18
fév

Prose ou poésie tout n’est que prétexte (Mylène Farmer)

La Saint-Valentin toujours dans les cœurs, dans les corps et dans les esprits, j’ai une super bonne nouvelle pour vous : j’ai retrouvé mes dizaines de carnets chinois – journaux intimes – recueils de poèmes et de phrases débiles, carnets de photos de mes béguins d’ado. Impossible de tout relire ce dimanche, mais je vous promets des extraits exclusifs dans les mois qui viennent…

Cependant, histoire de rester dans le romantisme, mais surtout de s’en payer une bonne tranche, j’ai décidé de vous livrer, en exclusivité mondiale interplanétaire intersidérale intertoutcequevousvoudrez, mes créations personnelles en matière de poésie à la six-quatre-deux.

Ici, vous pouvez rire à gorge déployée, vous en donner à cœur joie, toute est permis tant je me suis moi-même bidonnée en relisant mes petits écrits d’ado en mal de mâle (PPMM)…

Je prends dont le carnet chinois spécial poésies, citations, jolis textes. Une lecture en diagonale révèle mon état d’esprit déjà hyper positif, style je vois la vie du bon côté, je suis bien dans ma peau, le verre est à moitié plein. Quelques titres au hasard : « tristesse, lassitude, en exil derrière le miroir, il faut vieillir, indifférence, il n’y a pas d’amour heureux, ma dernière pensée sera pour lui », et j’en passe. J’y trouve de jolis textes qui sortent un peu du lot des poésies classiques et archi connues, dont je vous ferai profiter de temps en temps.

En attendant, un peu d’humour… tout en gardant à l’esprit que j’étais très jeune et dotée d’un vocabulaire encore limité.

Poème number one : rédigé pour le cours de français, avec obligation d’utiliser des couleurs...

L’encre de ta vie

J’écris avec l’encre blanche
La neige immaculée
Qui te vit lentement naître
En ce jour de décembre


J’écris avec l’encre verte
La fougue de ton adolescence
Quand tu voulais me conquérir
Moi, et toutes les autres


Avec l’encre rouge, j’écris
La passion qui nous unissait
La vie qui s’offrait
Le bonheur qui nous attendait


J’écris avec l’encre grise
Le temps qui s’écoulait
Inexorablement
Malgré notre amour


J’écris avec l’entre noire
La mort qui vit te prendre
La lueur de terreur
Que je vis dans tes yeux


Et maintenant
Je pose ma plume
Le souvenir
Tel un grand soleil
Illumine ma vie


Magnifique hé ! Bon j’avais 16 ans, faut excuser la platitude de la chose, c’est l’âge qui veut ça. Ceci dit j’avais eu une très bonne note.

Poème number two, écrit à l’époque pour un splendide garçon dont j’étais raide dingue, sans réciprocité, malgré des sources qui m’avaient indiqué le contraire et fait croire en une quelconque possibilité (ben voyons, on ne change pas une équipe qui gagne), j’avais 17 ans et de l’espoir / du désespoir plein la tête.

Un bouquet symbole

De ce bouquet
J’extrais les fleurs une à une
Chaque rose est un baiser
Que j’aimerais te donner
Chacune est la caresse
De tes lèvres sur les miennes
Chacune est le symbole
D’un amour qui n’est pas né


Mais comme une fleur
L’amour un jour se fane
Celui-ci s’en est allé
Et peut-être n’a-t-il jamais existé
Peut-être n’était-ce qu’un rêve
Rêve qui longtemps m’a bercée


Maintenant je reste là
Seule et désillusionnée
Et jamais je ne cesserai de penser
A ce bonheur qui m’a échappé
A ce bouquet qui s’est envolé
Avant que je n’y aie respiré


La fleur de bonheur de mes rêves
A tout jamais se trouve flétrie
Et moi, j’en reste meurtrie


Plus kitchissime que ça tu meurs, mais ça m’a fait un petit pincement en songeant à cette époque… J’en garderai quelque chose : j’ai appris à aimer Depeche Mode durant cette période, ce qu’il aimait, je voulais aimer, et tant mieux, ce fut tout bénéf pour bibi ma bonne dame…

Poème number three, qui date de la même époque, donc sans aucun doute écrit dans les mêmes circonstances dramatiques de l’amour platonique…

Ce soir

Ce soir, je ne dors pas
Je reste là
Etendue
Yeux mi-clos
A espérer un signe de toi


Mais tout espoir est désormais vain
Mon avenir n’est qu’insignifiance
Parce que ce soir, tu m’as échappé


Ce soir, je ne dors pas
Je pense à toi
Ignorant tout de moi
Jamais tu ne connaîtras mon secret
Parce qu’amitié ne peut détruire amour


Ce soir, je ne dors pas
Mais demain est un autre jour
Peut-être la vie sera-t-elle florissante
Peut-être dormirai-je pour toujours


Parce que ce soir
Tout m’échappe


Ouf c’est débordant d’optimisme, ma parole, je respirais vraiment la joie de vivre !

