26
nov

Vais-je devoir me passer à tout jamais d'écharpes Strelli ?

Rien n'est sûr actuellement, mais ce qui l'est c'est que l'entreprise va mal, que le chiffre d'affaires est en baisse et les pertes en hausse.

Faudrait peut-être songer à créer des groupes thérapeutiques pour les addicts tels que moi, passque ça va être galère...

Me demande si je devrais pas dévaliser toute la collection, en prévision des années de vaches maigres après la disparition de la marque, d'autant qu'après, ce seront des collectors, que les fans s'arracheront... ou m'arracheront au cou.

Diantre, mon avenir de fan d'écharpes Strelli s'annonce lugubre.

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11
nov

Petite leçon de serial shopping by Anaïs

Aujourd’hui, je vais vous donner une petite leçon. Une petite leçon d’économie.  Pas l’économie au sens large hein (vous m’avez déjà bien regardée ?), mais d’économie au sens faire des économies, gagner du flouze, faire des affaires.

J’ai une petite grosse manie, celle d’être obsessionnée par le gratuit, j’adooore ça.  C’est tellement bon de manger du gratuit, de se laver avec du gratuit et de nettoyer son intérieur, une fois l’an, avec du gratuit.  J’ai fait des adeptes parmi mes collègues, qui furent difficiles à convaincre, surtout Mostek, et maintenant je tente de convaincre mes amies, tant qu’à faire.

En ce samedi matin de novembre (30 octobre, en fait, mais vu la noirceur du ciel, les feuilles mortes et la pluie qui mouille, on se croirait déjà en novembre : un vrai temps pourri de Toussaint déprimante), je fais la grasse mat en matant un reste de Secret Story qui traîne sur une vieille cassette, un épisode dans lequel Josiane est encore présent(e), c’est dire.  Je zappe ensuite sur deux vieux épisodes de Mentaliste (rhaaaaaaaaaaaaaaaaa, Jaaaaaaaaaaaaaaaaaaane, je l’aime d’amour, il me fait un effet dingue, là, en bas, dans le bidou, cet acteur si craquaaaaaaaaaaaaaaaaaant que je ne regarde pourtant pas en streaming, lui, bizarre, il s’ajouterait bien aux bellâtres aussi…). 

J’hésite entre rester en pyjama toute la journée vautrée sur mon canapé à regarder des séries ou prendre une bonne douche puis me vautrer sur mon canapé et regarder des séries.  Même résultat donc, odeurs en moins. 

J’opte pour la première solution, et, une fois sous ma douche, je me souviens soudain que j’ai dans mon portefeuille un bon pour un dentifrice gratuit chez Di, valable uniquement ce jour et JUSQU'A EPUISEMENT DU STOCK.  Diantre, j’aurais dû faire sonner mon réveil et être au magasin deux heures avant l’ouverture, comme lors de la sortie des Harry Potter, mais j’ai oublié.  Alors, je termine ma douche, je m’habille et je me précipite vers mon Di.

Là, j’y trouve un dentifrice, ouf, il en restait, je suis sauvée, je ne pleurerai pas toute la journée de désespoir.  Passque c’est un dentifrice qui rend les dents blanches dès la première application, qu’y disent.  Attention, bientôt, quand je sourirai, ben on me verra de la lune, je vous le dis.

Une fois à la caisse, je me transforme en gentille petite namuroise qui conseille ses compatriotes : et d’indiquer à une gentille dame où se trouvent les autres dentifrices, et de conseiller à une autre gentille dame désespérée de ne pas avoir reçu le bon dans sa boîte de le découper, là, sur le folder de la caisse, vous voyez, sous le regard un brin courroucé de la vendeuse qui ne répond pas à mon « je me mêle de ce qui ne me regarde pas ? » hilare.

Et puis je repars vers Point Carré, magasin diabolique plein de jolies choses où je ferais mieux de ne jamais entrer mais où j’ai repéré un superbe manteau en vitrine.   

