20
oct

La lettre qui allait changer le destin d' Harold Fry arriva le mardi...

"Le dimanche, on lit au lit, et parfois même le samedi aussi quand le dimanche on se lève à l'aube".

 

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Il était juste parti poster une lettre.

Mais c’est mille kilomètres qu’il va parcourir à pied.

Un roman inoubliable qui a conquis le monde entier.

« Je suis en chemin. attends-moi. Je vais te sauver, tu verras. Je vais marcher, et tu vivras. »

Harold Fry est bouleversé par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie qui lui annonce qu’elle va mourir.

Alors que sa femme, Maureen, s’affaire à l’étage, indifférente à ce qui peut bien arriver à son mari, Harold quitte la maison pour poster sa réponse. Mais il passe devant la boîte aux lettres sans
s’arrêter, continue jusqu’au bureau de poste, sort de la ville et part durant quatre-vingt-sept jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise.

Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit continuer à marcher.

Pour Queenie.
Pour son épouse Maureen.
Pour son fils David.
Pour nous tous.


Je copie rarement le pitch d'un livre, car je préfère en livrer le résumé moi-même.

Mais cette fois, je vous le copie, car quand les éditions XO m'ont proposé cet ouvrage dont j'ignorais tout, après avoir été charmée par le titre (j'aime bien les titres étranges, genre Les écureuils de central park sont tristes le lundi, trouvé sur la brocante à 2 euros, yesssss, ou Le club des amateurs des épluchures de patates, trouvé dans une poubelle à cartons-papiers, re-yessss), j'ai lu le résumé de l'éditeur, et j'ai eu des frissons de malade sur tout le corps.  Ça c'est un signe.  Un bon signe.  Pour moi, la première impression est souvent la bonne, du moins en matière de livre, alors si après deux lignes d'une quatrième de couv' je m'endors, j'abandonne, et si après la lecture intégrale de la quatrième de couv' je ressemble à une poule bien en chair (j'ai la chair de poule quoi), ben j'adore j'adhère, du moins j'espère.

Et je n'ai pas été déçue par ce road movie très original, celui d'un sexagénaire bien pèpère bien banal qui pète un câble un beau matin, ou plutôt un moche matin où il reçoit une lettre triste, pour se lancer dans une marche de mille kilomètres afin de sauver Queenie.  Au fil de la marche, laquelle peut aisément être suivie par une carte en début d'ouvrage, super initiative car tout le monde ne connaît pas les villes d'Angleterre et leur situation (déjà que je suis pas cap de situer Liège sur une carte, ni Marche, ni Arlon, je l'ai constaté dernièrement, Namur, c'est déjà limite), bref au fil de la marche, Harold nous livre, comme des pièces de puzzle, des bouts de sa vie.  De toute sa vie, avec Queenie, avec David, avec Maureen.  Une vie banale, métro boulot dodo enfant train train quotidien petits drames gros drames lassitude ennui silence amour ténu.  Une vie sur laquelle il se retourne sans doute pour la première fois, avec toute la lucidité et l'émotion qui le caractérisent.  Une vie sur laquelle Maureen, qui attend son retour, va également se retourner. 

Et la question qui tue est : après s'être tant retournés, vont-ils se retrouver ?

Un roman bouleversant, un bilan de vie, dont le final, que j'ai lu lors d'un moment de grâce automnale, installée sur un transat en plein soleil, m'a fait chialer comme un bébé affamé, à gros sanglots bien bruyants.  Notez que mes voisins doivent avoir l'habitude, je chiale souvent en lisant sur ma terrasse, mais là c'était vraiment de très gros "chialements".

Si vous ne deviez vous offrir qu'un livre cet automne, que ce soit La lettre blablabla (dont le seul défaut est la longueur du titre, lorsqu'il faut l'écrire).

Extrait : Ce devait être pareil partout en Angleterre.  Les gens achetaient du lait, ou bien faisaient leur plein d'essence, ou même postaient des lettres.  Et ce que les autres ignoraient, c'était à quel point ce qu'ils portaient en eux était lourd.  L'effort surhumain qu'il fallait faire parfois pour être normal et participer à la vie ordinaire.  La solitude que cela représentait.