Poème number four (c’est le dernier rassurez-vous) écrit à la suite du number three, donc circonstances identiques, faut croire que seuls les chagrins d’amour m’inspiraient…

Pleurs (le titre est déjà prometteur…)

Je pense à cet homme qui pleure
Sa femme qui l’a quitté l’avant-veille
En lui laissant la corbeille
Des fruits acerbes du malheur


Je pense à cette femme qui pleure
Un amour qui hier s’est envolé
Lui laissant pour unique souvenir
Un horizon de peine et d’amertume


Je pense à cet enfant qui pleure
Une maman qui jamais ne l’a aimé
A l’aube de sa vie
Pour lui, tout est déjà fini


Je pense à toi et je pleure
Sur une vie indigne de tant de malheurs
Plus jamais je ne survivrai
A l’indifférence de ton cœur


Ben, entre nous, celui-là je l’aime encore bien (tant pis j’ose le dire), même s’il est dégoulinant de désespoir… Contrairement à ce que disait Rimbaud, « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », je me trouve vachement sérieuse pour un âge censé être voué à la superficialité et la légèreté…

Voilà donc l’intégralité de mon œuvre. Personne n’a jamais lu ces trucs, à l’exception du premier bien sûr. Gros gâtés ! Si vous insistez fortement, je peux éventuellement envisager de vous écrire quelques petites poésies de mon cru, mais sincèrement, je préfère rester dans mes baffouilles-délires… vous aussi non ?

14
fév

Et en cadeau bonux...

Un autre texte que j'apprécie... (ne me demandez pas de quel endroit il parle, cherchez plutôt en vous à quel endroit vous associez ce texte et vous aurez VOTRE réponse - mon Dieu que philosophe je fais, je m'émeus presque de lire les bêtises que j'écris)

"Pourquoi j'aime cet endroit ? Dans un endroit comme celui-là, à l'écart du monde, un endroit dont la beauté est presque irréelle et où les valeurs humaines sont la mesure de toute chose, on éprouve plus intensément qu'ailleurs la joie d'être vivant."

14
fév

Aimer, aimez !

Malgré mon romantisme exacerbé, je ne suis pas du genre à vous bassiner de poésies dégoulinantes de bons sentiments et mielleuses à en vomir, mais ce texte ci, je l'aime, et quel meilleur jour qu'aujourd'hui (et surtout parce que j'ai pas le temps de vous rédiger une bafouille de circonstance, que je suis au bureau, que je rentre pas chez moi tant que j'ai pas une écharpe strelli au cou, de gré ou de force, que mes réserves de post sont at home...), donc quel meilleur jour pour vous faire partager ce petit moment de grâce...

AIMER, aimer d'amour, aimer avec ferveur

Ignorer le jour que l'on vit, ignorer l'heure

Ne plus savoir pourquoi l'on vit, pourquoi l'on pleure

Aimer à fleur de peau, aimer du fond du cœur

Aimer avec des mots ruisselants de tendresse

Et des regards noyés d'espoirs et de promesses

Brûler les illusions au feu de sa jeunesse

Aimer à chaque instant qui passe, aimer sans cesse

Aimer

Aimer toujours au temps des années sages

Quand les ans se devinent aux rides du visage

Aimer avec bonté, aimer avec courage

Aimer encore au rendez-vous du troisième âge

(auteur inconnu - texte vu dans Flair en l'an de grâce 1989)

 

 

20
jan

Ma fleur préférée

Obispo nous chante les fleurs du bien.Adamo nous chante Fleur.

Les deux font joliment allusion à Baudelaire (et si mes souvenirs sont bons Adamo cite quelques phrases du poème ci-dessous, mais pas réussi à entendre un extrait sur le net pour confirmation – le net n’est pas ma spécialité, mais un jour, je le sais, je serai informatichienne), ce qui me donne un bon prétexte pour vous livrer ma poésie favorite de tous les temps de l’univers par-delà les siècles des siècles amen.

 

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller
là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Baudelaire

 

Au fait ma fleur préférée c’est l’orchidée, mais j’aime aussi les roses.



 

7
jan

Etat d'esprit du moment

Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur

Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrase :
"Elle est bonne ta quiche, amour"
"Mon coeur, passe moi la salade"
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table.

Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !

Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur

C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème pâtissière

"Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?"
"La même chose qu'y a une demie heure... "
"J' t'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas...
Alors j' t'ai rappelé... pour la douzième fois de la journée...
En niquant tout mon forfait...
Mais qu'est ce que tu fais mon adoré ?
Ouais je sais on se voit après...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi... C'est toi ... Bon d'accord je te rappelle... "

Je hais les couples qui se rappellent quand je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur

Anaïs - l'autre (merci oh Paris pour cette info)