20
mai

Lundi mélancolie : le jour où les enfants disparaissent – Nicci French

"Le dimanche, on lit au lit".

Un titre bien long pour le nouveau roman de Nicci French, ce célèbre couple d'écrivains dont les thrillers font régulièrement mon bonheur.

Un titre long, donc, qui laisse présager du plaisir à venir lorsque l'on sait que Lundi mélancolie est le premier d'une longue série d'ouvrages avec COMME héroïne principale Frieda, jeune psychiatre londonienne.

Et j'aime cette perspective, de la retrouver, année après année, au fil d'enquêtes policières émaillées d'intrigues un chouia psychologiqueS.  Je n'adore pas les livres en plusieurs épisodes, pourtant fort à la mode en ce moment, vu l'attente entre chaque parution, impatiente que je suis.  Il faudrait pouvoir les lire d'affilée, mais c'est impossible.  Ici, cependant, pas d'impatience, puisque l'intrigue est bien sûr résolue à la toute fin… même si je meurs déjà d'impatience de découvrir la prochaine histoire de Frieda.

Passque Frieda, elle est attachante.  Attachiante, peut-être, aussi.  Elle a son petit caractère, sa petite vie, sa petite maison et puis tout ce que fait que, petit à petit, elle s'installe dans la vie de son lecteur, avec ses qualités et ses défauts.  Attachiante, je vous dis.

La voilà donc confrontée à un patient qui lui fait des confidences bien étranges : il rêve d'un gamin roux qu'il kidnapperait, pour en faire son enfant.  Le lendemain, dans la presse, Frieda découvre qu'un jeune enfant a disparu.  Un jeune enfant roux.  Elle contacte la police qui, suspicieuse de prime abord, finit par requérir son aide pour investiguer sur cette disparition inquiétante.

Jolie réussite que ce mélange d'enquête policière, de tranches de vie des différents personnages et de consultations psychiatriques, qui permettent, outre l'angoisse qui va crescendo, de pénétrer petit à petit dans les mystères de l'esprit humain.  Avec une intrigue bien ficelée et un dénouement inattendu, que je n'ai soupçonné que quelques pages avant sa révélation.

Oui, ce pari d'une série made by Nicci French est gagné, puisque je n'ai qu'une envie, découvrir au plus vite la suite des aventures de Frieda et de son entourage.

20
mai

L’écho de la rivière – Emilie Richards

« Le dimanche, on lit au lit ».

Lorsque j’ai reçu L’écho de la rivière, j’ai eu un choc : 657 pages !  J’ignorais que des romans Harlequin pouvaient compter autant de pages, moi.  Une vraie brique, que l’auteur avait pondue, pour conter cette histoire : « Dans la haute société de Virginie, de noirs secrets enfouis depuis des années sont sur le point d'être dévoilés. Le drame couve, prêt à éclater... Artiste peintre mariée à un avocat et mère d'une petite fille, Julia Warwick est un pur produit de l'aristocratie de Ridge's Race. Cette femme à qui tout semble sourire voit pourtant son monde s'écrouler lorsqu'elle perd la vue de manière inexpliquée. Les médecins ayant conclu à une cécité psychosomatique, Julia entreprend de fouiller son passé à la recherche d'un traumatisme qu'elle aurait pu enfouir au plus profond de sa mémoire. Ce faisant, elle ouvre peu à peu les yeux sur son mari, sa famille, et surtout sur elle-même... Mais d'autres vérités encore menacent d'être exposées au grand jour quand son amour de jeunesse, Christian Carver, est libéré après avoir purgé une longue peine de prison pour un crime qu'il n'a pas commis. De retour à Ridge's Race, il entend bien faire la lumière sur cette affaire afin de se laver définitivement de tout soupçon. Pour lui comme pour Julia, comprendre le passé reste le seul moyen de s'en affranchir - quitte à déplaire à certains habitants. Car il est des secrets que ces derniers préféreraient ne jamais divulguer... »

Mais conter n’est pas compter, bien sûr, alors je me suis laissé conter fleurette par Emilie Richards…

Et j’ai adoré cela.  L’histoire est fluide, Julia est attachante, tout comme Christian, même s’il est cousu de fil blanc que ces deux là n’ont pas vraiment cessé de s’aimer, of course.  Malgré tout, l’intrigue est là : pourquoi Julia est-elle aveugle, que n’accepte-t-elle pas de voir, qui a réellement tué leur amie il y a neuf ans ?  Et puis quel est cet étrange roman que la mère de Julia a écrit et qu’elle lui délivre, soir après soir, au coin du feu ?

Passque voilà là le mystère de ces 657 pages : deux romans en un, ou presque.  Le double effet Harlequin, à la manière de Kiss Cool.  Et si, au début, cette intrusion d’une seconde histoire dans la première m’a interloquée, puis agacée, car elle coupait l’intrigue principale, très rapidement, elle m’a captivée, par le message qu’elle délivrait petit à petit.

