8
avr

Je hais la posssss'

Enfin plutôt, je hais les gens liés à la Poste et qui sont malhonnêtes, quels qu'ils soient... est-ce bien clair ?  Donc les facteurs, les employés au tri ou dans d'autres services obscurs dont j'ignore tout, les clients de la Poste, qu'importe, pourvu qu'ils soient malhonnêtes.

Et parfois, je suis maudite.  Maudite.

Il y a deux ans, Xo m'avait envoyé le petit dernier de Guillaume Musso.  Vous imaginez à quel point j'étais impatiente de le recevoir de le lire de le dévorer d'en parler ici.  D'autant que dans ce cas, je le reçois bien avant la sortie officielle (regarde sadique et narquois) et que c'est un plaisir encore décuplé de le lire et d'en parler avant que vous ne l'ayez vu en magasin, palpé, acheté et lu.  Je sais, je suis mesquine, parfois (qui a dit « souvent ? »).

Et il y a deux ans, mon livre s'est perdu (je vois d'ici vos regards sadiques et narquois).

Il a été posté, par un vilain pas beau facteur incompétent, dans une boîte aux lettres voisine.

Déchiré, en plus, ce qui fait qu'on voyait totalement ce que l'enveloppe rembourrée contenait.

Mais le voisin, gentil tout plein, me l'a rapporté.  Y'a quand même des gens super sur cette terre non.  Donc j'ai lu mon Musso avant tout le monde et tout et tout (regard sadique et narquois).

L'an dernier, tout se passe bien, envoi, lecture, larmes, billet sur le blog, le tout en primeur absolue, comme RTL TVI adore le dire.

Cette année, j'avais zieuté le blog officiel de Guillaume (j'aime bien ne pas mettre son nom de famille, comme si je le connaissais personnellement - ben oui, quoi, j'ai croisé son regard à la Foire du Livre de Bruxelles l'an dernier, alors c'est tout comme, j'attends juste qu'il me retrouve pour m'avouer son amour éternel - ben oui quoi), mais aucune sortie annoncée.

Et puis, Xo m'a proposé de recevoir « La fille de papier », le petit dernier, qui finalement sortirait, comme chaque année, au printemps.  Inattendu.  Et que du bonheur, d'autant que l'histoire me semblait géniale immédiatement : un écrivain voit son héroïne devenir réelle.  Moi j'adore ce genre d'histoire romantico-fantastique. 

Donc je me réjouissais, je me réjouissais, je me réjouissais, je ne faisais plus que ça : me réjouir !

Et j'attendais mon facteur, le matin, comme un messie.  Ou comme celle dont j'ai oublié le nom mais qui disait « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »  Mais mon facteur, il arrivait toujours les mains vides.  Je ne voyais rien venir.  Epargnez-moi vos regards sadiques et narquois.

Puis l'autre jour, au Carrefour, j'ai vu « La fille de papier ».  Des dizaines d'exemplaires.  Rhaaaaaaaaaaaaaaa, c'en était fait de moi, de ma lecture en priorité mondiale et de la bave que j'imaginais sur vos douces lèvres avides de le lire. 

Je n'avais rien reçu.

Je n'ai rien reçu.

A ce jour.

Voilà pourquoi je déteste tous les malhonnêtes liés de près ou de loin à la Poste.

Et je forme le vœu (expression que j'ai piquée au bureau, ça en jette non ?) que la personne qui lit « La fille de papier » à ma place en ce moment même soit maudite sur douze générations, que des pustules rouges se mettent sur son nez et ses oreilles.  Et sur ceux de ses enfants, des enfants de ses enfants et des petits-enfants de ses enfants, et ainsi de suite (douze générations, j'ai dit).

Malhonnête va !

 

4
avr

No Impact Man – Colin Beavan

« Le dimanche, on lit au lit ».

Je suis en train de lire « No Impact Man ».  Je ne l'ai pas encore fini, cela ne devrait pas tarder, mais j'ai déjà envie de vous en parler.

