10
sep

Rituels gustatifs… la suite

Parce que des rituels gustatifs, j’en ai des tas, et parce qu’une de mes lectrices s’interroge et que je ne peux décemment aller rejoindre mon amant Morphée (je surnomme mon vibro ainsi, c’est plus discret) en la laissant dans l’ignorance, voici un addendum à ce billet publié à l’époque sur Madmoizelle et sur ce blog, « rituels gustatifs » (je vous conseille d’ailleurs de lire d’abord ce long premier billet, histoire de vous mettre dans l’ambiance gourmandise). 

Comment manger un cuberdon ?

D’abord, c’est quoi un cuberdon ?

C’est un chapeau d’arlequin ou de clown triste, rouge plutôt que blanc, et sans les pompons.  

C’est un cône de signalisation, plus dodu, et sans les rayures.

C’est un chapeau de sorcière, à bout arrondi, et sans les mauvais sorts.

C’est un sapin de Noël, tout lisse, et sans les épines.

C’est tout cela, en tout tout petit format.

Et le principal : ça se mange et keske c’est bon.

Comment manger un cuberdon ?

Le tenir par sa base, délicatement, du pouce et de l’index, afin d’éviter qu’il ne s’échappe.  D’un coup de dent, lui ôter sa tête, suffisamment pour y passer le bout de la langue.  Laper ensuite, avec la pointe de ladite langue, le liquide gélatineux, jusqu’à atteindre le fond du cuberdon.  Bien racler les coins, c’est indispensable (si tant est que je puisse appeler le fond d’un cuberdon conique des « coins »).  Dévorer ensuite sa « carapace ».

Ça a quel goût le cuberdon ?

Quelle question ! ça goûte le cuberdon, tiens.

Sauf que de nos jours (y’a plus de respect des traditions, ma bonne dame), on en fait de toutes les couleurs, des mauves à la violette, des verts à la menthe, des jaunes au citron, des noirs à l’anis.  

Mais rien ne vaudra jamais le vrai de vrai.  

Le rouge.  

Au goût de cuberdon.
cuberdoncuberdoncuberdoncuberdon

30
jui

Le virus continue à faire des dégâts

Je vous avais dit que c’était grave, mais c’est encore pire que ce que j’imaginais. Je sens que je vais bientôt abandonner ce blog pour en créer un consacré uniquement à mes recettes de cuisine.

J’ai encore eu une poussée virale ce dimanche. Alors qu’il me restait un bon gros bout de rien de viande, des patates et qu’il me suffisait de cuire quelques zharicots pour faire un succulent repas, j’ai eu une idée lumineuse.

Ouvrant le frigo et y trouvant le reste de saumon fumé (celui qui a servi pour la quiche), j’ai soudainement eu une folle envie de pâtes au saumon fumé…

J’ai les pâtes, j’ai le saumon, j’ai du gruyère. Manquerait bien un peu de crème mais j’ai pas. Je pense alors à une béchamel. Je n’ai bien sûr jamais fait de béchamel de ma vie (enfin pour tout avouer si, une fois, mais avec de la maïzena, un genre de farine qui ne grumelle pas). J’ai du lait, le reste de la bouteille utilisée pour la quiche. Faut trouver de la farine (remarquez que sans en avoir jamais fait, je sais comment la faire, cette béchamel, c’est ça la culture), j’extirpe un vieux sac poussiéreux du fond d’une armoire. Elle ne semble pas à demi dévorée par des cancrelats, des charançons ou des cafards, Alléluia.

Je me lance donc concomitamment dans la cuisson des pâtes et la préparation d’une béchamel. Ça commence mal, très mal, le lait se met à bouillir comme un damné avant même que je n’ai eu le temps d’ouvrir le paquet d’emmenthal. Je verse tant bien que mal un peu de farine, ça fait des bulles de dingue et la farine crame immédiatement en faisant de gros grumeaux bien bruns. Je ne me décourage pas, je rajoute du lait, puis de la farine, puis du gruyère, et je fais pour la première fois usage du batteur magique acheté pour seulement 119,99 eur chez Tupperware y’a quatre ans. Le mélange (ou l’appareil, pour les calées en cuisine) devient un magma épais et informe, une sorte de grumeau géant. Je goûte, c’est… particulier, dirons-nous. Je dirais bien « spécial », mais je connais une cuisinière chevronnée qui risquerait de mal le prendre si elle passait par ici (Mostèk pour ne pas la citer). Je décide de persévérer, je rajoute un peu d’eau et je malaxe durant toute la cuisson des pâtes.

