24
mar

La couleur de mes jours

J'ai regardé une émission passionnante sur la mémoire.

Après divers reportages touchants (un père de famille ayant tout oublié suite à un AVC, une quarantenaire atteinte d'Alzheimer, des victimes de faux souvenirs induits), je découvre Daniel Tammet, auteur de « Je suis né un jour bleu », autiste savant aux capacités incroyables.  Incroyable car il a une mémoire phénoménale.  Il a pu réciter plus de 20000 chiffres après la virgule du Pi (moi je connais juste 3,14).  Ça a duré cinq heures.  Il fait partie des cent génies vivants, excusez du peu.

Il raconte donc que pour lui, les chiffres ont des couleurs.  Et des formes.  Et ce qu'il raconte, c'est beau.  Ça vient d'un autre monde mais c'est beau.  Le six est noir.  Le un est blanc.  Le huit, ce sont des lucioles qui volent.  Le neuf est grand, très grand.  Il raconte bien.  C'est étrange et magique à la fois.

Etrange, passque moi aussi, je donne des couleurs à des choses.  Ne riez pas, c'est ainsi.  Pour être précise, je donne des couleurs aux jours.  Enfin, ce n'est pas que je les donne, c'est que pour moi, les jours ont des couleurs.  Depuis toujours.  Ou d'aussi loin que je me souvienne, amen.

Ainsi, le lundi est jaune.

Le mardi orange.

Le mercredi rouge.

Le jeudi bleu.

Le vendredi mauve.

Le samedi, pas de couleur.

Le dimanche est noir.

C'est comme ça, que voulez-vous que je vous dise ?  Et c'est comme ça depuis mon adolescence, sauf qu'à l'époque le samedi avait une couleur aussi, peut-être le vert.  A moins que le lundi n'aie été vert dans une vie antérieure.  J'ai moins de mémoire que Daniel Tammet, c'est clair et net.

Mais, cette idée de mettre des couleurs sur les mots, suis-je la seule à l'avoir eue, hormis Daniel ?  Vous, chers lecteurs, ça vous parle ?

Faut quand même que je vous avoue quelque chose...  Je ne pense pas que ces couleurs, chez moi, soient révélatrices d'un talent quelconque du genre de celui de Daniel Tammet (ça, vous le sauriez, si j'étais surdouée ou un génie).  Je pense plutôt que c'est simplement dû à ... Télé Star, puis Ciné Revue, que je lis depuis toujours.  Chaque jour a sa couleur, dans les magazines télé... ça a dû m'influencer.

Je sais, c'est bien moins glamour que d'être un des cent génies actuellement vivants.

 

1
mar

Le jeu de la mort / l'expérience extrême

A ne pas lire si vous être de France et vous préférer attendre la diffusion sur France 2 le 17 mars, mais à lire si vous être de Gelbique et vous déjà avoir vu émission vendredi.

Vous connaissez cette chanson, " Né en 17 à Leidenstadt" (JJ Goldman)...

Plutôt qu'un long discours, les paroles :

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?

Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d'un torrent

Si j'avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d'une foi, d'une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir, tendre une main

Si j'étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant

On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?

Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp

Je me suis souvent demandé ce que, moi, j'aurais fait dans ces situations : indifférence, prise de position, résistance, collaboration (tchu, et ça fait des rimes sans le vouloir en plus).

Ouais, ne riez pas, je me pose ce genre de questions.  Je me pose tout le temps des questions.  Je me pose trop de questions, je sais.

Et après avoir vu "Le jeu de la mort", je me suis posé les mêmes questions : j'aurais fait quoi, moi, dans cette émission ?

Spontanément, je dirais "ooooh, voyons, ma bonne Dame, j'aurais tout arrêté, moi je suis empreinte d'empathie, de respect, jamais, JAMAIS, je n'aurais sciemment torturé quelqu'un".

Et sans doute les participants à ce jeu auraient-ils dit la même chose... et pourtant...

