7
mar

Le bureau de mariage de M. Ali – Farahad Zama

"Le dimanche, on lit au lit"

Je me dois d'être honnête avec vous, lorsque j'ai vu la couverture jaune pétant de cet ouvrage, ses dessins indiens et son titre, je me suis dit « c'est quoi ce truc ? »

Je savais que ça parlait d'une agence matrimoniale, mais rien de plus.  Et en palpant le livre, je n'étais pas vraiment tentée, mais vraiment pas.  Moi, je lis des trucs aux couvertures roses, des trucs pour filles, ou des thrillers, ou du Guillaume Musso, ou des trucs rigolos, mais Le bureau de mariage de M. Ali, ben ça je lis pas, oh que non.

Puis j'ai lu, of course.

Et j'ai adoré.  Dès la première page.

Bien sûr, c'est hyper dépaysant, mais sans tomber dans les descriptions longues de la vie indienne et du paysage.  Heureusement, je déteste les descriptions sans fin et soporifique.  Puis ça donne un bon aperçu de la vie en Inde, des traditions parfois incroyables, surtout en matière d'amour.  Enfin d'amour... façon de parler.

Donc, Monsieur Ali crée son agence matrimoniale.  Et d'amour, il n'est point question.  Car ici, c'est pas comme chez nous « Anaïs cherche l'amour, le grand, le vrai, celui qui bouleverse, même âge ou plus, goûts communs si possible, et coup de foudre indispensable », non, chez Monsieur Ali, c'est plutôt « Ramanujam, médecin chirurgien de 28 ans, fortune de cinq crores (5 millions de roupies), de la caste Brahmane Vaishnava, envoyé par sa mère et sa sœur, se cherche une épouse, même caste, même niveau, qui ne travaillera plus après le mariage, dot de minimum un crore, grande, mince, peau claire, cultivée, même caste, même milieu ».  Et l'amour dans tout ça ?  Ben l'amour, ça vient après le mariage.  Enfin, quelle question.

Vous l'aurez compris, Monsieur Ali, son agence, c'est pour les mariages arrangés.  Et on peut dire que là-bas, c'est strict de chez strict, tradition de chez tradition. 

Je ne vous en dirai pas plus, car cet ouvrage regorge d'informations passionnantes qui permettent de découvrir la vie et les mariages indiens, où les castes, la religion, les dots et les traditions pèsent parfois lourdement sur les jeunes filles à marier.  Elles en bavent, parfois...

Ce livre est pourtant drôle et touchant, surtout lorsque Monsieur Ali engage Aruna, jeune fille qui bosse pour aider sa famille peu fortunée et qui va l'aider à faire prospérer son affaire bien au-delà de ses espérances.

Et quand on s'appelle Aruna, qu'on est indienne, jeune, jolie et non mariée, est-il vraiment possible de travailler dans un bureau de mariage sans risquer de vivre ce que toute jeune indienne se doit de refuser impérativement, car c'est bien sûr malvenu... j'ai nommé l'amour...

Un livre exotique, parfois rigolo, parfois stupéfiant et toujours émouvant.  A découvrir, même s'il sort des sentiers battus, d'autant que la suite est en cours de rédaction, vu le joli succès rencontré (et mérité).  Et ça m réjouit vachement.

On dit de ce livre qu'il est une version moderne (et indienne) d'Orgueil et Préjugés, et durant ma lecture j'ai compris pourquoi.  En Inde, même de nos jours, on se croirait, en matière de mariage, à la même époque que celle d'Orgueil et Préjugés...  Avec les mêmes contraintes, mais aussi les mêmes envies...

 

lebureaumariages

1
mar

Cathy's book

"Le dimanche, on lit au lit" (mais vu les problèmes techniques Skynet, on publie le lundi).

Ce qui m'a amusée dans Cathy's book, c'est la façon dont l'ouvrage se présente : un élastique pour le fermer, une pochette interne contenant plein plein de petit secrets.  Comme un journal intime quoi.

Et que celle parmi vous qui n'a jamais rêvé de lire un journal intime en cachette me jette la première pierre.

On en rêve toutes, j'en suis sûre.  Toutes et tous, peut-être.

Je me suis donc forcée à lire entièrement Cathy's Book avant de desceller la pochette secrète, car j'ignorais si elle recèlerait certaines révélations à ne pas découvrir immédiatement.  Et j'ai bien fait.

Cathy est donc une ado (logique, faut être une ado ou s'appeler Anaïs pour tenir un genre de journal intime) et elle est amoureuse de Victor, qui vient de la larguer.

Jusque là, rien que de très normal dans une vie d'ado.

Mais Victor est super super mystérieux et Cathy n'entend pas en rester là.  Elle décide d'enquêter... enquête qui va lui faire découvrir la "vraie vie" de Victor, celle qu'il a toujours voulu lui cacher.

