25
avr

Hush hush – Becca Fitzpatrick

« Le dimanche... on lit au lit... ou sur un transat s'il fait plein soleil ». (Dingue hein tout ce que j'ai lu cette semaine, et c'est pas fini...)

On m'avait dit te pose pas trop de questions tu sais petit c'est la vie qui t'répond que c'était LE roman de l'année, THE book of the year, EL libro del año (purée, chuis polyglotte hein).  D'ailleurs c'est un best seller, vendu dans trente pays, des mois avant sa parution.  Mais bon, tout ça n'est pas gage de qualité hein, et puis c'est pas pour ça que j'aime un livre, moi, instantanément.  Y'a des best seller dont je n'ai que faire, genre Da vinci code, qui me tente autant qu'une assiette de tête pressée (j'ignore pourquoi cet exemple me vient, mais sachez que je hais la tête pressée).

D'ailleurs, je me dois de vous dire qu'une fois lu le résumé, j'étais très très dubitative :

« Dans la ville brumeuse de Portland, Nora tente de mener une vie ordinaire depuis la mort violente de son père. Lors d'un cours de biologie, elle fait la connaissance de Patch. Il est séduisant, mystérieux, toutes les filles en sont folles, mais Nora est perplexe. Comment Patch peut-il en savoir autant sur son compte ? Pourquoi est-il toujours sur sa route quand elle cherche à l'éviter ? Sans le savoir, Nora se retrouve au beau milieu d'un combat séculaire agitant des êtres dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. Et en tombant amoureuse de Patch, elle va découvrir que la passion peut être fatale. » 

Car ce résumé, il me faisait drôlement penser à une histoire dont j'ignorais tout alors qu'elle avait déjà fait le tour du monde (trois guerres de retard, Anaïs), découverte au cinéma par une jolie journée froide d'hiver, en compagnie de ma filleule qui m'y avait traînée de force, un film que je pensais devoir regarder en détournant la tête, peu avide de trucs d'horreur que je suis, un film qui m'a filé des frissons dingues, des frissons d'ado et qui m'a donné l'envie de me ruer, dès le lendemain, en librairie, pour acquérir les quatre tomes qui en étaient à l'origine, ce que j'ai fait, of course.  Un film dont la suite m'a vachement déçue. Ça va, vous avez pigé ?  Je parle de Twilight, of course.  Ah ben si : une ville brumeuse, une rupture familiale, une ado un peu solitaire, un nouvel élève étrange et totalement attirant, toujours là quand il le faut et quand il ne le faut pas, qui semble avoir des pouvoirs non humains...  Faut pas chercher plus loin.  Y'a même le cours de science qui favorise la rencontre entre nos héros...

Donc je me suis dit « mais c'est quoi cet ersatz de Twilight version anges ? » 

Puis j'ai lu.  Quand j'ai commencé, il était 13 heures.  Jeudi.  Un peu de soleil.  Un bon transat tout neuf, un coussin moelleux, un plaid bien chaud, un rat bien collant.

Durant les premières pages, ma sensation était toujours là.  Et je me disais « oui, bon, joliment écrit, histoire sympa, ça donne envie d'en savoir plus, mais de l'ersatz my dear, de l'ersatz ».

Et puis, tout doucement, innocemment, l'air de rien, sans que je m'en rende compte, Nora et Patch sont entrés dans mon existence.  Vraiment l'air de rien.  Ni vu ni connu.

Et j'ai plus su m'arrêter de lire.  Juste une pause pipi.  Une pause boisson.  Une pause grignotage.  Et vu qu'on sait boire et manger en lisant, vous aurez compris comment j'ai agi.  Y'a que pour les pauses pipi que je me séparais de mon Hush hush.

Comment vous dire ?  Je ne sais...  Moi-même, je ne comprends pas comment je me suis retrouvée, d'un coup d'un seul, dans une frénésie de lecture qui rendait impossible l'idée même d'arrêter, pour aller mater une série télé en streaming, manger mon steak qui m'attendait dans le frigo, bosser un peu ou aller voir les œufs de cygnes, toujours pas éclos.  C'était tout bonnement impossible.

