19
mai

Mémoire enfouie, mémoire enfuie

Vous ne trouvez pas que ce titre de billet sonne comme un roman à l’eau de rose, un roman où notre héroïne aurait enfoui, tout au fond d’elle, des souvenirs cruels, qu’elle tenterait par tous les moyens de rattraper.  Elle voudrait retrouver sa mémoire enfuie, et elle y parviendrait grâce à l’aide d’un prince presque charmant, ils se marieraient et auraient beaucoup d’enfants.

Et bien vous voyez, ce n’est absolument pas de cela dont il s’agit.

Je l’ai déjà dit, Marie Laforêt a bercé mon enfance.  Pour certains, c’est Johnny, pour d’autres Cloclo, pour d’autres encore Elvis, moi c’est Marie.

Mais vous n’imaginez peut-être pas à quel point.  Durant des mois, des années, des soirées entières, je m’endormais, dans mon petit lit une personne, avec mon tourne-disques (que celui qui pense « hein, tu as connu les tourne-disques ? » tourne sept fois sa langue dans sa bouche, s’il ne veut pas avoir mes cinq marionnettes dans son théâtre – copyright mes collègues qui m’ont appris cette expression made by trucmachin), donc avec mon tourne-disque derrière la tête.  Et, mois après mois, année après année, soirée après soirée, j’écoutais inlassablement deux doubles albums de Marie.  Mais vraiment inlassablement.

Au point que, et vous devez connaître ce phénomène qui se produit avec tout album écouté en boucle, dès les dernières notes d’une chanson, je connaissais les premières notes de la suivante.  Vous avez ça aussi, hein, vous ?  Moi j’ai ça souvent, actuellement, mais j’imagine que les disques de Marie furent ma première expérience du genre.

Depuis l’enfance donc, je n’ai plus jamais réécouté ces 33 tours, ou alors vraiment occasionnellement.  J’ai donc acheté un quadruple CD de Marie, reprenant ses succès, dont une majorité figurait sur lesdits 33 tours, mais pas tous, tout en proposant des morceaux que je ne connaissais pas.  Jolis morceaux.

Mais, inévitablement, à chaque écoute de ces quatre CD, lorsqu’arrive la fin d’un morceau, je connais le suivant.  Inévitablement, cela ne correspond pas.  Horripilant.  Frustrant.  Exaspérant.  Et puis étonnant, tant d’années plus tard, alors que je n’ai plus jamais réécouté ces vinyles, de toujours avoir cela dans le fond de ma mémoire.  Sans oublier les paroles, jamais oubliées non plus, malgré le silence absolu durant quelques décennies.  Le cerveau est bien étrange et performant, ma bonne Dame.

Et puis, en 2009, j’ai hérité d’un double CD de Marie, que je ne connaissais pas.  Je l’ai pieusement rangé sans l’écouter.

Je l’ai retrouvé récemment, je l’ai posé près de ma chaine hi-fi, à nouveau sans l’écouter.

Puis tout à l’heure, j’ai décidé d’écouter ce double CD.

Et, inévitablement (bis), à la fin de chaque morceau, le morceau suivant a surgi dans ma mémoire.  Pif paf pouf, naturellement, comme lorsque j’étais haute comme trois reinettes et que je m’endormais au son de Pegao, de La cavale ou de Henri Paul Jacques ou Lulu.

Mais cette fois, j’étais dans le bon.  Ce double CD est le 33 tours de mon enfance.  Du moins l’un des deux.  La couverture n’a rien à voir.  Le second CD non plus.  Mais c’est bien ça !

Si c’est pas du bonheur, je vous le demande, keske c’est ?

Enfin, je peux réécouter Marie, ma mémoire peut faire des exploits, elle qui n’a rien oublié, le tout sans la frustration de ne pas entendre le morceau attendu.

Du bonheur je vous dis !

Et pour qu’il soit parfait, reste juste à avoir un autre coup de pouce du destin pour avoir l’équivalent du second 33 tours.

Et vous, c’est quoi la musique de votre enfance, celle que votre cerveau n’oubliera jamais, même cinquante ans plus tard ?

24
avr

Dix jours plus tard, enfin !

La chanson est trouvée.

Merci à Fun Radio de n'avoir jamais répondu à ma demande "ckoicetitre" (on se demande à quoi sert ce service, du coup)

Merci à Mostek d'avoir trouvé une chanson qui n'était pas la bonne mais m'a fait chanter quelques notes, qu'elle a reprises en chantant juste.

Merci à Attrap'sushi d'avoir trouvé.

Et voilààààààààààà ma chanson en "oh oh oh oh oh"

 

23
avr

J’ai testé « huit heures en compagnie de Pierre Rapsat »… et plus encore

Tout a commencé vendredi dès l’aube, au bureau, lorsqu’un mail du Soir m’annonçait un CD de « Scala chante Rapsat » offert avec son édition.

Ni une ni deux, je me précipite en librairie pour découvrir « la chose ».  J’aime les chorales, j’aime Rapsat, je ne pourrai qu’aimer une chorale qui chante Rapsat, d’autant que pour la petite histoire, Mostek m’avait proposé d’aller voir Scala au théâtre de Namur en février dernier… bon, finalement, elle s’était trompée, c’était pas Scala, mais une autre chorale, ah ah ah la bonne blague, mais j’y ai cru jusqu’au bout, que je verrais Scala…

Dans la foulée je découvre le triple CD, le livre et le DVD, que j’offre à mon compte en banque, j’en ai déjà parlé, puis je me souviens que le soir, y’a une émission spéciale.

