27
avr

Troubles – Florian Lafani – Gautier Renault

« Le dimanche on lit au lit ».

Troubles est un thriller en série proposé en ebook sur Amazon, à l’origine, et qui sortira bientôt en format broché.  Je l’ai découvert en ebook, histoire de partir en croisière avec une bonne lecture en perspective, jugez plutôt :

« Six otages filmés par webcam.

Des millions de votants sur Facebook.

À vous de choisir qui restera en vie. »

J’ai de suite accroché à ce mini résumé, et une fois sur la route des vacances, je me suis plongée dans la lecture…

Et j’ai été un chouia déçue.

L’intrigue est bien ficelée, elle emmène son lecteur aux quatre coins du monde, ou presque.

La lecture s’interrompt difficilement, tant on a envie de savoir.

Et pourtant…

La faute aux nombreuses fautes peut-être, qui ont tendance à me hérisser quand c’est à ce point, voire à me déconcentrer (j’espère que la version livre sera relue aux fins de les supprimer).

La faute aux nombreux personnages et au fait que mon cerveau, lorsqu’une intrigue en comporte plus de quatre, s’y perd totalement. Heureusement, s’agissant à l’origine de sept épisode, chaque résume les précédents, ce qui m’a bien aidée.

La faute à la fin, que j’ai eu vraiment du mal à comprendre, peut-être. Mon cerveau, peut-être, encore, mais cette fin, ben ça ne l’a pas fait, c’est retombé comme un soufflé mal cuit. Je m’attendais à un truc grandiose, et ben non ma bonne Dame.

J’ai du mal à expliquer pourquoi je n’ai pas accroché, mais c’est un fait, je n’ai pas accroché, contrairement à de nombreux lecteurs, au vu des avis sur Amazon.

Comme quoi, les goûts et les couleurs…

Si vous voulez vous faire une opinion,

c'est par ici

mais sachez que l’intégrale sort bientôt, en kindle ou en livre de poche, ce qui vous évitera de devoir acquérir les sept épisodes.

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4
avr

Central Park – Guillaume Musso

Cette fois encore Guillaume m’a grugée !

Je n’ai rien vu venir…

Shame on me, moi qui lis en général chaque livre de Guillaume (oh ben oui, à force de le lire, c’est un peu comme si je le connaissais, j’ai même écrit une nouvelle sur une fan hystérique persuadée qu’il l’aimait, qui vire en drame, vous vous en doutez), donc en général je les lis en deux jours, mais là il m’en aura fallu quatre, bronchite oblige (lire avec la fièvre, le nez qui coule, les poumons qui se prennent pour un pinson, ça le faisait vraiment pas).

Et je n’ai rien vu venir, rien soupçonné.

Dès la première page, j’ai été emportée par ce thriller surnaturel : elle était à Paris la veille, lui à Dublin, ils se réveillent menottés l’un à l’autre, au cœur de Central Park.

Comme auraient dit Les inconnus « mais kessepastil mais kessepastil mais kesskisepasse ? »

Bien malin qui pourrait le deviner… de fausse piste en fausse piste, me voilà entraînée dans un thriller palpitant, vers un final que je n’avais jamais imaginé, chapeau. Un final qui m’a fait verser de grosses larmes, de fin d’angoisse, de fin de livre, de séparation d’avec ces personnages au passé trouble, auxquels je m’étais attachée, au long de ces près de 400 pages.

Encore une réussite que ce nouveau titre de Guillaume Musso, mais j’avoue que je n’en doutais pas un seul instant, quand on aime, c’est pour la vie… Si vous aimez les précédents ouvrages de Guillaume, plongez dans cette faille spatiale, presque spatio-temporelle (j’adore ce mot, j’en rêve, de plonger un jour dans une faille spatio-temporelle) sans aucune hésitation, vous m’en direz des nouvelles…

Même mon toutnu a adoré…

Acheter Central Park

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1
avr

Schroder - Amity Gaige

Un titre imprononçable pour un livre que je qualifierais de « hors du commun », dans le bon sens du terme.