A 19 heures donc (enfin dans ces eaux là), j'avais lu la toute dernière page de Hush hush.   Tout lu d'une traite. J'avais tremblé pour Nora, j'avais eu des papillons dans le ventre en imaginant Patch, j'avais ... enfin non, ça, je ne peux vous le dire, intrigue oblige.

Sachant que, dans Hush hush, les anges (et ce ne sont pas tous des anges, croyez-le...) ont le pouvoir de pénétrer les pensées des humains et de les manipuler (les pensées, ce qui manipule par conséquent les humains, c'est clair et net), je me demande si cet ouvrage n'est pas doté de la même capacité, pénétrer la pensée du lecteur pour le rendre totalement accro. Je ne vois que ça comme explication, outre, bien sûr, un scénario bien ficelé et une histoire comme je les aime, couplant aventure, passion et phénomènes étranges.  C'est sans doute Patch, notre ange adoré mais pas toujours adorable, qui a ce pouvoir, même s'il faut lire Patch comme un diminutif de « Patchwork ».  Moi je dirais Patch comme ce petit autocollant qu'on se colle quelque part sur la peau, et dont on devient ensuite totalement et inévitablement accro.

Et maintenant, je tremble d'effroi à l'idée que je vais devoir attendre pour lire la suite...  Mon petit doigt me dit cependant qu'un film ne devrait pas tarder à voir le jour (même si là, je risque d'être déçue, car Patch et Nora, ils sont dans ma tête, et les voir incarnés, ça va pas me plaire).

PS : en plus, la couv', elle est divine...

 

hush hush

25
avr

La fille de papier – Guillaume Musso

« Le dimanche... on lit au lit... ou sur un transat s'il fait plein soleil ». (Et croyez-moi, y'a tellement de soleil que je ne fais plus que ça : lire, lire, lire, lire...)

Et oui... je l'ai enfin reçu.  Pas en avant-première, vu qu'il s'était égaré (je hais la posss'), mais reçu reçu reçu, rhaaaaaaaaaa.  Mon facteur n'en revenait pas quand il m'a donné la précieuse enveloppe estampillée XO.  J'étais aussi heureuse qu'un poussin qui sort de l'œuf et découvre l'existence (mais un poussin aime-t-il vraiment découvrir l'existence ?  Finalement, personne ne le sait, question piège, j'adore me poser ce genre de questions sans réponse - enfin soit.) 

Vous me connaissez, en grande fan hystérique, je l'ai immédiatement dévoré, avachie sur un transat, profitant par la même occasion de ce magnifique soleil printanier que nous offre la vie (et la météo), actuellement.

Dévoré avec plus de gourmandise encore que les précédents, si tant est que ce soit possible, car l'histoire m'a parue directement génialement géniale :

« 'Trempée jusqu'aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d'une nuit d'orage.

                                  - D'où sortez-vous ?

                                  - Je suis tombée.

                                  - Tombée d'où ?

                                  - Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi !'

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa
vie l'héroïne de ses romans.

Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s'il s'arrête d'écrire.

Impossible ? Et pourtant...

Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s'entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel. »

Déjà, cette petite dose de surnaturel n'est pas pour me déplaire, j'adoooore ça.  Et puis, moi qui écris à longueur de journée, je peux vous dire que c'est un grand fantasme que d'avoir un personnage qui s'incarne et décide de faire partie de la vie de son auteur.  Un fantasme totalement extra.  Allez, imaginez, si tous les bruns ténébreux (même un seul d'ailleurs) dont je vous parle depuis tant d'années venaient un jour frapper à ma porte, l'air de rien, pour me rendre une petite visite, ça serait pas génial ?  Attention hein, je ne veux pas que celui qui « frappe encore et encore celle qui ne bouge plus depuis deux minutes déjà » (cf ce billet) s'incarne et vienne me rendre visite, hein, entendons-nous bien, je parle uniquement des bruns ténébreux romantiques et gentils, sur ce coup-là.

Revenons à notre ouvrage.  Billie vient de tomber, paf, dans la vie de Tom.