Je mélange ensuite pâtes, béchamel, saumon, je saupoudre du reste d’emmenthal et je m’installe confortablement sur mon canapé…

Verdict : c’est succulent. Franchement. Bon, je n’aurais pas osé le servir à des invités, y’a quand même quelques grumeaux qui subsistent (mais tout petits, et ils ne se percent pas pour déverser de la farine, ouf), mais pour une première béchamel, je suis très très fière de moi. Na.

Et il m’en reste même pour ce midi au bureau, keske je vais me la péter…

Je songe à l’instant que je cuirais bien quelques bouquets de romanesco pour ajouter à mon reste de pâtes…

Ouiiiiiiiin, Jamie Oliver, sors de mon corps.

PS : quelques heures plus tard, j’extirpe une vieille cassette vidéo enregistrée y’a des mois et je l’insère, curieuse, dans le magnétoscope. Verdict : un reportage d’Envoyé Spécial sur une grande école de cuisine française à New-York (qui est le premier Envoyé Spécial de la saison dernière, donc ça a dix mois, c’est dire si la cassette a sagement attendu son tour pour surgir exprès aujourd’hui, où la malédiction Jamie Oliver me guette). C’est viral je vous dis ! L’heure est grave.SPATULE

29
jui

Je dois être atteinte d’une maladie rare et dangereuse

J’ignore ce qui m’arrive, mais tout ce que je sais, c’est que c’est grave, très grave.

Poussée par une force inexplicable, je viens d’aller faire des courses. Mais pas des courses classiques, non. Des courses exceptionnelles.

Pour cuisiner.

Oui, vous avez bien lu.

Cuisiner.

Je comprends votre inquiétude et je la partage. Un virus exotique doit avoir pris possession de mes deux neurones, pour me pousser à agir aussi absurdement. Avoir envie de cuisiner, moi, allons !

Ce n’est pas la première fois que je fais une poussée virale, mais cette fois c’est pire : j’ai envie de cuisiner deux choses, DEUX. Quand je vous disais que c’était grave.

J’ai donc filé faire toutes les courses nécessaires à cette frénésie qui, pour sûr, ne durera pas.

Et j’ai cuisiné (malgré les lourds sous-entendus d’une lectrice de la première heure, qui m’a lâchement accusée de lui mentir lorsque je lui ai révélé l’événement par mail).

D’abord une quiche maison, au saumon fumé et romanesco. Une réussite. Un délice. Avec une petite salade de tomates et concombre saupoudrée de quelques brins de ciboulette du jardin (enfin du pot sur la terrasse). Pour parer à toute éventualité (attaque de pucerons, sécheresse) j’ai acheté un ravier complémentaire de ciboulette, que j’ai finement coupée et placée au congélateur pour les mois d’hiver (je vous répète que ça va mal, très mal). Je ne comprends pas comment les gens (dont je fais partie) peuvent se satisfaire des quiches industrielles alors que les quiches maisons sont tellement excellentes. Depuis plusieurs mois, je fais moi-même mes quiches (je vous le jure), mais c’est ma première quiche saumon-romanesco. Je fais un vœu.

Ensuite, j’entreprends de faire un pain de viande.

Pour ce faire, j’ai acheté, outre la viande (of course), des échalotes. Je suis adepte des petits pots surgelés offrant des échalotes déjà coupées et tout et tout, d’autant que j’en utilise une fois l’an, quand le virus exotique m’attaque. Mais là j’ai voulu faire fort. Des échalotes ! Mes yeux avaient oublié combien elles peuvent faire de la peine, ces petites bêtes là. J’ai souffert, mais souffert. Mais j’ai des échalotes surgelées pour les dix années à venir. Et pour mon pain de viande du jour.

Donc le pain de viande. Comme j’oublie toujours quelque chose dans les ingrédients, cette fois j’ai omis le pain. Qu’importe, je ferai un « rien de viande », c’est aussi bon. Commence alors la partie que je préfère dans le pain/rien de viande (j’en ai déjà fait deux depuis ma naissance, celui-ci sera mon troisième). La partie la plus régressive, un come back fulgurant dans l’enfance : malaxer. Et avec les deux mains, s’il vous plait. Tant pis si tout ce que je touche ensuite reste maculé de petits bouts de pain/rien de viande. Je pétris, j’aime ça. Note pour le prochain pain/rien de viande, dans trois ans : sortir le haché une demi-heure avant l’opération, afin d’éviter d’avoir les doigts bleuis par le froid. Et je pétris, encore et encore. J’adore. Ça sent bon. C’est bon. Une fois l’opération finie, je me délecte des bouts de viande crue sur mes doigts, sous mes ongles (propres, les ongles, au cas zoù vous en douteriez). Quel moment extraordinaire, j’envisage sérieusement d’ouvrir un restaurant spécialisé dans le pain de viande. Vous viendrez, dites ?

