27
nov

L’autre moitié de moi-même – Anne-Laure Bondoux

« Le dimanche, on lit au lit ».

Et ce dimanche, j’ai pleuré au lit.

Une de mes anciennes collègues se plaisait à me répéter « y’a pas de hasard ».  Avec les années, j’ai tendance à la croire de plus en plus.

Parfois, je repère un livre qui me tente, et je me l’offre, ou je le demande en lecture à l’éditeur.

Parfois, les éditeurs m’envoient leurs programmes de parution et je fais mon « shopping ».

Et parfois, un pli mystérieux m’est adressé, sans que j’aie rien demandé.  Une surprise.

Mauvaise, parfois.  Bonne, souvent.

Les goûts et les couleurs, hein, vous savez ce qu’il en est.

Bonne surprise par exemple, avec Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer, reçu alors que j’ignorais encore tout de Twilight, livre lu des mois plus tard, adoré.

Bonne surprise aussi avec L’autre moitié de moi-même, d’Anne-Laure Bondoux, dont j’ignorais tout également.

Anne-Laure est auteure de romans jeunesse à succès.  De la fiction.

Mais un jour, la voilà confrontée à l’abomination de la page blanche.  Désespérément blanche.

Une « abomination » qu’elle résume de cette façon :

"Jusqu'ici, j'aimais écrire des romans. J'aimais inventer des intrigues, explorer des contrées lointaines, donner vie à des personnages perdus qui cherchaient un sens à leur existence. Aujourd'hui, c'est moi qui suis perdue, et c'est moi qui pars en voyage..."

Et son éditeur d’ajouter : Un soir d'octobre 2010, Anne-Laure Bondoux croit avoir renversé un enfant en voiture. Or cet incident étrange survient après la révélation d'un secret de famille, une séparation, l'apparition de quelques fantômes et une longue panne d'écriture. Soudain, elle qui pensait savoir qui elle était et où elle allait n'a plus aucune certitude. Elle se remet alors à écrire. Non pas un roman pour la jeunesse comme à son habitude, mais son histoire, la seule qu'elle puisse vraiment raconter aujourd'hui. Peut-être n'est-elle pas si différente de la nôtre...

Voilà bien l’étrange sensation que j’ai eue dès le début de la lecture de ce livre que je n’avais pas demandé à lire, dont j’ignorais tout : que cette histoire n’était pas très différente de la mienne.  Pourtant, à part notre âge, presque similaire, comme nos photos de classe et nos coupes de cheveux de l’époque, on n’a pas grand-chose en commun, Anne-Laure et moi.  Ce goût de l’écriture, sans doute un peu, mais elle écrit des romans, moi pas.  Va savoir ce qui a provoqué en moi cette sensation bizarre, qui a perduré durant tout le livre ?  Une sensation couplée à une émotion forte, grandissant au fil des pages.  Comme si c’était mon histoire, alors que ce ne l’est absolument pas.  Cette histoire serait-elle universelle ?  Toucherait-elle les lecteurs de façon universelle ?  Rassemblerait-elle autour d’elle tous ceux qui ont vécu les non-dits, les secrets, les conflits larvés, les difficultés de vivre, celles d’exister, aussi, et puis les peurs, les angoisses, le besoin de parler, de comprendre, d’aimer, de vivre, enfin, d’exister, aussi ? 

Aucune idée, je peux juste vous dire que ce livre m’a touchée au plus profond de mes tripes et a éveillé en moi des trucs incroyables.  On m’a dit un jour « cesse d’acheter des livres dits d’évolution personnelle, des trucs psy pour comprendre le pourquoi du comment du quand et du où, lis plutôt des romans, qui éveilleront en toi des trucs que tu n’imaginais pas ».  Sans m’y attendre, je viens d’être confrontée de plein fouet aux conséquences de ce conseil bien avisé.  Et à cette envie, moi aussi, comme Anne-Laure Bondoux, de me lancer dans ce qu’elle appelle « un portrait d’écrivain en maillot de bain ».  Un jour peut-être.

Je n’ai rien d’autre à ajouter votre honneur, à part ces quelques pépites trouvées ici et là, durant ma lecture :

« L’événement lui-même est détruit par le livre.  Ce qui est écrit remplace ce qui a été vécu » (Marguerite Duras).

« Il faut bien inventer des histoires pour rendre la vie supportable » (Le temps des miracles – Anne-Laure Bondoux).