20
oct

Danger sous la neige – Elle James – Où es-tu Lauren – Carla Cassidy

"Le dimanche, on lit au lit, et parfois même le samedi aussi quand le dimanche on se lève à l'aube".

Ce qui est chouette avec certains Harlequin, c'est qu'on a deux livres pour le prix d'un, ma bonne Dame.

Et pour faire un truc fou, cette fois, j'ai décidé de commencer par lire le second, savoir Où es-tu Lauren.  Je sais, j'ai un grain de folie vachement développé, de faire des trucs pareils.

C'est surtout passque Danger sous la neige, ben j'avais envie de me le garder pour les longues soirées d'hiver au coin du feu.  Bon, j'ai pas de feu chez moi, mais on fera comme si quoi.

J'ai donc lu Où es-tu Lauren et j'ai adoré.

Lexie et Lauren sont deux sœurs jumelles aux antipodes l'une de l'autre, mais qui se portent un amour certain.  Lexie est flic, elle vit dans une métropole.  Lauren a choisi de s'exiler dans un bled perdu pour y devenir éleveuse de chien.  Malgré la distance, elles se parlent chaque jour, jusqu'à ce que Lexie soit sans nouvelles de sa sœur.  Aussitôt, elle fonce jusqu'au bled perdu pour faire sa chtite enquête, mais les flics du coin ne la prennent pas au sérieux, un processus bien connu de par chez moi : une disparition d'adulte n'est jamais inquiétante, qu'on se le dise.

Fort heureusement, surgit Nick, le voisin, qui va l'aider à retrouver sa sœur… et plus si affinités.

A l'écrire, on dirait un scénario cousu de fil blanc, mais il n'en est rien, et les péripéties sont présentes durant tout l'ouvrage, que j'ai vraiment adoré, il détend, il stresse un peu, il émeut aussi.  Bref, un bon Harlequin, qui remplit parfaitement son rôle.

Bon, elle arrive quand la neige que je me plonge dans le second livre, qui est en fait le premier, vous l'aurez pigé ?

17
sep

La boutique de la seconde chance – Michael Zaadorian

 

"Le dimanche, on lit au lit".

J'ai de suite adoré ce roman pour plein de choses :

- sa couverture qui fait rêver (oui, bon, c'est pas des cœurs mièvres ou du rose, mais elle fait tellement bosser l'imagination, elle est si jolie, si prometteuse que je l'aime d'amour)

- son histoire, celle d'un brocanteur qui accumule accumule accumule (ça me fait penser à quelqu'un, suivez mon auto-regard)

- après quelques pages de lecture à peine, ses citations pleines de bon sens pour la collectionneuse en puissance que je suis :

On possède quelque chose quand on est gosse, qu'on est prêt à payer une centaine de fois sa valeur d'origine une fois adulte. On croit reconquérir sa jeunesse, son innocence, un truc dans ce goût-là, alors qu'en réalité on ne fait que racheter sa propre ignorance. On cherche à se souvenir d'un temps où l'on en savait moins long.

Plus on prend de l'âge, plus on possède d'objets. Pourquoi ça ? Parce que les objets ont un pouvoir de protection. Ils agissent comme un lest, une sorte de système passif d'entrave à la mortalité. Que l'on songe à ce que l'on ressent au moment d'acheter quelque chose. Ce petit flash. Comme un éclair d'éternité.

J'aime.

Et j'ai aimé partager un bout de la vie de Richard, qui porte si mal son prénom.  Il est solitaire.  Il est fauché.  Il est passionné par les vieilleries, mais pas toutes, non, juste celles qui ont une âme, un cachet, sans être onéreuses.  Il leur offre une seconde vie.  Une seconde chance. 

Deux événements vont chambouler la vie de notre héros.

Le décès de sa mère va le replonger dans la cave de ses parents, où il découvrira des choses dont il ignorait tout. 

La rencontre d'une cliente pas comme les autres, qui partage sa passion pour les vieilles choses.  Mais il aimerait partager d'autres choses avec elle, foi de moi !

Voilà une jolie histoire, toute simple et pourtant bien complexe.  Toute unique et pourtant tellement universelle.

