12
jan

Quand la mort rode

(Billet écrit samedi - A ne lire que si vous connaissez Bones et si vous avez vu toute la dernière saison diffusée ici).

Ce matin, très tôt, chuis allée mettre le chauffage dans le frigo, oups, dans la salle de bain, en prévision de ma douche pré-shopping en ville avec Mostek.  Mostek avait en effet décidé, la folle, de passer me prendre à 9h30, soit quasi avant le chant du coq.  D'ailleurs je doute que le coq ne chante à cette température (- 12° à 9h30, dixit la tuture de Mostek, faut-il être folles pour sortir en ville par un temps pareil).

En attendant que la salle de bain quitte sa température polaire, j'ai regardé les trois derniers épisodes de « Bones », une série que j'aime beaucoup, passque le personnage principal est attachante d'étrangeté, passque son adjoint est mignon à souhait et passque, bordel de dieu, ils vont bien finir par s'embrasser un jour et vivre heureux pour les siècles des siècles, titchu.

J'avais déjà tenté de regarder ces trois épisodes jeudi soir, en rentrant d'Australia, mais je m'étais lamentablement endormie pour me réveiller en sursaut au moment où Bones hurlait « Boooooooth ».  Je craignais le pire.

J'avais aussi tenté de regarder hier soir, tard (genre 1 heure du mat), mais je m'étais à nouveau lamentablement endormie.

(attention, si vous n'avez pas vu les derniers épisodes de cette troisième saison, ne lisez pas ce qui suit).

Ce matin donc, rembobinage (le 3ème) de la cassette.  Premier épisode.  Salle de bains toujours glaciale.  Deuxième épisode.  Soudain, fin de l'épisode, le drame : une folle dingue amoureuse de Booth tente de tirer sur Bones, la vilaine jalouse (la folle, pas Bones).  Booth, dans un accès chevaleresque, s'interpose et se prend la balle en pleine poitrine.  L'épisode se termine sur Bones penchée sur lui, le suppliant de tenir le coup.  Même pas elle ne l'embrasse, titchu de titchu.

La salle de bain est chaude.  Il est 9 h, je DOIS quitter mon lit.

Je regarde tout de même le tout début du troisième épisode, espérant voir Booth à l'hôpital mais néanmoins en grande forme.

Et c'est là que le monde s'écroule, que la pièce tourne et tourne encore, que je frôle l'évanouissement, que les larmes me montent aux yeux (mais si, j'exagère, mais bon, faut bien mettre un peu d'émotion dans ce billet) : toute l'équipe part à l'enterrement de Booth.

Je ne peux en croire mes prunelles et mes pavillons : il est mort.

Sans avoir embrassé Bones, sans avoir vécu heureux avec elle.  Titchu.

Je quitte mon lit, désespérée comme une femme au foyer.

Dans ma douche, mes larmes se mélangent à l'eau brûlante (là encore, j'exagère, mais vous connaissez la chanson).

Je ne déjeune pas, appétit coupé par le drame qui vient de se jouer sous mes yeux.

Mostek arrive, je monte en voiture.  Et je lui annonce cette nouvelle : « je peux pas le croire, Booth, mort, je peux pas le croire je peux pas le croire ».

Voyant son air étonné, je réalise mon erreur : j'ai fait du teasing involontaire.  Elle n'a pas encore vu les épisodes. Argh, vilaine Anaïs qui sans le vouloir a tout dit.

Mostek est cependant fort étonnée, car elle a vu les épisodes.  Nous discutons un peu de cet épisode dont je n'ai vu que trente secondes à peine.

Soudain, la pièce tombe.  Mostek se met à sourire.  Puis à rire.

Plus le choix, je dois savoir.  Elle doit me dire.  Je dois savoir.

Si ma salle de bain n'avait pas été chaude, s'il n'avait pas été 9 h, si j'avais regardé plus que 30 secondes, j'aurais su.

J'aurais tout su.

Qu'il était impossible de faire mourir le futur amoureux de Bones (si, c'est son futur amoureux, je le sens je le sais).

Qu'il est donc pas mouru.  Of course.  Bête Anaïs de l'avoir cru.

