25
oct

Question(s) royale(s), question anaïssiennes

qrgrey.jpg

J'ai publié récemment sur Facebook ce petit dessin rigolo, puisque j'avais décidé, après n'avoir pas été tentée, de changer d'avis et de lire Cinquante nuances de Grey (je l'ai commencé, d'ailleurs, gnark gnark).

Je n'étais pas non plus tentée par Question(s) royale(s), malgré mon côté fan de la monarchie, du côté romantique d'un royaume (un jour mon prince viendra…), jusqu'à ce que la polémique enfle…  Disons que c'est à cause de cette polémique que j'ai eu vent de l'existence du livre, il faut le dire.  Alors que Cinquante nuances de Grey, ben je savais que ça sortait (même qu'Emmanuelle est décédée le jour de la sortie, triste).

Et, découvrant l'agressivité des internautes, leur vulgarité, leurs réactions viscérales, j'en viens à me poser, moi, les questions suivantes :

- Cette chasse aux sorcières (enfin au sorcier, en l'occurrence Frédéric Deborsu, l'auteur, soudainement devenu l'homme à abattre) est-elle due à l'approche d'Halloween ?

- En quoi serait-ce dramatique que nous ayons un futur roi homo ? Ben moi ça ne me choquerait pas, hormis, bien sûr, si le potentiel mariage de raison fut décidé à l'insu de Mathilde (pas coool pour elle) – moi, because chuis célibataire, on m'a déjà considérée comme homo, ben j'en ai pas fait un caca nerveux, même si c'est pas le cas (ou alors je l'ai fortement refoulé), si je l'étais, j'assumerais, je le suis pas, c'est ainsi

- les membres de la famille royale ne sont-ils plus des humains comme les autres, pour qu'on ne puisse leur parler directement, les interviewer, les saluer ou dire quoi que ce soit à leur propos qui ne soit mielleux et sans nuance ?  à force, ça devient insupportable cette protection et ce désir d'apparaître en permanence comme totalement lisses et parfaits, sourire pepsodent en bonus, non ?

- Le roi a trompé la reine, et vice versa, y'a même une fille cachée plus si cachée, et ça c'est de notoriété publique depuis des lustres.  Quand on en parle, ça ne choque personne.  Laurent en a déjà pris pour son grade sur la Retebef l'an dernier, au sujet de sa violence notamment.  Ça n'a pas choqué grand monde qu'on en parle.  Alors, en quoi ce livre est-il si scandaleux ? Juste pour le côté homo ?  Décidément, l'homophobie a encore de beaux jours devant elle !  Ou alors passqu'on peut rien dire de mal sur notre famille royale ?  Tromperies, on en parle.  Violence, on en parle.  Mais passé homo, on crie au scandale… cherchez l'erreur.  Je préfère que mon roi soit homo plutôt que violent ou infidèle, moi.

- les Belges sont naïfs, ou je suis la seule à avoir la vague idée que Philippe serait de l'autre bord depuis des années déjà, même si, le jour de son mariage, j'y croyais ferme…

- Comment peut-on piquer de telles crises d'hystérie sans avoir lu la moindre ligne de l'ouvrage ? Sur base de quelques articles de la presse scandalisée ?  Cela suffit-il ?

- Le fait que la famille royale soit humaine, pleine de défauts et de failles ne la rend-elle pas plus accessible, plus attachante ?

- Combien de temps Anastasia va-t-elle attendre avant d'offrir sa virginité à Mister Grey ?  Ah non, sorry je me trompe de bouquin.

- Pas d'autre question votre honneur, because j'ai pas lu le livre, je réagis juste en lisant les réactions des gens… donc simplement sur le côté homo, puisqu'on ne parle que de ça, alors que j'imagine que ce livre, ce n'est pas 304 pages sur cela.

Je vais donc finalement lire ce livre, pour au moins savoir si ce qui fait scandale est véritablement scandaleux, ensuite, je déciderai si je critique vertement son auteur, si j'incendie le livre comme ceusses qui le font actuellement, ou si j'encense ce désir de transparence.