Une histoire dans laquelle tout qui aime les objets se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a été confronté à l'intimité et la difficulté du tri des objets d'un défunt se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a des souffrances enfuies se retrouvera.  Dans laquelle j'ai donc trouvé trois bonnes raisons, à tout le moins, de me retrouver…

 

17
sep

Refuge à Trinity – Sherryl Woods

"Le dimanche, on lit au lit".

Et voilà, il fallait bien que cela arrive…  Pour la première fois depuis janvier dernier, lorsqu'a commencé ce partenariat avec Harlequin, je ne suis pas parvenue à terminer l'ouvrage du mois, en l'occurrence Refuge à Trinity.

L'histoire semblait pourtant prometteuse :

"On jase sur son célibat ? On jase sur la drôle de famille qu’elle forme avec Tommy, petit orphelin de dix ans qu’on lui a confié ? Daisy s’en fiche. Elle adore Tommy et, en tant que fille d’un homme puissant, elle a l’habitude qu’on critique ses faits et gestes. Mais la situation se complique encore quand la « famille » s’agrandit : contre toute attente, on a retrouvé l’oncle de Tommy, un certain Walker Ames, qui vit à Washington. Assez vite, ses fréquentes visites attirent l’attention des bonnes âmes de Trinity… et cette fois, Daisy ne peut pas nier qu’elles n’ont pas tout à fait tort de se poser des questions — car Walker est décidément très séduisant…"

Oui oui oui, ça me tentait vachement, l'idée de cette célibataire qui prend sous son aile un enfant, l'idée de cet oncle qui réapparaît, l'idée qu'une idylle naisse entre eux… mais j'ai rapidement déchanté, car cette histoire n'était décidément pas pour moi.

Pourquoi ?  Difficile à expliquer, je dirais sans doute que son puritanisme exacerbé a fait se dresser en permanence mes poils, et je peux vous dire qu'après cette expérience, malgré le job de mon rasoir, j'en ai, des poils, surtout sur les bras.

Ça se passe dans un petit bled d'Amérique, ceci expliquant probablement cela, mais tout de même quoi !  La population qui se choque parce que la Miss héberge le fameux oncle (my god, que va-t-on dire) !  Et ces références fréquentes à Dieu, dans le genre Grand Moralisateur Eternel, pas mon truc ! 

Ajoutez à cela le manque de subtilité de l'auteur pour faire comprendre à la lectrice (qui, non, n'est pas dotée d'un QI de poussin neurasthénique) que les deux héros sont attirés l'un par l'autre, irrésistiblement, indubitablement, atrocement (Sa bouche lui parut si désirable qu'il oublia subitement ce qu'il était venu faire ici – euh, t'es venu rencontrer ton neveu hein, il jeta un œil sur les doigts blancs aux jolis ongles clairs qu'elle avait posés sur son avant-bras puissant et bronzé – oufti, qué fantasme – quand je vous parlais de manque de subtilité).  Sans oublier un patriarche rétrograde et insupportable.  Non, vraiment, c'en est trop pour moi.

Voilà dès lors pourquoi j'ai cessé de lire Refuge à Trinity à la page 194, lassée, vraiment trop lassée.

Si vous voulez néanmoins tenter l'expérience, because les goûts et les couleurs hein… il est en promo pour pas cher ma bonne Dame :

9
sep

Chiens de sang – Jusqu'à ce que la mort nous unisse - Karine Giebel

"Le dimanche, on lit au lit".

Depuis que j'ai appris à lire, j'ai lu énormément de livres.  Parmi tous ces livres, certains sont des bijoux.  A différents niveaux : bijoux d'amour, bijoux d'humour, bijoux de réflexion, bijoux de sensations. 

J'ignorais cependant que certains auteurs étaient capables de produire systématiquement de tels bijoux.  Il y a des auteurs que j'aime d'amour, dont je dévore chaque création avec un appétit digne de la gourmande que je suis, mais je n'en trouve aucun dont la totalité de l'œuvre m'a séduite à 100 %, la déception se profilant parfois au détour d'une page, d'un chapitre, d'une histoire me faisant moins vibrer qu'à l'accoutumée, en toute subjectivité de ma part of course et sans remettre en cause le talent de l'auteur.  Rectification : je n'en trouvais aucun pouvant me séduire à 100 %.

Parce que maintenant je sais : certains auteurs écrivent systématiquement des perles.