Evidemment, Tom n'y croit pas trop.  Evidemment, il va mal.  Evidemment, il se moque d'aider Billie à retourner dans son monde.  Jusqu'au jour où c'est elle qui, contre toute attente, l'aide...  Et les voilà partis dans une aventure qui changera à tout jamais le cours de leur vie.  Waw, comme je suis douée pour écrire des phrases bateau hein. 

Ce mélange de vie réelle et difficile, d'aventure passionnante et de surnaturel, c'est un cocktail détonnant, qui m'a totalement captivée.  Une fois la première phrase lue, impossible de m'arrêter.  Impossible.

Bon, j'ai un tout petit bémol, mais totalement personnel.  J'ai deviné la fin, quasi au début.  Sans doute car je connais tellement bien Guillaume Musso.  Sans doute...   Je ne sais pas.  D'autres lectrices assidues pourront peut-être me donner leur avis.  Ça n'a pas gâché mon plaisir, certes, mais l'effet de surprise n'y était pas totalement.  Je suis peut être super intelligente super douée super perspicace (qui a rigolé, que je le frappe), oui, ça doit être ça.  Ça sera ma seule petite unique déception.  Et à part ça, c'était que du bonheur que « La fille de papier », que du bonheur.

 

lafilledepapier

25
avr

Cadavre exquis – Pénélope Bagieu

Ce titre est intrigant, isn't it ?  En tout cas, moi, il m'a intriguée.  Et l'image de la couverture a confirmé mon intuition : ce nouvel ouvrage de Pénélope Bagieu racontait, sans que le doute soit permis, la vie d'une famille de croque-morts.  Passque les personnages, sur la couv', ils étaient tout blancs.  Alors blancs + cadavre = croque-morts.  CQFD.

Et bien croyez-moi, j'ai autant d'intuition qu'un balai brosse.  Car de croque-morts il n'est point question (Mais, Pénélope, un album sur la vie d'une famille de croque-morts, ça te tente ?  Promis, je ne demanderai pas de droits pour avoir eu cette idée prodigieuse... quoique).

Donc, ma cervelle dénuée de toute intuition a découvert cadavre exquis.  Et a compris le pourquoi du titre, mais ça restera top secret, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir.

Car de plaisir il est bel et bien question (nan, pas le plaisir lubrique, bande d'obsédé, le plaisir de la lecture) en découvrant ce Pénélope Bagieu conçu comme une histoire longue, sa toute première, une sorte de roman... mais illustré.  Et une réussite.  De toute façon, elle réussit tout ce qu'elle entreprend Pénélope, alors lire ses ouvrages c'est ne prendre aucun risque.  Mais tout de même, c'est une réussite que l'histoire de « Zoé, qui a un boulot pas drôle : elle est hôtesse d'accueil dans les salons de l'automobile ou du fromage et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds. Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire.

Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ?

L'amour peut-il vivre en huis clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d'Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l'écrivain ? »

Ce livre cumule les aspects : roman illustré, ça je l'ai déjà dit, bourré d'humour comme d'hab, et saupoudré d'une bonne dose de mystère.

A dévorer sans modération... comme le croque-mort le faisait à l'époque où il dégustait les morts, enfin les croquait, enfin vous voyez quoi.  Nan, je suis pas obsédée par les croque-morts, si peu.

PS : le prix c'est 17 eur hein, chais pas ce qu'Amazon fiche...

cadavrecadavre2

18
avr

Les rectifications de l’orthographe du français – la nouvelle orthographe accessible

« Le dimanche on lit au lit ».  Enfin, pas cette fois-ci... car il ne s'agit pas d'un ouvrage à lire, mais plutôt à consulter.  Et c'est du sérieux hein, que personne ne rigole.

Vous le savez (et si vous l'ignorez, c'est que vous n'avez pas lu « Le savoir écrire », vilains pas beaux que vous êtes), je suis adepte de la « nouvelle orthographe », plus si nouvelle que ça d'ailleurs.  Passque rien ne doit être figé à jamais, comme j'aime le répéter.