20
oct

La lettre qui allait changer le destin d' Harold Fry arriva le mardi...

"Le dimanche, on lit au lit, et parfois même le samedi aussi quand le dimanche on se lève à l'aube".

 

lireange.jpg

Il était juste parti poster une lettre.

Mais c’est mille kilomètres qu’il va parcourir à pied.

Un roman inoubliable qui a conquis le monde entier.

« Je suis en chemin. attends-moi. Je vais te sauver, tu verras. Je vais marcher, et tu vivras. »

Harold Fry est bouleversé par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie qui lui annonce qu’elle va mourir.

Alors que sa femme, Maureen, s’affaire à l’étage, indifférente à ce qui peut bien arriver à son mari, Harold quitte la maison pour poster sa réponse. Mais il passe devant la boîte aux lettres sans
s’arrêter, continue jusqu’au bureau de poste, sort de la ville et part durant quatre-vingt-sept jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise.

Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit continuer à marcher.

Pour Queenie.
Pour son épouse Maureen.
Pour son fils David.
Pour nous tous.


Je copie rarement le pitch d'un livre, car je préfère en livrer le résumé moi-même.

Mais cette fois, je vous le copie, car quand les éditions XO m'ont proposé cet ouvrage dont j'ignorais tout, après avoir été charmée par le titre (j'aime bien les titres étranges, genre Les écureuils de central park sont tristes le lundi, trouvé sur la brocante à 2 euros, yesssss, ou Le club des amateurs des épluchures de patates, trouvé dans une poubelle à cartons-papiers, re-yessss), j'ai lu le résumé de l'éditeur, et j'ai eu des frissons de malade sur tout le corps.  Ça c'est un signe.  Un bon signe.  Pour moi, la première impression est souvent la bonne, du moins en matière de livre, alors si après deux lignes d'une quatrième de couv' je m'endors, j'abandonne, et si après la lecture intégrale de la quatrième de couv' je ressemble à une poule bien en chair (j'ai la chair de poule quoi), ben j'adore j'adhère, du moins j'espère.

Et je n'ai pas été déçue par ce road movie très original, celui d'un sexagénaire bien pèpère bien banal qui pète un câble un beau matin, ou plutôt un moche matin où il reçoit une lettre triste, pour se lancer dans une marche de mille kilomètres afin de sauver Queenie.  Au fil de la marche, laquelle peut aisément être suivie par une carte en début d'ouvrage, super initiative car tout le monde ne connaît pas les villes d'Angleterre et leur situation (déjà que je suis pas cap de situer Liège sur une carte, ni Marche, ni Arlon, je l'ai constaté dernièrement, Namur, c'est déjà limite), bref au fil de la marche, Harold nous livre, comme des pièces de puzzle, des bouts de sa vie.  De toute sa vie, avec Queenie, avec David, avec Maureen.  Une vie banale, métro boulot dodo enfant train train quotidien petits drames gros drames lassitude ennui silence amour ténu.  Une vie sur laquelle il se retourne sans doute pour la première fois, avec toute la lucidité et l'émotion qui le caractérisent.  Une vie sur laquelle Maureen, qui attend son retour, va également se retourner. 

Et la question qui tue est : après s'être tant retournés, vont-ils se retrouver ?

Un roman bouleversant, un bilan de vie, dont le final, que j'ai lu lors d'un moment de grâce automnale, installée sur un transat en plein soleil, m'a fait chialer comme un bébé affamé, à gros sanglots bien bruyants.  Notez que mes voisins doivent avoir l'habitude, je chiale souvent en lisant sur ma terrasse, mais là c'était vraiment de très gros "chialements".

Si vous ne deviez vous offrir qu'un livre cet automne, que ce soit La lettre blablabla (dont le seul défaut est la longueur du titre, lorsqu'il faut l'écrire).