L’histoire semble banale, de prime abord : une rencontre, l’amour, un mariage, une naissance, puis la dégringolade vers le divorce, la garde partagée, les tensions, les rancoeurs, le déchirement, jusqu’au drame.

Son originalité vient du fait qu’elle est contée par Erik Schroder, comme une confession, comme une tentative peutêtre vaine d’expliquer comment et pourquoi il en est arrivé là, à sa femme, enfin son ex-femme, au tribunal aussi, et puis à nous, lecteurs.

Il nous conte son enfance, en Allemagne puis en Amérique, son changement de nom, arrivé un peu par hasard, dont il n’a su se dépétrer ensuite, le début du mensonge, sa rencontre avec Laura et puis la lente descente vers la solitude, jusqu’à la fuite, jusqu’au road movie dans lequel il tient le mauvais rôle, celui du méchant.

Un méchant que l’auteure parvient cependant à rendre attachant, faisant naître l’empathie, le souhait qu’il s’en sorte, qu’il revienne à la raison, que tout ça ne soit plus qu’un mauvais souvenir, une petite erreur de parcours.

Talent donc, de cette auteure, qui rend son « méchant » plutôt gentil, qui nous propulse de l’autre côté des faits, pas celui qu’on lit dans les journaux, froid, précis, sans détails, mais celui que vivent les protagonistes.

On l’aime, Erik Schroder, malgré tout. Je l’ai aimé, moi.

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2
mar

Après la fin – Barbara Abel

« Le dimanche, on lit au lit ».

(NB si vous envisagez de lire les deux tomes de cette histoire, ne lisez pas cette chronique, elle révèle l'intrigue du premier)

De Barbara Abel, j’ai lu, et aimé, La brûlure du chocolat. Mais j’ignorais qu’elle était maîtresse dans l’art du suspens et de la montée de l’angoisse…

Je l’ai découvert avec Après la fin.

Dès la première page, la tension est palpable entre Tiphaine et Sylvain, lesquels élèvent Milo, dont ils sont tuteurs depuis « les événements », comme ils les appellent. La mort accidentelle de leur fils. Le suicide du père de Milo. Et le déménagement dans la maison du drame, voisine de la leur.

Depuis lors, le statu quo règne, mélange d’indifférence et de méfiance entre les protagonistes.

Jusqu’à ce qu’une nouvelle voisine vienne s’installer avec ses deux enfants, dans leur ancienne maison.

Je peux vous dire que ce livre m’a scotchée de la première à la dernière page. Page 79, j’ai cru comprendre, page 93, j’ai encore cru comprendre. Mais le final a dépassé tous mes espoirs, tous les plans machiavéliques que j’avais échafaudés entre les protagonistes.  Car le plan de Barbara Abel était plus machiavélique encore…

Ça fait un bail que je n’avais plus été captivée par un si bon thriller, au point de ne plus savoir interrompre ma lecture, de l’emporter dans mon bain (vive les vrais livres qui ne risquent rien, à proximité de l’eau, ou presque), dans le bus, sur mon canapé.

J’ai découvert après lecture qu’il s’agissait de la suite de « Derrière la haine », ce que j’ignorais. Avoir lu ce premier volet n’est cependant pas indispensable… même si maintenant je meurs d’envie de le lire, sachant cependant qu'il a perdu son charme puisque la fin en est dévoilée au début de Après la fin, drame dramatiquement dramatique (décidément, j’arrête pas de lire des suites sans avoir lu le premier, bigre, déjà le même coup avec Le petit mensonge de Dieu).

Si vous avez envie d’un bon moment de détente… enfin détente, entendons-nous bien, avec de la chair de poule, des poils hérissés et un cœur qui bat de plus en plus vite jusqu’à la dernière page, vous avez trouvé le livre adéquat.

Après la fin

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23
fév

C’était mieux avant… ou pas ?

