15
jan

Au pays des kangourous – Gilles Paris

« Le dimanche… on lit au lit ».

Le pitch vous donnera déjà une bonne approche de ce livre qui sort dans quelques jours : « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. » Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n’en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l’accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d’affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé. L’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs de l’hôpital font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide. Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité que l’on croyait indicible.

Et le ton est donné, pour un ouvrage touchant mais parfois drôle qui, à travers le regard d’un gamin de neuf ans perdu dans des soucis d’adultes, va se voir catapulté dans un monde dont il ignorait tout.

Difficile d’en dire plus sans trop éroder le mystère de l’histoire, mais j’ai adoré ce livre qui, petit à petit, permet d’approcher tout ce qui rend parfois la vie si difficile : le désamour, la solitude, la maladie, la mort, le mensonge…  sans oublier tout ce qui l'embellit, fort heureusement : la fantaisie, l’amour, l’amitié, le rêve.  

Un très joli livre à mettre entre toutes les mains.

25
déc

Saperlipopette mène l’enquête – Pierre Crooks et Julie Mercier

« Le dimanche, on lit au lit avec ses zenfants ».

Voici un livre original, puisqu’il s’agit d’une enquête policière, spécialement faite pour les plus jeunes.  Saperlipopette est un âne très intelligent qui se lance dans une enquête policière digne de celles d’Agatha Christie, pour retrouver les cacahuètes volées à Bernard le Tapir. 

Au travers d’un texte en rimes, notre âne enquêteur nous emmène tout au long de son aventure, qui se conclut, pour l’enfant, par la possibilité de réaliser, lui aussi, tout comme Saperlipopette, un portrait robot, avec les éléments de la fin de l’album, à copier et couper.  Un peu comme les poupées de papier que l’on habillait, enfant.

Un concept original pour ce livre double usage, en fait, puisqu’il allie le plaisir de la lecture à celui de la mise en pratique d’une enquête minutieuse.

Des dessins ni nunuches ni trop stylisés, à la fois poétiques et modernes, complètent le tableau de ce chouette livre.

 

 

 

25
déc

Petite page d'auto-promo : mon bébé à moi : Manuel de survie, célibataire et fière de l'être

Si vous aimez ce blog, vous aimerez mon nouveau-né, qui vous entraîne, durant 52 semaines, dans le périple du célibat, de son historique au quotidien de la célibataire, de sa recherche d'un logement à sa recherche du prince pas trop charmant, de la (mal)bouffe aux vacances, en passant par le nerf de la guerre, j'ai nommé le sexe.  Avec, chaque semaine, des exercices pratiques à effectuer.  Le tout joliment illustré par la talentueuse Anaïs Depommier.

Il sort le 20 janvier et je me réjouis de l'avoir en main prochainement, de pouvoir le palper, le sentir, le feuilleter, mon petit nouveau-né, qui se veut un joli prolongement de Planète célibataire, qui vous a entraînés dans une année illustrée pleine d'humour et de bons conseils.  Une année qui s'achève... mais dont la suite se trouve ici :

25
déc

Agendas : La culture générale pour les nuls / 365 phrases pour s’amuser à ar-ti-cu-ler

« Le dimanche, quand c’est Noël, on quitte le lit pour découvrir ses cadeaux sous le sapin ».

Oui, bon, ça c’est dans les films américains, quand la famille parfaite se réveille, la maman déjà maquillée, le papa tout séduisant, les enfants coiffés et disciplinés, et tout le monde descend découvrir ce que contiennent les chaussettes de Noël et ce que papa Noël a déposé au pied du sapin, et tout le monde il est beau tout le monde il est gentil.

Moi, ce matin, je suis descendue vaillamment après une courte nuit de sommeil, et au pied de mon joli sapin lumineux, ben y’avait juste ma crèche naïve, dont je vous parlais dans ma dernière chronique 7mag, rien d’autre.  Papa Noël m’avait rien apporté, le goujat vilain pas beau.

Mais heureusement, j’avais prévu le coup, et pour passer une année durant laquelle chaque jour m’apportera un mini cadeau, j’ai mes deux nouveaux agendas de bureau : La culture générale pour les nuls et 365 phrases pour s’amuser à ar-ti-cu-ler.

Voilà deux thèmes bien différents pour ces agendas perpétuels à grosse spirale que j’affectionne tout particulièrement, puisque chaque année, un nouveau envahit ma vie.  J’ai ainsi déjà partagé deux années avec Le chat de Geluck, une année avec les animaux et une autre avec des infos insolites.

Et bien cette année, ce sera « deux agendas sinon rien ».

Avec La culture générale pour la nulle que je suis, je vais enfin apprendre 365 choses pour me la péter en société, moi dont le niveau de culture générale frise la dépression nerveuse la plus gravissime.  De quoi me la péter lors de mes prochaines rencontres foireuses avec de charmants messieurs fous de sexe discussions culturelles.

Exemples : Quelles sont les Sept Merveilles du monde ? En quelle année Champollion parvint-il à déchiffrer les hiéroglyphes ? Combien de descendants un couple de campagnols peut-il avoir en une année ? Qu'est-ce que le " rayon vert" et quand peut-on l'observer ? Qui a peint La Nuit étoilée ?

