16
mai

Le sourire des femmes – Nicolas Barreau

C’est la couverture du livre qui m’a donné envie de le lire : colorée, Tour Eiffelesque, joyeuse, féminine.

Et le résumé m’a convaincue : Aurélie, un jour de moral en berne, achète par hasard (mais le hasard existe-t-il ?) un roman, dans une petite librairie parisienne. Surprise, l’héroïne dudit roman, c’est elle. Son petit resto Le temps des cerises est l’autre héros du roman. Intriguée, elle décide de rencontrer l’auteur, qui a réussi à toucher son cœur. Mais l’éditeur, André, en apparence revêche, s’y oppose fermement. A raison : l’auteur n’existe pas, c’est André qui l’a inventé, à défaut d’avoir trouvé un auteur « exotique » mettant Paris en scène. Mais maintenant qu’Aurélie entre dans la danse, cela va rapidement se compliquer pour André…

D’une idée originale, Nicolas Barreau fait un roman pétillant, peuplé de personnages attachants, que l’on dévore comme un marshmallow, au coin du feu ou sous un rayon de soleil, en fonction de la météo. Se lit très vite car plus moyen de s’arrêter une fois les premières pages entamées, et avec un plaisir intense. Léger, estival et plein de bons sentiments, mais pas mièvre. Avec un zeste d’humour en bonus. Que demander de plus ?

Keske ça fait du bien, le sourire des femmes !

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16
mai

J’écris des histoires – Louis Stowel

J’écris des histoires est un livre pour enfants aux yeux pétillants. Grand, beau, cartonné mais spiralé inside, il est parfait pour nos têtes blondes. La spirale est importante, tous les livres « pratiques » devraient en comporter une, pour pouvoir y travailler bien à plat. Je me suis acheté deux livres de coloriages pour adultes, non spiralés, ben il est malaisé de les utiliser je trouve.

Donc c’est un livre pour enfants, mais vous pensez bien que son titre a titillé ma curiosité. Passque je crois que toute gamine, j’avais déjà envie d’écrire des histoires. Sinon j’aurais pas fait une moche BD avec des personnages aux airs de Bidochon ou de l’agent 212, versions ratées. Sinon j’aurais pas raconté l’histoire de mon chat dans un début de roman que je voyais déjà orner les devantures des librairies… (faudra que je vous fasse lire ça un jour, le roman, car la BD je l’ai plus).

Et j’aurais aimé avoir ce genre de livre, qui aurait, je le pense, éveillé ma créativité, l’aurait aidée à s’ouvrir au monde, à m’inspirer. M’aurait guidée vers une histoire tenant la route, peut-être.

Et maintenant, je serais la Guillaume Musso au féminin. Bon je digresse.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos spirales.

Ce livre contient en fait ce qui peut aussi inspirer les adultes, même si ici c’est en version enfant, parfois en décalage de ce que j’ai en tête, et c’est bien normal. Le tout dans un cahier coloré, joliment illustré, qu’on n’aurait presque pas envie d’abîmer (c’est mon défaut, j’ai même du mal à colorier mes livres de coloriages, pour pas les amocher, c’est dire). Donc on y trouve notamment des conseils pour créer un personnage, construire son histoire, ajouter du suspense, écrire une jolie fin. Et puis des sujets plus précis, comme le super héros, la BD, les espions, le conte de fées, le tout ponctué d’exercices pratiques permettant par exemple de créer une histoire à partir d’une image ou d’une liste de mots, d’écrire une histoire d’animaux…

Une foultitude d’idées donc, qui sont à mettre entre les mains de tout enfant qui rêve de poser sur papier tout ce qu’il a dans sa tête…

Ça me rappelle que tout à l’heure, sur mon transat, m’est venue l’idée d’une histoire captivante, idée fugace qui a ensuite disparu… Ah la revoilà, elle revient, allez je m’y mets, avant qu’elle ne s’échappe à nouveau… Parce que l’inspiration vient de partout, de ce que je lis, de ce que je vois, de ce dont je rêve, et parce qu’un petit coup de pouce comme ce genre de livre, c’est du pain béni.

Et pour ne rien gâcher, le prix est rikiki.

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9
mai

Avec vue sous la mer – Slimane Kader

« Je rêve de La croisière s’amuse et j’ai droit au remake des Misérables ».