Ajoutez à cela une légère intrigue policière sur qui a tué, comment et pourquoi, dont le mystère n’est levé qu’à la toute fin, et vous aurez un roman bien ficelé, dont les 657 pages passent à vitesse TGV une fois la lecture entamée.   Et puis, faut attendre des pages et des pages pour avoir du sexe, du vrai, du bon, du plein d’amour, ça m’a changé de ma dernière lecture, c’est clair.

Malgré quelques petits défauts, comme un début d’histoire, à l’hôpital, bien peu utile et qui ralentit l’intrigue, des détails sur la chasse dont je me serais bien passée (mais ça c’est un avis perso), un milieu vraiment « prout ma chère » où l’argent semble couler à flots ou quelques miracles bien trop Harlequinesques pour être totalement crédibles, voilà un roman qui m’a vraiment beaucoup plu, avec des personnages fouillés, un peu de psychologie, un peu de policier, un peu d’amour et beaucoup de plaisir à la lecture.

Et puis, vous savez pourquoi ce livre restera vraiment dans mes anales ?

Passque quand j’étais ado, j’avais décidé d’écrire une nouvelle qui raconterait les amours tumultueuses d’une amie.  J’en connaissais le début, rien que le début : « les pales de l’hélicoptère brassaient l’air parfumé ».  ça me semblait un début parfait pour une nouvelle romantique à la Nous deux ou Harlequin. 

J’ai donc commencé ma nouvelle par cette phrase, et n’ai jamais rien écrit d’autre, bien sûr.  Mais cela dénotait déjà mon envie d’écrire, pour sûr.

Et dans l’Echo de la rivière, keske je lis ?  « Elle entendait les pales d’un ventilateur brasser l’air ».  C’est pas totalement kif kif, mais c’est tout comme.  Et ça prouve que j’avais déjà du talent à l’adolescence, na.  Et que je devrais vraiment écrire ma nouvelle…

8
mai

La liste de mes envies - Grégoire Delacourt

« Le lundi soir, on lit au lit ».

Pas envie d’attendre dimanche… après tout les habitudes sont faites pour être changées, non ?

C’est en découvrant par hasard sur un blog la sortie de cet ouvrage et ses 100000 exemplaires déjà vendus que j’ai appris l’existence de « La liste de mes envies ».  Un blog qui critiquait, en plus, mais ça a titillé ma curiosité, vous pensez bien… on critique ?  Je demande à voir, enfin à lire.

Passque 100000 exemplaires !

Un rêve.

Pourtant, la quatrième de couverture ne me tentait guère « Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir ce qu’elle veut, elle pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ? »

Trop bref, trop austère, trop peu d’informations.

Et puis, pour moi, un livre doit avoir une jolie photo en couverture.  Je ne lis jamais de livres sans couverture colorée, trop peur qu’ils soient barbants, genre écrits pour intellos bobos parisiens.

Dingue les préjugés que je peux avoir, ma bonne Dame.

Mais là, j’ai voulu lire.

Et tous mes préjugés se sont envolés d’un seul coup, dès la première ligne.

J’ai commencé ma lecture hier soir, tard, genre 21 heures, et j’ai lu d’une traite.  Trop vite.  C’est un livre à lire vite, de toute façon, impossible de s’arrêter une fois entamée le plongeon dans la vie de Jocelyne, sa petite vie de mercière, son petit époux bien propre sur lui, mais pas toujours, ses deux enfants, presque trois, bien loin d’elle, ses rêves, petits eux aussi, son père et ses six minutes de mémoire, ses voisines, et puis cet événement qui, peut-être, va changer sa vie.

Jocelyne est ordinaire et mène une vie ordinaire, mais c’est dans cet ordinaire que chacun peut se reconnaître, partager ses joies et ses souffrances, rêver avec elle, pleurer avec elle.  Jocelyne, c’est vous, c’est moi, c’est nous toutes.

Et lorsqu’elle dresse la liste de ses besoins, puis la liste de ses envies et enfin la liste de ses folies, je n’ai eu qu’une envie : faire pareil.

Un livre qui interroge, qui bouleverse, qui émeut, qui fait réfléchir, tout cela en légèreté, en douceur, comme une plume qui tombe peu à peu sur le sol… pour s’y écraser lourdement… et permettre de comprendre, peut-être, ce qu’est le bonheur.

Alleye, au boulot, j’ai des listes à dresser, moi.

7
mai

Week-end mortel – épisode 6 : Tueuses – Paul Lefèvre

Le moment est ensuite à la détente, faut pas pousser, toutes ces histoires de défunts et de communication avec l'au-delà, on a beau dire, ça tourneboulerait même la personne la plus cartésienne.

Je me rue donc sur le dernier ouvrage reçu de First Editions (malgré l'angoisse de mon expéditeur, qui m'a demandé si j'avais des pulsions meurtrières en ce moment, au moment de mon choix) : tueuses.