Bon, si vous ne pigez rien de ce que je vous raconte, un chtit résumé :

Stanley Milgram a mené une expérience controversée dans les années 60, sur le pouvoir de l'autorité d'un scientifique sur un individu.  Il a donc recruté des volontaires et leur a fait croire que, par tirage au sort, ils seraient des questionneurs, tandis que leur voisin (un complice) serait candidat, lequel devait mémoriser des associations de mots.  Le questionneur l'interrogeait ensuite et, à chaque erreur, devait lui infliger une décharge électrique, de plus en plus forte.  Les dernières doses sont mortelles, le complice hurle à qui mieux mieux, mais 62,5 % des questionneurs vont aller au bout, sous la "pression" du scientifique.  Des variantes existent, et si ça vous passionne autant que moi, y'a plein de détails sur Wikipédia.

De cette expérience fut tiré un film, I comme Icare.  Je l'ai vu en plus, mais je ne m'en souviens pas du tout, sauf que je pense y voir Michel Piccoli, mais pas sûre.  Faut que je le revoie, ce film.

Dans "le jeu de la mort", expérience réalisée en 2009, le test est identique, si ce n'est qu'il mesure le pouvoir des médias.  Ici, les questionneurs pensent participer à un pilote d'une émission, pour lequel ils ne seront pas payés, ne gagneront rien.  Le pilote ne sera jamais diffusé, donc aucun espoir de "gloire".  Le public n'est au courant de rien.  Le chercheur est ici remplacé par une animatrice qui enjoint régulièrement, selon des règles strictes, les questionneurs à continuer à infliger les décharges.

Moi je pensais qu'il y avait un million d'euros à la clé, ce qui peut sacrément motiver, mais nenni.  Je pensais aussi que le public serait complice, poussant le questionneur autant que possible, et bien nenni.

Je ne vais pas vous expliquer les résultats, les variantes, les réactions, il faut voir pour comprendre. 

Sauf qu'ici, 81 % des candidats ont été jusqu'au bout.  Parfois sans même manifester la moindre hésitation, souvent en hésitant, voulant arrêter, recommençant... mais allant jusqu'au bout.

Incroyable.

Mais vrai.

Et ça fait peur.  Ça fait peur car les candidats, c'est vous et moi.  Des gens normaux.  Et pourtant, ils l'ont fait.  Paraît qu'ensuite ils ont dû être pris en charge par un psy, sans doute pour avoir confirmation qu'ils ne doivent pas être enfermés, car réaliser par la suite qu'on a accepté d'infliger des décharges, comme ça, sans hésitation ou si peu, ça doit bouleverser un homme.

Ça fait peur.

Mais ça fait réfléchir, c'est l'essentiel.

Au pouvoir des médias, bien sûr.  Mais, en généralisant, à celui de tout qui a autorité sur l'être humain. 

L'émission est passionnante et angoissante, car on se dit sans cesse "ça aurait pu être moi, et j'aurais fait quoi ?  Oh, j'aurais arrêté bien sûr... enfin je crois... enfin j'espère".

A voir.  A revoir sur le site de la RTBF.  A voir sur France 2.

Et puis à lire, aussi, puisque "L'expérience extrême" donne les détails de toute l'expérience.  Ça devrait être passionnant, et c'est mon nouveau livre de chevet...

A voir ou à revoir ici (mais à mon avis ce sera interdit aux non-Belges).

Add. du 20 mars, j'ai supprimé les commentaires de la personne qui fait sa propagande sur tout internet, copiant-collant ses incitations à la "révolte" un peu partout, l'invitant par mail à ouvrir son propre blog pour assumer ses choix plutôt qu'agir de la sorte sur internet et de venir se lamenter ici.

25
fév

Demain sur la Deux

Enfin RTBF2 quoi, en exclu pour les belges (les français devront attendre la diffusion sur France2), la fameuse émission "expérience Xtrême", dont les spots ont été diffusés ici.  Je suis impatiente de découvrir ça.  Une fausse émission basée sur les expériences de Milgram, qui prouve que nous sommes encore plus soumis à l'autorité qu'avant.

ça fait peur...

A voir absolument !

Rha mince, je suis pas là, je ferai bosser le magnéto...