Nous partons ensuite faire notre shopping (un disque dur externe - chat échaudé craint l'eau froide, le goût des Belges 1 et 2 - yessssss, un DVD dont j'ai déjà oublié le titre), heureuses de savoir qu'un jour, oui un jour, Booth embrassera Bones.

bones

10
sep

Ce soir

Ce soir sur la RTBF (question à la une), ça va parler expresso... Expresso c'est le blog de Diederick Legrain, mon ex-rédac chef à 7dimanche, enfin du temps oùsque j'étais à 7dimanche.  Et du temps oùsqu'il y était... Maintenant il est à la Meuse, et il est redeviendu mon rédac' chef puisque j'ai migré par là-bas avec mon billet d'humeur.  Donc ça promet d'être chaud brûlant... comme un vrai expresso.  Enfin, j'imagine, vu que j'en ai jamais bu, j'aime pô le café.  Pour les namurois, émission à ne pas manquer.  Et si vous voulez découvrir le blog Expresso avant, c'est ici.

8
sep

Sex and the city, ça coûte un pont

Vous le savez, j'ai découvert Sex and the city sur le tard, lors des rediffusions.  Mais j'ai vite été addict.  Et quand je suis addict, rien ne m'arrête...  Non, rien de rien.  Alors j'ai cherché.  Désexpérément (oui, c'est bien une faute que vous voyez, que j'ai faite à l'instant, un joli lapsus que j'ai décidé de maintenir dans ce billet de circonstance).  Passque je voulais le choli coffret, dans une boîte à chaussures rose et noire. 

Bien sûr, c'est toujours au moment où je veux absolument quelque chose, là, tout de suite, que cette chose est totalement introuvable en Belgique, en France et dans le monde entier, ou presque.  J'ai donc écumé tous les magasins, en vain.  C'est dans de tels moments que je ressens subitement un manque intense, un besoin viscéral d'avoir l'intégrale de Sex & the City, là, de suite, où je fais un malheur.  Comme si ma vie en dépendait.  Mais rien de rien.  Alors, en désespoir de cause, je surfe sur le net, et je LE trouve : le coffret rose et noir.  Sur Ebay.  N'écoutant que mon envie, j'enchéris, sourde à ma petite voix intérieure qui me dit « le vendeur n'a rien vendu d'autre, méfie-toi ».  Et je remporte l'enchère.  Impatiente comme une femelle moustique au début de l'été, et n'écoutant pas ma conscience qui me susurre « ne paie pas, attends, sois vigilante », je verse immédiatement les soussous au vendeur. 

C'était il y a deux ans.  J'attends toujours mon joli coffret rose et noir.

(Une minute de silence pour ce drame.  Puis une minute de morale à deux balles : ne jamais rien acheter à un vendeur qui débute sur Ebay - je sais, ça n'est pas une solution, car les débutants ne débuteront jamais si on ne leur fait pas confiance, mais je vous le dis et je vous le répète, NE LEUR FAITES PAS CONFIANCE - fin de la minute morale à deux balles).

Je vous passe les détails de la plainte groupée que j'ai lancée, récolte d'informations, copies de toutes les plaintes, visite à la police, rencontre d'un bel officier brun ténébreux à qui j'ai remis une masse d'info, parce que nous étions des dizaines de pigeons, et puis bien sûr le classement sans suite.  Elle est belle la police, je vous le dis.  De quoi faire un billet de quinze pages, mais vous vous lasseriez je pense.  Et puis ça date.

J'ai donc rongé mon frein et décidé d'oublier cette sordide histoire.  Si.  Sordide.  Le mot n'est pas trop fort.

Et je suis repartie en chasse.

Abandonnant l'idée du coffret rose et noir, décidément introuvable, j'ai acheté chaque saison individuellement.  Victoiiiiiiiiiiire.  Je suis rentrée chez moi, munie de mon précieux paquetage, heureuse comme l'enfant qui vient de naître (quoique sur ce point là, j'ai de gros doutes sur le bonheur de l'enfant qu'on extirpe de son cocon liquide pour le jeter de plein fouet dans l'existence, vu ses cris, mais soit).  Et j'ai rangé mes DVD.  Que je n'ai jamais regardés.

