11
avr

Confèsssions intèmes

J’ai honte. Et puis non. Faut assumer. Je me dois de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité : je regarde cette émission ridiculement ridicule. Je me demande chaque fois pourquoi : je déteste la présentatrice qui récite chaque fois les mêmes phrases racoleuses, elle me flanque des poussées d’urticaire, surtout quand elle me remercie d’être de plus en plus nombreux à la regarder (au moins je ne suis pas la seule à me vautrer dans cette boue télévisuelle). Mais c’est mon côté voyeuriste qui fait que chaque fois que je vois dans ma bible que l’émission va passer, je ne peux y résister, je branche mon magnéto et me fais une petite soirée de confessions les jours suivants (pfff, Jésus doit se retourner dans sa tombe de voir comme le mot « confession » est galvaudé).

Si vous ne connaissez pas encore cette émission (mais ça va changer, je vais vous convaincre et TF1 - qui d’autre que TF1 peut programmer ça - me sera éternellement reconnaissante et me proposera bientôt de présenter l’émission), les thèmes sont récurrents : des couples foireux, souvent à cause de la jalousie pathologique de l’un des deux, un membre d’une famille qui recherche un autre membre de la même famille (on se croirait à l’ouverture de rideau des deux potes), des enfants ado en conflit avec papa-maman ou des sales gosses totalement ingérables à qui les téléspectateurs rêvent de flanquer la claque dont ils se souviendront toute leur vie, des passionnés (par les poules, par Johnny, par les lasagnes Farniente, tout est bon pourvu que la passion soit envahissante, trèèèès envahissante).

Critères pour être repris lors des castings : un QI inférieur à 69, ignorer que les «si» n’aiment pas les «rais», se vêtir exclusivement de training/marcels (pour les keums) ou de jupe ras del touffe/top nombril à l’air (pour les meufs), quel que soit leur poids et avoir un accent régional à couper au couteau.

Et voilà, le tour est joué. La caméra suit les participants dans leur quotidien, fait de conflits, de disputes, de grincement de dents, de pleurs. Ensuite, super psy intervient et en un coup de baguette magique tout le monde il est deviendu beau tout le monde il est deviendu gentil.

Je vous conseille cette émission : elle fait un magnifique sujet de conversation le lendemain au bureau « t’as regardé Confessions Intimes hier », « oh oui grave de chez grave hein, et celui-ci qui…, et celle-là t’as vu comme elle… ». Et la pause café est vite passée.

Prenez la peine de la regarder au 69e degré, vous m’en direz des nouvelles.

(Voilà avec tout ça j’ai loupé le début de mon feuilleton, je ne vous le pardonnerai jamais)

23
mar

Adulescente ?

« Le bonheur se manifeste sous de nombreuses formes, dans la compagnie de bons amis, dans ce qu’on ressent lorsqu’un réalise le rêve de quelqu’un, ou dans la promesse d’un nouvel espoir ».

J’aime cette phrase tirée… oh surprise … d’un feuilleton pour ados.

Comment ça j’ai plus l’âge de regarder des feuilletons pour ados ? Parce qu’il y a un règlement qui l’interdit maintenant ? Qui ose prétendre ne jamais regarder des feuilletons d’ados ? Et puis je suis majeure et vaccinée, et je fais ce que je veux, c’est clair ? Non mais n’est pas né celui qui fera la loi chez moi.

Bon revenons aux choses sérieuses. J’ai toujours aimé ça. Rien à faire. C’est viscéral. Ça a commencé avec Beverley Hills, là j’étais ado, donc logique. J’avais encore la bonne excuse des premiers frémissements, de la découverte des futurs plaisirs de la chair via quelques scènes jugées torrides, à l’époque. Ah, Dylan qui fait sa cour à Brenda, qui, fâchée, prend la fuite, et se fait rattraper par un fougueux baiser. J’ai bifurqué ensuite sur les débilités françaises Hélène et les Glaçons et, occasionnellement, Premiers Baisers. Mais n’ai pas trop accroché, malgré quelques épisodes sympas. Hartley coeurs à vif récolte ensuite mes suffrages. Puis j’ai ma phase Dawson. A ce moment j’étais déjà vachement plus grande, glups, limite à me cacher pour le regarder. Et puis non, j’assume. Lorsque Pacey embrasse Joey, en cachette des autres, quel stress. Ensuite, j’ai zappé entre Felicity, Everwood, Nos plus belles années et Le monde de Joan. Et actuellement je craque pour les Frères Scott. Lucas vient enfin de se décider à comprendre qu’il aime Peyton, comme c’est émouvant. Rien à faire, j’ai beau avoir grandi, j’aime toujours autant. Ça doit être mon côté débilo romantique qui veut ça, me pâmer ainsi devant des amours de quasi gosses. Aaaah trop bon. Je regrette juste de ne pas avoir eu connaissance de Newport Beach, passque je suis sûre que je serais plus accro qu’un chat à sa nepeta, croyez-moi. (qui aurait toutes les saisons à me prêter, hein, qui, pitiééééé ?)