« La littérature tout entière est cicatricielle.  Elle célèbre la plaie et redit la lésion » (entendu par l’auteure à la radio).

 

23
nov

Les tribulations d’une caissière (made by Anna Sam)

Quelques mois après avoir commencé mon blog, j’ai fantasmé sur l’idée qu’il soit édité.  On ne se refait pas, je suis née avec le rêve d’écrire, même si l’idée réelle d’écrire n’a germé qu’il y a cinq ans.  Je me souviens d’un lecteur qui m’avait fait une jolie couverture « Le célibat ne passera pas par moi ».  ça en jetait grave.

Quand j’ai signé mon contrat pour La célib’attitude, j’ai lu avec des yeux comme des soucoupes la clause sur l’exploitation audiovisuelle de ma prose (enfin de mon blabla sur le célibat), et j’ai fantasmé sur l’idée de voir en grand une affiche « Le célibat ne passera pas par moi ».  ça aurait fait une jolie comédie romantique, non ?  Ah ben si, l’histoire d’une célibataire bossant dans un milieu coincé, ayant une vie faite de métro-boulot-dodo, mais qui, dans le coin de sa vie, tenait un blog, et puis elle aurait rencontré un chouette type, dont elle aurait parlé sur son blog, sans savoir qu’il le lisait, son blog, et lui sans savoir qu’elle était cette blogueuse qui le faisait fantasmer au détriment de cette petite bonne femme qui lui plaisait, mais y’avait la blogueuse… ça va, vous suivez ?  Avec un happy end à la clé.  Oui, bon, rien à voir avec le contenu de La célib’attitude, à part le célibat, mais c’était du fantasme quoi.

Que du fantasme, mais c’était bon, un peu comme quand on fantasme sur ce qu’on ferait avec  millions d’euros, c’est trop bon, même si on gagne jamais.

Ben Anna Sam, elle a gagné.

Elle a créé un blog, Les tribulations d’une caissière.

Elle a édité son blog, Les tribulations d’une caissière, toujours, vendu à 450.000 exemplaires (la garce, non mais sérieux, c’est inadmissible de vendre autant de livres).

Et maintenant ça sort en film, Les tribulations d’une caissière, encore, et, si j’ai pas (encore) lui son livre, même si je l’ai tenu en main un nombre incalculable de fois, je vais me précipiter pour voir ce film dont la bande-annonce m’a l’air prometteuse à souhait, ça a l’air drôle et tout croquignolet-romantique.  Je veux.

En vlà une qui a réalisé tous mes fantasmes, si c’est pas du bonheur ça, je vous le demande, keske c’est ! 

Sortie le 14 décembre en France et chais pas quand en Gelbique, mais j’attends ça impatiemment, et peut-être qu’après je postulerai chez Carrouf ou Delhéééés.

13
nov

Simon’s cat et le chaton infernal – Simon Tofield

“Le dimanche, on lit au lit”.

Simon’s cat is back, pour mon plus grand plaisir.  C’est qu’on s’y attache à cette petite bête espiègle et vilaine.  Mais cette fois, il va avoir du fil à retordre, car le voilà contraint de partager sa vie avec un chaton encore plus toursiveux (mot de ma région, que personne ne connaît à part moi, signifiant manipulateur pernicieux tordu, enfin un truc du genre) que Simon’s cat.

Et de lui en faire voir de toutes les couleurs… Après tout, ce n’est qu’un juste retour des choses, vu tout ce que son aîné en a fait voir à son maître, non mais hein.  Keske je me suis poilée en voyant Simon’s cat souffrir des agissements de cette demi-portion.  Vilaine moi ?  Meuh non, juste amusée.

Ce livre est à mourir de rire car l’auteur sait parfaitement illustrer tous les vilains tours que les félins jouent à leur maître, avec un coup de crayon parfait et un sens de l’humour inégalable, tout cela sans un seul mot.  Moi je n’en ai qu’un à dire, de mot : chapeau.

A offrir à tous ceux qui ont du fil à retordre avec leur tigre domestique.

Découvrez la petite vidéo de présentation !

13
nov

Summer & the City – Candace Bushnell

“Le dimanche, on lit au lit”.

L’an dernier, j’avais découvert Le journal de Carrie, une sorte d’avant Sex & the City, proposant à la lectrice, en l’occurrence moi, de découvrir la vie de Carrie avant la grosse pomme.  Sans avoir jamais lu Sex & the City, mais en l’ayant vu plusieurs fois, of course, j’ai adoré découvrir les jeunes années de Carrie (ça me rappelle ce vieux film avec Romy Schneider, Les jeunes années d’une reine), que l’on avait quittée aux portes de NY.