Beaucoup d'humour, un zeste d'amour, de l'aventure et du mystère.  Avec en cerise sur le gâteau, des petits dessins qui agrémentent tout le livre, un peu comme le vrai journal intime d'une Cathy qui aime dessiner...  sans oublier la pochette secrète, que j'ai enfin ouverte.  J'ai adoré cette sensation de découvrir tous ses petits secrets, toutes les preuves récoltées durant son enquête...

Pour les Français, des numéros gratuits permettent d'en savoir plus sur Cathy et ses investigations.  Et pour les autres, y'a même un site web...

Bref, un livre un peu interactif.

Le second tome est déjà sorti, me réjouis me réjouis me réjouis.

 

21
fév

Sous les bruyères - Belinda Bauer

"Le dimanche, on lit au lit".

Et bien je vais vous dire, ça fait un bail que j'avais plus lu un thriller aussi palpitant.  Un de ceux qui démarrent à petit pas discrets, installant l'intrigue, petit à petit, comme l'oiseau fait son nid, puis qui s'accélèrent soudainement pour finir dans une apothéose extraordinaire.  Un de ceux auxquels se greffe, en cadeau bonus, l'analyse d'une famille déchirée par un drame survenu il y a bien longtemps déjà...

Le pitch.  Steven, 12 ans, vit dans une famille sur laquelle pèse l'ombre de la mort d'oncle Billy, qu'il n'a pas connu, assassiné par un tueur en série, et dont le corps n'a jamais été retrouvé.  Alors, pour que sa grand-mère et sa mère retrouvent enfin le sourire, Steven creuse.  A la recherche d'oncle Billy, afin que sa vie s'apaise.  Il creuse et creuse encore.  En vain.  Il décide alors d'écrire au tueur en série dont question, afin d'obtenir des informations.  Un tueur qui, tout enfermé qu'il est, n'attendait que cette opportunité pour que surgissent à nouveau en lui ses pulsions bestiales et pour laisser libre cours à son instinct meurtrier.  Sauf qu'il est enfermé...

Rien à ajouter, je n'aime pas trop en dire, ça gâche le plaisir.  Mais comme je l'ai dit, ça faisait un bail que j'avais pas lu un thriller si réussi.  Un thriller durant lequel je n'ai cessé de me dire, mais Steven, cesse, cesse enfin, tu vois pas que tu prends des risques ?  Un thriller qui analyse les relations familiales si difficiles, tellement le poids du souvenir est lourd.  Un thriller qui décrit si bien les pensées du tueur en série, la jouissance incroyable qu'il ressent au souvenir de ses meurtres passés, ce besoin viscéral de connaître encore un tel bonheur immonde, que j'en avais la nausée.  Totalement estomaquée, c'est le cas de le dire.  Comme si l'auteur, Belinda Bauer, avait pu pénétrer aux tréfonds des pires de ses pensées.  Page après page, ligne après ligne, l'attention est captée.  Plus moyen de s'arrêter.  J'ai d'ailleurs lu les dernières pages dans le bus, priant pour qu'il tombe en panne, car je savais que je n'aurais pas fini.  Mais il est pas tombé en panne, alors j'ai dû me précipiter chez moi pour enfin connaître le dénouement.

Belinda Bauer a déclaré avoir tout d'abord voulu parler d'une famille bousillée par un drame, sans du tout avoir l'idée idée d'un thriller.  Puis elle est venue, l'idée d'un thriller.  Ça me rassure.  Finalement, donc, je ne suis pas la seule à partir d'un événement en apparence anodin, d'une idée humoristique et légère, pour finir, dans ma tête (et dans ma tête seulement), en bain d'hémoglobine.  Pas d'hémoglobine dans Sous les bruyères, juste une tension et une angoisse qui vont crescendo.

C'est un premier roman, et c'est une réussite.

 

souslesbruyeres

14
fév

Et si on cuisinait avec Toquades ? (enfin et si VOUS cuisiniez avec Toquades)

« Le dimanche... on lit au lit ».

Bon, alors, vous n'avez pas envie de lire un roman.

Bon, alors, vous n'avez pas envie de lire des textes courts.

Bon, alors, puis-je vous dire que vous êtes de difficiles marmots (voire des chiants nés) ?

Nan, allez, j'ai une autre idée : la collection Toquades, de petits livres aux titres rigolos qui proposent des recettes faciles sur un thème précis.  Et puis, l'intérêt de cette collection, pour une piètre cuisinière comme moi, c'est que « les photos sont 100 % fidèles aux recettes, résultat garanti ».  C'est cool non ?