J’enfourne la bête, avec l’intention de la dévorer ensuite avec des pommes de terre en chemise, quelques champignons, plein d’échalotes et des haricots vapeur. Un vrai plat de saison.

J’ignore à quel moment cette foutue mouche a été se poser sur le pain/rien de viande, sans doute au moment où je l’ai sorti du four pour vérifier qu’il était bien cuit. Toujours est-il qu’elle est parvenue à se poser dessus, la garce. C’est une malédiction, après mon roastbeef, mon pain/rien de viande. Heureusement, j’ai rouvert le four trois secondes après, et je l’ai vue : elle était posée sur le sommet du pain/rien de viande, en position de ponte. Je connais mal la position de ponte des mouches, mais j’en suis sûre, elle me narguait de ses petits yeux à facettes. Sale charogne, je l’ai exterminée d’un coup sec, envoyant valser un champignon et une échalote dorée par la même occasion. L’animal est mort, le pain/rien de viande est sauf.

Je suis enfin bonne à marier. Faut juste que j’apprenne à mieux surveiller mes mouches.

Le tout est de trouver maintenant le mari idoine…

Merci Flo d'avoir si bien illustré ce moment d'anthologie...maladie_rare_et_dangereuse-1pt





Pour les dubitatifs, une preuve...cuisine

15
jui

Nouveauté nouvellement nouvelle

Je reviens du supermarché. Je déteste aller au supermarché. Je déteste beaucoup de choses : nettoyer, aspirer, balayer, cuisiner, courser, travailler, ranger, astiquer… Mais j’aime beaucoup de choses : surfer (sur le net, vous m’imaginez sur une planche, m’enfin), lecturer (faut bien que ça rime), visionner (la TV), dévéder… Et surtout avoir des idées. Pour l’instant, ma tête est tellement pleine d’idées que je n’en dors plus, y a-t-il un psy dans la salle ?

Bref ,en scrutant mes courses sur le tapis, telle une moule scrutant le plancton, j’ai eu un nouveléclair de lucidité. Je me suis dit : my God Anaïs, tu es vraiment la célibataire type, pas besoin de voir ta bague bleue, on le voit rien qu’à tes courses. C’est pathétique. C’est dramatique. Non, c’est simplement la vie. Ta vie.

Et comme j’adore l’idée de « mon sac de fille », qui existe déjà, ô drame (entre parenthèses mon sac à moi n’est jamais passé sur le site, faut croire que la gestionnaire est soit débordée soit belgophobe – entre autres parenthèses le schmilblick était bien un combiné brosse/miroir, bravo à Alex qui a remporté une photo dédicacée), je lance le concept « mon sac de courses ».

Parce que dans le sac de courses d’une femme (mais aussi dans celui d’un homme, ne sois pas sectaire, Anaïs), on trouve tellement de choses passionnantes et révélatrices…

Bien sûr, je m’y colle en premier en vous révélant le contenu de mes courses pour ce WE.

Si le principe vous tente, mailez-moi sur « anaisnamur at yahoo point fr » une photo de votre sac ainsi que sa description et le lien vers votre blog, le cas échéant. Si j’ai plusieurs inscrits, j’ai l’envie fracassante de créer un blog spécialement dédié à vos sacs de courses… ça va le faire (c’est ma nouvelle expression toute chaude que je sors toutes les 11 minutes 41 secondes). Allez une fois ! Comme si j’avais pas déjà assez de taf. Mais franchement, je suis vraiment très très très tentée par cette expérience sociologique. Et vous ? Bon allez je fonce, tout bien réfléchi. Je le crée, ce concept « mon sac de courses », avant de recevoir vos milliers de mails. Il se trouve ici ! Pitiéééé ne m’abandonnez pas sur ce projet débilo-ridiculo-loufoque.

Voici donc, en exclusivité exclusive et interplanétaire, le sac de courses d’Anaiiiiiiiiis (9 i, c’est ma nouvelle signature, 9 parce que … rien, parce que le hasard m’a fait mettre 9 i lors de mon inscription comme EcriveuZ MadmoiZelle, mais y’a pas de hasard, vous le savez).

