19
jui

Le magasin où il fait bon vivre (the come back)

Faut croire que je suis maso, mais j'y suis retournée...  dans ce magasin où on n'a pas droit au sourire de la fermière, ni au gilet fuchsia de la vitrine.

J'y suis retournée un peu par hasard.

J'ai la fâcheuse tendance à acheter beaucoup beaucoup (trop) de fringues.  Et parfois (souvent), de ne pas les mettre.

Ainsi, tout à l'heure, me préparant pour un brûlage de shortys, sur le coût de 17 heures (même pas honte, c'est le bonheur d'être célibataire, trainailler devant des DVD, manger, ranger un peu, bosser un peu aussi, écouter de la musique et du piano, tout ça dans un pyjama aussi sexy qu'une bouche de métro, jusqu'à l'heure de la douche), je décide de mettre une tunique mauve achetée y'a... oh ben bien un an je dirais, genre fin de l'été dernier, peut-être même avant, je ne sais plus trop.  Et en l'enfilant, je découvre à quel point elle me sied à merveille. Si, si, je vous jure, pour une fois, je n'ai pas l'air d'un tonneau de bordeaux boulimique.

Et je me souviens que j'ai vu la même tunique, en gris (le gris me va super bien, c'est ma carte de couleurs qui me le dit) pas plus tard que cette semaine, dans un magasin.

Le petit souci c'est que cette semaine, j'ai été victime d'une achetite aiguë, doublée d'une visititedemagasinite chronique.  J'ai donc vu tant de magasins que je ne parviens pas à me souviendre d'où j'ai vu cette merveille grise.

Aaaaaaaaaaaaargh il est l'heure de partir à mon brûlage de strings, suite demain sorry les petits loups, je vous promets, ça sera rigolo (enfin j'espère).

...

 

(suite et fin) Dimanche 8h48, à peine levée, l'esclave Anaïs vous écrit la suite, fou comme je dois être maso pour faire ça au lieu de déguster croissants et chocolat chaud au lit (toute façon, j'ai ni croissants ni chocolat chaud sous la main, ô vie cruelle).

Donc je réfléchis (oui, parfois, je sais le faire, je peux le faire, je le fais).  Au C&A ?  Que nenni.  Dans ce magasin oùsqu'on vend plein de jolies choses, là, dans le bas de la ville ?  Que nenni.  Chez ce paki où j'ai fait une razzia sur les pantalons en lin ?  Que nenni.  Dans ce magasin de lingerie où j'ai tenté un lifting de loches ?  Que nenni.  A l'Inno ?  Que nenni.

Et l'euro tombe : c'est dans le magasin au gilet fuchsia.  Horreur glauque et putréfaction puante.

Il est 17h25, j'y fonce, j'y cours, j'y vole, passque je me souviens qu'ils y font des réductions.  Jusqu'à aujourd'hui seulement, faut en profiter.  Et passque, quelle que soit l'heure, je sais que j'y serai accueillie comme une princesse à la recherche d'une robe de bal.  Sauf que le magasin ferme à 18 heures, cours ma petite Anaïs, sinon tu te transformeras en crapaud Cendrillon (faut que je révise mes classiques).

J'arrive un quart d'heure avant la fermeture.  Mon gilet fuchsia est toujours en vitrine, je me dis que j'en profiterai pour rappeler qu'il m'intéresse... Il est à 30 % de réduction en plus... mais uniquement jusque 18 heures, nom d'une petite pipe en plâtre.

J'entre, la vendeuse, la même que la première fois, est occupée dans la vitrine.  Pas un bonjour.  Je n'en espérais pas tant.

Je me rue sur ma future tunique grise, puis dans une cabine d'essayage, gentiment libérée par une toute jeune femme en recherche d'une tenue de bal, qui rejoint son amie, tout aussi jeune et tout autant à la recherche d'une tenue de bal.  Merci les gentilles jeunes femmes.

J'essaie, j'adopte, emballé c'est pesé.  Je vais à la caisse.  Et j'attends...

