23
fév

C’était mieux avant… ou pas ?

Avant, je mangeais des Treets, des Bonitos et des Raiders, et non des M&Ms et des Twix.

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Avant, j’avais un double deck et j’étais au taquet pour enregistrer le hit parade du samedi matin sur mes cassettes.

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Avant, je pouvais lire dans mon bain sans risquer de bousiller ma liseuse numérique, courant le seul risque de gondoler mon livre.

Avant, pour téléphoner, ça coûtait 1 franc la minute et fallait former le numéro en tournant un cadran, et entendre maman venir dire toutes les dix minutes « t’as pas encore fini ? »

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Avant, j’attendais toute la semaine impatiemment l’épisode suivant de ma série, sans la charger sur internet.

Avant je recevais des cartes pour mon anniversaire (elles sont toutes dans un tiroir), pas un mot sur Facebook.

Avant, on ne subissait pas les conversations passionnantes sur gsm dans le bus « c’est moi, t’es où, oui j’arrive, je suis dans le bus ». On se donnait rendez-vous aux escargots à Namur, et si on était en retard, ben on n’avait qu’à pas l’être, car on n’avait pas un gsm pour prévenir.

Avant, on pouvait frauder en se prêtant les abonnements de bus.

Avant, j’allais au cinéma pour 90 francs, je mangeais une glace pour 25 francs et je buvais un coca (plein de sucre, pas plein d’aspartame) pour 45 francs.

Avant, j’avais pas de cheveux blancs (c’est juste pour la rime).

Bref, c’était mieux avant… ou pas…

C’est sans doute le propre de l’homme (et de sa supérieure la femme) de se retourner vers avant avec une petite, voire une grosse, émotion, même si c’était pas toujours mieux avant.

Avant, mon premier magnétoscope coûtait 100.000 francs (si je vous jure) et le vidéoclub louait Dirty dancing que pour 48 heures, fallait s’en empiffrer avant de le rendre.

Avant, quand je cherchais le mot « métaphore », je pouvais pas demander sur Facebook et avoir une réponse presque immédiate, non, avant, je me torturais les méninges durant dix heures.

Avant, pour mon élocution, je devais aller à la bibliothèque et faire quatre heures de recherches (mais je savais pas qu’un jour le net existerait, donc ça me dérangeait pas).

Avant, je réchauffais mes spaghet bolo à la poêlle, ça prenait du temps. Mais ils étaient super croustillants.

Bref, c’est bien aussi, maintenant.

Mais le règne de « l’avant », c’est cool, parfois, c’est moelleux, la nostalgie, c’est cosy, c’est cocoon, et ça rassemble les ceusses du même âge.

Stéphane Ribeiro surfe sur cette vague nostalgique en proposant « C’était mieux avant, 500 bonnes raisons de regretter d’avoir plus de 30 ans. Ou pas ».

Et j’adore. Of course.

C’est top fun, ça rappelle de bons souvenirs, ça fait rigoler ou ça émeut.

Morceaux choisis parmi ces 500 propositions toutes plus chouettes les unes que les autres :

- Avant, personne à l’école ne s’appelait Kevin

- Avant, y’avait Grosquick

 

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- Avant, des extraterrestres enlevaient des vieilles dames pour leur faire des pâtes

 
Pub Lustucru : Les extra terrestres (1984) par tartenpion333

- Avant, la pub était annoncée par une fleur qui poussait dans une pomme en faisant « ahhhbdubdubdubdubdu… » (tiens je pensais qu’elle faisait « Ahhh2222222 » moi

 

- Avant, on disait déjà que c’était mieux avant

 

Seul reproche : l’auteur aurait pu éviter les « avant » blessants et même pas drôles, genre « avant, Isabelle Adjani était belle » et « avant, Catherine Deneuve était maigre », ça, ben j’aime pas. Ça me fait pas rire.

Zappons sur cette grosse faute de goût, et régalons-nous des autres « avant ». Moi, je me régale comme d’une glace à 25 francs la boule…

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19
fév

Romain et Augustin – Un mariage pour tous

« Le dimanche on lit au lit ».

