29
avr

Juste une ombre – Karine Giebel

« Le dimanche, on lit au lit ».

Après Meurtre pour rédemption, dont je vous avais parlé ici et ici, thriller psychologique époustouflant, j’étais curieuse de découvrir le nouveau né de Karine Giebel, persuadée qu’elle ne pourrait plus jamais atteindre le niveau extraordinaire de cette brique de 700 pages qui vient juste de sortir en poche.

Et bien je me trompais… oh comme je me trompais !

J’ai commencé Juste une ombre jeudi soir et, une fois dix pages lues, je n’ai plus pu m’arrêter.  Sauf qu’au bout d’un moment, il était plus de 21 heures, je n’étais qu’à la moitié du livre et je commençais à angoisser grave, tout comme l’héroïne, Cloé, dont la vie se transforme un jour en cauchemar, jugez plutôt :

« Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal,
tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t imposer dans
ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour...
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d aller consulter un psychiatre. Tes amis
s écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t aider. Tu es seule.
Et l ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard...

Tu commandes ? Apprends l obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence... »

Une seule chose à dire : brrrrrrrrrrrrrrrrr…

Alors j’ai interrompu ma lecture, je suis allée me coucher, après avoir vérifié que tout était bien fermé chez moi, sait-on jamais.  Et vendredi matin, j’ai lu à l’arrêt du bus, dans le bus, et même deux pages en arrivant au bureau, incapable de m’arrêter que j’étais, puis j’ai bossé, faut bien hein ma bonne dame, et en rentrant chez moi, limite si je ne me suis pas jetée sur le canapé avec mon manteau, pour terminer ma lecture.

Une fois celle-ci achevée, j’étais en état de choc, tout comme après Meurtres pour rédemption.  Car lire du Karine Giebel, ce n’est pas comme lire du Mary Higgins Clarck (même si j’en ai lu et si j’aime ça), je vous le dis, le choc est bien plus profond, bien plus long.

Cloé est pourtant une femme potentiellement antipathique.  Hautaine, dotée d’un complexe de supériorité inégalable.  Limite si je ne me suis pas dit un bref instant « tu l’as pas volé ».  Puis l’empathie nait.  On comprend son histoire, ses failles, son passé bouleversant.  Et arrive Alexandre, au présent encore plus bouleversant.  J’apprends à les aimer.  A vouloir leur bonheur.  A prier pour leur bonheur.

Mais prier suffira-t-il ?

Epoustouflant je vous dis !  Scotchant !  Et je pourrais vous proposer mille autres superlatifs, mais à quoi bon, je ne peux vous raconter l’histoire, la trame, la façon dont Karine Giebel entre d’une façon incroyable dans la tête de ses personnages, dissèque leur vie petit bout par petit bout et fait que, j’ignore comment, lire au finish devient immédiatement une drogue.

J’avais connu cela avec Meurtres pour rédemption.  J’ai connu cela avec Juste une ombre.

Et ce que j’ai connu aussi, étonnamment, c’est cette envie folle de parler à l’auteure.  Pour dire quoi ?  Aucune idée, c’est ainsi.  Et je me suis souvenue avoir eu la même sensation durant Meurtres pour rédemption.  Bizarre autant qu’étrange.  Faut pas chercher à comprendre.

Une petite citation nullement angoissante, mais tellement criante de vérité lorsque l'on se retrouve à faire face à la maladie : "Il s'allonge à côté d'elle, la prend dans ses bras.  Le lit est vraiment trop étroit.  Ils n'ont pas encore songé à fabriquer des lits médicalisés en 140.  Comme si la maladie interdisait l'amour."

22
avr

Le journal de Bridget Jones – Helen Fielding

"Le dimanche, on repense à ses lectures passées".

 Début de siècle ou par là (et oui ma bonne dame, ça fait un bail).

Je me revois, affalée sur mon lit gorgé de soleil, dans mon ancien appartement, toute jeune encore (rha, ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame), célibattante dans l’âme et dans la vie réelle, découvrant Bridget et sa vie rythmée par sa consommation de cigarettes et d’alcool.

J’avais acheté ce bouquin, première édition, auteure encore inconnue dans le monde francophone, attirée par le mot « journal » du titre, un style que j’ai toujours adoré, depuis Les cornichons au chocolat.