Je sais, je sais, je ferais mieux de rentrer tout droit, dans détour, mais je ne peux.  Une fois vu, une fois connu, il me faut l’essayer.  Alors j’entre.  Et j’essaie.  Et j’achète.  Ben oui quoi, que voulez-vous, je reste une faible femme envers et contre tout.  Et puis la vendeuse est hyper sympa et souriante (ça change de celle du magasin quasiment situé à équidistance de celui-ci, où j’attends toujours qu’on m’appelle pour le gilet fuchsia qui me faisait de l’œil, j’ai nommé Totem et son abominable vendeuse des neiges), elle découvre que j’étais sa voisine jusqu’à il y a peu et on taille une petite bavette, et la responsable, enfin celle qui a l’air de l’être, hyper sympa aussi, elle met mon Jimmy en lieu sûr durant mon essayage (Jimmy, pour rappel, c’est mon caddie de courses, vu qu’entre-temps suis allée à Delhééééés chercher diverses choses ainsi que mon jus d’orange Tropicana hometruc gratuit grâce à un bon obtenu via le net – on ne se refait pas ma bonne dame), me propose deux fois son aide.  Elles sont cools les vendeuses, et ça mérite d’être noté.  Et elles ont raison : avec un temps pareil y’a qu’une chose à faire, dépenser ses sous et se faire plaisir.  Et elles ont aussi raison de m’inviter à revenir, vu que dans un mois c’est mon anniversaire et que j’aurai un super bon de réduction, et puis la marque de mon manteau (je suis grillée, je dis déjà MON manteau), elle fait plein de jolies tuniques hyper chouettes, du genre dont je suis friande, mais à des prix tout de même trop trop trop élevés, dommage.  Bref, c’est chouette l’ambiance de ce magasin.  Que du bonheur.  Bonheur que je conclus en m’offrant ce superbe manteau.  Et voilà comment en partant chercher un dentifrice et un jus de fruit gratos (ainsi que quelques menues choses gustatives), on revient avec un manteau trop beau trop chaud (pure laine), même s’il coûte les yeux de la tronche.

Mais bon, attendez, y’a deux semaines j’ai acheté un canapé en cuir, la semaine dernière une cuisine équipée, alors hein, cet achat, c’est du pipi de canari.  Donc des économies.  En plus j’ai gagné 2 euros sur mon manteau, grâce à un vieux bon qui traînait dans mon portefeuille.  Puis j’ai eu un dentifrice gratuit.  Des économies je vous dis.  CQFD.  Et puis je me demande si je ne pourrais pas le déduire fiscalement, passqu’après tout, ça m’inspire des billets, donc il peut être considéré comme des frais professionnels, ce superbe manteau tout beau, nan ?

 

Illu issue du livre Serial shoppeuse, qui m'a inspiré ce titre, et qui m'a l'air drôlement fun. 

 

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2
jui

Le magasin où il fait bon vivre, j’ai nommé Totem – suite et fin, vraiment fin

Je ne vous l'avais pas dit lors du récit de mes pérégrinations dans ce magasin où le sourire de la vendeuse a été kidnappé par des extra-terrestres repartis à tout jamais sur leur planète, j'avais fait un truc fou. (Pour rappel, début du récit ici suite ici).

Oui, un truc fou.  Je ne vous l'avais pas dit car j'attendais de voir la tournure que prendraient les choses, afin de pouvoir faire mon mea culpa... ou pas.

Donc un truc fou.

Après qu'elle m'ait envoyée bouler quand j'ai oser émettre l'idée d'acheter un gilet en vitrine, d'un grand « je ne vais pas défaire ma vitrine maintenant », tellement glacial que j'en eus des stalactites sur le nez, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai rappelé le magasin.

Là, étonnamment, elle était passable.  Pas aimable hein, faut pas pousser, mais passable.  J'ai donc osé demander « quand comptez-vous défaire votre vitrine, en d'autres termes, quand puis-je repasser acheter le gilet qui me plait ? »

Après quelques longs soupirs, elle a proposé de prendre mon numéro de GSM et de m'avertir lorsque je pourrais venir l'essayer, ajoutant un aimable (si, je vous jure, elle semblait aimable) « où habitez-vous, pas trop loin ? »  Je n'en revenais pas.  Elle a conclu qu'elle m'appellerait la semaine suivante pour m'avertir.  

La semaine suivante, c'était la semaine dernière.

Et aujourd'hui (enfin hier, mais je vous écris hier, donc j'écris "aujourd'hui)", les soldes ont commencé.

Elle ne m'aura jamais appelée.

Le gilet n'est plus en vitrine.

Je suis tellement dégoûtée, que je n'en ai même plus envie.  Enfin si, un peu, mais je n'irai pas m'abaisser à aller mendier un gilet qu'elle aura vendu, la garce immonde.