Extrait : Ce devait être pareil partout en Angleterre.  Les gens achetaient du lait, ou bien faisaient leur plein d'essence, ou même postaient des lettres.  Et ce que les autres ignoraient, c'était à quel point ce qu'ils portaient en eux était lourd.  L'effort surhumain qu'il fallait faire parfois pour être normal et participer à la vie ordinaire.  La solitude que cela représentait.

20
oct

Danger sous la neige – Elle James – Où es-tu Lauren – Carla Cassidy

"Le dimanche, on lit au lit, et parfois même le samedi aussi quand le dimanche on se lève à l'aube".

Ce qui est chouette avec certains Harlequin, c'est qu'on a deux livres pour le prix d'un, ma bonne Dame.

Et pour faire un truc fou, cette fois, j'ai décidé de commencer par lire le second, savoir Où es-tu Lauren.  Je sais, j'ai un grain de folie vachement développé, de faire des trucs pareils.

C'est surtout passque Danger sous la neige, ben j'avais envie de me le garder pour les longues soirées d'hiver au coin du feu.  Bon, j'ai pas de feu chez moi, mais on fera comme si quoi.

J'ai donc lu Où es-tu Lauren et j'ai adoré.

Lexie et Lauren sont deux sœurs jumelles aux antipodes l'une de l'autre, mais qui se portent un amour certain.  Lexie est flic, elle vit dans une métropole.  Lauren a choisi de s'exiler dans un bled perdu pour y devenir éleveuse de chien.  Malgré la distance, elles se parlent chaque jour, jusqu'à ce que Lexie soit sans nouvelles de sa sœur.  Aussitôt, elle fonce jusqu'au bled perdu pour faire sa chtite enquête, mais les flics du coin ne la prennent pas au sérieux, un processus bien connu de par chez moi : une disparition d'adulte n'est jamais inquiétante, qu'on se le dise.

Fort heureusement, surgit Nick, le voisin, qui va l'aider à retrouver sa sœur… et plus si affinités.

A l'écrire, on dirait un scénario cousu de fil blanc, mais il n'en est rien, et les péripéties sont présentes durant tout l'ouvrage, que j'ai vraiment adoré, il détend, il stresse un peu, il émeut aussi.  Bref, un bon Harlequin, qui remplit parfaitement son rôle.

Bon, elle arrive quand la neige que je me plonge dans le second livre, qui est en fait le premier, vous l'aurez pigé ?

17
sep

La boutique de la seconde chance – Michael Zaadorian

 

"Le dimanche, on lit au lit".

J'ai de suite adoré ce roman pour plein de choses :

- sa couverture qui fait rêver (oui, bon, c'est pas des cœurs mièvres ou du rose, mais elle fait tellement bosser l'imagination, elle est si jolie, si prometteuse que je l'aime d'amour)

- son histoire, celle d'un brocanteur qui accumule accumule accumule (ça me fait penser à quelqu'un, suivez mon auto-regard)

- après quelques pages de lecture à peine, ses citations pleines de bon sens pour la collectionneuse en puissance que je suis :

On possède quelque chose quand on est gosse, qu'on est prêt à payer une centaine de fois sa valeur d'origine une fois adulte. On croit reconquérir sa jeunesse, son innocence, un truc dans ce goût-là, alors qu'en réalité on ne fait que racheter sa propre ignorance. On cherche à se souvenir d'un temps où l'on en savait moins long.

Plus on prend de l'âge, plus on possède d'objets. Pourquoi ça ? Parce que les objets ont un pouvoir de protection. Ils agissent comme un lest, une sorte de système passif d'entrave à la mortalité. Que l'on songe à ce que l'on ressent au moment d'acheter quelque chose. Ce petit flash. Comme un éclair d'éternité.

J'aime.

