5
sep

J’ai lu La délicatesse

Après avoir vu vu vu vu La délicatesse, j’ai soudainement eu l’envie de lire La délicatesse, of course.

J’ai demandé autour de moi, personne ne l’avait.  J’ai alors songé à ma bibliothèque, que j’ai boudée durant de nombreuses années.  Mais le site web hyper perfectionné (ça change des fiches papiers, je vous le dis) m’a signalé que l’ouvrage était déjà parti en location (tchu, qui m’a piqué mon idée ?).  Alors j’ai songé au bouquiniste où j’avais trouvé Cherche homme impuissant pour relation longue durée… et bingo, j’ai trouvé.

Puis j’ai lu.

Et j’en tire les conclusions suivantes :

- le fait que j’ai vu le film au préalable fait que je n’ai pas totalement aimé le bouquin

- le fait que j’ai vu le film au préalable fait que je n’ai pas totalement détesté le bouquin

Contradiction de conclusions, je sais.  Impossible de dire si j’ai aimé ou pas ce livre.  Je ne peux certifier l’avoir adoré, ni certifier l’avoir détesté.

Avoir vu le film avant a fait que je n’ai pas totalement aimé, car il y a bien trop de différences à mon goût pour entrer dans l’histoire sans faire des comparaisons permanentes.  A quoi bon faire un film tiré d’un ouvrage si c’est pour tout modifier ?  Ajouter des personnages, en retirer, ajouter des scènes, en retirer, modifier jusqu’aux caractères des protagonistes.  Le livre n’a donc pas totalement confirmé l’histoire que j’avais vue, et je n’aime pas ça.  Je préférais les événements du film moi, le baiser sur le banc, il est où le baiser sur le banc ?  Sensation qu’il aurait été préférable de mixer film et livre et d’en ressortir un film et un livre contenant tous les éléments du film et du livre (vous suivez ?).

Avoir vu le film avant a fait que je n’ai pas totalement détesté, car il m’a permis d’entrer rapidement dans l’histoire, de mettre des visages sur les personnages, de m’y attacher illico, puisque je les aimais déjà avant la première ligne de la première page.  Le livre est controversé car qualifié de « simple ».  Moi je le trouve simple, léger, aérien, et ça fait du bien.  Pourquoi un livre ne pourrait-il être « simple » sans que cela rime avec « nul » (même si cela ne rime pas, en réalité) ?  J’aime les interludes entre chaque chapitre, qui donnent des informations inutiles, drôles ou touchantes.  Qui cassent le rythme dans le bon sens du terme. 

J’ai donc aimé lire La délicatesse, je l’ai lu vite, je l’ai lu avec plaisir, je l’ai lu avec le bonheur de découvrir de nouvelles choses de cette histoire que j’aimais déjà.  J’ai particulièrement aimé la dernière page et son 117e chapitre.  J’ai aimé, sans totalement aimer.  Disons que je n’ai pas aimé à 117 %.  A 87 % seulement.

"Elle sortit alors le Pez de sa poche, et aussitôt, le père eut la même émotion que sa fille.  Ce petit objet les renvoyait au même été.  Subitement, sa fille avait huit ans.  Elle s'approcha alors de son père, délicatement, pour poser sa tête sur son épaule.  Il y avait dans le Pez toute la tendresse du passé, tout ce qui s'était dilapidé avec le temps aussi, pas brutalement, mais de manière diffuse.  Il y avait dans le Pez le temps d'avant le malheur, le temps où la fragilité se résumait à une chute, à une égratignure. (…) C'est alors que Nathalie se mit à pleurer".

"Elle aima ces instants où il était maladroit, où il hésitait.  Elle comprenait qu'elle avait voulu cela plus que tout, retrouver les hommes par un homme qui ne soit pas forcément un habitué des femmes.  Qu'ils redécouvrent ensemble le mode d'emploi de la tendresse. (…) Des larmes coulèrent le long de ses tempes.  Il embrassa ses larmes.  Et de ses baisers naquirent d'autres larmes aussi, les siennes, cette fois-ci".

