17
jui

Un avion sans elle – Michel Bussi

« Le dimanche, on lit au lit ».

En commençant Un avion sans elle, je me suis demandé, moi qui déteste les grands oiseaux de métal, si c’était vraiment une si bonne idée que de lire un livre dont les premières pages commencent par un crash aérien.

Parce que c’est bien de cela dont il s’agit dans Un avion sans elle.  Un avion qui se crashe.  Un seul survivant : un bébé, éjecté par miracle, frigorifié mais vivant.  Sauf que dans cet avion, il y avait deux bébés.  Et que les familles des quatre parents se déchirent cette petite fille, surnommée Libellule, dont ils revendiquent tous l’appartenance.  Nous sommes en 1980, les test ADN n’existent pas encore.

Dix-huit ans plus tard, Libellule est désormais majeure.  Un détective privé qui menait l’enquête depuis le crash est soudainement assassiné.  Et toute la vérité va enfin exploser, dans une quête effrénée menée par son frère, celui que le tribunal lui a désigné.  Et puis par sa sœur aussi, celle qui ne l’est plus depuis dix-huit ans, et qui en est devenue folle. 

Une quête angoissante qui emmène le lecteur, en l’occurrence la lectrice, à travers la France, afin que tous sachent enfin qui est Libellule.  Un thriller palpitant, mais pas seulement.  Un livre sur l’amour aussi, sur ses dérives, sur ce qu’il fait faire aux gens.  Sur l’argent et son pouvoir.  Et également sur la personnalité et sur le rôle de l’inné et de l’acquis dans sa conception.

Un livre captivant.  Et je comprends aisément pourquoi il a reçu le prix Maisons de la presse.

Je n’avais jamais lu Michel Bussi à ce jour, j’ai adoré.

 

27
mai

Oublier son passé – Karin Alvtegen

« Le dimanche, on lit au lit ».

Voilà un roman dans lequel les apparences sont très très trompeuses…

Helena a tout quitté pour venir avec son mari et sa fille à la campagne, là où elle passait les étés de son enfance, afin d’ouvrir un hôtel.  Trois ans plus tard, c’est son époux qui la quitte.  En apparences, elle est forte et déterminée.  En apparences…

Emilie est la fille de ce couple qui s’est récemment déchiré.  Elle a choisi de rester avec sa mère, malgré la distance qui les sépare petit à petit.  En apparences, elle a bien digéré le divorce de ses parents.  En apparences…

Verner est un vieil homme excentrique et solitaire, reclus dans une maison sans confort.  En apparences, un ours mal léché.  En apparences…

Anna-Karin vit seule et c’est très bien comme ça, car elle seule sait ce qui est bien pour elle, mais également pour autrui.  En apparences, elle a trouvé son équilibre, malgré ses intolérances manifestes.  En apparences…

Anders est un homme d’affaires ayant fait fortune puis ayant fait le choix de l’inactivité.  Le hasard le pousse devant la porte de l’hôtel d’Helena, qui ignore tout de sa vie réelle.  En apparences, il est zen et a réussi.  En apparences…

L’arrivée d’Anders va faire souffler un vent nouveau au sein de cette petite communauté.  Un vent nouveau mais porteur de souvenirs et de souffrances issues du passé, qu’il est enfin temps de régler.

Cette rencontre improbable d’Helena et d’Anders va-t-elle changer la donne ?

Un roman tout en finesse et en douceur, couplé à une analyse psychologique intelligente des personnages, qui mêle souffrances issues du passé, confessions sur un présent douloureux et espoir en un avenir meilleur.

Une révélation pour moi que cette auteure d’un pays que je connaissais surtout pour ses meubles en kit.  Mon second roman suédois, en quelques mois, et chaque fois une très jolie surprise.

 

Une petite phrase résume vachement bien le message de ce roman : Rares sont ceux qui comprennent que nous choisissons nous-mêmes de tourner au vinaigre ou de devenir un grand cru.