Car notre adorable et souriante vendeuse rôde dans les rayons, téléphone à l'oreille.  Je décide de rôder alors autour d'elle, portefeuille en main, pour lui faire comprendre.  Il est 17h55.  Elle me repère et me précède à la caisse, sans un bonjour, sans un mot, toujours plongée dans une conversation qui n'a rien de professionnel.  Sa voix est haut perchée et j'ai comme la vague (ou plutôt l'énorme) impression de déranger.  Je décide de ne pas prononcer le moindre mot si elle fait de même, moi qui suis pourtant adepte des "merci", "bonjour", "bonne journée", "au revoir" et autres politesses devenues ici totalement inconnues.  Elle converse encore et encore, tout en calculant la réduction à laquelle j'ai droit.  A aucun moment elle ne m'annonce le prix, se contentant, après un temps fou, de me dire, d'une voix aussi agréable que celle de la Reine qui découvre avec effroi que Blanche-Neige est plus belle qu'elle, dixit le miroir, "vous pouvez mettre votre carte". Après un temps fou, car couper une étiquette, faire un calcul sur une machine, en indiquer le résultat sur ladite étiquette et plier mettre en boule une tunique dans un sac, tout cela de la main droite, en tenant un téléphone de la main gauche et en concentrant son neurone sur une conversation visant à déterminer le programme du soir, ça prend du temps. 

N'estimant pas ce "vous pouvez mettre votre carte" comme une conversation normale entre une vendeuse et une cliente, je zappe les politesses, moi aussi, et je glisse ma carte, puis paie.  Et là, un sursaut de normalité chez ladite vendeuse, qui vient de raccrocher (ceci expliquant sans doute cela) et, ayant retrouvé la parole, me tend le sac contenant ma boulette de tunique en me disant "voilà Madame, au revoir".  AU REVOIR.  Elle sait.  Elle a appris.  Elle n'ignorait pas.  Alléluia.  Je retrouve instantanément la parole et la politesse, moi aussi, rassérénée par cet élan soudain de gentillesse extrême (ben si, pour elle, dire au revoir, c'est l'extrême politesse, m'enfin).  Je sors, elle me suit en me disant, d'une voix à nouveau identique à celle de la Reine qui découvre ... (vous connaissez désormais la suite) : "pfffffffff, j'en ai ras-le-bol, je voudrais fermer le magasin".  Et moi, outrée par de tels propos, je regarde ma montre, 17h59, et, malgré mon estomacation (comment dit-on "le fait d'être estomaquée" ????) face à une telle attitude, je la rassure d'un "pile à l'heure, je m'en vais".  Auquel elle ajoute, dans un nouveau soupir "il en reste d'autres...", montrant de la tête les deux jeunes femmes toujours dans leurs robes de bal.  Je lui adresse un dernier sourire et m'en vais acheter une fleur, qui au moins, elle, si elle n'a pas la parole, sentira bon et sera comme un sourire dans ma vie.

J'avais un doute, j'en suis maintenant persuadée : cette vendeuse n'est pas gérante, ce ne peut être possible autrement.  Une gérante chouchoute ses clients, elle les aime, elle les regarde comme des coffres-forts potentiels, comme des fournisseurs de tiroir-caisse plein à craquer.  Une vendeuse attend 18 heures.

Mais moi, au bureau, même si je ne suis qu'employée, au salaire fixe, ne retirant aucun bénéfice de la clientèle, jamais il ne me viendrait à l'idée d'oser tenir de tels propos face aux clients.  Jamais.

Au fait, j'hésitais, mais maintenant je peux le dire, le magasin s'appelle Totem, il est situé à Jambes.  Et le pire, c'est que j'y retournerai, car ils ont de jolies choses.  C'est bien ça le pire...

16
jui

Faites du shopping, qu’ils disaient…

L'autre jour, je me baladais dans les rues commerçantes de ma petite ville adorée lorsque, flaaaaaaaaaaaaaaaaaaash, coup de foooooooouuuuuuuudre, je repère un magnifique gilet dans une vitrine.  Un gilet fait pour moi, dixit ma « carte des couleurs qui me vont », reçue lors d'une analyse couleurs faite par une pro, dans le but de diminuer ma facture de fringues (quand on connaît ses couleurs, on zappe définitivement les autres), mais qui n'a fait que l'augmenter, tout compte fait (quand on connaît ses couleurs, on n'a pas d'autre choix que de renouveler intégralement sa garde-robe).

Donc, j'ai le coup de foudre pour un gilet estival, court, noué sur le devant.  Et fuchsia.  D'un fuchsia super super fuchsia.  Bien flashy.  Parfait pour moi, je le sens je le sais.

Je m'y vois déjà, adulée et riche vêtue de mon nouveau gilet, que je mettrais sur une tenue toute blanche ou toute noire.  Voire toute grise, why not. Rhaaaa, comme je m'y vois...