J’étais très attirée par cette BD, ayant moi-même consacré un ouvrage aux familles dites différentes, mais pour les petits nenfants.

Mais dès la première page, j’ai su qu’elle ne serait pas pour moi, cette BD. D’abord, trop de personnages.  Ouais, moi, si y’a plus de quatre personnes dans une histoire, je m’y perds. La faute à mes neurones. Quatre neurones. Quatre personnages maxi. CQ(uatre)FD.

Ensuite, j’ai vraiment eu du mal à accrocher, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises, à plusieurs moments, mais rien n’y a fait, je n’ai pas pu entrer dans l’histoire.

Faut dire que j’aime plutôt les BD aux dessins rondouillards et pleines d’humour, alors les dessins réalistes et les histoires d’amour, en BD, quand bien même elles fussent gay, ben ça ne m’émeut pas.

Et de me demander pourquoi… alors qu’un livre peut me faire pleurer des larmes de crocodile.  Je pense que c’est car ça manque de mots, tout simplement. Ce qui est le propre d’une BD, je n’en disconviens pas. Mais l’histoire de Romain et d’Augustin, en BD, ça m’a fait l’effet d’un roman-photos. Même pour la demande en mariage, j’ai pas pleuré, c’est dire.

Hormis cet avis tout personnel, je pense (ce qui est finalement aussi un avis personnel), que cette BD devrait être proclamée d’utilité publique en France (et aussi en Belgique, même si parfois mon pays me semble moins rétrograde en matière de mariage gay), tout comme le fut la BD Jo, à l’époque de l’apparition du Sida dans nos vies…

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24
jan

Le petit mensonge de Dieu – Cyril Massarotto

 

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« Le dimanche, on lit au lit ».

Un beau matin, ou plutôt un moche matin, non en fait un moche 14 heures, c’est la fin. The end. Soudaine. Fatale. Une fin fatale. La mort quoi. Et voilà le meilleur ami de Dieu (cf le premier tome de cette bilogie, euh duologie ?, Dieu est un pote à moi) depuis près de 30 ans catapulté au paradis. Enfin ce n’est pas le paradis mais ça y ressemble, sauf qu’on s’ennuie ferme. Mais Dieu est un pote à lui, alors ça lui fait de la compagnie. Et puis malgré tout, il lui reste quelques aventures à vivre… ou pas.

Magnifique découverte pour moi que Le petit mensonge de Dieu, car je ne connaissais pas Dieu est un pote à moi, que je n’avais pas lu. C’est mon seul regret, me dire durant toute la lecture « mais pourquoi j’ai pas lu le premier volet, pourquoi j’ai pas fait connaissance avec ce personnage trente ans plus jeune, avec sa famille, sa femme, son fils ».  Je vous conseille donc avec insistance (c’est compris ?) de lire le premier avant le second, même si la lecture du premier n’est pas indispensable pour lire le second, c’est vraiment préférable (bon cette fois c’est compris ?)

Un livre bourré d’humour tendre, où l’on réalise que Dieu est parfois très filou, où l’on se pose pas mal de question, où l’on est ému aussi. Un joli condensé de toutes les émotions palpables sur terre… ou ailleurs !

(Quelqu’un aurait Dieu est un pote à moi à me prêter, par hasard ?)

PS : Dieu, si tu cherches une BFFE sur terre, I’m here…

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14
jan

Belle époque – Elizabeth Ross

« Le dimanche, on lit au lit ».

Paris. 1889. L’expo universelle se prépare. La Tour Eiffel s’apprête à gratter le ciel pour quelques mois seulement, destinée à être détruite ensuite…

Dans cette ville en apparence luxuriante et attrayante vit désormais Maude, petite provinciale qui a quitté sa Bretagne natale pour aller tenter sa chance. Sauf qu’elle est sans le sou et qu’après avoir vivoté tant bien que mal, elle doit se trouver un job. Qu’elle trouve par le biais d’une petite annonce, ignorant que le poste à pourvoir est celui d’un « repoussoir », soit un faire valoir permettant aux femmes riches de paraître encore plus belles, aux côtés d’une femme dite « laide ».