No Impact Man, c'est une année de vie d'un new-yorkais qui, à la manière d'un Superman ou d'un Spiderman, a décidé de vivre en produisant le moins de déchets possibles, en ayant le moins d'impact possible sur son environnement (d'où le nom, of course).  Soit d'être No Impact Man durant 365 jours, avec sa femme et sa fillette.

Dément.  Fou.  Incredible.

Et comme j'adore parler de mes lectures à tout qui croise ma route, je savais que je serais un tantinet (qui a dit, « tu parles, un fameux gros tantinet ») saoulante.  Et je l'ai été, puisque tout qui croise ma route actuellement sait que je lis cet ouvrage.  Je ne peux m'empêcher d'en parler.

Quand j'ai reçu « No Impact Man », je l'avoue, j'ai trouvé le livre... moche.  Il manquait de brillant, et pour cause, il est édité sur du papier recyclé, ce qui est logiquement logique.  Le contraire eût été choquant, c'est clair.

Puis j'ai lu.  No Impact Man, c'et un livre inclassable.  A la fois expérience philosophique, analyse de notre société, recueil de renseignements pratiques et témoignage perso à la fois touchant et drôle. 

Parce que se lancer dans une telle aventure, ce n'est pas une sinécure.  A New-York, qui plus est.

Etre un No Impact Man, c'est ne plus produire de déchets.  Ne plus produire de gaz à effet de serre.  Adieu donc, en vrac : les langes, les fast-foods,  les voitures, les cafés à emporter, les mouchoirs en papier, l'avion, la bouffe pas de saison, la TV, le métro, le fromage préemballé, les livraisons de plats préparés, l'ascenseur...  et ce ne sont que quelques exemples.

En théorie, cela semble facile.  Finger in the noze.  En pratique, il n'en est rien.  Et ce n'est pas uniquement les efforts faits par la famille pour y parvenir, mais également les conséquences de cette nouvelle vie qui sont captivants.  Les efforts sont hilarants.  Les conséquences sont parfois poignantes.  Des problèmes avec la famille, qu'on voit moins, puisqu'on se déplace moins.  Puis la redécouverte.  Des relations humaines.  Du respect de la planète.  De la vie de famille sans télévision mais avec la discussion.  De l'abandon de la course à l'argent qui achète tout sauf le bonheur.  Et puis des dégâts que les hommes, la société, l'industrie, ont déjà fait.

J'ai appris que les ours nagent durant des heures à la recherche d'une banquise qui n'existe déjà plus, et qu'ils finissent par se noyer.

J'ai appris que certaines tortues prenaient les sacs plastiques rejetés à la mer pour des méduses et les avalaient goulument, pour ensuite en mourir.

J'ai appris que d'ici peu de temps, les rares poissons encore en vie seraient tellement éloignés les uns des autres qu'ils ne se trouveraient plus, et ne se reproduiraient dès lors plus.

J'ai appris que les bovins, élevés en masse, notamment pour les Mac Do et autres trucs du genre, causaient à eux seuls 19 % des émissions de gaz à effet de serre.

J'ai appris beaucoup de choses qui m'ont foutu une chair de poule incroyable.

Vous allez me dire : Anaïs, pourquoi tu lis ce genre de livre ?  C'est déprimant, non ?

C'est vrai, pourquoi ?  J'ai même pas de gosses à qui je léguerai ce monde qui agonise, alors pourquoi m'en faire ?  Après moi, les mouches, c'est ce qu'on dit non ???

Et puis, depuis la lecture, clair que j'ai fait des courses, et j'ai acheté des mouchoirs en papiers, des plats préparés, des légumes pas de saison, des emballages, des emballages et encore des emballages. J'ai généré des tas de déchets.  C'est clair.  J'ai continué ma petite vie.  Rien qu'en respirant, je pollue, c'est clair aussi.  Mais mon regard sur tout ça a changé.  Imperceptiblement, sans doute, mais il a changé.  Ce livre m'a changée.