3
sep

Les accusées – Charlotte Rogan

« Le dimanche, on lit au lit ».

Cent ans presque jour pour jour après le naufrage du Titanic, Charlotte Rogan nous emmène vers un autre naufrage… pas tout à fait le même, cette fois.  Jugez plutôt, à la lecture du pitch :

A l'été 1914, l'Impératrice Alexandra, un paquebot transatlantique croisant vers New York, fait naufrage suite à une mystérieuse explosion. A son bord se trouve Henry Winter, un riche banquier en voyage de noces avec sa jeune épouse Grace. Malgré la panique ambiante, Henry parvient à trouver une place à sa femme sur l'une des chaloupes de sauvetage. Elle y rejoint trente-huit autres passagers, bien plus que l'embarcation ne peut en contenir. Pendant vingt et un jours et vingt et une nuits, les rescapés luttent contre les éléments, la faim, la soif et leur pire ennemi: la peur. La chaloupe menace de chavirer à tout moment et les inimitiés ne tardent pas à apparaître. Une évidence se fait jour: pour que certains vivent, d'autres doivent mourir. Grace fait partie de ceux qui ont survécu... mais à quel prix ? C'est ce que cherche à savoir le tribunal devant lequel elle comparaît avec deux autres femmes, toutes trois accusées d'avoir tué l'un de leurs compagnons d'infortune. Mais la justice peut-elle vraiment statuer sur ce qui s'est passé entre ces hommes et femmes confrontés à une mort imminente ? Sublime et dérangeant, Les Accusées explore les limites de la morale humaine.

C’est plutôt d’un naufrage potentiel de l’âme humaine dont il s’agit dans Les accusées.  Toute l’action se situe dans la chaloupe, après le naufrage, et c’est tout le talent de l’auteure, de créer une action là où il n’y en a pas, là où l’attente est la seule occupation, outre la lutte pour la survie, la répartition des rations de nourriture et d’eau, les phases de sommeil, l’eau qui s’infiltre partout et qu’il faut écoper.  Ajoutez à cela une angoisse qui va crescendo, due à la prise de conscience que le drame est inévitable, et vous aurez un très bon roman, qui captive de la première à la dernière page.  Qui dérange, aussi, car il fait se poser la question : qu’aurais-je fait, moi, à leur place ?

Ce livre m’a rappelé le film ô combien dérangeant, lui aussi : Les survivants.  Basé sur une histoire vraie, ce film retrace l’épreuve abominable vécue par les survivants d’un crash aérien dans la Cordillère des Andes : le froid, la mort, la faim et l’attente des secours qui n’arrivent pas.  Avec cet acte controversé : le cannibalisme.  Et pourtant, qu’aurions-nous fait à leur place ?

C’est sans doute cette question que je me suis posée, tant durant la lecture que durant ce film que j’ai vu il y a de nombreuses années maintenant qui m’a fait se rapprocher ces deux histoires pourtant si dissemblables.

Un roman étrange, bouleversant, dérangeant, dont on sort plein de questions…

26
aoû

Recherche homme impuissant pour relation longue durée…

"Le dimanche, on lit au lit"

Et ce dimanche, j'ai pas lu, mais je voulais lire Recherche homme impuissant blablabla, dont j'ai découvert l'existence la semaine dernière, malheureusement indisponible à la vente en format poche.

Et quand j'ai une idée derrière la tête, je ne l'ai pas ailleurs.

Ce livre, il me fallait.

Chuis donc allée à la bibliothèque, où il ne se trouvait pas.

J'ai checké sur internet, qui m'a, par un heureux hasard, renvoyée sur le réseau Samarcande, fabuleux outil belge qui permet de rapatrier tout livre d'une autre bibliothèque vers la sienne.  Je découvre également un autre outil fabuleux, l'outil de recherche des bibliothèques namuroises, permettant de localiser un ouvrage et de vérifier sa disponibilité.  Vive le progrès.  Sauf que pour le rapatriement, ça marche pas.  J'envoie un mail.  Réponse quasi immédiate, y'a un petit souci technique uniquement vers les bibliothèques namuroises, faut que j'aille sur place. 