Karine Giebel en fait partie.

J'avais été subjuguée par Meurtres pour rédemption.  Angoissée par Les morsures de l'ombre.  Terrifiée par Terminus Elicius.  Terrorisée par Juste une ombre.  (Chroniques à découvrir ou redécouvrir ici).

Et cette semaine, je me suis replongée avec délectation et effroi dans l'oeuvre de Karine Giebel.

Avec Chiens de sang, tout d'abord, dégusté mardi soir, entre 18 et 22 heures.  Un roman court, concis, qui ne peut que se lire d'une traite, tant il est absolument incapable de s'interrompre une fois les premières pages lues.  J'ai pourtant tenté de le faire, me concentrant sur un film à la télévision, mais je n'ai tenu que quelques minutes, trop avide de connaître la fin que j'étais, malgré la certitude que ma nuit serait alors difficile, tant Karine Giebel a le don de faire monter en moi (et, je le parie, en tout lecteur) une angoisse jamais égalée.

Chiens de sang nous entraîne dans la forêt.  Toute l'action s'y situe.  Diane vit l'enfer.  Elle fuit.  Fuir plutôt que mourir, tel est son choix.  Rémy avance, pas à pas.  Il fuit.  Fuit plutôt que mourir.  Ils ne se connaissent pas.  Ils ont chacun croisé l'enfer.  Deux enfers différents, mais dont l'issue semble fatale.  Alors ils fuient. L'horreur, la mort, la cruauté et l'ignominie de la race humaine.

Tchu, cette tirade aurait fait une jolie quatrième de couv', non ?  Je ne vous en dirai pas plus, car je n'en savais pas plus en commençant ce livre, et je ne voudrais pas déflorer l'intrigue.  Je peux juste vous dire qu'à 22 heures, une fois finie la lecture, je n'en menais pas large et me réjouissais d'être bien au chaud chez moi, sans forêt à moins de quelques kilomètres.  Cela n'a cependant pas suffi à calmer ma peur.

Ce dimanche, je me suis plongée dans la lecture de Jusqu'à ce que la mort nous unisse.  Un ouvrage totalement différent mais tout aussi angoissant.  La forêt cède la place à la montagne, le presque huis clos fait place à la vie d'un petit village bien calme, en apparences.   Vincent y vit depuis toujours, amoureux de sa montagne dans laquelle il guide les vacanciers.  Servane vient de s'y installer, mutée par la gendarmerie qui l'embauche.  Il est rustre, solitaire, amoché par la vie et par son passé.  Elle est volontaire, souriante, en quête d'une nouvelle vie.  Contre toute attente, l'amitié va les surprendre au détour d'un chemin de randonnée.  Amitié renforcée par leur certitude que la mort de Pierre, meilleur ami de Vincent, n'est pas un accident.  Ils vont alors mener une enquête qui va les entraîner dans le passé du village et leur faire découvrir que la quête de la vérité recèle bien des dangers.

Je peux vous dire qu'avec Jusqu'à ce que la mort nous unisse, Karine Giebel est parvenue à me faire croire que cette fois, la lecture serait zen Jen, cool Raoul, relax Max : une jolie amitié, de beaux paysages, une chtite enquête et un bon dimanche sur mon transat.  Que nenni, alors que dans Chiens de sang la chute est brutale dans la terreur du scénario, ici l'auteure maîtrise parfaitement l'art de noyer le poisson pour attirer le lecteur ni vu ni connu vers un dénouement qui noue les tripes au point d'en avoir des crampes.

Passqu'ici, on n'est pas dans du Mary Higgins Clark, où tout est bien qui finit bien, avec les méchants en prison et les gentils tout sourire, histoire d'amour en bonus.  Non, ici, on est presque dans la vraie vie.  Et dans la vraie vie, les happy ends ne sont pas systématiques…  Fort heureusement, car Karine Giebel ne semble pas en être toujours friande… pas toujours non, ce qui laisse le suspense entier, jusqu'à la toute dernière ligne.

Et de refermer ces deux ouvrages avec le bonheur intense d'ajouter encore de nouveaux bijoux à ma collection d'ouvrages... mais avec la tristesse de savoir que désormais, j'ai lu toute l'oeuvre de Karine Giebel, ô rage ô désespoir.