Faut reconnaître aussi que ça évolue avec les mentalités, ces séries à l’eau de rose. Des chastes vierges jusqu’au mariage, ou presque, on est passé aux dragueuses félines qui collectionnent les aventures.

Je suis sans doute ce qu’on appelle une adulescente : adulte mais qui se retourne avec un brin de nostalgie vers les joies (sic) de l’adolescence. Heureusement que j’ai une mémoire sélective, car mon adolescence à moi, j’ai beau me retourner, me retourner, au point de frôler le torticolis, je ne vois pas de joie réelle, juste une petite ado coincée, pas boutonneuse (on ne peut tout avoir) et en retard de deux guerres. Qui compensait devant Beverley Hills sans doute.

Je ne suis cependant adulescente que face à ma TV, car pour la vie réelle, je vis seule depuis, ouf, l’avant-guerre (le tout est de savoir quelle guerre), je m’assume, je ne dépends de personne, je suis une vraie adulte, na.

Bon, je m’en vais dès lors compenser encore un chouia ma misérable vie de solitude sentimentale, j’ai deux épisodes des Frères Scott en attente, et je soupçonne qu’il va y avoir des bisous en veux-tu en voilà… ça va me faire des papillons dans le ventre. Et j’aime les papillons.

23
mar

Anticipation anticipée

Ce matin j’entends une pub pour une graaaaaaaaaaaaande et inefficace banque. « Comme vous avez des bras musclés », dit la charmante dame au monsieur qu’elle croise, « ça sera parfait lorsque vous me porterez pour la nuit de noces. Et puis vous saurez construire notre maison, et fabriquer un petit lit pour notre fille Nicole. Nicole, ça vous convient comme prénom ? » Il en reste bouche bée.

Cette pub m’a fait beaucoup rire… sans doute car je suis un peu de ce genre là, à me monter un scénario tarabiscoté-romantico-débile lorsque je croise, au détour d’une ruelle, un charmant homme…

Rassurez-vous, je n’y crois pas réellement, et surtout je n’en pipe mot, mais mon imagination aussi fertile que la terre au printemps m’empêche de rester les pieds sur terre.

Rassurez-vous encore, lorsque l’histoire se concrétise, je ne dis rien des idées qui me traversent l’esprit à l’élu de mon cœur (le pauvre, s’il savait).

En écrivant me revient en tête une pub génialissime dont j’étais folle. Une pub pour une voiture familiale. C’est le matin. Môssieur se réveille après un coup d’un soir. Il tend à sa jeune amante un test de grossesse. Elle est estomaquée et le regarde, silencieuse. « Ben pour savoir si tu es enceinte, tiens ». Elle « mais ça va pas non ». Lui, s’énervant, « Ben quoi, on peut toujours avoir de l’espoir non ». Son espoir étant d’avoir des mômes pour acheter la voiture familiale de ses rêves. Oui, bon, raconté ainsi, c’est pas drôle du tout, mais c’est du même style que la pub radiophonique décrite là-haut. Et la tête des acteurs est à mourir de rire. Y’a peut-être moyen de la retrouver sur la toile, cette pub qui m’a tant fait rire.

A noter que moi, je me réveille à côté d’un tel énergumène, j’appelle la police tout de go ! Sauve qui peut !

Add. Merci à Nuages pour la photo... tu es mon roi du net.pubvoiture

20
mar

Opinion privée

Je me suis vautrée dans mon lit douillet hier soir pour me repaître de la RTBF et son « opinion publique » et découvrir l’avis de diverses personnalités connues ou non sur le thème « célibattus ou célibattants ». Tout un programme…

Je passerai immédiatement sur les achats de femmes en Ukraine par des célibattus remplis d’espoir de retrouver une docilité à jamais perdue chez les belges, persuadée que je suis que les « achetées » une fois intégrées dans notre petit pays, se précipiteront au tribunal pour divorcer, retrouver leur liberté chérie et voir enfin du pays. Ce procédé me débecte et je ferai prochainement un post entier sur le sujet.

Je ne m’attarderai pas sur Brice le célibataire heureux qui le crie haut et fort, qui veut de l’amour (du sexe ?) en robinet pour ne plus jamais avoir besoin de femmes, qui dit les hommes programmés pour l’infidélité et prétend que l’indépendance est incompatible avec le bonheur. Ses idées me paraissent trop réductrices.

Je n’approfondirai pas le sujet de Chantal Bauwens et sa chasse@coeur qui n’était qu’une chasse à l’homme, mais qui a enfin trouvé sa moitié. Son histoire ne m’a pas passionnée outre mesure. Comme l’a si bien dit Evelyne, au moment même où je me raidissais sur mon oreiller, « dire que l’autre est sa moitié revient à penser que sans lui, on n’est plus qu’une moitié » (et d’ajouter avec humour « mais quelle moitié, le haut, le bas ? »).