Je décide donc d'aller l'essayer.  Aujourd'hui.  (Enfin hier, vu que vous lirez ce billet demain...)

En entrant dans la boutique, la vendeuse me salue d'un agréable « bonjour » plein de soleil.  Je ne l'avais pas vue, occupée qu'elle était à ranger des vêtements.  Ou plutôt, je l'avais vue, mais l'avais prise pour une autre cliente.  Elle annonce à la criée une réduction de jenesaispluscombiendepourcent.  Peu importe, je suis prête à payer le prix plein pour le gilet de ma vie, pardi.

Je me mets donc à arpenter le magasin à la recherche de mon gilet.  Je le trouve en beige.  Je le trouve en bleu.  Je le trouve en lilas.  Mais je ne le trouve pas en fuchsia, damned.

Je m'approche alors de la vendeuse, revenue à son comptoir, et l'interroge « vous n'avez plus le gilet rose de la vitrine ? »

Et elle de me répondre « si, il en reste un » (mon cœur fait des bonds de joie dans ma poitrine : « un, c'est parfait, il m'en faut un »).  Et d'ajouter « il est là-bas », en me montrant le gilet lilas (mon cœur se met à pleurer des larmes de sang).

La vendeuse se dirige vers le gilet lilas, tandis que je lui demande si c'est bien le même coloris, car celui de la vitrine me semble bien plus rose.  Rose plutôt que mauve, quoi.  Elle saisit le gilet lilas, se dirige vers la vitrine d'un pas assuré, tandis que je marmonne quelque chose sur mon doute à propos des couleurs qui ne sont pas, d'après moi, similaires.  Une fois devant la vitrine, elle ajoute « en effet, ce n'est pas la même couleur ».  Ben ça, je le savais moi être myope, mais moi pas être daltonienne hein.

Puis détache l'épée de Damoclès qui était suspendue au-dessus de ma tête et que je sentais me frôler la chevelure, en concluant « il ne me reste que celui de la vitrine et (voix sèche et irrévocable, ne laissant planer aucun doute sur l'issue de la conversation) je ne vais pas défaire ma vitrine maintenant ».  Adios son sourire plein de soleil, bonjour l'air renfrogné synonyme de « elle fait chier cette cliente à vouloir justement CE gilet ».

Bon.  Soit.  Je me tais.  Je la ferme. Et je sors du magasin, aussi penaude qu'un chien pris en flagrant délit de vol de saucisses.  Je lance un vague « au revoir », toujours sous le choc.  Pas le choc de ne pas ressortir avec le gilet de ma vie.  Le choc d'avoir été traitée de la sorte.  Comme une merde, pour parler crûment.

C'est bien vrai ce qu'on dit, que les commerçants namurois ont tout sauf le sens du commerce.

Et de me demander pourquoi j'ai pas argumenté « OK OK, restez calme, là, respirez lentement, je comprends que vous ne vouliez pas défaire votre vitrine MAINTENANT, mais quand la déferez-vous, juste pour information ?  Et une option sur le gilet une fois la vitrine défaite, y'a moyen ?  Et si je double le prix du gilet ? Vous comptez le vendre en quelle année exactement ? Je peux déjà le réserver pour 2015 ? »  Passque bon, les vitrines, ça sert à montrer les marchandises, mais quand les marchandises dans la vitrine sont le dernier exemplaire disponible, on les y laisse pour les jeter quand l'automne pointe le bout de son nez alors ???  Moi pas vraiment comprendre les règles...

Et le pire dans tout ça, c'est que j'ai cherché sur internet, ce magasin a des petits frères partout en Gelbique.  Donc, si ça tombe, avec un peu de bonne volonté, la vendeuse aurait pu me le trouver ailleurs et le faire rapatrier, si elle était trop fade ou trop respectueuse d'un règlement quelconque pour aller dans la vitrine.  Pffff.

Bon, je vous laisse, je m'en vais entamer ma période de deuil.

WANTED : gilet rose fuchsia à nouer sur le devant, pitiéééééééééééééééé...

PS : le nom du magasin ? Nooooon, je ne peux... vous insistez ?

 

21
oct

Quelle vie trépidante et pleine de risques !

L'autre jour, j'ai pris une décision.  Une fameuse décision.  Le genre de décision qui chamboule toute une vie et qui fait que plus jamais, mais vraiment plus jamais, elle ne sera comme auparavant.