Je vomis les commerçants du namurois, qui traitent leur clientèle comme une fiente de poule unipatiste (unijambiste pour animaux quoi).

Voilà, c'est dit.

 

 

19
jui

Le magasin où il fait bon vivre (the come back)

Faut croire que je suis maso, mais j'y suis retournée...  dans ce magasin où on n'a pas droit au sourire de la fermière, ni au gilet fuchsia de la vitrine.

J'y suis retournée un peu par hasard.

J'ai la fâcheuse tendance à acheter beaucoup beaucoup (trop) de fringues.  Et parfois (souvent), de ne pas les mettre.

Ainsi, tout à l'heure, me préparant pour un brûlage de shortys, sur le coût de 17 heures (même pas honte, c'est le bonheur d'être célibataire, trainailler devant des DVD, manger, ranger un peu, bosser un peu aussi, écouter de la musique et du piano, tout ça dans un pyjama aussi sexy qu'une bouche de métro, jusqu'à l'heure de la douche), je décide de mettre une tunique mauve achetée y'a... oh ben bien un an je dirais, genre fin de l'été dernier, peut-être même avant, je ne sais plus trop.  Et en l'enfilant, je découvre à quel point elle me sied à merveille. Si, si, je vous jure, pour une fois, je n'ai pas l'air d'un tonneau de bordeaux boulimique.

Et je me souviens que j'ai vu la même tunique, en gris (le gris me va super bien, c'est ma carte de couleurs qui me le dit) pas plus tard que cette semaine, dans un magasin.

Le petit souci c'est que cette semaine, j'ai été victime d'une achetite aiguë, doublée d'une visititedemagasinite chronique.  J'ai donc vu tant de magasins que je ne parviens pas à me souviendre d'où j'ai vu cette merveille grise.

Aaaaaaaaaaaaargh il est l'heure de partir à mon brûlage de strings, suite demain sorry les petits loups, je vous promets, ça sera rigolo (enfin j'espère).

...

 

(suite et fin) Dimanche 8h48, à peine levée, l'esclave Anaïs vous écrit la suite, fou comme je dois être maso pour faire ça au lieu de déguster croissants et chocolat chaud au lit (toute façon, j'ai ni croissants ni chocolat chaud sous la main, ô vie cruelle).

Donc je réfléchis (oui, parfois, je sais le faire, je peux le faire, je le fais).  Au C&A ?  Que nenni.  Dans ce magasin oùsqu'on vend plein de jolies choses, là, dans le bas de la ville ?  Que nenni.  Chez ce paki où j'ai fait une razzia sur les pantalons en lin ?  Que nenni.  Dans ce magasin de lingerie où j'ai tenté un lifting de loches ?  Que nenni.  A l'Inno ?  Que nenni.

Et l'euro tombe : c'est dans le magasin au gilet fuchsia.  Horreur glauque et putréfaction puante.

Il est 17h25, j'y fonce, j'y cours, j'y vole, passque je me souviens qu'ils y font des réductions.  Jusqu'à aujourd'hui seulement, faut en profiter.  Et passque, quelle que soit l'heure, je sais que j'y serai accueillie comme une princesse à la recherche d'une robe de bal.  Sauf que le magasin ferme à 18 heures, cours ma petite Anaïs, sinon tu te transformeras en crapaud Cendrillon (faut que je révise mes classiques).

J'arrive un quart d'heure avant la fermeture.  Mon gilet fuchsia est toujours en vitrine, je me dis que j'en profiterai pour rappeler qu'il m'intéresse... Il est à 30 % de réduction en plus... mais uniquement jusque 18 heures, nom d'une petite pipe en plâtre.

J'entre, la vendeuse, la même que la première fois, est occupée dans la vitrine.  Pas un bonjour.  Je n'en espérais pas tant.

Je me rue sur ma future tunique grise, puis dans une cabine d'essayage, gentiment libérée par une toute jeune femme en recherche d'une tenue de bal, qui rejoint son amie, tout aussi jeune et tout autant à la recherche d'une tenue de bal.  Merci les gentilles jeunes femmes.

J'essaie, j'adopte, emballé c'est pesé.  Je vais à la caisse.  Et j'attends...