Alors, de haut en bas et de gauche à droite, une pizza light pour me donner bonne conscience (mais au vu de sa tête, je vais illico repasser aux pizzas grasses), un sac isotherme inutile mais reçu gratuitement en achetant mes boissons soja, les fameuses boissons soja recommandées par mon docteur Mamour rien qu’à moi que j’aime que j’épouse dès demain s’il divorce, cachés derrière la grosse boîte mauve deux tranches de roast-beef sans œufs de mouches (pour mes fidèles) et un taboulé, dans la grosse boîte mauve des Melo-cakes à déguster selon mon rituel (cet article que j’ai écrit pour MadmoiZelle m’en aura donné une furieuse envie, calorie, calorie, calorie, tire-toi tu m’ennuies), de la lecture belge et française (avec une chouette trousse offerte avec le Femmes d’Auj – comme si j’avais pas déjà assez de brol), de la glace Haagen Dasz en super promo de la mort qui tue (goût praliné & cream, mon préféré), de l’huile d’olive pour cuisiner (oui j’ai bien dit cuisiner, le premier qui rira aura une tapette – c’était en 100 % remboursé, à ne pas manquer), des haricots vapeur pour ma bonne conscience (mais ils sont absolument succulents, je les conseille à toute célibataire avide de légumes mais aussi paresseuse que moi), des saladières au thon, pour essayer vu qu’y en a une gratuite (radine moi, meuh non), des galettes pour le petit déj’ du WE, et, last but not least, des speculoos une fois, on est belge ou on ne l’est pas.

Au suivant…. A la suivante… I’m waiting for your sacs de courses.monsacdecourses

14
jui

Cholesté-drôle

Cholestérol et moi, c’est une grande histoire d’amour. Une longue histoire d’amour. On est inséparables, il s’accroche à mon organisme comme la coquille à son escargot.

Ado déjà, une prise de sang (je trouve ignoble d’infliger une telle torture à une jeune ado frêle et innocente, mais soit) a révélé que Cholestérol avait élu domicile en moi. "Attention mademoiselle", me dit Monsieur Docteur "tu es sur la mauvaise pente, malgré tes 34 kg pour 1m65, si Cholestérol est là, très bientôt il va envahir tes artères, squatter ton cœur, et à toi les joies du quadruple pontage à quarante ans, si du moins tu es toujours en vie et que tu n’as pas été terrassée par un accident vasculaire cérébral." Comment se développer ensuite sainement et sans devenir paranoïaque, en ayant cette épée de Damoclès sur la tête… Merci Monsieur Docteur !

Depuis lors, j'ai grandi et atteint un âge canonique. Enfin, si j'étais top model ou championne de tennis, j'aurais un âge canonique. Mais je ne suis qu'Anaïs, donc mon âge est respectable, juste respectable.

Cholestérol, lui, s'est fait une place tout aussi respectable en moi, et rien n'y fait, il ne part pas. Chaque prise de sang révèle son ampleur, au grand dam de Monsieur Docteur.

J'ai pourtant tout tenté pour échapper à cette escalade diabolique de mon taux de mauvais cholestérol : avaler des petites fioles miraculeuses (2), tartiner mes tartines (ben oui quoi, que voulez-vous qu'on tartine d'autre que des tartines ?) de beurre à puissance magique qui anéantit toute trace de cholestérol (six jours), mettre des cierges à Sainte-Rita, faire des longues marches dynamisantes, supprimer le chocolat, les biscuits, les sauces, les fast food, les boissons sucrées durant une journée par mois. Rien n'y fait.

Et pis de toute façon, Cholestérol c'est pas une affaire d'alimentation, c'est Stress qui est le méchant responsable, nan ?

Et Stress et moi, c’est une grande histoire d’amour. Une longue histoire d’amour. On est inséparables, il s’accroche à mon organisme comme la coquille à son escargot.

Et puis je m'en fiche, na. Je vieillirai toute grasse de l'intérieur, toute bouchée des artères, toute pleine d'AVC, et morte. Na.

Et puis, ce matin, j'apprends de source sûre que Cholestérol ne serait pas un danger, que toutes les théories qu'on nous sert à la louche bien remplie depuis des décennies sont totalement foireuses. J’hésite entre aller trouver illico le Minissss’ de la santé pour lui faire payer ce que j’ai subi depuis tant d’années ou me réjouir et m’empiffrer de graisse pour fêter ça. Allez, je me réjouis…

Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie. Je vieillirai toute grasse de l'intérieur, toute bouchée des artères, toute pleine d'AVC, et vivante. Na.

Je m'en vais de ce pas célébrer cet événement : un big méga burger avec giga portion de frites, mayo bien grasse et un grand Sprite non light, siouplé M'ssieur.

Inspiré du dessin d’Acide que voici, merci Acide (lien à gauche dans les Artisss’).cholesterol