Une décision irrévocable, qui allait transformer mon existence à tout jamais, j'en étais persuadée.

Accrochez-vous, car je ne l'ai pas prise à la légère, cette décision.

Il m'aura fallu plus de trente ans pour la prendre.

J'ai décidé de m'acheter des draps en flanelle.  Enfin une housse de couette en flanelle, passque chuis moderne moi, j'ai des couettes dans ma vie depuis mon adolescence, et j'ai jamais aimé les draps qui se chiffonnent et les couvertures qui grattent, moi, ma bonne Dame.

Après des années dans des draps (enfin des housses de couette) en coton ou mixtes (c'est ma môman qui m'avait prétendu que le coton pur ça rétrécit et que je devais acheter du mixte, mais j'ai pas obtempéré souvent et j'ai aussi acheté du coton qui n'a pas rétréci, na), après des tas d'hiver à grelotter lorsque je me mets au lit, à attendre patiemment, roulée en boule, que les draps en coton ou mixtes se réchauffent un peu (si peu), j'ai franchi le cap fatidique.

Oui, fatidique.

Car, pour moi, dormir dans de la flanelle, c'était digne des grands-mères, des Popek en caleçons molletonnés ou des petits enfants frileux.  Pas des Bridget Jones en herbe telle que moi.

Mais je vieillis... je me transforme inexorablement en grand-mère (sans petits-enfants, la grand-mère, mais soit).  Et j'ai eu envie de flanelle.

J'ai donc enquêté autour de moi, pour réaliser que tout le monde, quasi sans exception, jeune ou pas, hommes ou femmes, passe ses hivers dans de la flanelle.  Apparemment je suis le seul spécimen sur terre, ou du moins dans la partie de la terre oùsque les hivers sont un tantinet froids, à prendre le risque de dormir dans du coton ou du mixte d'octobre à février.

Donc, l'autre jour, chuis partie flaneller (néologisme signifiant « flâner à la recherche de draps en flanelle ») en ville.

Et j'ai trouvé une jolie parure en flanelle.  Je voulais du bordeaux, j'ai pris du gris, y'avait que ça.  Je tenterai de trouver une parure bordeaux prochainement (si vous en repérez, prière de m'avertir rapido presto, merci ô chers lecteurs adorés).

A peine rentrée, j'ai descendu ma couette d'hiver, la big méga grande de 2,2 m sur 2,4 m, la big méga épaisse et la big méga lourde, et j'ai tout installé sur mon petit lit étroit pour amoureux transis (ou célibataire endurcie).  Ce ne fut pas une mince affaire, car la flanelle, ça accroche, ça glisse pas comme du satin, et faire entrer cette couette épaisse et grande comme deux terrains de foot dans une housse, c'est jamais la joie, mais dans une housse en flanelle, c'est encore moins joyeux je vous le dis.

Après deux heures d'efforts et trois douches, j'avais enfin mon joli lit tout en flanelle.

Et ben franchement, je me demande comment j'ai pu faire durant tant d'années dans du coton ou du mixte.  Keske c'est confortable.  Keske c'est chaud.  Keske ça donne envie de plus bouger de tout le WE, cette flanelle...  Le bonheur.  Le vrai.  Le vrai de vrai.  Même que j'ai bien envie de choper une chtite mononucléose pour squatter le lit durant quelques semaines, et profiter de ma flanelle, rattraper le temps perdu...

Voilà, c'était l'épisode « Anaïs découvre la flanelle ».

Je sais que ça vous a passionnés.

Vous me direz, pourquoi ce titre, Anaïs, « une vie trépidante et pleine de risques ».

Passqu'il paraît que la flanelle sans séchoir électrique, c'est l'enfer, ça pue l'humidité si ça sèche trop longtemps, trop lentement, ça pue l'écharpe en lapin toute humide que j'ai essayée sur le marché l'autre jour même que j'ai failli dégobiller, ça pue l'haleine de Gaston, l'ignoble chien qui pue, pète et ronfle (enfin qui puait, pétait et ronflait, paix à son âme, il le fait désormais au paradis des chiens, Gaston, ce chien si attachant malgré tout).

Et j'ai pas de séchoir électrique moi, rien qu'un séchoir « tour » qui sèche vraiment pas vite dans mon living glacial. 