Et si, grâce à No Impact Man, chaque regard pouvait changer imperceptiblement.  Si chacun pouvait changer un tout petit truc dans sa vie.  Si les humains parvenaient à convaincre les industries qu'il est temps, plus que temps.  Si...

Ce ne serait pas vain.

J'ai eu un bonheur intense à lire ce livre.  J'espère que ce sera pareil pour vous.

Par contre, ne le lisez pas sous la pluie (acide ?).  Je l'ai fait, et il m'a semblé qu'il résistait moins bien que les livres sur papier blanchis.  J'ai des pages gondolées, maintenant, mais cela importe peu.

Lisez-le, offrez-le, diffusez-le, parlez-en, changez une petite chose en vous.  Car il n'est peut-être pas encore trop tard.  Pour la planète.  Mais aussi pour nous.  Peut-être...

Morceau choisi :

« Il est plus facile de s'acheter un iPhone ou une télé à écran plat, de se payer un voyage aux Bermudes ou une quelconque distraction, que de s'interroger sur le sens de la vie.  Il est plus facile de partir du principe que le but de notre existence consiste à avoir un bon job et un bon salaire, une bonne boîte pour vivre et une bonne boîte pour se déplacer et d'espérer que ces boîtes nous protégeront de tout.  Y compris de ce genre de questionnement.  Comment dois-je vivre ?  Pourquoi suis-je là ? »

 

noimpactman

28
mar

Ma vie à deux - Missbean

"Le dimanche... on lit au lit".

On lit au lit, et keskon rit !

Même si moi, je me retrouverais sans doute plus dans des anecdotes type "Ma vie à une", j'ai totalement adoré "Ma vie à deux".  Et pour cause, il est écrit par Missbean, cette illustratrice parisienne (mais plus pour longtemps) que j'ai eu la joie de rencontrer et qui a illustré quelques billets de ce blog, et même quelques textes de bibis, avec des dessins encore inédits ici, faudrait que j'y remédie un de ces jours, tant ses dessins sont démentiels...

Dans "Ma vie à deux", je retrouve tout ce que j'adore du blog de Miss Bean, et plus encore, puisque c'est plein d'inédits. 

Elle a un style qui n'appartient qu'à elle, et c'est ce qui fait son succès, à notre Missbean, car ses petits personnages, une fois découverts, deviennent inoubliables.  Et les tranches de vie de couple qu'elle a coupées et illustrées pour nous, je vous prie de croire que c'est à mourir de rire. 

J'ai dévoré son recueil en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, et j'ai ri comme une baleine hystérique durant toute la lecture.

Moi je dis, chapeau Missbean.  Et puis je dis aussi, à quand "Ma vie à trois" ?  Passque la Miss, elle vient d'avoir un bébé, ce qui lui fait donc deux bébés en quelques jours, si c'est pas du bonheur, je vous le demande, c'est quoi ?

A découvrir si vous ne connaissiez pas Missbean (mais si vous êtes lecteurs de ce blog, c'est nin possible), à offrir à vos amis en couple, à votre chéri, ou à vous-même, passqu'on a toujours besoin d'une tranche de rire dans la vie.

Et un petit extrait du livre, un...

mavieadeux

mavieadeux

 

 

21
mar

L’expérience extrême (le livre qui complète l’émission « le jeu de la mort ») - Christophe Nick et Michel Eltchaninoff

 

Bon, je ne vais pas encore vous résumer tout ça, l'émission et tout, vu que tout le monde est au courant à l'heure actuelle. On en parle partout, donc, hein, j'en ai parlé y'a quinze jours, je ne vais pas en remettre une couche.

Par contre, le livre, après l'avoir lu, je me dis qu'il devrait être public et accessible à tous, tant il apporte un plus à l'émission.  Je ne dirais pas « un mieux », mais un plus.  Un éclairage supplémentaire.  Un complément d'infos, quoi, si je peux me permettre d'emprunter ce nom d'émission.