Quand j'étais môme, enfin une grande môme je dirais, genre à partir de 10-11 ans j'imagine, j'étais totalement captivée par les ouvrages de Pierre Bellemare (et Jacques Antoine, non ?  Ce nom me vient comme ça d'un coup, moi qui n'ai pourtant aucune mémoire des noms).  Mon paternel les avait, il aimait ça aussi, et je les dévorais le plus possible.  Dommage, il ne les a pas gardés, je n'en ai retrouvé aucun lors du tri de sa bibliothèque.  Je les ai tous lus, tous tous tous.  Ma vie était sans doute déjà mortelle, faut croire.  J'ai aussi, je l'avoue, eu ma phase hyper-glauque avec la lecture de Nouveau détective (ça existe encore ça ?), oui, très glauque, je le concède.

Mais les livres de Pierre Bellemare, c'était du très bon.  Des histoires courtes et percutantes.

C'est ainsi que je résumerais Tueuses, ouvrage de Paul Lefèvre, qui m'a rappelé plein de souvenirs.  Son style n'a rien à envier à celui de Bellemare, il captive dès la première ligne, toujours bien choisie, et jusqu'à la dernière, avec des histoires à la longueur juste parfaite.  J'envisageais d'ailleurs une lecture dans les toilettes, que j'adore, je l'ai déjà dit mais je le répète, j'ose, maintenant que Balasko a admis, dans Thé ou Café ce samedi, faire pareil (tiens, voilà un moment à extraire de mon week-end mortel… quoique le film qu'elle y a présenté, Maman, histoire de deux filles kidnappant leur mère mal aimante, voire non aimante, pourrait s'en rapprocher, surtout que j'ai cru voir un fusil).

Finalement, il n'a pas eu le temps d'investir mon petit coin, car j'ai tout lu d'une traite.

Aucune lassitude, car les femmes sont très originales quand elles tuent.  Emouvantes parfois, comme cette mère qui a tué par amour.  Passionnées, lorsqu'elles tuent suite à trop d'humiliations.  Inventives, lorsqu'elles cachent le corps du délit.  Et Belges, parfois, vu que j'ai retrouvé cet ignoble meurtre au parachute saboté, j'en tremble d'effroi, moi qui n'ose pas m'éloigner de plus de deux mètres du plancher des ruminants.

Si vous aimez les histoires courtes, si vous aimez Faites entrer l'accusé, si vous aimez trembler d'effroi… cette lecture est faite pour vous !

Suite au prochain épisode...

7
mai

Week-end mortel – épisode 5 : Nos proches ne meurent jamais – Allison DuBois

Complètement contaminée par ce week-end devenu mortel par la force des choses, je décide de ne plus lutter contre mon destin week-end mortellesque et de terminer l'ouvrage d'Allison Dubois, que l'on m'a prêté il y a… ouf, tout ça, genre trois ans, genre au moment où j'ai vécu mon expérience paranormale, y'a pas de hasard je vous dis.  Allison est cette medium qui a inspiré la série éponyme (youpiiiiie, j'ai réussi à placer mon mot préféré, yes yes trois fois yes). 

J'ai adoré cette série, et j'ai adoré ce livre, qui n'est nullement celui d'une illuminée, mais d'une femme qui n'a pas choisi ce qu'elle vit, mais qui l'a accepté, car elle a réalisé qu'elle pouvait aider.  On la sent pleine d'amour pour son prochain et d'empathie, message qu'elle délivre d'ailleurs bien souvent : faites preuve d'empathie.  J'ai tenté de l'appliquer ce matin quand j'étais exaspérée de ne pas descendre du bus aussi vite que je le souhaitais, because une dame âgée : empathie empathie empathie ma petite Anaïs.

Elle apporte un complément bien intéressant à la série, car on y découvre sa vraie vie, qui n'est pas faite uniquement d'enquêtes policières.  Elle y raconte la mort de son père, de certains de ces proches, quelques unes de ses consultations, ses expériences les plus bouleversantes, ses doutes aussi, mais sa conviction de faire ce qu'elle DOIT faire.  Et puis elle évoque l'étude scientifique à laquelle elle s'est prêtée, pour tenter de comprendre l'incompréhensible. En conclusion, son époux, Joe, témoigne de ce qu'est sa vie avec une medium.  On sent en eux un amour incroyable, l'un pour l'autre, mais aussi pour autrui.

Après avoir lu cet ouvrage, clair qu'il devient difficile de considérer la vie et la mort totalement de la même façon.

J'ai ensuite entamé la lecture de son second ouvrage… mais juste entamé actuellement.  Du même acabit, of course.  Passionnant et intrigant à la fois.

Et puis, message troublant que je découvre durant ma lecture, ce conseil d'Allison : faites du bien, devenez bénévole en maison de repos… ça ne s'invente pas !  Titillant, non ?

Suite au prochain épisode..

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