Voilà pourquoi ma vie est trépidante et pleine de risques... promis, je vous raconterai la façon dont mes draps en flanelle sèchent, odeur comprise, je suis convaincue que ça va vous passionner.

7
sep

Mission Pataugas

Cette année, contrairement aux années qui précèdent, j'ai décidé de casser ma tirelire et de m'offrir des bottes.

Pas n'importe quelles bottes.

Des bottes Pataugas.

Oui, en effet, je l'admets, il s'agit bel et bien de casser ma tirelire...

Mais ça fait des années que je bave devant, et j'en veux.

J'ai donc arpenté les magasins namurois dès l'arrivée des nouvelles collections.  Et comme par un fait exprès, je trouvais toutes les nouveautés Pataugas sans originalité aucune.  Que du basique pas tentant.

J'ai donc visité le site officiel de Pataugas.  Warning : ne pas visiter ce site après avoir mangé, car le défilé de bottes qu'il propose file une nausée d'enfer, je préfère vous avertir.

Et là : coup de cœur, pour une paire dispo en gris ou noir (et aussi en marron, mais on s'en moque, je porte plus de marron), avec de la fourrure sur le haut, donc parfaite pour les mollets fins que les bottes n'enserrent pas trop.  Le bonheur.  Je veux. Je veux je veux.

Je repars en chasse dans tous les magasins namurois :

- le premier me dit « oh Madame si on devait avoir toutes les paires dispo sur le net, vous pense, nan, la fourrure on n'aura pas »

- le second me dit « oh Madame, avec de la fourrure ça va au moins être 400 zeuros hein, trop cher, on n'aura pas »

- le troisième me dit rien car après avoir scruté la vitrine, j'abandonne

J'abandonne les magasins, mais j'ai perdu une bataille, pas la guerre.

J'arpente alors tous les sites web de Belgique, France et Navarre, afin de trouver MES bottes.  Je les trouve, mais en marron, enfin moka qu'y disent.  Moi je veux noir ou gris, chuis pas difficile, l'un ou l'autre conviendra.  Mais pas moka. 

Dans un élan d'optimisme, quelques jours (et nuits peuplées de cauchemars durant lesquelles des bottes marrons tentent de m'étouffer) plus tard, je me dis que de nouveaux modèles ont dû arriver en vitrine.  Je retourne donc au premier magasin, où je trouve, ô bonheur, MES bottes, mais en moka.  Titchu c'est quoi ce moka qui envahit tout ?  J'entre et les essaie.  Elles sont parfaites.  Jolies.  Souples.  Confortables.  Avec une fourrure sublime (et fausse, of course), qu'on peut déplier pour allonger la botte.  Le bonheur.  Mais moka.  Je demande donc s'ils vont rentrer les mêmes, mais en noir ou gris.  Réponse sèche « non ».  Mais puis-je les croire, vu qu'ils m'avaient déjà dit qu'ils rentreraient pas de Pataugas avec fourrure.  Je demande si je peux les commander, réponse encore plus sèche « non ».  Pas sympa les commerçants de Namur, c'est clair et net.

Voilà donc où j'en suis, aussi bien sur le net que dans les magasins, impossible d'avoir MES bottes, alors que le site officiel les présente pourtant dans trois couleurs. 

Je deviens folle... passque chuis du genre obsessionnée quand je veux quelque chose.

Vie cruelle.

Il me reste donc plus que mes yeux pour pleurer... et pour regarder ces bottes que j'aurai jamais.

PS : j'aime bien aussi l'autre modèle, et si je le trouve, j'achète les deux, na.  Il est dans le premier magasin qui a les moka, mais en doré, à croire que le noir, ils aiment pas, dans ce magasin.  Tchu.  Tchu.  Et tchu.

pataugaspataugasrossini

17
aoû

Acheteuse compulsive de crocs, moi, voyons…

Dans la vie faut jamais dire jamais.

Jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau.

Passqu'y a que les imbéciles qui changent pas d'avis.

Voilà, avec trois citations hyper connues, j'espère avoir situé l'ampleur du drame que je vais vous conter.

A plusieurs reprises, sur ce blog, même si c'était y'a bien longtemps je l'avoue (passque de fidèles anciens lecteurs m'en feront la remarque, c'est clair), j'ai critiqué ces godasses moches à souhait, de coloris criards et de formes aussi féminines que Jane Birkin (pardon pour elle, mais ça rime, et ça colle bien).