Après un rappel précis de l'expérience, qui a tout de même nécessité quatre ans de préparation, et de ses résultats, l'ouvrage apporte un tas de détails que l'émission n'a pas eu le temps de présenter, notamment au sujet du public et de ses réactions, d'une variante durant laquelle une assistance s'oppose au jeu (sans pour autant que les candidats décident d'arrêter), du suivi psychologique des candidats, sur l'expérience de Milgram proprement dite ainsi que sur d'autres expériences.

Il se penche ensuite sur le principe de l'autorité, pas uniquement en matière de TV, mais aussi dans tous les domaines, dont celui du travail ou de la vie quotidienne.

Et c'est là que je me dis qu'il devrait être distribué gratuitement, ce livre, quand je vois le nombre de personnes qui n'ont pas compris le principe de l'expérience (qu'on la critique ou pas, c'est un fait, mais au moins qu'on la comprenne), pensant que les participants ont été payés, que le public était complice, que ceci, que cela...

Moi ça me passionne.  Ce livre est écrit de façon « simple » et n'est donc pas réservé aux spécialistes, mais plutôt à tout qui aura vu l'émission et en sera resté interloqué.  Il apporte une aide non négligeable dans la compréhension de nos comportements face à l'autorité.

Par ailleurs, un article avec des commentaires intéressants à découvrir ici.  Un article qui donne des compléments d'infos, dont certains tirés du livre.  Des commentaires qui posent les vraies questions.  Non de se demander si les participants sont des monstres, ce qui n'est pas le cas, ils sont comme vous et moi, mais de se demander plutôt quelles séquelles ils auront d'avoir été considérés, et peut-être de se considérer, comme tels.  Apparemment ils ont tendance à dire que ça leur a apporté des choses positives, mais s'ils le confirmaient, ce serait mieux... surtout après la diffusion, tant qu'à faire. D'autant que le débat sur France 2 était franchement nul, rapidement bouclé, n'apportant rien, contrairement à celui de la RTBF, bien mieux mené. 

experience extreme

21
mar

Soirée sushi – Agnès Abécassis

"Le dimanche... on lit au lit".

Le titre du livre, c'est « Soirée Sushi » (ça, vous l'avez compris, zêtes moins bêtes que vous n'en avez l'air) et c'est en effet dans cette aventure que nous entraîne Agnès Abécassis, ni plus ni moins : une soirée. 

Un peu comme un huis clos.  Ou comme une pièce.  Oui, ce livre ferait une bonne pièce.  Bien sûr, y'a un peu d'avant, un peu d'après, mais l'essentiel, c'est cette soirée, durant laquelle des amies, une à peine casée déjà prête à larguer, une trompée, une ne parvenant pas à larguer son homme marié, vont refaire le monde.  Enfin leur monde, et c'est déjà un fameux job, de refaire son monde.  Avec les enfants ado, les amants imparfaits et les chagrins douloureux, ça fait beaucoup de choses, déjà.  Fort heureusement, nos héroïnes, femmes ordinaires, sont dotées d'un humour fou, ce qui permet de passer un super bon moment.

Ça se lit d'une traite, c'est plein d'humour, de fraîcheur, de dynamisme... et de sushis.  Donc, ça donne faim. A lire, si possible, avec un plateau de sushis, ce serait vraiment idéal.  Bon moment de détente et de rire en perspective.  J'ai d'ailleurs eu un léger fou-rire, toute seule, dans le bus... difficile de me retenir, d'autant le ridicule de ma situation (rire seule, c'est ridicule, oui) me faisait encore rire davantage.

Seul regret : Soirée sushi se lit trop vite, beaucoup trop vite.  Agnès Abécassis nous a habituées à des ouvrages plus longs, alors y'a comme un léger goût de trop peu.  Un peu comme un plateau de sushis avec juste des sushis et des makis, sans sashimis, vous voyez...  C'est en soi un bon signe : signe que le livre ne lasse pas.  Reste donc maintenant à attendre un an pour la sortie de son prochain...  ça passe vite un an, non ?

soireesushi