Par un beau matin, ou plutôt par un bel après-midi, une amie Facebook m’a indiqué qu’elle avait repéré un livre qui pourrait me plaire, chez sa coiffeuse. Qu’elle en soit remerciée sur six générations, car elle avait mille fois raison.

J’ai adoré Avec vue sous la mer, qui m’a permis de me replonger, pour quelques heures, dans le monde de la croisière que je venais à peine de quitter, mais cette fois, de l’autre côté, du côté obscur de la force, sans doute.

J’avoue avoir eu un peu de mal au début avec le langage de l’auteur. Pas du mal genre « ça me saoule », mais du mal genre « moi pas comprendre ce que toi vouloir dire ».  Passque y’av du verlan, beaucoup beaucoup, alors je dois me la jouer « lecture à haute voix » pour comprendre. Juste un exemple, j’ai cru durant 56 pages que keum c’était flic (alors que c’est keuf), et de me demander ce que c’était tous ces flics sur le bateau… Oh ça va, riez pas, ça arrive hein, d’être blonde…

Un chtit exemple du style de cet ouvrage pas comme les autres : « Dream Island, c'est un autre trip. C'est un parc d'attractions en petit, style maquette... Des tyroliennes qui te balancent dans l'eau turquoise. Tu peux louer du matos pour faire de la plongée et voir des poissons. Des vrais ! Avec des écailles ! Quand tu sais qu'un Américain sur deux pense qu'un poisson est carré avec des miettes de biscotte collées autour... t'imagines leurs tronches ! »

Autre exemple : « La tristesse, je vais lui mettre sa race sous une tonne de bouffe. Elle va pas la ramener longtemps. Où elle est, cette putain de cafèt ? » Un bon résumé du ton aigre-doux de cette histoire.

Et une fois qu’on s’y habitue, ce langage, il est totalement savoureux. Parce qu’immédiatement, l’auteur nous plonge dans son monde, grâce à cette façon si particulière de s’exprimer. Et sa façon de parler anglais, on s’y croirait.  Savoureux je vous dis, plein d’humour, malgré une situation souvent désopilante, malgré ses petits côtés cocasses.

C’est sans doute car j’ai vu, durant sept jours, tourbillonner autour de moi des serveurs, des barmen, des « hommes de chambre », et surtout des hommes d’entretien, le matin, à l’aube, sur le pont, que j’ai pu réaliser quelle fourmilière c’était, et m’imaginer combien ils trimaient comme des bœufs, sans doute pour un salaire misérable. Misérable pour nous, Européens, mais une fortune pour eux, issus de tous ces pays lointains d’Asie ou d’Amérique du Sud. Je me suis sentie mal, par moment, d’avoir ces personnes à mon service, de par ce que j’imaginais.  Je n’ai aucun scrupules à aller au resto, me faire servir, moi aussi je bosse pour d’autres personnes, et je suis à leur service (certaines me l’ont d’ailleurs déjà fait sentir « j’ai passé la matinée à essayer de régler votre dossier » « ben vous êtes payée pour ça non ? »). Mais là, ça pue quand même l’exploitation, faut pas avoir fait une licence en gestion de personnel pour s’en rendre compte. La rumeur dit d’ailleurs que le personnel Costa aurait vu son salaire diminuer, depuis le naufrage du Costa Concordia, vu les pertes financières de la compagnie. Va savoir… Bon, c’est vrai que quelle que soit la destination de vacances, il y a toujours du personnel, là pour servir les vacanciers, mais sur le bateau, ça sonnait usine exploitante, je sais pas vous expliquer pourquoi. J’ai d’ailleurs tenté d’être toujours bien polie et gentille avec le personnel, histoire de ne pas avoir l’air de les croire « à mon service », avec tout ce que ça implique de « je me la pète en tong pendant que tu sues ta race » (Slimane Kader, sors de mon corps). Quand le monsieur de chambre a mis tout mon matos sur le rebord du bureau pour nettoyer, je l’y ai laissé, pour pas trop déranger. Quand j’ai eu vidé ma valise j’ai gentiment replié la protection en quatre. J’ai participé au programme écolo en ne jetant pas mes serviettes au sol comme des déchets, mais en les gardant le plus possible (sauf que vu que je m’étais teint les cheveux avant le départ, elles étaient toutes orange vif, ces serviettes blanches, alors on me les reprenait, même si je refusais). Bref, j’ai pas fait ma chieuse quoi. J’espère qu’ils l’auront senti.