C'est ça l'envie obsessionnelle compulsive.  Avoir envie de quelque chose à tout prix, et lorsque je l'ai, être heureuse, tout bonnement, mais ranger l'objet convoité et... l'oublier.

Il y a peu, savoir après avoir vu le long métrage de Sex & the City lors de la big méga soirée à l'Eldorado, à laquelle certains d'entre vous ont participé (nostalgiaaaaaa, ça fait bip bip dans mon cœur), j'ai eu la soudaine envie de revoir toutes les saisons.

Et la bonne nouvelle du siècle, c'est que j'avais ça à disposition. 

Elle est pas belle la vie ?

Bon, j'ai dû fouiller comme une dingue pour les retrouver, mes six coffrets, mais j'ai fini par les extirper de sous quinze autres DVD, trois piles de Flair et une pile de Ciné Revue.  Ouf.

Et je me suis offert des heures de bonheur avec la saison 1.

Puis des heures de bonheur avec la saison 2.

Puis... j'ai voulu entamer le bonheur saison 3, un matin, très tôt, très très tôt.  Et là, drame de ma vie.  Asseyez-vous, ce passage est vraiment dramatiquement dramatique, je vous aurai préviendu.  Lorsque j'ai ouvert le coffret... il était vide !  Vous lisez bien : vide, empty.  Le contraire de full.  Aucun DVD.  Six places toutes proprettes, mais vides.  Vous imaginez ma tête, of course.  Ainsi, des mois auparavant, la personne (le bachibouzouk, l'enfoiré de première, le taré fini, le distrait intégral, et j'en passe) qui était censée remplir les six coffrets achetés, a totalement oublié une saison.

 

Des mois auparavant.  Que dis-je, des années auparavant.

 

Il était 8 heures du matin, et je partais en WE.  J'allais donc devoir attendre.  Et ne pas me gâcher le WE avec ça.  Ne pas le gâcher, ne pas le gâcher, ne pas le gâcher.  Il ne fut pas gâché... enfin presque.  Passque j'ai ressassé, c'est clair.   Ressassé cette malédiction.  Puis j'ai attendu.  Attendu le lundi pour aller faire ma bête crevée au magasin, avec mon coffret vide. 

 

Sur place, j'ai été accueillie par un vendeur au look de tueur en série (je ne suis pas la seule à le penser, je vous le jure), qui doit avoir fait un lifting, passque c'est nin possip' de ne pas savoir sourire du tout, et de parvenir à murmurer un vague bonjour sans bouger les lèvres.  Lifting je vous dis.

 

J'ai débité mon petit discours tout prêt, la peur au ventre, passque venir réclamer pour un coffret vide des mois, que dis-je, des années après l'achat, ça la fout mal.  Très très mal.  Même qu'ils ont retrouvé dans l'ordinateur la date de la dernière vente dudit coffret... ben c'était à la création du blog tiens... 

Au début, zétaient sceptiques, un peu comme la fosse, mais avec un « c » de plus (pfff, naze blague), puis vu que j'ai fait mes yeux du chat potté de Shrek, zont accepté.  J'en revenais pas.

Une semaine plus tard, j'avais mon coffret.

Ça fait deux mois.  Depuis, j'ai pas eu le temps de le regarder.  Mais j'ai vérifié les coffrets 4, 5 et 6... sont complets.

Je suis sauvée... sauf si une tornade, un incendie, une inondation ou la foudre ravage mon logement...  mais bon, croisons les doigts.

PS : depuis la rédaction de ce billet, à la mi-août, j'ai eu congé et j'ai maté la saison 3, puis la 4, puis la 5, puis la 6.  C'était trop mignon trop beau trop amour trop amitié trop émouvant trop rigolo.

26
aoû

Rendez-vous en terre inconnue

Récemment, j'ai vu la belle Adriana Karembeu, la grande Adriana, aussi blonde que ses hôtes étaient bruns, aussi grande qu'ils étaient petits, aller se perdre en Ethiopie pour vivre l'aventure de « Rendez-vous en terre inconnue ».