J'ai nommé les crocs. 

A leur arrivée sur le marché j'ai failli m'étrangler.  Même si ça me rappelait la jolie paire de sabots bleu marine en cuir que j'avais reçue étant enfant (des vrais sabots avec semelles en bois hein, et avec une lanière déplaçable sur l'avant ou l'arrière - mais j'avais obligation de la mettre sur l'arrière pour bien soutenir mon peton, dixit ma maternelle), j'ai pas aimé.

Même avec les petits strass ou accessoires qu'on pouvait ajouter, j'ai pas aimé.

Même avec des tonnes de couleurs, pour tous les goûts, j'ai pas aimé.

Même avec un modèle plus fin, plus « féminin » (chatouillez-moi que je rigole), j'ai pas aimé.

Même la version hiver avec fourrure incrustée, j'ai pas aimé.

Puis, soudain, en juillet dernier, va savoir pourquoi, va savoir comment, j'ai aimé.

J'ai été contaminée.

Mieux que le virus de la grippe H1N1, le virus crocs, qui croque tout ce qui passe (oui, bon c'est nul je sais).

J'ai donc osé en essayer, d'abord dans le fond d'un magasin Oxfam, qui en détenait une paire blanches/blancs (mâle ou femelle titchu ?), bien « classiques ».  Drame incommensurable : trop petits.  Mon gros orteil, qui a la manie de rebiquer (même qu'un spécialiste du pied a appelé ses confrères pour qu'ils voient ça, car je suis apparemment un cas unique au monde, ça me fait une belle jambe...), il était tout racrapoté dans le fond, le pauvre.  Et moi, comme ma maman m'a dit « mets bien la lanière à l'arrière », ben je mets la lanière à l'arrière, et mon orteil il aime pas ça.

Ensuite, j'ai essayé dans un magasin pour fous de jardin, une jardinerie ça s'appelle.  On y trouve des plantes, des trucs pour animaux domestiques, du matos pour tuer l'oïdium qui a attaqué mon chèvrefeuille (et qui a juste tué mon portefeuille, car l'oïdium continue à tuer mon chèvrefeuille), et des crocs.  Enfin des imitations.  Rebelote niveau gros orteil : la godasse est trop petite, ou trop grande, au choix.  Cette manie aussi de mettre plusieurs pointures en une seule : 37-38, 39-40.  Ben non ! Soyez précis, ô fabricants.

Enfin, j'ai tenté le magasin de chaussures.  Au diable le ridicule.  Et j'ai tenté les vrai(e)s Crocs.  Vrai(e)s de vrai(e)s.  Et chères de chères, ou chers de chers, au choix.  J'ai essayé les deux modèles : le sabot, et le modèle plus fin, avec deux brides.  En vain.  J'ai dû tirer un trait sur mon rêve à peine éclos.  Il était écrit que mes petons et les crocs étaient incompatibles.

Jusqu'à ce que...

Un jour de marché...

Je découvre un stand de vingt mètres de long remplis de dizaines de milliers (de milliards ?) de paires de crocs, enfin des imitations.  De toutes les couleurs.  De tous les modèles.  De toutes les pointures.

Je suis d'un coup d'un seul devenue Alice au Pays des Merveilles.  Un enfant dans un magasin de jouets.  Un serpent face à une dizaine de souris blanches.  Le bonheur.

Une demi-heure d'essayages plus tard, dont je vous passe les détails, car ce fut épique, par une chaleur folle, moi déambulant le long du stand pour voir si je parvenais à marcher avec ces drôles de godasses, moi testant tous les coloris et tous les modèles, moi m'extasiant sur la beauté de cette chose que j'ai tellement décriée), donc une demi-heure plus tard, j'étais deviendue l'heureuse propriétaire non pas d'une, non pas de deux, mais de trois paires de savates.

Et bien, on est dedans comme dans des pantouf', croyez-moi !  Et paraît que dans les vrai(e)s de vrai(e)s, c'est encore mieux.  Des pantouf'.  Bon, je l'admets, par températures caniculaires, je sue un peu beaucoup, mais keske c'est confortable.

Comment ai-je pu vivre tant d'années sans ?  Je vous le demande.

Allez, je vous les présente : les noires avec fraises, les roses avec strass et les vertes avec strass amovibles.  Qué bonheur hein !  Tout ça pour 5 eur la paire, odeur de caoutchouc incluse.

crocs