A noter que l’action se passe en Floride et autour, soit aux States, et que tout semble un chouia plus démesuré qu’en Europe : la taille du bateau, la quantité de personnel, et la façon de l’exploiter. Et puis les passagers, ces fatties à crocs, comme les appelle Slimane Kader.

Chapeau Monsieur, vous réussissez le pari de faire rire votre lectorat, tout en lui offrant une bonne prise de conscience. Sans oublier l’émotion, avec Flucky, la mascotte du bateau. Une très chouette lecture de « vacances », avec l’envers du décor offert sur un plateau en bonus.

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27
avr

Notre fin sera si douce – Will McIntosh

« Le dimanche on lit au lit ».

J’ai testé avec cet ouvrage « plongée dans l’apocalypse, sans précaution ».

Un titre tout doux (ouais, ça parle de « fin », mais on l’imagine dans un nuage cotonneux moelleux).

Mais la vie n’est nullement douce, ni moelleuse, pour Jasper.  Nous sommes en 2023, crise économique, chômage monstrueux (vous me direz, ben comme maintenant, ben non, pire, attendez je continue), lutte pour l’accès à l’eau potable, virus ignobles inventés par l’homme pour diminuer la population mondiale, sans abri dans tous les coins, brigades répressives dont on finit par ignorer si elles sont créées par les gouvernements ou par les rebelles.

Et dans cet univers donc, Jasper, qui lutte, avec le souvenir cruel de son passé, où manger et boire semblaient un geste tout naturel, tout comme bosser ou payer son loyer.  Il lutte mais il y croit encore. Et il croit en l’amour, aussi, toujours.

Peut-on songer à aimer lorsque tout s’effondre autour de soi ?

C’est la question qui m’a semblée prépondérante dans cet ouvrage captivant et effrayant à la fois. Cet la science-fiction de Will McIntosh ne semble pas vraiment irréelle, malheureusement.  Et de finir par être effrayée par ma lecture, effrayée, dégoûtée parfois, par la violence, la peur, la mort qui rode, la vie qui devient un enfer quotidien, mais ô combien captivée. Passque je veux que Jasper survive. Et je veux qu’il aime, surtout. Envers et contre tout.

Une vraie bonne surprise que la découverte de cet auteur, professeur de psycho, qui a le don de provoquer l’empathie pour ses personnages.  

Un régal.

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27
avr

Avant toi – Jojo Moyes

« Le dimanche on lit au lit ».

"Avant toi" sera sans doute mon coup de cœur de 2014, même si nous ne sommes pas encore en mai.

Et un fameux coup de cœur, le genre de livre qui t’accroche dès la quatrième page (ouais, je me dois d’être honnête, j’ai dû relire les trois premières, car j’avais l’esprit ailleurs, et j’avais mal suivi le fil de l’histoire), et quand elle t’accroche, elle ne te lâche plus, elle fait que tu lis sur le pont du bateau (croisière, encore et toujours), dans ta cabine, dans les toilettes de ta cabine, bref à chaque moment libre entre les obligations du voyage telles excursions, balades, massages, cocktails et repas (et je dis sciemment « obligations », car j’ai connu deux ou trois moments, vers la fin de l’ouvrage, où m’en séparer était un déchirement, même pour aller vaquer à des occupations somme toute génialissimes).

Je ne connaissais pas Jojo Moyes, et n’ai qu’une envie : lire tous ses livres. Malheureusement, très peu sont encore traduits, sacrebleu.

Mais ça parle de quoi, me direz-vous, ce livre que j’encense depuis 13 lignes ?

Le pitch : Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

Très vite, Lou devient votre meilleure amie, vous devez Lou, vous ressentez Lou, vous vivez la vie de Lou, sa rencontre avec Will, la vie étrange qu’ils vont mener, lui désabusé par l’existence, elle désabusée par ce rustre dont elle doit s’occuper, puis cet apprivoisement, lent, très lent, mais si touchant, comme cet ouvrage qui m’a fait passer du rire aux larmes, et quelles larmes, les gros sanglots bruyants, toujours dans la cabine du bateau, avec nez rouge et yeux gonflés pour aller ensuite au repas de gala…

Si vous avez envie de vibrer cet été, je ne peux que vous conseiller cette lecture…

En plus, il est en format poche, donc pas cher ma bonne Dame.

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