était pas heureuse de sa relation avec son père, et ce n'est pas sa mort qui va la faire changer d'avis.  S'il la fait chier, elle lui dit « tu fais chier », même mort.  Autant être claire, même avec un défunt.  Et même si sa mort la fait réfléchir.  La fait l'aimer plus, peut-être.  La fait changer, sans aucun doute.  Elle se met à lui parler, à s'interroger. A mieux le connaître.  Mieux l'apprécier. A sa tristesse se mêle le bonheur d'une histoire d'amour, même foireuse.  A sa solitude se mêle une mère en détresse et deux sœurs encore si petites qu'elle les protège comme une poule le ferait avec ses poussins.

Bref, comme elle le dirait peut-être, Sylvia, même si elle ne le dit pas : « tu m'as plongée dans un vrai bordel, Papa ! »

Un bordel qui va la changer, c'est clair et net.

Un superbe livre, émouvant, mais parfois drôle aussi.  Profond, avec juste cette petite pointe de légèreté qui permet de respirer.  C'est bien nécessaire.  Un livre qui fait frissonner, en permanence, ou presque.  Un livre qui m'a énormément touchée, que je conseillerais à toutes les « filles de leur père », et même à toutes les filles sans père, ou ayant perdu leur père, tant qu'à faire.  Et aux autres aussi.  Bref à beaucoup de monde.  Car il ne peut laisser indifférent.

Dans ce livre, une chanson est évoquée.  Je la connaissais, sans vraiment la connaître.  Ce fut l'occasion de la redécouvrir.

« Just a perfect day drink sangria in the park
and then later when it gets dark we go home
just a perfect day, feed animals in the zoo
and later a movie too and then home
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
just a perfect day, problems all left alone
week enders on our own
it's such fun
just a perfect day, you make me forgett myself
i thought i was someone else, someone good
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
you're going to reap just what she saw »

 

neplusvivre

10
jan

Vie de merde … illustrée !

« Aujourd'hui, enfin ce vendredi,  je suis au bureau, au téléphone et en larmes à la fois.  Yeux rouges, nez plein de morve, mouchoir plein de mucus.  Arrive le facteur, qui me remet, outre le courrier professionnel du jour, un petit colis à mon attention : 'Vie de merde illustrée'.  C'est de circonstance.  Tellement de circonstance.  VDM. »  ça ne s'invente pas, c'est du vécu vrai de vrai, et ça m'a finalement rendu le sourire...

Dimanche, donc aujourd'hui (vous l'avez remarqué, petits futés), j'ai lu Vie de merde... illustrée !  Et depuis, j'ai plus pleuré, c'est déjà ça hein ?  Ce second volume (mais illustré cette fois) est donc tombé à pic en grand remonte-moral devant l'éternel.

Dois-je encore vous parler du site viedemerde.fr ?  J'imagine que non, tout le monde le connaît.  Succès phénoménal et ô combien mérité (mais pourquoi j'ai pas eu cette idée avant eux, hein, pourkwaaaaaaaa ?).  Divers plagiats se sont vautrés, car y'a qu'un viedemerde.fr, le seul, le vrai, l'unique.

Mais y'a maintenant deux livres : le premier, sorti l'an dernier, dont je vous avais parlé ici, et le second (mais non dernier, croyez-en mon petit doigt), cette fois tout en couleurs, avec le concours de 40 illustrateurs, excusez du peu, certains hyper connus (notamment Pénélope Bagieu, la seule, la vraie, l'unique), d'autres en passe de l'être, d'autre moins connus (nan, je donnerai pas de nom, m'enfin, so choking), ce qui permet au lecteur (savoir moi) de jolies découvertes.  Et parmi eux, ma petite chouchoute Missbean, chuis trop fière d'elle, en première page en plus, waw, la gloire la gloire et encore la gloire.

Plein de pages donc (je ne peux vous donner le nombre exact, le livre n'est pas paginé, et j'ai pas envie de compter), remplies de vies de merde dans des styles variés, très colorés ou plus sobres, en un dessin qui capte l'attention ou en une planche à la mode BD, humour noir ou rose, prude ou sexy, mais toujours à mourir de rire. 

Et MOURIR de rire en lisant VIE de merde, n'est-ce pas, finalement, une très très jolie mort ?

Bon allez, rassurez-vous, je ne le vous souhaite pas, mais je vous aurai préviendus : c'est poilant à souhait, et donc le risque existe bel et bien.  Alors évitez de manger des bonbons ronds en le lisant (car bonbons ronds + rires = avalage = étouffement = mort / meuh non j'ai pas des idées morbides en tête en ce moment, mais non).

Après lecture, ce second volume a déjà rejoint son petit frère dans mes WC, pour le bonheur de mes visiteurs, et pour le mien aussi, passque j'adore relire ça à chaque petite pause bien naturelle. J'ai beau les connaître quasi par cœur, elle me donne toujours la banane, ces Vies de merde.  Pas vous ?

PQ : question existentielle du jour : on écrit 'des vies de merde' ou 'des vie de merde', en fin de compte ?

vdmill