A 20h05 pétantes (prout), je suis devant mon téléviseur, prête à regarder cette émission, dont je décide de lire le résumé dans ma bible Ciné Revue, et là, j’apprends que ce n’est pas une seule émission, mais une big soirée spéciale de la mort qui tue, que La Deux nous a réservée.  Yes.  Bonheur.  Souvenirs.  Emotions.  Nostalgie.  Je prépare mon graveur DVD pour une soirée de folie, histoire de garder tout cela en stock.  C’est une première pour ce graveur acheté en juillet dernier, qui me servait jusqu’alors uniquement de lecteur.

20h05, donc, Aimons les étoiles.  Film inédit biographique, plein d’émotion, comme je m’en doutais, avec les témoignages de ceux qui l’ont connu, dont son épouse et son fils.  Plein de surprises aussi, puisque j’y ai appris une foule de choses, notamment qu’il avait participé à l’Eurovision en 76, que ce concert à Forest auquel j’étais en 86 était une première pour un artiste francophone belge, que Du bleu dans les nuages fut uniquement enregistré sur maquette, pas le temps d’en faire plus, que l’album Dazibao avait été écrit dans l’ignorance de sa maladie, contrairement à ce que je pensais vu les thèmes des chansons… malheureusement prémonitoires.  Très joli moment que ce film, d’autant plus qu’il ne fut pas entrecoupé de publicités, oyé.

21h30. Concert Tous les rêves au Cirque Royal de Bruxelles, capté en 2001, peu de temps avant l’annonce de la maladie.  Superbe, surtout lorsque les cordes s’y mettent.

23h.  Quelque chose en nous de Pierre Rapsat, diffusée en 2007, rassemble à nouveau témoignages touchants, extraits de chansons et anecdotes amusantes.  Poignantes minutes lorsque son neveu chante Du bleu dans les nuages.

00h30. Conviviale poursuite, enregistrée lors de la sortie de Dazibao.  J’ignore s’il se savait malade, mais j’en ai bien l’impression.  Si tel était le cas, grosse bourde de François Pirette qui annonce « c’est lorsqu’on est malade ou très âgé qu’on écrit le mieux ».  Et Rapsat de répondre « je dois avoir écrit un chef d’œuvre alors ».  Glups.

1h30. Scala.  Un documentaire sur la genèse de leur aventure Rapsatienne, sur la naissance de cette chorale.  Sur ces deux frères plein de fougue et de charisme.  Sur la découverte par ces jeunes flamandes de l’existence de ce chanteur wallon dont elles ignoraient tout.  Sur la symbolique de les voir chanter en français.  Sur l’apprentissage difficile des paroles.  Magnifique reportage, même si je lutte contre le sommeil.

2h35.  Concert Passagers de la nuit en hommage à Pierre, donné après son décès.

Il est dans les 4 heures du matin, ces huit heures se terminent.  J’ai peu dormi, je suis imprégnée de tout cela, plus moyen de m’endormir malgré la fatigue.  Je persiste et signe durant tout le week-end en écoutant mes CD, encore et encore, en redécouvrant les paroles de certaines chansons (Judy, Du bleu dans les nuages), le tout dans un mélange d’émotion nostalgique et de bien-être absolu.

14
avr

A la recherche de la chanson qui fait ah ah ah ah

Hier matin dans le bus, j'ai entendu cette chanson, un truc hyper connu, mais j'ignore le titre ou l'interprète, comme d'hab.  Pas grave, je vais me souvenir de l'air et demander à mes collègues, bien plus callées que moi en chansons modernes.

Une fois au bureau, of course, j'ai oublié l'air.  Mais c'est plein de ah ah ah ah ah, vous voyez ?

Non, elles voient pas.  Pas si callées, les filles.

Ce matin 6h17, horreur glauque et putréfaction intense, mon réveil sonne par erreur.  J'analyse la situation pour avoir confirmation qu'on est bien samedi et que c'est une grossière erreur.  ça l'est.  La bonne nouvelle et le hasard fantastique dans ce drame c'est qu'à la radio (fun, because je capte pas contact dans ma chambre) passe ma chanson, siiii, je vous jure.  Et ça fait pas ah ah ah ah ah mais oh oh oh oh oh finalement.

L'animateur dit le nom de l'interprète, que je ne comprends pas, et le titre, que je comprends, un truc anglais, je vais retiendre bien sûr.

Je me rendors jusque 9h17.

A mon réveil, j'ai oublié le titre, tchu.

Mais ça fait ohoho oh oh oh oh oh ohhhhhhhhh ohoho oh oh oh oh oh oh.

Vous connaissez ?  Vous écoutiez fun ce matin à 6h17 ?

 

Edit : bon j'ai trouvé comment savoir : http://www.funradio.be/ctkoi

mais faudra attendre demain...

29
mar

Alors on chante...

Chanson du jour, Melody.

Mais je vous ai fait de nouvelles paroles, plus moins cucul la pralineuneuh :

Plutôt que "y'a pas que les grands qui rêvent, y'a pas que les grands qui ont des sentiments, c'est comme une enfance qui s'achève, dans un océan" ou "je voudrais qu'il m'embrasse sur les lèvres, pas comme une enfant".

Je vous propose "y'a pas que les vieux qui crèvent, y'a pas que les vieux qui perdent toutes leurs dents..."

Pour la suite, vous avez des idées ?