Moi j'ai « Tronche de cake » pour des cakes sucrés ou salés et « Légumes et tutti frutti » pour en manger cinq fois par jour, comme c'est conseillé, mais il existe des tas d'autres titres divers et variés : Cocotte minus, Un amour de dîner, Croques tartines et bruschetta, Verrines frisson garanti, Soirée mousse, Sushis et sa chimie, Le temps d'un éclair. 

Rien qu'en lisant les titres, j'ai qu'une envie : avoir toute la collection chez moi, toute belle toute jolie dans ma cuisine toute belle toute jolie.

Me faites pas dire ce que j'ai pas dit : j'ai pas dit que j'allais cuisiner comme une déesse incarnée, non mais.  Juste que je trouvais ça beau et alléchant comme tout et que les avoir, ce serait très beau, très décoratif et très femme idéale à marier rapido presto.

Purée (de pommes de terre), à vous écrire tout ça, j'ai vachement faim.

Allez, promis, demain, je m'y mets...

Et vous, zavez faim ?

Cliquer ici pour découvrir tous les titres...

14
fév

Petites histoires des grandes chansons - volume 2 - Fabien Lecoeuvre

« Le dimanche... on lit au lit ».

Je vous avais parlé, l'an dernier, du premier volume de Petites histoires de grandes chansons.  

Big nouvelle, le second tome est sorti.  J'adore ce genre de livre qui raconte une histoire différente quasiment à chaque page, permettant de le lire épisode par épisode, de le découvrir petit à petit. A son aise Blaise.  Cool Raoul.  Relax Max.  Chaque jour une petite tranchette.

Evidemment, en lisant cet ouvrage, il faut s'attendre à, parfois, être déçu... Par exemple, cette chanson de Calogero, « Si seulement je pouvais lui manquer », que je ne peux écouter sans pleurer, ben j'étais persuadée qu'il l'avait écrite passque son père ne s'était pas occupé de lui, ou était parti au loin, enfin un truc du genre.  Bref, j'ai tendance, et je ne suis pas la seule j'imagine, à associer thème de chanson et chanteur, comme on associe rôle de l'acteur à l'acteur lui-même.  Or, dans ce cas, que nenni ma bonne Dame.  Calogero, il a aimé, il a chanté, il a participé au succès de ce superbe morceau, mais il a pas vécu l'histoire.  Hé non.  , Déception, donc, mais possibilité d'en savoir plus sur les secrets des grands succès français, en découvrant des anecdotes marrantes, des moments émouvants, des tranches de vie ayant mené à l'écriture du texte, de la musique ou à l'interprétation par untel plutôt qu'untel.  Sensation étrange de pénétrer, telle une petite souris curieuse, dans les studios d'enregistrement d'antan et d'aujourd'hui, pour écouter des choses qui n'auraient pas dû être entendues.  Qué bonheur pour une curieuse telle que moi...

Plus de cent petites histoires de grandes chansons sont répertoriés, de 1932 à nos jours, de « Couchés dans le foin » à « Ah si tu pouvais fermer ta gueule », en passant par, Saint-Onnenparlerapoint oblige, « Hymne à l'amour », « Ne me quitte pas », « Les vendanges de l'amour », « Je suis venu te dire que je m'en vais », « Je l'aime à mourir », « Là-bas », « Aimons-nous vivants », « Vivo per lei », « Savoir aimer » et « Elle, tu l'aimes ».   Rho, tiens « Les vendanges de l'amour », de Marie Laforêt, et là je chante « ô Marie, si tu savais, ô combien, tu m'endormais ».  Passque Marie Laforêt et moi, vous le savez, c'est une big méga histoire d'amour, et durant des mois, je me suis endormie avec, derrière moi, un tourne-disque, sur lequel tournaient, soir après soir, quatre 33 tours (et oui, j'ai connu ça), de Marie Laforêt.  Donc, oui, elle m'endormait, Marie, au sens noble du terme.

Tiens, y'a aussi « Les sucettes », que j'ai également fredonné sans en comprendre le sens, morceau ambigu s'il en est, comme tout le monde le sait.  Morceau de Gainsbourg.  Tout comme « Je t'aime moi non plus » (qui n'est pas dans l'ouvrage) que j'ai écouté en boucle, également sans en comprendre réellement le sens, gamine innocente que j'étais alors (enfin je comprenais bien que c'était chaud hein, faut pas pousser, mais à mon avis, je pigeais pas tout tout tout).  « Savoir aimer » aussi, je l'ai écouté en boucle dans mon petit appartement, amoureuse folle que j'étais à l'époque, rhaaaaaaaaaaaaa...

Voilà comment un tel ouvrage peut, outre la révélation de secrets de fabrication, faire remonter à la surface un paquet de souvenirs d'enfance, d'adolescence, et d'hier.  Que du bonheur.

petiteshistoires2