Lors de la rédaction du Savoir écrire, j'ai bénéficié de l'aide précieuse de Romain Muller, membre du Groupe de modernisation de la langue, qui a accepté de relire mon ouvrage afin de me confirmer que je n'avais pas indiqué des absurdités tellement absurdes qu'elles auraient provoqué des poussées d'urticaires aux lecteurs.  Passque, je ne suis pas une pro du français, juste une petite novice passionnée qui avait envie de partager sa passion et de tenter de rendre aux « djeuns » l'envie de s'améliorer et d'écrire « comifaut ».

Je ne pouvais dès lors pas passer sous silence la sortie de l'ouvrage que Romain Muller a écrit avec Chantal Contant, et qui, en une grosse cinquantaine de pages, résume parfaitement les règles de la nouvelle orthographe et donne des exemples et des astuces pour écrire en nouvelle orthographe.  Y'a même une dictée rigolote. 

« Un livre idéal pour les rédacteurs, journalistes, secrétaires, enseignants, parents, élèves et tous ceux qui ne sont pas des spécialistes de la langue... » disent-ils.

Et je confirme, l'ouvrage est bien coloré, ce qui le rend dynamique et bien moins austère que les grammaires de mon enfance.  Après un petit rappel « des faits » (rectifications actuelles, l'orthographe au fil du temps, les correcteurs adaptés, les dictionnaires aussi), les règles sont clairement énoncées, puis des conseils sont donnés pour écrire en orthographe nouvelle, tant au quotidien qu'à l'école ou au bureau.

Un ouvrage qui devrait être imposé partout, car il est temps qu'on accepte cette évolution, (en vérité) je vous le dis.

PS : et pour la petite histoire, grâce à ce livre, j'ai découvert que Romain Muller n'était pas un sexagénaire chauve et grisonnant, comme je l'ai toujours cru (nous communiquions par mal lors de la rédaction de mon ouvrage, et je n'ai jamais demandé une photo pour vérifier s'il était brun ténébreux, cela aurait été déplacé) mais un jeune homme.  Comme quoi, même moi, j'en suis à imaginer que les passionnés du français sont tous vieux et ventripotents... Ridicule, puisque moi-même suis passionnée... mais ni vieille ni ventripotente... quoique pour ventripotente, ça se discute...

rectif

 

18
avr

Intrusion – Elena Sander

« Le dimanche on lit au lit ».

Intrusion, c'est Cyrille Blake (nan, c'est pas un brun ténébreux, Cyrille est une femme, contre toute attente), qui a une vie bien rangée : un mari plus âgé et très sage, qui est pressenti pour recevoir le prix Nobel, un job de psychiatre dans sa propre clinique privée, qui soigne des malades pas trop malades, juste provisoirement malades, vous voyez ?  Et un joli appartement.

Le bonheur, quoi.

Un matin débarque un nouveau patient, Julien.  Dans le genre brun ténébreux, mais malade.  Et pas qu'un peu, celui-là.  Le pire, c'est qu'il tutoie Cyrille et semble bien la connaître, alors qu'elle n'a aucun souvenir de lui.

C'est en tentant de découvrir le pourquoi de cet oubli que Cyrille va découvrir qu'elle a oublié une partie de son passé.  Et plus elle s'inquiète, plus Julien devient ténébreux, dans le mauvais sens du terme, le sens « dangereux psychopathe qu'on détesterait croiser un soir d'orage ».

Mais est-ce bien Julien qui est dérangé, ou Cyrille est-elle devenue complètement folle ?

Passionnant ouvrage qu'Intrusion.  Un tout bon thriller psychologique, bien angoissant, au dénouement imprévisible (même si j'ai eu un petit soupçon dès le tout début, mais juste tout tout petit), que je vous déconseille cependant de lire le soir avec un chat sur les genoux, vous risqueriez d'en faire des cauchemars.   Je vous aurai prévenus.

Un premier roman pour Elena Sander, et une jolie réussite, car il est captivant et très thrillant, logique pour un thriller...  Comme son nom ne le laisse pas présager, l'auteure est française.  Et moi je dis bravo.

intrusion