Je vais donc sur place et je fais rapatrier mon livre.  Il m'est précisé d'une voix de bibliothécaire (et non d'hôtesse de l'air) que "ça prendra du temps".  J'attendrai, patience est mère de tous les vices de sûreté.

Deux jours plus tard, me vlà de nouveau en ville.  Je passe devant un bouquiniste, je m'arrête, hésitant à y entrer, puis je passe mon chemin.  Une heure plus tard, le ventre plein, je repasse au même endroit, et cette fois, mue par une pulsion irrépressible, j'entre et je trouve mon livre.  Attendez, c'est le destin non, combien de chances avais-je que ce livre qui date de 1997 soit en rayon ?  Je l'achète et rentre chez moi, folle de joie.

Deux jours plus tard, soit aujourd'hui, je me lance dans un grand rangement de la mort qui tue prévu depuis deux mois : celui de mes bibliothèques.  Le but étant de classer tout mes livres par auteur et d'établir un tableau excel bien pratique pour éviter d'acheter trois fois le même livre, ce qui m'est déjà arrivé plus d'une fois malheureusement.  Ce projet de rangement m'est venu en tête après avoir fait pareil pour mes dvd et j'avais projeté de le faire durant mes vacances, en cas de pluie.  Aujourd'hui, dernier jour de vacances, j'ai encore rien fait.  Hé, ho, j'en peux rien s'il a fait tout le temps soleil moi, j'allais pas me la jouer rat de bibliothèque par un temps pareil !  Mais vu la pluie, c'est le jour idéal, et je me lance dans des heures de rangement (dingue comme trier et encoder des centaines de livres prend du temps… ça me donnerait presque envie d'ouvrir une bibliothèque moi).

Et durant mon rangement, keske j'ai trouvé parmi mes plus de 400 livres de poche et mes plus de … (chiffre encore indéterminé, rangement non terminé) livres en grosse édition, ma bonne dame ?

Je vous le donne en mille : Recherche homme impuissant pour relation longue durée…

Ben voyons.

Je l'ai donc deux fois + une commande en cours à la bibliothèque.

Ah ah ah, ma distraction me perdra.

Mais j'ai fini de ranger mes poches.  Alleye, demain je m'attaque aux belles éditions…

Dans la foulée, je revends ou j'échange mes doublons, si ça vous intéresse, contactez-moi par mail :

Harlan coben : une chance de trop

Pierre bellemarre : histoires vraies 4

Régine deforges : la bicyclette bleue + 101 avenue henri martin + rue de la soie + le diable en rit encore

Marie-France botte : le prix d'un enfant

Alexandre jardin : le zèbre

Léonard s goldberg : soins mortels

Gaby hauptmann : cherche homme impuissant pour relation longue durée

Madame de la fayette : la princesse de clèves

Claude sarraute : mademoiselle s'il vous plait

Barbara cartland : escapade en bavière

Judith kelman : le rôdeur

Yann queffelec : les noces barbares

Freud : cinq leçons sur la psychanalyse

Janine boissard : charlotte et milie

Janine boissard : belle grand-mère + chez babouchka + toi mon pacha

Patricia cornwell : et il ne restera que poussière

Sophie kinsella : confession d'une accro du shopping

(j'ai aussi la liste de tous les autres livres que je vends ou échange, que je vous envoie sur simple demande)

20
aoû

Détenu cherche plume facile pour relation légère – Laure Delmas et Thomas Gauthier

"Le dimanche, on lit au lit".

Voilà un livre que j'ai acheté y'a des années et des années, et remisé consciencieusement dans ma bibliothèque, en attente de lecture… puis je l'ai oublié.

Un week-end à la mer, long voyage en train, repos sur la plage ou à l'ombre de la caravane, m'a donné envie de l'emporter.

Le livre est sorti en 2000… c'est dire mon retard, que j'ai vachement regretté après lecture, tant cette correspondance entre un Thomas, emprisonné pour une longue durée (et donc pas pour une broutille) et Laure, jeune femme relativement mystérieuse, est fascinante.