Et j'ai aimé partager un bout de la vie de Richard, qui porte si mal son prénom.  Il est solitaire.  Il est fauché.  Il est passionné par les vieilleries, mais pas toutes, non, juste celles qui ont une âme, un cachet, sans être onéreuses.  Il leur offre une seconde vie.  Une seconde chance. 

Deux événements vont chambouler la vie de notre héros.

Le décès de sa mère va le replonger dans la cave de ses parents, où il découvrira des choses dont il ignorait tout. 

La rencontre d'une cliente pas comme les autres, qui partage sa passion pour les vieilles choses.  Mais il aimerait partager d'autres choses avec elle, foi de moi !

Voilà une jolie histoire, toute simple et pourtant bien complexe.  Toute unique et pourtant tellement universelle.

Une histoire dans laquelle tout qui aime les objets se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a été confronté à l'intimité et la difficulté du tri des objets d'un défunt se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a des souffrances enfuies se retrouvera.  Dans laquelle j'ai donc trouvé trois bonnes raisons, à tout le moins, de me retrouver…

 

17
sep

Refuge à Trinity – Sherryl Woods

"Le dimanche, on lit au lit".

Et voilà, il fallait bien que cela arrive…  Pour la première fois depuis janvier dernier, lorsqu'a commencé ce partenariat avec Harlequin, je ne suis pas parvenue à terminer l'ouvrage du mois, en l'occurrence Refuge à Trinity.

L'histoire semblait pourtant prometteuse :

"On jase sur son célibat ? On jase sur la drôle de famille qu’elle forme avec Tommy, petit orphelin de dix ans qu’on lui a confié ? Daisy s’en fiche. Elle adore Tommy et, en tant que fille d’un homme puissant, elle a l’habitude qu’on critique ses faits et gestes. Mais la situation se complique encore quand la « famille » s’agrandit : contre toute attente, on a retrouvé l’oncle de Tommy, un certain Walker Ames, qui vit à Washington. Assez vite, ses fréquentes visites attirent l’attention des bonnes âmes de Trinity… et cette fois, Daisy ne peut pas nier qu’elles n’ont pas tout à fait tort de se poser des questions — car Walker est décidément très séduisant…"

Oui oui oui, ça me tentait vachement, l'idée de cette célibataire qui prend sous son aile un enfant, l'idée de cet oncle qui réapparaît, l'idée qu'une idylle naisse entre eux… mais j'ai rapidement déchanté, car cette histoire n'était décidément pas pour moi.

Pourquoi ?  Difficile à expliquer, je dirais sans doute que son puritanisme exacerbé a fait se dresser en permanence mes poils, et je peux vous dire qu'après cette expérience, malgré le job de mon rasoir, j'en ai, des poils, surtout sur les bras.

Ça se passe dans un petit bled d'Amérique, ceci expliquant probablement cela, mais tout de même quoi !  La population qui se choque parce que la Miss héberge le fameux oncle (my god, que va-t-on dire) !  Et ces références fréquentes à Dieu, dans le genre Grand Moralisateur Eternel, pas mon truc ! 

Ajoutez à cela le manque de subtilité de l'auteur pour faire comprendre à la lectrice (qui, non, n'est pas dotée d'un QI de poussin neurasthénique) que les deux héros sont attirés l'un par l'autre, irrésistiblement, indubitablement, atrocement (Sa bouche lui parut si désirable qu'il oublia subitement ce qu'il était venu faire ici – euh, t'es venu rencontrer ton neveu hein, il jeta un œil sur les doigts blancs aux jolis ongles clairs qu'elle avait posés sur son avant-bras puissant et bronzé – oufti, qué fantasme – quand je vous parlais de manque de subtilité).  Sans oublier un patriarche rétrograde et insupportable.  Non, vraiment, c'en est trop pour moi.

Voilà dès lors pourquoi j'ai cessé de lire Refuge à Trinity à la page 194, lassée, vraiment trop lassée.

Si vous voulez néanmoins tenter l'expérience, because les goûts et les couleurs hein… il est en promo pour pas cher ma bonne Dame :