Dieu sait pourtant que les émissions de ce genre m'attirent peu.  Elles m'assoupissent.  Mais pour avoir découvert cette émission lors de celle consacrée à Muriel Robin en Namibie, pour avoir été complètement subjuguée par ce que j'y avais vu, et puis émotionnée, et puis troublée, et puis estomaquée, j'ai voulu réitérer l'expérience.

Et je n'ai pas été déçue. 

Passque qu'Adriana, ils l'ont emmenée tout en hauteur (ce qui n'a pas dû la dépayser vu sa taille), en Ethiopie.  Dans un endroit reculé de chez reculé, comme le veut la tradition de l'émission.  J'ignore comment ils ont fait le choix de la famille accueillante mais je leur tire mon chapeau.  Dans ce pays aux traditions rétrogrades bien ancrées, voire interdites, telles l'excision, notre père de famille est un exemple à suivre : après avoir fait exciser sa première fille, après l'avoir mariée de force à 12 ans, il a réalisé les conséquences de ces gestes et l'ampleur du désastre qu'il avait causé et, au risque de se mettre la communauté à dos, a décidé de cesser ces pratiques.  Il a rompu son engagement de marier sa seconde fille, pris des années auparavant, afin de lui permettre de poursuivre des études.  Il a compris le danger de la maternité à un si jeune âge.  Il a compris que l'excision est une barbarie.  Il a compris qu'étudier ouvre des portes.  Il a tout compris.  Et le voir ainsi reconnaître ses erreurs et étudier les droits de l'homme après avoir appris à lire, et bien ça m'a bouleversée.

Heureux choix qu'a fait la RTBF2 (enfin la 2) cet été : rediffuser toutes les émissions.  J'ai ainsi pu revoir Muriel Robin en Namibie, dont je parlais au début de ce billet, avec ces femmes incroyables et couvertes de terre ocre, dont la vie n'est pas facile tous les jours, et puis Patrick Timsit qui fait rire la galerie en Indonésie et découvre une peuplade menacée, et puis Charlotte de Turckeim dans le grand froid, par -25 degrés, accompagnant des nomades et obligée de dormir dans des peaux de bêtes pour ne pas périr congelée, et enfin Bruno Solo en Mongolie, également au milieu des nomades, parfois forcés d'abandonner leur milieu de vie pour une vie plus pauvre, à tous niveaux.

Ces gens qui ne connaissent presque rien de notre confort moderne, qui n'ont pas internet, qui n'ont pas de chauffage, qui font des kilomètres pour trouver de l'eau ou du bois, sont une véritable leçon de vie.

Et même si l'émission entraîne apparemment toujours ses protagonistes sur des terres en danger, dont la survie reste aléatoire, de par la menace qui pèse, souvent due au « progrès », même si ces peuplades sont souvent rejetées par leurs pairs, car s'accrochant aux traditions, elle n'est jamais larmoyante, cette émission, et laisse la place belle à d'humour, malgré l'émotion toujours palpable.

Des émissions comme celle-là, des émotions comme celles-là, j'en veux bien toutes les semaines, et plutôt deux fois qu'une !

Vous ne les avez jamais vues ?  Surveillez les rediffusions...

20
aoû

changement de programme

J'avais prévu de regarder des trucs bien glauques ce soir à la TV.  D'abord Esprits criminels, pour frémir et imaginer toute la nuit des tueurs en série en train de tenter de pénétrer dans mon appart.  Puis une télésuite sur le 11 septembre, dont je ne suis probablement toujours pas remise.

Et là, juste avant Esprits criminels, ils annoncent Soeur Thérèse, un truc que je ne supporte pas (enfin plus).

Alors je me mets à râler, à vociférer, à injurier RTL et ses changements de programmes à la noix, et patati et patata.

Puis mon cerveau se réveille, et je comprends enfin le pourquoi du comment de la déprogrammation.

Réaction compatissante : normal, ça va de soi, par respect et tout et tout.

Réaction égoïste : il pouvait pas se crasher demain ce putain d'avion, m'enfin !?