Car notre adorable et souriante vendeuse rôde dans les rayons, téléphone à l'oreille.  Je décide de rôder alors autour d'elle, portefeuille en main, pour lui faire comprendre.  Il est 17h55.  Elle me repère et me précède à la caisse, sans un bonjour, sans un mot, toujours plongée dans une conversation qui n'a rien de professionnel.  Sa voix est haut perchée et j'ai comme la vague (ou plutôt l'énorme) impression de déranger.  Je décide de ne pas prononcer le moindre mot si elle fait de même, moi qui suis pourtant adepte des "merci", "bonjour", "bonne journée", "au revoir" et autres politesses devenues ici totalement inconnues.  Elle converse encore et encore, tout en calculant la réduction à laquelle j'ai droit.  A aucun moment elle ne m'annonce le prix, se contentant, après un temps fou, de me dire, d'une voix aussi agréable que celle de la Reine qui découvre avec effroi que Blanche-Neige est plus belle qu'elle, dixit le miroir, "vous pouvez mettre votre carte". Après un temps fou, car couper une étiquette, faire un calcul sur une machine, en indiquer le résultat sur ladite étiquette et plier mettre en boule une tunique dans un sac, tout cela de la main droite, en tenant un téléphone de la main gauche et en concentrant son neurone sur une conversation visant à déterminer le programme du soir, ça prend du temps. 

N'estimant pas ce "vous pouvez mettre votre carte" comme une conversation normale entre une vendeuse et une cliente, je zappe les politesses, moi aussi, et je glisse ma carte, puis paie.  Et là, un sursaut de normalité chez ladite vendeuse, qui vient de raccrocher (ceci expliquant sans doute cela) et, ayant retrouvé la parole, me tend le sac contenant ma boulette de tunique en me disant "voilà Madame, au revoir".  AU REVOIR.  Elle sait.  Elle a appris.  Elle n'ignorait pas.  Alléluia.  Je retrouve instantanément la parole et la politesse, moi aussi, rassérénée par cet élan soudain de gentillesse extrême (ben si, pour elle, dire au revoir, c'est l'extrême politesse, m'enfin).  Je sors, elle me suit en me disant, d'une voix à nouveau identique à celle de la Reine qui découvre ... (vous connaissez désormais la suite) : "pfffffffff, j'en ai ras-le-bol, je voudrais fermer le magasin".  Et moi, outrée par de tels propos, je regarde ma montre, 17h59, et, malgré mon estomacation (comment dit-on "le fait d'être estomaquée" ????) face à une telle attitude, je la rassure d'un "pile à l'heure, je m'en vais".  Auquel elle ajoute, dans un nouveau soupir "il en reste d'autres...", montrant de la tête les deux jeunes femmes toujours dans leurs robes de bal.  Je lui adresse un dernier sourire et m'en vais acheter une fleur, qui au moins, elle, si elle n'a pas la parole, sentira bon et sera comme un sourire dans ma vie.

J'avais un doute, j'en suis maintenant persuadée : cette vendeuse n'est pas gérante, ce ne peut être possible autrement.  Une gérante chouchoute ses clients, elle les aime, elle les regarde comme des coffres-forts potentiels, comme des fournisseurs de tiroir-caisse plein à craquer.  Une vendeuse attend 18 heures.

Mais moi, au bureau, même si je ne suis qu'employée, au salaire fixe, ne retirant aucun bénéfice de la clientèle, jamais il ne me viendrait à l'idée d'oser tenir de tels propos face aux clients.  Jamais.

Au fait, j'hésitais, mais maintenant je peux le dire, le magasin s'appelle Totem, il est situé à Jambes.  Et le pire, c'est que j'y retournerai, car ils ont de jolies choses.  C'est bien ça le pire...

16
jui

Faites du shopping, qu’ils disaient…

L'autre jour, je me baladais dans les rues commerçantes de ma petite ville adorée lorsque, flaaaaaaaaaaaaaaaaaaash, coup de foooooooouuuuuuuudre, je repère un magnifique gilet dans une vitrine.  Un gilet fait pour moi, dixit ma « carte des couleurs qui me vont », reçue lors d'une analyse couleurs faite par une pro, dans le but de diminuer ma facture de fringues (quand on connaît ses couleurs, on zappe définitivement les autres), mais qui n'a fait que l'augmenter, tout compte fait (quand on connaît ses couleurs, on n'a pas d'autre choix que de renouveler intégralement sa garde-robe).

Donc, j'ai le coup de foudre pour un gilet estival, court, noué sur le devant.  Et fuchsia.  D'un fuchsia super super fuchsia.  Bien flashy.  Parfait pour moi, je le sens je le sais.