Je voudrais juste relever ce joli témoignage du vieux petit couple tout mignon, qui croit encore, envers et contre tout (contre tous ?), aux vertus de la durabilité, de la famille et de l’amour. Ça m’a rappelé mes grands-parents, même si je suis convaincue que s’ils avaient vécu cinquante ans plus tard, mes aïeuls, ils auraient été, à certains moments, tentés par l’éventualité du divorce. Respect pour ces cinquante (et plus) années d’amour.

Relever, également, l’intervention toujours juste, sensée et douce (sa voix douce apaiserait les plus énervés) d’Evelyne Hazan, qui a su remettre les pendules à l’heure sans tomber dans le romantisme exacerbé ni le féminisme à outrage : elle a été célibataire, elle a compris pourquoi, elle a su ne plus l’être. Et voilà.

Enfin, lancer un message personnel à Ernesto : c’est quand tu veux pour me cuisiner des lasagnes maison !

18
mar

Plan Q(I)

On connaît tous la signification de « plan Q », of course.

RTL TVI, chaîne la plus intelligente du PAB (le PAF : paysage audiovisuel français, PAB : paysage audiovisuel belge, non ?), que j’adore depuis qu’elle m’abreuve de séries en tous genres, nous offre ce soir un « plan QI ». Faut oser… RTL qui propose à ses fans de tester leur QI… va y avoir des grincements de dents et des suicides intellectuels, ce soir.

J’ai déjà testé mon QI il y a bien longtemps (je n’étais pas encore majeure) via un bouquin fait pour ça. Je suis très douée en tests de logique, à l’époque j’avais eu un bon QI, nettement supérieur à 100. Si je vous jure, pourquoi vous me croyez pas ? Mais c’était à l’époque, du temps ousque mon cerveau avait encore tous ses neurones en bon état. Et puis ça rime à quoi tout ça ? Parce qu’on sait résoudre des problèmes logiques, on serait plus intelligent ? ça m’a souvent permis de réussir les premières étapes de tests d’embauche… sauf que je me vautrais ensuite, lors des entretiens, pour des raisons diverses et variées (manque de confiance en elle, la petite, pas assez de connaissances dans le secteur, la pauvre, parle pas bien les langues, la fillette).

Je me pose donc la question suivante : le QI est-il révélateur de l’intelligence ? Les gens dotés d’un QI élevés sont-ils plus intelligents que ceux dont le QI frôle les crocus ? On m’a souvent dit « toi Anaïs, tu es intelligente » (mais jamais « toi Anaïs, tu es culturée »…), mais je soupçonne que ce soit dû à l’effet « lunettes » ou à une mémoire rapide liée à une compréhension facile, qui me permettaient de réussir haut la main les examens, puis d’oublier illico la matière. Si c’est pour tout emmagasiner, tout régurgiter, tout oublier, je n’appelle pas ça de l’intelligence, juste un bon sens des priorités !

Et puis j’avoue qu’avoir en tête un résumé de l’histoire belge/française/universelle, les théorèmes de Brad Pitt-agore, les capitales mondiales, le tableau chimique de Lendl et Iev (célèbres tennismen), les noms/fonctions/partis politiques des grands (si petits, parfois) de ce monde, et bien ça ne m’intéresse pas. Si c’est pour les ressortir en société et montrer combien je suis érudite, ça ne m’intéresse pas je vous dis !

Mais au fond, c’est quoi l’intelligence, hein ?

Est-ce savoir tout sur tout ? Moi j’appelle ça la culture.

Est-ce retenir tout rapidement et efficacement ? Moi j’appelle ça la mémoire.

Est-ce avoir un avis sur tout ? J’appelle ça le sens critique.

Demande donc à ton ami Robert, Anaïs. Oui, allez, Robert, c’est quoi l’intelligence ? Réponse de Robert : « n.f. faculté de connaître, de comprendre ; qualité de l’esprit qui comprend et s’adapte facilement ».

Bingo, c’est justement la définition que j’allais donner (waw, comme je suis intell… euh) : la capacité de s’adapter à toute situation. (je jure que c’était ma définition, à moi rien qu’à moi, la mienne que j’avais créée moi-même, pitié, croyez-moi).

Il n’y a, pour moi, pas une forme d’intelligence mais une multitudes de formes : réparer en un tour de main une chasse qui fuit, c’est de l’intelligence (pratique), résoudre un gros problème mathématique, c’est de l’intelligence (intellectuelle), écrire un roman qui captive, c’est de l’intelligence (littéraire), inventer une délicieuse recette d’instinct, c’est de l’intelligence (créative), deviner ce qui va mal chez l’autre et instinctivement lui tendre la perche, c’est de l’intelligence (du cœur).

Voilà ce qu’est, pour moi, l’intelligence.

J’ai cependant la folle envie de tester mon QI sur RTLTVI ce soir, et je vous donne tous RV à la fois devant votre petit écran et votre écran de PC, histoire de résoudre ensemble les tests et de comparer nos QI. Et, qui sait, en répondant à plusieurs, on aura peut-être un QI global de 250 !