Et la voilà destinée à mettre en valeur Isabelle, une jeune femme en apparence hautaine et frivole, qui va vite se révéler intelligente et adorable. Son but : convaincre Isabelle d’épouser un beau parti, convaincre ce beau parti de l’épouser. Sauf qu’Isabelle n’a qu’un intérêt dans la vie : apprendre, apprendre et apprendre encore. Entre cette amitié naissante et ce boulot ingrat, Maud va vite se retrouver tiraillée… jusqu’à ce que l’amour viennent s’en mêler.

Un roman destiné aux jeunes adultes, que j’ai trouvé très bien ficelé, même si parfois l’intrigue semble cousue de fil blanc, sans doute car je ne suis plus vraiment une jeune adulte, hé ben non ma bonne Dame. Mais on se laisse vite emporter par ce Paris d’il y a plus d’un siècle, cette tour Eiffel prête à naître, la photographie qui fait ses premiers pas, les ambiances typiques de cette période, ces robes à froufrous, ces femmes superficielles et ce milieu où seule l’apparence et les richesses priment. Et de me surprendre à m’énerver contre Maud, vite contaminée par cette superficialité, à avoir envie de lui donner des claques, et j’en passe.

J’ai passé un chouette moment avec tous ces repoussoirs, bien plus sympathiques que certaines dames « de la haute ». Et à nouveau, j’ai lu dans mon bain, Belle époque dans une main, quelques macarons dans l’autre, un petit moment de presque luxe bien agréable, un petit bout de la belle époque rien que pour moi…

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2
déc

Fête fatale – William Katz

« Le dimanche, on lit au lit ».

Comment se faire arnaquer en librairie ? Acheter un joli roman noir en poche, en forme de joli paquet cadeau, et réaliser ensuite que le livre date de … 1984 (j’étais même pas née, ou presque).

J’aurais dû tilter sur le « premier roman parlant d’un tueur en série », c’était pas normal ça. Mais soit.

Bon, je me le suis offert à Paris, ça compense, ça fait « le livre souvenir de mon atelier d’écriture parisien ». Et je l’ai lu dans ma chambre d’hôtel, ça compense aussi, de l’avoir lu à Paris.

Et sinon, me direz-vous ?

C’est le résumé qui m’a titillée : pour les 40 ans de son mari, le 5 décembre prochain (jolie date), Samantha décide de lui organiser une fête, et d’y inviter tous ses amis de jeunesse. En cherchant à les joindre, elle découvre que le passé de Marty, le cher et tendre, pas si tendre que cela, n’est qu’une vaste mascarade. Ne parvenant à retrouver aucune trace de son enfance, de son passage à l’unif ou à l’armée, notre épouse s’inquiète de plus en plus, sans en piper mot au principal concerné.

Et l’angoisse de monter tandis que Marty se rend compte des agissements de sa femme, que cette dernière n’abandonne pas ses recherches, et que le 5 décembre, date où un tueur en série tue chaque année une femme à la chevelure châtain, approche…

Alors que vous dire de ce livre ?  Pas mal écrit, il accroche tout de suite, sans fioritures, sans blablas inutiles, d’ailleurs il n’est pas très épais.  Y’a bien un peu d’incohérences par ci par là. Y’a bien aussi une fin dont on se doute. Enfin moi je l’avais sentie, cette fin là. Mais à part ça, j’ai passé un chouette moment avec Samantha et l’abominable Marty des trains, et j’ai terminé mon livre dans un bain moussant, sympathique également.

Si vous êtes super fan de thrillers, que vous dévorez à longueur d’années, vous serez peut-être déçus par cette histoire un chouia cousue de fil blanc. Mais si vous démarrez dans la lecture qui fait frémir, voilà une bonne mise en bouche (ensuite, foncez sur Karin Giebel, le frémissement deviendra un tremblement).

Acheter Fête fatale en livre broché par pitié (14,99 eur en Kindle, non mais sans déconner on se fout de qui chez Amazon ?)

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