Loin du cliché des prisons peuplés de délinquants analphabètes, détenu cherche plume facile pour relation légère, prouve qu'une correspondance avec un détenu peut-être intelligente, drôle, émouvante, érotique parfois et touchante toujours.

Un livre qui se dévore d'une traite, qui se termine trop vite, et qui donne envie d'en savoir plus sur cette relation : a-t-elle continué ?  se sont-ils vus à la sortie de Thomas ?  sont-ils mariés avec beaucoup d'enfants (oh, je sais, c'est pas une comédie romantique).  Questions que je me pose d'autant plus que Thomas Gauthier doit être libre désormais…

A découvrir !

PS : pour la petite histoire, cherchant le livre sur Amazon, j'avais oublié le titre, j'ai donc cherché "prisonnier cherche relation longue durée" (ma p... de mémoire).  Amazon m'a alors proposé "cherche homme impuissant pour relation longue durée", livre d'une auteure que je connais pour avoir déjà lu Mensonges au lit, y'a des années.  Bien envie de le livre, sauf qu'il est indisponible en poche (juste la version hors de prix)... si l'une d'entre vous l'avait et le revendait, je dis oui oui oui, trois fois oui...

 

20
aoû

Visions – Lisa Jackson

"Le dimanche, on lit au lit".

Pour ce second ouvrage, j'ai ressenti totalement l'inverse de ce que j'ai vécu pour Cœurs-brisés.com, dont je parlais dans un précédent billet : j'ai adoré la lecture dès la première page… mais j'ai détesté la fin.

Pas de bol.

Et de me demander s'il vaut mieux être déçue de la fin d'un livre plutôt que de son début…

Dommage, car, hormis cette fin qui m'a complètement parue bâclée, ce thriller Arlequin est génial.

Il raconte quelques semaines de la vie d'Olivia Benchet, qui habite depuis peu à La Nouvelle-Orléans.  Pas de surprise en apprenant qu'elle est sujette à de multiples visions (d'où le titre du livre), toutes plus effrayantes les unes que les autres : des femmes assassinées dans des conditions effroyables.

Un peu comme Allison Dubois l'a fait dans Medium, elle avertit la police, qui se moque allègrement d'elle et de ses divagations.  Sauf peut-être Rick Bentz, flic solitaire et bourru, qui décide, contre toute attente, de lui faire confiance, de la protéger, et d'enquêter avec son aide.  Car les visions d'Olivia se précisent : l'assassin la connaît, sait qu'elle le voit, et a décidé de se débarrasser d'elle…

Vraiment un bon petit thriller, auquel il ne manque rien : angoisse allant crescendo, gentille demoiselle solitaire en proie à un pouvoir peu enviable, flic solitaire également mais ô combien séduisant (hé, c'est Arlequin hein), intrigue vraiment bien faite et façon de présenter les choses qui provoque une addiction aussi soudaine qu'inattendue et qui a fait que j'ai dévoré le livre en aussi peu de temps qu'il ne faut pour lire le résumé, ou presque.

Sauf que la fin, la fin, la fin… que vous dire de la fin, sans vous la raconter ?  Elle est nulle la fin.  Pas nulle au niveau histoire, après tout un auteur écrit la fin qu'il veut, happy end ou pourrited end (comment skon dit pourri en anglais ?).  Mais j'ai eu la sensation que Lisa Jackson s'était dit "pffffff, ça commence à me saouler d'écrire ce livre, qu'on en finisse, deux petites pages, pas crédibles pour un sou, et basta".  Vous vous souvenez des thrillers des années 80, genre Liaison dangereuse, où la fin était du pur n'importe quoi, avec des gens qui mourraient durant des plombes, après une chtite résurrection aussi inattendue qu'improbable, des gens qui mourraient avec le sourire, en disant un truc du genre "je meurs, merci pour tout, soyez heureux, vous l'avez mérité, je vous aime, enjoy, rhaaaaaaaaaaaaa" ?  Ben la fin de Visions m'a fait penser à cela.  Autant tout le livre est crédible, autant la fin, ah non, cette fin, m'enfin Lisa, keskisépassé ?

Dommage…