Avant, je mangeais des Treets, des Bonitos et des Raiders, et non des M&Ms et des Twix.

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Avant, j’avais un double deck et j’étais au taquet pour enregistrer le hit parade du samedi matin sur mes cassettes.

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Avant, je pouvais lire dans mon bain sans risquer de bousiller ma liseuse numérique, courant le seul risque de gondoler mon livre.

Avant, pour téléphoner, ça coûtait 1 franc la minute et fallait former le numéro en tournant un cadran, et entendre maman venir dire toutes les dix minutes « t’as pas encore fini ? »

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Avant, j’attendais toute la semaine impatiemment l’épisode suivant de ma série, sans la charger sur internet.

Avant je recevais des cartes pour mon anniversaire (elles sont toutes dans un tiroir), pas un mot sur Facebook.

Avant, on ne subissait pas les conversations passionnantes sur gsm dans le bus « c’est moi, t’es où, oui j’arrive, je suis dans le bus ». On se donnait rendez-vous aux escargots à Namur, et si on était en retard, ben on n’avait qu’à pas l’être, car on n’avait pas un gsm pour prévenir.

Avant, on pouvait frauder en se prêtant les abonnements de bus.

Avant, j’allais au cinéma pour 90 francs, je mangeais une glace pour 25 francs et je buvais un coca (plein de sucre, pas plein d’aspartame) pour 45 francs.

Avant, j’avais pas de cheveux blancs (c’est juste pour la rime).

Bref, c’était mieux avant… ou pas…

C’est sans doute le propre de l’homme (et de sa supérieure la femme) de se retourner vers avant avec une petite, voire une grosse, émotion, même si c’était pas toujours mieux avant.

Avant, mon premier magnétoscope coûtait 100.000 francs (si je vous jure) et le vidéoclub louait Dirty dancing que pour 48 heures, fallait s’en empiffrer avant de le rendre.

Avant, quand je cherchais le mot « métaphore », je pouvais pas demander sur Facebook et avoir une réponse presque immédiate, non, avant, je me torturais les méninges durant dix heures.

Avant, pour mon élocution, je devais aller à la bibliothèque et faire quatre heures de recherches (mais je savais pas qu’un jour le net existerait, donc ça me dérangeait pas).

Avant, je réchauffais mes spaghet bolo à la poêlle, ça prenait du temps. Mais ils étaient super croustillants.

Bref, c’est bien aussi, maintenant.

Mais le règne de « l’avant », c’est cool, parfois, c’est moelleux, la nostalgie, c’est cosy, c’est cocoon, et ça rassemble les ceusses du même âge.

Stéphane Ribeiro surfe sur cette vague nostalgique en proposant « C’était mieux avant, 500 bonnes raisons de regretter d’avoir plus de 30 ans. Ou pas ».

Et j’adore. Of course.

C’est top fun, ça rappelle de bons souvenirs, ça fait rigoler ou ça émeut.

Morceaux choisis parmi ces 500 propositions toutes plus chouettes les unes que les autres :

- Avant, personne à l’école ne s’appelait Kevin

- Avant, y’avait Grosquick

 

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- Avant, des extraterrestres enlevaient des vieilles dames pour leur faire des pâtes

 
Pub Lustucru : Les extra terrestres (1984) par tartenpion333

- Avant, la pub était annoncée par une fleur qui poussait dans une pomme en faisant « ahhhbdubdubdubdubdu… » (tiens je pensais qu’elle faisait « Ahhh2222222 » moi

 

- Avant, on disait déjà que c’était mieux avant

 

Seul reproche : l’auteur aurait pu éviter les « avant » blessants et même pas drôles, genre « avant, Isabelle Adjani était belle » et « avant, Catherine Deneuve était maigre », ça, ben j’aime pas. Ça me fait pas rire.

Zappons sur cette grosse faute de goût, et régalons-nous des autres « avant ». Moi, je me régale comme d’une glace à 25 francs la boule…

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