Avec 365 phrases pour s’amuser à ar-ti-cu-ler, je vais pouvoir m’entraîner à prononcer sans faute cette phrase culte de L’étudiante, Kiki la cocotte… Rhaaaa ce film, si kitch et si adorable à la fois.  Et puis tout cela me rappelle mon enfance, avec cette autre phrase culte « les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archisèches », vous connaissez ?  Et y’a aussi « une grosse cloche sonne », à répéter cinquante fois, faites le test…

Bon, alleye, un exemple issu de l’agenda : Les deux moustaches d'Eustache se tachent d'oeufs. (répéter dix fois)

Le tout est maintenant de faire un choix : lequel de ces agendas apporter au bureau, la culture ou la prononciation ?  La connaissance ou le blabla ?  L’étalage de savoir ou l’amusement à partager ?  Vos avis ????

27
nov

L’autre moitié de moi-même – Anne-Laure Bondoux

« Le dimanche, on lit au lit ».

Et ce dimanche, j’ai pleuré au lit.

Une de mes anciennes collègues se plaisait à me répéter « y’a pas de hasard ».  Avec les années, j’ai tendance à la croire de plus en plus.

Parfois, je repère un livre qui me tente, et je me l’offre, ou je le demande en lecture à l’éditeur.

Parfois, les éditeurs m’envoient leurs programmes de parution et je fais mon « shopping ».

Et parfois, un pli mystérieux m’est adressé, sans que j’aie rien demandé.  Une surprise.

Mauvaise, parfois.  Bonne, souvent.

Les goûts et les couleurs, hein, vous savez ce qu’il en est.

Bonne surprise par exemple, avec Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer, reçu alors que j’ignorais encore tout de Twilight, livre lu des mois plus tard, adoré.

Bonne surprise aussi avec L’autre moitié de moi-même, d’Anne-Laure Bondoux, dont j’ignorais tout également.

Anne-Laure est auteure de romans jeunesse à succès.  De la fiction.

Mais un jour, la voilà confrontée à l’abomination de la page blanche.  Désespérément blanche.

Une « abomination » qu’elle résume de cette façon :

"Jusqu'ici, j'aimais écrire des romans. J'aimais inventer des intrigues, explorer des contrées lointaines, donner vie à des personnages perdus qui cherchaient un sens à leur existence. Aujourd'hui, c'est moi qui suis perdue, et c'est moi qui pars en voyage..."

Et son éditeur d’ajouter : Un soir d'octobre 2010, Anne-Laure Bondoux croit avoir renversé un enfant en voiture. Or cet incident étrange survient après la révélation d'un secret de famille, une séparation, l'apparition de quelques fantômes et une longue panne d'écriture. Soudain, elle qui pensait savoir qui elle était et où elle allait n'a plus aucune certitude. Elle se remet alors à écrire. Non pas un roman pour la jeunesse comme à son habitude, mais son histoire, la seule qu'elle puisse vraiment raconter aujourd'hui. Peut-être n'est-elle pas si différente de la nôtre...

Voilà bien l’étrange sensation que j’ai eue dès le début de la lecture de ce livre que je n’avais pas demandé à lire, dont j’ignorais tout : que cette histoire n’était pas très différente de la mienne.  Pourtant, à part notre âge, presque similaire, comme nos photos de classe et nos coupes de cheveux de l’époque, on n’a pas grand-chose en commun, Anne-Laure et moi.  Ce goût de l’écriture, sans doute un peu, mais elle écrit des romans, moi pas.  Va savoir ce qui a provoqué en moi cette sensation bizarre, qui a perduré durant tout le livre ?  Une sensation couplée à une émotion forte, grandissant au fil des pages.  Comme si c’était mon histoire, alors que ce ne l’est absolument pas.  Cette histoire serait-elle universelle ?  Toucherait-elle les lecteurs de façon universelle ?  Rassemblerait-elle autour d’elle tous ceux qui ont vécu les non-dits, les secrets, les conflits larvés, les difficultés de vivre, celles d’exister, aussi, et puis les peurs, les angoisses, le besoin de parler, de comprendre, d’aimer, de vivre, enfin, d’exister, aussi ? 

Aucune idée, je peux juste vous dire que ce livre m’a touchée au plus profond de mes tripes et a éveillé en moi des trucs incroyables.  On m’a dit un jour « cesse d’acheter des livres dits d’évolution personnelle, des trucs psy pour comprendre le pourquoi du comment du quand et du où, lis plutôt des romans, qui éveilleront en toi des trucs que tu n’imaginais pas ».  Sans m’y attendre, je viens d’être confrontée de plein fouet aux conséquences de ce conseil bien avisé.  Et à cette envie, moi aussi, comme Anne-Laure Bondoux, de me lancer dans ce qu’elle appelle « un portrait d’écrivain en maillot de bain ».  Un jour peut-être.

Je n’ai rien d’autre à ajouter votre honneur, à part ces quelques pépites trouvées ici et là, durant ma lecture :

« L’événement lui-même est détruit par le livre.  Ce qui est écrit remplace ce qui a été vécu » (Marguerite Duras).

« Il faut bien inventer des histoires pour rendre la vie supportable » (Le temps des miracles – Anne-Laure Bondoux).

« La littérature tout entière est cicatricielle.  Elle célèbre la plaie et redit la lésion » (entendu par l’auteure à la radio).