 

27
mai

Nouveau départ pour Charity Jones – Susan Mallery

« Le dimanche, on lit au lit ».

Nouveau départ pour Charity Jones fait partie d’une série « rencontres à Fool’s Gold », du nom de la petite ville accueillant le personnage principal, Charity Jones, vous l’aurez deviné.  Cela laisse donc supposer, en toute logique, une suite à la vie de Fool’s Gold.

J’ai beaucoup de mal à dire si j’ai aimé ou pas cet ouvrage.  Etonnant, d’habitude, j’aime, ou j’aime pas, aussi simple que ça.

Mais là, je ne parviens pas à me décider.

La lecture est fluide, rapide, agréable.  Charity est sympathique et j’ai très rapidement eu envie de savoir ce qui allait advenir d’elle dans cette ville qui l’a recrutée dans un but bien précis : lutter contre la pénurie de mâles.  Bien sûr, il y en a quelques uns, de mâles, notamment Josh, star déchue du cyclisme, homme à femmes, dont le charme fait des ravages auprès de la gent féminine.  Charity a beau lutter, elle craque, elle aussi.  Et puis Robert, en apparences bien sous tous rapports, le mari idéal.  Mais il ne lui plaît pas.

Bon, une histoire simple, dont le dénouement est prévisible, mais why not.

Mais je reste dubitative, malgré le plaisir que j’ai eu à lire Nouveau départ pour Charity Jones.

Alors, je vais me prêter à ce petit jeu parfois utile, déterminer le positif et le négatif :

Positif :

- comme je le disais, lecture agréable, bon moment de détente

- quelques intrigues intéressantes : pourquoi Charity est-elle si seule ?  pourquoi a-t-elle été recrutée par Marsha, le maire ?  pourquoi Josh a-t-il abandonné la compétition ?

- une histoire qui donne envie d’amour

Négatif :

- les intrigues manquent de profondeur, certaines étant juste évoquées, comme ce personnage gravement malade qui apparaît puis disparaît presqu’aussitôt, sans qu’on sache ce qu’il advient de lui (à voir si la suite en reparlera, mais ça laisse sur sa faim)

- les problèmes se résolvent trop rapidement, ok, c’est du Harlequin, mais y’a des limites et là, je trouve qu’elles sont dépassées

- le coup de foudre de Charity pour Josh est risible, et ce qu’elle ressent est totalement exagéré dans les descriptions qui en sont faites, répétées à qui mieux mieux (ça va, on a pigé, il la fait frissonner et elle rêve qu’il lui fasse l’amour, là, de suite, mais elle veut résister – pas besoin de le dire quinze fois).

- le but premier de la venue de Charity, repeupler la ville avec des mâles, passe vite au second plan, et c’est dommage

En conclusion, une base intéressante, des personnages attachants et qu’on a envie de voir évoluer encore, mais beaucoup trop d’histoires qui se téléscopent et de problèmes qui se règlent avec une baguette trop magique pour être crédible, au détriment de l’analyse des personnages et d’une profondeur des intrigues.

Dommage.  Néanmoins, je serais curieuse de lire la suite, afin de voir s’il s’agit juste d’un péché de « premier tome ».

 

 

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21
mai

Si c'était à refaire – Marc Lévy

"Le dimanche, on lit au lit".

J'ai un big méga retard de la mort qui tue pour vous parler du dernier Marc Lévy, je vous prie de m'en excuser chers lecteurs adorés.  Pas d'excuse, difficile de vous faire croire que c'est because le grand soleil.  C'est juste because ma grande flemmardise. 

Et pourtant, je l'ai aimé, le petit dernier de Marc Lévy, qui mêle avec brio une percée dans le surnaturel et une enquête policière qui a par parfois des relents de quête existentielle.  Notre héros du jour, Andrew, subit une agression quelques jours après son mariage.  Un coup de poignard dans le dos, au sens propre... mais sans doute au sens figuré également, va savoir.  Et lorsqu'il reprend conscience, le voilà propulsé deux mois plus tôt.  Il se souvient de tout et n'a qu'une solution pour échapper à sa mort prochaine (ou passée, c'est selon) : mener l'enquête pour savoir qui lui en voulait à ce point.