Et je ne fus pas déçue par ce livre dans lequel je me suis, par moments, retrouvée, par moment seulement, passque moi je ne fume pas, je bois rarement, et je n’ai jamais croisé un mec en pull à tête de renne.

A cette époque, la chick lit n’existait pas, puisque Bridget Jones en est sans doute la première illustration, ou du moins la première célèbre et populaire.  Une réussite que cette bouffée d’humour, mais également d’états d’âme hypra drôles de pathétisme absolu… dans lequel toute célibataire se retrouvera… parfois.

Caricatural sans doute, parfois, aussi, mais on s’en moque, pourvu qu’on ait la banane durant la lecture.

Ce livre a ouvert la voie à tous les romans chick lit qui ont suivi, parfois avec brio, parfois d’une qualité médiocre.

22
avr

Ecrire pour les nuls – Gilles Guilleron

"Le dimanche on lit au lit".

Enfin ici, c'est plutôt à son bureau qu'on lit, et tous les jours de la semaine, avec ce livre qui se révèle une véritable bible pour ceux qui aiment écrire, ou qui aiment bien écrire.

400 pages avec rien que de l'utile, pour rendre l'art de l'écriture agréable :

Un historique de l'écriture, la phrase et sa création, le pourquoi du comment on veut écrire, un mode d'emploi en fonction de votre situation, votre âge, votre job, vos envies, des trucs pour évaluer votre style et pour affronter tous les écueils qui vous guettent, l'importance des dictionnaires (j'approuve), un rappel de la grammaire et de la ponctuation, la gestion du clavier d'ordinateur, l'art de la lecture, des ateliers d'écriture pour devenir encore meilleur, des témoignages, des conseils, des modèles de prises de note, de récits, de discours, de pièces, de vers, des exercices de micro-fiction et encore plein plein plein de choses.

Une mine d'infos, je vous le disais, à mettre entre toutes les mains de qui a envie de se lancer dans l'écriture, quelle qu'elle soit, pour le quotidien, la vie professionnelle ou les loisirs.  Je sens que ça va m'inspirer pas mal de trucs…

19
avr

La citation du jour

Il me semble que nous avons atteint le point où nos expériences, nos souvenirs, nos vies entières, en fait, ne sont réelles que si on les publie en ligne.

(la vie romantique d'Alice B., Melanie Gideon, que je suis en train de lire depuis hier, j'adore trop - ne vous précipitez pas en librairie, il ne sort que le 10 mai, je vous en reparlerai)

15
avr

Silence – Becca Fitzpatrick

« Le dimanche, on lit au lit ».

Second livre de mon quatuor, terminé ce matin…

Quel plaisir de découvrir cette troisième couverture, toujours aussi sublime que les deux premières.  On a beau dire, une couverture, c’est important pour un livre, même si le contenu l’est tout autant.  La beauté intérieure, ok, mais un joli emballage, je ne dis pas non.

Quel plaisir également de retrouver Nora et Patch.  Quel déplaisir, cependant, d’avoir dû attendre si longtemps leur retour, ce qui brouille fortement les pistes : mais qui est qui déjà ?  déchu ?  archange ?  humain ?  néphil ?  Et c’est quoi déjà un déchu ou un néphil ?

Fort heureusement, cette difficulté est gommée grâce à l’amnésie de Nora, qui tombe à point nommé, permettant au lecteur, en même temps que son héroïne, de retrouver, petit à petit la mémoire, avant d’être entraîné dans un tourbillon d’aventures, où l’action ne laisse place que parcimonieusement à l’amour, mais un amour comme on en rêverait toute.  Intrigues et trahisons sont au programme de cet ouvrage, avec des personnages plus machiavéliques les uns que les autres.  Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas nuire au suspens, tout en vous suggérant, bien sûr, si vous n’avez pas encore lu cette saga, de dévorer les trois tomes coup sur coup, ce sera plus aisé pour la compréhension.

Je pensais ce volet le dernier, je découvre que cette trilogie est en réalité une quadrilogie (diantre, pas moyen de placer duologie, du coup) et que la suite laisse présager encore plus d’action et d’angoisse.  Reste donc à attendre, encore attendre, toujours attendre…