Je m'y vois déjà, adulée et riche vêtue de mon nouveau gilet, que je mettrais sur une tenue toute blanche ou toute noire.  Voire toute grise, why not. Rhaaaa, comme je m'y vois...

Je décide donc d'aller l'essayer.  Aujourd'hui.  (Enfin hier, vu que vous lirez ce billet demain...)

En entrant dans la boutique, la vendeuse me salue d'un agréable « bonjour » plein de soleil.  Je ne l'avais pas vue, occupée qu'elle était à ranger des vêtements.  Ou plutôt, je l'avais vue, mais l'avais prise pour une autre cliente.  Elle annonce à la criée une réduction de jenesaispluscombiendepourcent.  Peu importe, je suis prête à payer le prix plein pour le gilet de ma vie, pardi.

Je me mets donc à arpenter le magasin à la recherche de mon gilet.  Je le trouve en beige.  Je le trouve en bleu.  Je le trouve en lilas.  Mais je ne le trouve pas en fuchsia, damned.

Je m'approche alors de la vendeuse, revenue à son comptoir, et l'interroge « vous n'avez plus le gilet rose de la vitrine ? »

Et elle de me répondre « si, il en reste un » (mon cœur fait des bonds de joie dans ma poitrine : « un, c'est parfait, il m'en faut un »).  Et d'ajouter « il est là-bas », en me montrant le gilet lilas (mon cœur se met à pleurer des larmes de sang).

La vendeuse se dirige vers le gilet lilas, tandis que je lui demande si c'est bien le même coloris, car celui de la vitrine me semble bien plus rose.  Rose plutôt que mauve, quoi.  Elle saisit le gilet lilas, se dirige vers la vitrine d'un pas assuré, tandis que je marmonne quelque chose sur mon doute à propos des couleurs qui ne sont pas, d'après moi, similaires.  Une fois devant la vitrine, elle ajoute « en effet, ce n'est pas la même couleur ».  Ben ça, je le savais moi être myope, mais moi pas être daltonienne hein.

Puis détache l'épée de Damoclès qui était suspendue au-dessus de ma tête et que je sentais me frôler la chevelure, en concluant « il ne me reste que celui de la vitrine et (voix sèche et irrévocable, ne laissant planer aucun doute sur l'issue de la conversation) je ne vais pas défaire ma vitrine maintenant ».  Adios son sourire plein de soleil, bonjour l'air renfrogné synonyme de « elle fait chier cette cliente à vouloir justement CE gilet ».

Bon.  Soit.  Je me tais.  Je la ferme. Et je sors du magasin, aussi penaude qu'un chien pris en flagrant délit de vol de saucisses.  Je lance un vague « au revoir », toujours sous le choc.  Pas le choc de ne pas ressortir avec le gilet de ma vie.  Le choc d'avoir été traitée de la sorte.  Comme une merde, pour parler crûment.

C'est bien vrai ce qu'on dit, que les commerçants namurois ont tout sauf le sens du commerce.

Et de me demander pourquoi j'ai pas argumenté « OK OK, restez calme, là, respirez lentement, je comprends que vous ne vouliez pas défaire votre vitrine MAINTENANT, mais quand la déferez-vous, juste pour information ?  Et une option sur le gilet une fois la vitrine défaite, y'a moyen ?  Et si je double le prix du gilet ? Vous comptez le vendre en quelle année exactement ? Je peux déjà le réserver pour 2015 ? »  Passque bon, les vitrines, ça sert à montrer les marchandises, mais quand les marchandises dans la vitrine sont le dernier exemplaire disponible, on les y laisse pour les jeter quand l'automne pointe le bout de son nez alors ???  Moi pas vraiment comprendre les règles...

Et le pire dans tout ça, c'est que j'ai cherché sur internet, ce magasin a des petits frères partout en Gelbique.  Donc, si ça tombe, avec un peu de bonne volonté, la vendeuse aurait pu me le trouver ailleurs et le faire rapatrier, si elle était trop fade ou trop respectueuse d'un règlement quelconque pour aller dans la vitrine.  Pffff.

Bon, je vous laisse, je m'en vais entamer ma période de deuil.

WANTED : gilet rose fuchsia à nouer sur le devant, pitiéééééééééééééééé...

PS : le nom du magasin ? Nooooon, je ne peux... vous insistez ?