Et à ce niveau, il a le choix, un collègue jaloux, une jeune épouse avec laquelle il n'a pas toujours été sympa, des personnes malmenées par ses articles de presse.  Qui d'autre encore ?

Il n'a que deux mois, soixante jours, pas un de plus, pour découvrir qui veut sa mort… sinon, il mourra… une seconde fois !  Une plongée dans son passé… qui est aussi son avenir et qui va le mener de New York à Buenos aires.

Une enquête à couper le souffle, dont le final, m'a totalement estomaquée, tant je ne l'avais pas senti venir.

Chapeau Marc Lévy, qui parvient toujours à me scotcher, année après année.

20
mai

Intuitions – tome 3 – Infini – Rachel Ward

"Le dimanche, on lit au lit".

Il y a presque un an jour pour jour, je vous parlais du tome 2 de cette saga en ces mots :

"Maintenant, reste à attendre le troisième et dernier tome.  Les paris sont ouverts, après le violet, après l'orange, quelle sera la couleur du dernier volet de cette saga ?  Je dirais vert, et vous ?  Bon, pour le résultat, faudra attendre.  Attendre, toujours attendre, monde littéraire cruel."

Je vous le disais, les séries d'ouvrage où il faut attendre, c'est difficile à supporter lorsque l'impatience est là et bien là.

Mon pari est cependant gagné, puisque la couverture, bingo, est bel et bien verte, et toujours aussi jolie.  Je me suis plongée dans ce regard bien avant de plonger dans ma lecture, entamée sur le coup de midi, ce dimanche, sur mon transat, avant que le soleil fasse place à l'orage, aux éclairs et au tonnerre.  Et je l'ai fini alors que l'orage commençait à peine.  Lu d'une traite, donc.

Quel plaisir de retrouver ces personnages que je suis depuis deux ans déjà, Adam, qui a hérité du don difficile de sa maman, Jem, révélé dans un tome 1 à couper le souffle, celui de connaître la date de la mort de tout qui croise sa route.  Sarah, son amoureuse, dont le don est de dessiner l'avenir.  Et puis Mia, la fille de Sarah.  Et le bébé qu'ils attendent, qui pousse, bien à l'abri dans le bidou de sa maman, ignorant tout du monde qui l'attend.  Un monde qui a survécu au chaos du tome 2, tant bien que mal, mais plutôt mal que bien.  Des enfants qui, eux aussi, sont probablement dotés de dons, bien plus complexes encore que ceux de leurs parents.  Dans cette Angleterre dévastée, nul n'ignore le don d'Adam, qui attire bien des convoitises.  Sous le prétexte fallacieux d'une aide au gouvernement en pleine reconstruction, Adam et toute sa clique sont invités dans un bunker bien particulier, où ils découvriront vite, au péril de leurs vies, que l'égoïsme est de mise dans ce monde cruel faisant fi de tout partage et de toute générosité.

Ce troisième et dernier volet de la saga Intuitions permet de découvrir enfin la troisième génération de cette famille si particulière.  Après Jem, après Adam, voici Mia et sa future petite sœur.  Ils ont tous en commun leurs capacités toutes particulières, ces dons qui ne sont pas des cadeaux mais plutôt des fardeaux.  Car comme le dit l'auteur, "que faire d'un don quand il est maudit ?"

Peut-être tenter de changer le monde, tout simplement…

C'est ce à quoi ils vont s'atteler, dans un dernier tome aussi captivant que les deux premières, que j'ai lu sans m'interrompre, regrettant toutefois de ne pas les relire tous trois d'affilée, pour cerner au mieux l'intrigue de ce roman vachement bien roulé !

Ce que je disais du tome 1.

Et du tome 2.