Summer & the City la retrouve donc au cœur de Big Apple, fraîchement inscrite dans un stage d’écriture.  Elle y retrouve Samantha et fait connaissance avec Miranda.  Et elle découvre la vie urbaine, avec son lot de stars, de dressing de luxe et de quidams, tout comme elle, qui rêvent de tracer leur route et de devenir célèbres.  Elle y découvre l’amour, aussi, enfin ce qu’elle en imagine…

Une très bonne surprise que ce second volet des aventures de Carrie avant Bradshaw, qui ne pourra que plaire à toutes celles qui, comme moi, ont adoré, adorent encore et adoreront Sex & the City.  Le petit côté « entrons dans tout ce qu’on ignorait de la vie de Carrie jusqu’ici », me plait énormément, un peu comme si je créais un blog vous contant mon enfance et mon adolescence, mon appareil dentaire, mes gommes parfumées à la fraise, mes roller skates.  Oui, bon, fort heureusement, l’arrivée de Carrie à New-York est bien plus palpitante que ma petite vie, mais vous voyez le topo quoi…

Un livre à mettre entre toutes les mains des fans de Carrie (n’en déplaise aux dentistes – oui, bon elle est nulle, mais je rêvais de la faire, celle-là).

 

6
nov

Deux sœurs – Madeleine Chapsal (CD)

Ce dimanche matin, j’ai donc, plutôt que de lire au lit, écouté de la musique.

Mais depuis quelques jours, j’ai écouté un livre.

Non non non, je ne me trompe pas de verbe, j’ai bel et bien écouté un livre.

Lorsque j’ai choisi Deux sœurs sur Babelio, en fait, j’ignorais qu’il s’agissait d’un CD.  J’ai lu le résumé, j’ai eu envie d’en savoir plus, et j’ai choisi.  C’est en recevant mon colis que, ô, stupeur, ce n’était pas un livre mais un CD.

Chouette occasion de tester le livre raconté, moi qui aime à relayer les actions de promotion de ce type de support, bien utile pour les personnes aveugles (oui, je sais, on dit non-voyantes de nos jours, mais pour moi aveugle n’est pas un gros mot), et puis, pourquoi pas, pour les personnes malades et peu capables de lire, ou les personnes ayant des difficultés de lecture.

Malheureusement, pour moi, l’expérience n’est pas concluante.

J’ai d’abord tenté une première écoute, mais je manquais de concentration, faisant autre chose en même temps, pour tout vous dire la vaisselle, et une fois ladite vaisselle terminée, j’ai réalisé que je n’avais rien suivi de ce que la douce voix me racontait.

J’ai ensuite décidé de m’appliquer sur mon livre/CD, et je l’ai donc écouté en ne faisant que ça : écouter.  Je me suis installée sur mon canapé et me suis focalisée sur la voix.  Le problème c’est qu’écouter un livre est bien différent de le lire.  Mine de rien, lire, c’est être actif : tourner les pages, tenir l’ouvrage et puis lire, tout simplement.  Tandis qu’écouter, c’est ne rien faire.  Je ne vous dirai pas que je me suis endormie, ce n’est pas le cas.  Mais je ne suis jamais parvenue à assimiler ce que j’écoutais, à entrer dans l’histoire, à cerner les personnages.  Déjà, je ne parvenais pas à retenir les prénoms des sœurs, je mélangeais tout.  Quand on lit, il suffit de revenir une page, deux, deux lignes… en arrière, mais en écoutant, c’est bien plus complexe.  Ensuite, l’intonation de la lectrice ne collait sans doute pas à celle que j’aurais mise, ou plutôt, le fait qu’elle lise à ma place a fait que jamais je ne me suis sentie intégrée dans l’histoire.

Je ne peux donc vous dire si j’ai aimé l’histoire de Deux sœurs, la façon dont elle est proposée, écrite, romancée, car, malgré deux tentatives dont une écoute d’une demi-heure, j’ignore toujours ce que raconte cet ouvrage.  Il me reste à l’acheter en version papier pour en savoir enfin plus…

Rien à faire, donc, le livre/CD n’est vraiment pas mon truc, même si je le trouve d’une utilité énorme pour certaines personnes.

Merci à Babelio pour cette expérience originale, même si peu concluante pour moi.

Mes livres sur Babelio.com