28
nov

Natascha Kampusch – 3096 jours

« Le dimanche, on lit au lit ».

Lire le récit de Natascha Kampusch, est-ce du voyeurisme ?  De la curiosité malsaine ?  Je me suis posé la question.  Et j’ignore la réponse.

Ce que je sais, c’est que si elle a éprouvé le besoin de l’écrire, j’imagine qu’elle apprécie le fait qu’il soit lu.

Alors je l’ai lu.

Et j’ai découvert l’enfer de ces 3096 jours.  Un enfer digne d’un thriller.  Dont on connait la fin, mais tout de même un thriller.  Le lire se lit en tout cas comme tel, avec une tension et une angoisse qui va crescendo, mais pas seulement. 

Il permet surtout une meilleure compréhension de la relation étrange qui s’était instaurée entre Natascha et son kidnappeur, seul être humain qu’elle a côtoyé durant tant d’années, auquel, malgré tout, malgré la peur et la haine, elle était attachée.  Il permet de comprendre les mécanismes qu’elle a mis en place pour survivre à tout ce qu’elle a subi : la faim permanente, les tortures physiques incroyables, l’esclavage quotidien, la manipulation mentale ignoble.  Elle a tenu le coup, presque miraculeusement, par sa force de caractère, la promesse qu’elle s’était faite de s’en sortir à dix-huit ans, ce qu’elle fit, par ses souvenirs, ses lectures, son journal et par une volonté farouche de survivre à tout.  3096 jours, permet d’imaginer son quotidien stupéfiant (mais pourtant si horriblement vrai) pendant toutes ces années.  Il permet de comprendre pourquoi elle n’a pas fui lors des quelques occasions qu’elle a eues avant ce 3096e jour, où elle a enfin osé franchir le pas. Il permet d’analyser la tactique du ravisseur pour l’enchaîner à elle, sans chaînes. Il permet de comprendre que le pardon fut et est encore son salut.  Il permet de comprendre l’incompréhensible : qu’elle ait survécu à Prikopil.

Et enfin, il fait naître une angoisse énorme, tellement énorme.  Ou une empathie.  Peu importe le nom.  Le ressenti est incroyable durant toute la lecture. 

J’ai eu peur, comme elle, de mourir étouffée par une peau de saucisson, seule, dans ma cache.  J’ai été angoissée, comme elle, de mourir de faim et de soif si le kidnappeur décédait là-haut.  J’ai eu l’impression, comme elle, d’être dans Truman show, tant la réalité semblait irréelle face au monde créé par le ravisseur.  J’ai imaginé, comme elle, durant les premiers jours qui ont suivi l’enlèvement, le quart d’heure de gloire qui suivrait la libération par les forces de l’ordre. 

Par ce livre, Natascha demande une seule chose : qu’on accepte que Prikopil ait fait partie de sa vie, que cette vie ne fut pas que souffrance, car elle a eu certains bons moments, qu’on accepte la façon dont elle a géré au mieux le quotidien, tout simplement pour y survivre, qu’on ne la juge pas, qu’on comprenne qu’elle ait pardonné, qu’on la laisse tranquille (car oui, elle a subi menaces et insultes une fois libre, incroyable mais vrai).

Pari gagné Natascha.

NB : Y’a juste un petit truc que je n’ai pas su exploiter dans ce livre : les codes magiques qui donnent accès à d’autres infos, codes qu’il faut scanner avec son gsm et transformer en adresses web.  Nan, décidément, chuis trop blonde, ou alors j’ai pas un gsm capable de faire ça (l’occasion d’acheter un new one, si possible Hello Kitty ?)…  Dommage, ça doit être vachement intéressant.

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21
nov

La jeune fille et la mer - Jessica Watson

 

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"Le dimanche, on lit au lit."

"La vie est soit une aventure audacieuse, soit rien" (Hellen Keller).  C'est par ces mots, ou presque, que Jessica Watson commence le récit de sa fabuleuse aventure : le tour du monde à la voile en solitaire.  Et elle est la plus jeune à l'avoir fait, même si, comme elle le précise, l'âge n'entre plus en ligne de compte actuellement, rendant le record non officiel.

Je ne suis pas une passionnée des bateaux.  J'aime les regarder sur l'eau.  J'aime y monter lorsqu'ils sont gros, dotés de jacuzzis, restaurants et cabines avec hublots.  J'aime regarder la mer, mais certainement pas y nager, sauf en Floride, quand elle a la température d'un jacuzzi (ça, j'ai adoré).

Mais découvrir le récit de cette adolescente qui aime la mer plus que tout (non, pas plus que tout, elle aime sa famille tout autant), découvrir qu'Hellen Keller, qui, sauf erreur, est née sourde et aveugle, et muette peut-être, je ne sais plus trop, mais j'ai lu son histoire quand j'étais môme, donc découvrir qu'Hellen Keller a totalement raison, si la vie n'est pas une aventure audacieuse, elle n'est rien (My god, pourquoi ne m'as-tu pas dotée de plus d'audace, rondidju), ben ça me tentait vraiment beaucoup beaucoup.