19
fév

Le subjonctif à la ferme

Tout spécialement pour David Charvet, de la ferme ex-célébrités, un petit rappel du subjonctif, extrait du Savoir écrire pour les filles (ne pas recopier, copyright à moi, pigé ?) :

Le subjonctif présent exprime un désir, un souhait, un regret, un conseil ou une supposition et est souvent précédé de "que".  C'est le mode de l'imaginaire.

Danger !

Ne confondez pas présent du subjonctif avec présent de l'indicatif, parfois phonétiquement similaires au singulier. 

Pour ce faire, songez au sens de la phrase : est-ce une action ou un souhait ?  Il faut que tu coures jusque là. (souhait) Tu fuis le danger que tu cours. (action) 

Autre truc, conjuguer au pluriel afin de faire clairement la distinction phonétique.  Il faut que vous couriez jusque là.  Vous fuyez le danger que vous courez.

Donc, David, on ne dit pas "je voudrais qu'il part", mais "je voudrais qu'il parte".  On ne dit pas "est-il possible que nous sommes nominés ?" mais "est-il possible que nous soyons nominés".  On ne dit pas "on rêve que Mickael s'en va de la ferme" mais "on rêve que Michael s'en aille de la ferme".  On ne dit pas "j'aime qu'elle me regarde ainsi" mais "j'aime qu'elle me regarde ainsi".  Oui, y'a une nuance, le premier est au présent, le second au subjonctif.

Pigé David ?  Passque mes oreilles, elles frôlent la dépression nerveuse, à force.

Vous me direz, j'ai qu'à pas regarder.  Mais je ne vous ai pas demandé votre avis, non mais.

 

11
fév

Vengeance pour Vendetta

Et bien vous n'allez pas me croire, mais, si au départ j'avais des poussées d'urticaire chaque fois que je voyais, et surtout que j'entendais, le Vendetta dans la ferme ex-célébrités, je finis par m'y attacher.

Nan, je rigooooole, hein, ne vous enfuyez pas.

Je rigooooooooooooooooooole.

Mais...

Mais je dois reconnaître que la cabale menée actuellement contre lui m'exaspère au plus haut point.

D'accord, il est tellement narcissique que je ne comprends pas comment il ne s'est pas encore noyé dans la mare qu'il devait vider (comprendront ceusses qui connaissent l'histoire de Narcisse, of course).

Il est tellement moqueur que j'adorerais le voir se faire gifler encore et encore par un chimpanzé.  Rha, quelle satisfaction.

Il est tellement moche et pourtant tellement convaincu du contraire que... rha, rien que de parler de lui, ça m'horripile, ce qui prouve qu'il réussit totalement sa campagne de marketing : sortir du lot, se faire remarquer, coûte que coûte.

Après analyse, j'ai trouvé qu'il avait les mêmes yeux que Daerden.  Des yeux gras.  Des petits yeux de fouine noyés dans le gras.  Et puis, il a aussi des airs de Castaldi, niveau yeux.  Par contre, sa bouche, personne n'a la même, et c'est tant mieux pour l'humanité.

Mais ce qui ne me va pas, dans cette émission, c'est le malin plaisir que prennent les autres fermiers à le rendre responsable de tous leurs maux.

Les animaux sont énervés ?  C'est sa faute.

Il a plu ce matin ?  Sa faute.

Le lait a tourné ?  Sa faute.

Adeline de mauvaise humeur ?  Sa très grande faute.

En arriver à le nominer seul est le meilleur coup de TF1.  Comme ses détracteurs vont dépenser leurs soussous.  Idem pour les admirateurs.  Que du bénéf pour TF1.  Mais c'est abusé de chez abusé.

Faut pas pousser la girafe dans la savane hein !

Et à force de le voir s'en prendre plein la gueule, ce qui, j'en suis convaincue, lui, l'amuse au plus haut point, vu qu'on ne parle plus que de lui, himself and him, le seul l'unique le vrai, celui sans qui la ferme ex-célébrités ne serait rien, je serais presque tentée de voter pour qu'il reste dans la ferme.  J'ai bien dit "presque", de toute façon je ne dépense jamais le moindre cent dans ces trucs surtaxés-arnaque-totale.

Rha, keskon se marre à la TV.