Je n'ai pas suivi en direct live l'aventure de Jessica, j'ai sans doute dû lire quelques critiques à son encontre, bien sûr, car son rêve était sujet à controverse, mais sans réellement m'y intéresser.

Ce livre m'a cependant vraiment captivée.  Outre le récit de ce qui l'a amenée à aimer tant la mer et à vouloir relever ce défi, Jessica nous conte toute l'organisation préalable à son départ, et elle fut fameuse.  Ensuite, en mode mi-extraits du blog qu'elle a tenu, mi-récit permettant l'ajout d'anecdotes parfois tues durant l'aventure, je l'accompagne durant les presque sept mois qui constituent son voyage en solitaire.

Captivant.  Même si, bien sûr, très peu pour moi.  Mais grâce à son livre, j'ai partagé ses angoisses, ses rêves et ses envies.  Grâce à Jessica et son récit, j'ai moi aussi croqué un chtit morceau de la pomme de son "aventure audacieuse".  J'ai découvert l'intérêt des paquets alimentaires prévus par quinzaine de jours, histoire de ne pas manger toutes les bonnes choses le premier mois (elle a cependant parfois craqué, la jeune Jessica, c'est bien compréhensible).  J'ai découvert comment dormir quand on navigue seule. J'ai découvert qu'elle n'était pas totalement seule, que des dauphins ou des oiseaux lui tenaient compagnie.  J'ai découvert la formidable équipe qui l'entourait et qui a rendu ce rêve possible. J'ai découvert les vidéos de Jessica aussi, à voir sur http://www.youtube.com/jessicawatsonvideo.  J'ai découvert qu'une telle aventure, ben c'était vraiment une fameuse aventure.  Une formidable aventure.

Amusante aussi la sensation, par moment, d'être plongée dans un remake de Truman show (j'avais écrit shop...).  Exemples explicites : "j'ai l'intention de manger des jarrets d'agneau Easyfoot, ils sont si bons", "ma peau est toute douce grâce à mes produits Ella Baché" (plus gros sponsor de l'aventure, d'où le nom du bateau, Ella's pink lady).  Bien sûr, les sponsors doivent être remerciés.  Mais c'est très drôle en fin de compte, car en lisant certaines phrases, j'imaginais Jessica, comme dans Truman show, montrant les produits à la caméra.

Je n'ai qu'un regret après cette lecture captivante, le nombre incroyable de fautes d'orthographe et surtout de fautes de participes passés, vraiment gênantes à la longue, du genre "maman et moi nous sommes parlées des plats que j'avais mangé" (et je vous épargne le pire), à croire que personne n'a réellement relu ce livre, ou alors quelqu'un en très gros conflit thermonucléaire avec les participes passés, au point que j'avais des sueurs froides à chaque page et que j'en ai parfois sursauté d'effroi.  Dommage.

A part cette petite chose, voilà une lecture que je vous conseille, une sorte de koh-lanta de la mer en 370 pages, à lire bien au chaud sous sa couette.

 




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16
nov

Interview exclusive d'Elena Klein, auteure de Cendrillon à Hollywood

Elena Klein a eu l'immense gentillesse de répondre à quelques questions que je lui avais soumises. 

Voici donc pour vous, lecteurs vénérés, cette interview que vous ne trouverez qu'ici, sur ce blog avec de vrais morceaux de Valente dedans... 

D’où vous est venu l’idée de Cendrillon à Hollywood ? Est elle en partie autobiographique ?

Cendrillon à Hollywood est né à Los Angeles où je vivais alors. Mes écrits sont avant tout ancrés dans la vie et empruntent beaucoup à l’observation du monde qui m’entoure. Ce roman se nourrit donc en partie de mes expériences et rencontres, celles de me proches ou celles dont j’ai pu être témoin, sources d’étonnement et d’émotions fortes !

J’avais le point de départ de l’histoire : le parcours d’une jeune femme, une jeune avocate, qui quitte tout pour faire carrière à Hollywood, réaliser son rêve américain, et qui, en même temps, n’a rien à quitter. La démarche de l’héroine, Inès Valente, a été identique à la mienne. J’avais également le contexte: Hollywood. Le monde des agents et producteurs est un monde que je connais très bien, pour y travailler encore aujourd’hui. Et los Angeles, « La Cité des Anges », la ville des extrêmes, où j’ai étudié et continue de travailler, s’est imposée dès la genèse du manuscrit comme un personnage à part entière du roman. L’imaginaire a pris ensuite le relais et les intrigues subséquentes et la construction des personnages du roman ont connu beaucoup de  développements différents.  La réalité dépasse d’ailleurs bien souvent la fiction !

« Cendrillon à Hollywood » aborde des thèmes qui me sont chers tels que le désir irrépressible de poursuivre ses rêves, la volonté de changer de vie, repartir à zéro, la rage de réussir, le prix à payer, croire et vouloir démontrer que tout est possible… et pourrait être une version féminine de Rocky ! En cela, Cendrillon à Hollywood comporte une part qui m’est très proche.

Avoir 315 éditeurs qui vous soutiennent, ça fait quel effet ?

Un effet incroyable !

Vous êtes seule avec votre manuscrit depuis des mois, voire bien davantage, et, en l’espace de quelques jours seulement,  315 personnes sont à vos côtés !

« Cendrillon à Hollywood » est mon premier roman. Recueillir le suffrage et soutien de 315 éditeurs, 315 lecteurs qui s’enthousiasment pour votre roman, le défendent, vous réclament la suite, vous envoient quotidiennement des messages de soutien plus touchants les uns que les autres (y compris une vidéo pour mon anniversaire ) est très galvanisant. C’est un moteur unique pour un jeune auteur.

Aujourd’hui le livre est disponible en librairie et à chaque échange avec vos éditeurs, vous ressentez que votre livre est littéralement porté par plusieurs centaines de personnes. J’ai parfois l’impression d’avoir 315 gardes du corps, de les ressentir physiquement derrière moi… ! Mes coéditeurs se sont d’ailleurs rebaptisés « la Family Klein », ce qui traduit bien l’esprit solidaire et unique qui nous lie autour de l’édition de Cendrillon à Hollywood. C’est avant tout une aventure commune, extraordinaire humainement parlant… N’importe quelle expérience, aussi incroyable soit elle, est toujours plus riche si on la partage avec quelqu’un. J’ai l’immense chance de partager l’édition de mon premier roman avec 315 co-éditeurs, dont les noms figurent d’ailleurs en dernière page du roman. Ce que je trouve particulièrement joli. Et nous sommes ensemble, un peu des pionniers. C’est une aventure unique, à la fois très stimulante et très émouvante.

Vous êtes une globe-trotter, pouvez vous me livrer un scoop : où se situera l’action de votre prochain roman ?

 Après la Cité des Anges… La Ville éternelle : Rome !

D’où vient le si beau nom de votre héroïne, Valente ?

D’où vient ce nom extraordinaire… ? 

Je voulais un nom qui puisse être aussi bien français, anglais, qu’ italien. A l’image de son héroïne sans racines. Je suis également très sensible aux sonorités et « Valente » connote pour moi de la détermination, de l’amour-propre, mais aussi du romantisme (comme dans « Saint Valentin »), le  souci du détail, de l’esthétisme, comme dans « Valentino »… 

Lorsque je l’ai écrit pour la première fois,  Valente sonnait juste (« it felt right », comme disent les américains). J’ai su immédiatement que j’avais le nom de mon héroïne. Au plaisir de vous rencontrer, chère sœur de plume !

Au plaisir de vous rencontrer également... et merci pour votre disponibilité.

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14
nov

Vie de merde, la suite

« Le dimanche, on lit au lit ».

Me suis offert ce petit cadeau pas cher vendredi.  Passque quand on conge, faut se gâter.

C’est pas hasard que j’ai découvert la sortie de cette suite à Vie de merde et Vie de merde illustrée.  Etrangement, je ne l’ai jamais vu en « grosse édition bien chère », ce livre.  Tant mieux, le vlà devenu ma propriété pour 6 euros, que du bonheur.

Et je le place illico dans mon WC, il sera très heureux.

Il s’y trouve désormais avec toute une collection de livres : les Vie de merde, Geluck se lache, Pénélope Bagieu, sa vie fascinante et sa Joséphine et un tas de livres de blagues dont j’ai récemment hérité, big souvenirs de mon enfance.

Mon avenir me réserve donc des heures de rires en chiant… ou des heures de chiasse en riant, au choix.

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14
nov

Simon's Cat se fait la belle - Simon Tofield

« Le dimanche, on lit au lit ».

Simon’s Cat, ben il en a marre, apparemment.  Apparemment seulement, passqu’il est pas très causant, Simon’s Cat.  Mais il est comme la chèvre de Monsieur Seguin, il veut aller voir là-bas, au loin, ce qui se passe.

Alors, il quitte son petit confort, son petit maître et sa petite écuelle, pour aller découvrir le monde.

Et il nous entraîne dans son aventure.

Il y croisera plein de bonnes choses à manger : souris, lapins, poussins…

Et plein de copains : souris, lapins, poussins…

Une aventure pleine d’humour et de poésie.  C’est ça la vie de Simon’s Cat, de l’humour, et de la poésie, passque les deux sont compatibles ma bonne dame.

J’ai dévoré Simon’s Cat dans une salle d’attente… et franchement, ça a vraiment rendu l’attente plus supportable.  Limite agréable !  C’est dire.  Que du bonheur que les aventures de ce chat qui ressemble à tous les chats du monde, et c’est ce qui fait son charme.

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