18
sep

Envie de glace

Un soir d'été.  19h.  Petite musique.  Comptine.  Musique de mobile enfantin.  Musique du marchand de glaces.  Je réalise alors que, même si je squatte dans mon chtit appart depuis plusieurs années, jamais je ne suis descendue m'offrir un cornet chez le marchand de glaces ambulant.

Grosse lacune.

J'ai envie d'une glace.

Là.

De suite.

Comme quand j'étais ado, et, qu'avec mes amies du quartier, nous attendions impatiemment Jean-Pierre.  Jean-Pierre était notre grand pote.  Nous faisions la tournée avec lui, chaque soir.  Servions les gourmands.  Et puis je m'offrais une demi-boule chocolat, et une demi-boule banane, avec de la crème fraîche.  Et des copeaux de chocolat.  Tout ça pour le prix d'une boule, il n'était pas regardant Jean-Pierre.  Et il était cool. Et j'adorais servir des glaces aux amateurs, assistée de Jean-Pierre.  Souvenirs souvenirs.

Vu que je suis affalée sur mon canapé, en petite tenue, je cours dare dare dans ma chambre, je plonge dans un jeans, j'enfile un T-shirt, je saute dans mes baskets, j'attrape mon sac, mes clés, et je descends m'offrir une glace.

Tout cela ne m'a pris que quelques secondes à peine, mais la musique s'est éloignée.  Drame international.

Je l'entends encore, dans le lointain.

Alors je sors.  Et, telle Super Jaimie, je tends l'oreille, afin de déterminer son origine.  Douée comme je suis, je m'oriente à l'opposé de l'endroit oùsqu'elle doit être, cette fameuse camionnette, car après cent mètres, je n'entends plus rien.  Rien de rien.

Alors je fais un petit tour du quartier, espérant voir surgir la camionnette magique.  Mais rien.  Nada.  Le désespoir profond.  Et total.  Je m'affale sur un banc.  Durant de longues minutes.  Y'a un peu de soleil.  Et je rêve d'une glace.  Je garde encore l'espoir que le marchand fasse un petit tour pour venir ensuite me proposer ses milles saveurs, juste sous mon nez.

Mais rien n'arrive.  Le pire, c'est que j'entends encore vaguement la musique tant attendue, mais tellement loin qu'il me faudrait une voiture pour sillonner le quartier.

Alors je rentre chez moi, désabusée.

Et je passe la soirée à rêver de la glace que je n'ai pas savourée.

La vie est une lutte quotidienne, et ce soir, j'ai perdu une bataille.

5
sep

L’Ebly à la provençale made by Mostek

Ne vous évanouissez pas.  N'imaginez pas être sur un autre blog.  Ce vendredi est à marquer d'une pierre blanche.  Car ce vendredi, c'est jour de recette.

Je vous l'avais promise.  La voilà.  En exclusivité mondiale.  Vous ne la trouverez que sur ce blog.  Le reste n'est que piètre contrefaçon.

Voici la recette de l'Ebly à la provençale de Mostek.  Un régal régalement régalant.  Un délice délicieusement délicieux.  Un orgasme orgasmement orgasmique.

Ingrédients :

- un poivron jaune

- un poivron rouge

- une aubergine (il s'en est fallu de peu que le nom de ce superbe légume ne me revienne pas, et que Mostek n'appelle une ambulance tant je m'extasiais devant la beauté de cette aubergine, d'une si jolie couleur... aubergine)

- une (petite) courgette du jardin de papa-maman (si vous n'avez pas de jardin ou, pire, pas de papa-maman, une coucourge du magasin fera l'affaire, mais rien ne vaut une courgette du jardin, c'est clair)

- deux tomates

- une boule de mozzarella

- de l'Ebly

- un tas de brol que je citerai au fur et à mesure de la recette, Mostek étant tunée comme une voiture de ronny en matière culinaire

Videz les poivrons après les avoir coupés en deux.  J'ai bien dit en deux, enfin c'est Mostek qui le dit, pas en quatre.  Entreposez-les dans le four à 200° jusqu'à tant qu'ils soient noircis et que la peau boursoufle (excusez le « jusqu'à tant que », je ne fais que répéter les propos de Mostek, je sais elle parle mal la France, mais on l'aime quand même hein).  Pendant ce temps, on n'entend rien de Secret Story, tant ce four fait du bruit (bordel de dieu).

Coupez l'aubergine en rondelles (Mostek exige que j'indique que j'ai confondu l'aubergine et la courgette, ben quoi, ça se ressemble hein), puis chaque rondelle en lamelles, puis chaque lamelle en dés (my god, compliquéééééééééé).  Faites dorer à la poêle avec trois tonnes de matière grasse bien grasse, car c'est bien connu, l'aubergine pompe le gras aussi vite que mes fesses.  N'oubliez pas une gousse d'ail pressée avec un presse-ail.  J'ai reconnu l'ail, Mostek se dit fière de moi, youpiiiie.  Attention ça brûûûle, et Mostek se brûle le doigt sur sa poêle.  (Vous ai-je déjà dit que j'ai un problème avec le mot poêle, je l'écris toujours poëlle, comment ça vous vous en moquez ?)

Mettez la préparation de côté, si possible près de moi passque ça sent divinement bon et que je passe mon temps à renifler tout ça, même que Mostek dit que je vais y faire tomber des Mickeys, vilaine qu'elle est.  Alors que je ne fais que goûter.  Et c'est succulent, l'aubergine à l'ail, aaaaaaaaargh.

Cuisez ensuite, dans la même poêle, la courgette coupée en rondelles, elles-mêmes coupées en quatre (par pitié soyez précis, faites quatre morceaux identiques, c'est plus joli).  Pas d'ail dans la courgette, elle se suffit à elle-même.

A ce moment précis, faites cuire 60 grammes d'Ebly par personne, dans l'eau bouillante.

Coupez une tomate en dés, sans les cuire.  Coupez l'autre tomate en rondelles de 3 mm d'épaisseur, pour la garniture.  Mostek est une artisss', elle fait de l'art avec une tomate, excusez du peu.

Là, les poivrons sont censés être bruns et avec la peau qui se décolle.  S'ils sont noirs comme du charbon, fallait mieux les surveiller ma bonne Dame !  S'ils sont juste à point, sortez-les du four, et mettez-les, deux par deux, enfin deux demis par deux demis, si possible de la même couleur, c'est plus mieux, dans des sacs de congélation.  C'est pour que la condensation fasse décoller la peau, passque la peau c'est indigeste, vous le savez.  Une fois que c'est bien décollé, sortez les demi-poivrons, et déshabillez-les, c'est facile, ça vient tout seul, par contre ça brûle les doigts, je vous préviens.

Pendant que Mostek se brûle les doigts, je continue à me shooter aux aubergines à l'ail.

Ensuite, coupez les poivrons en dés.

Ça vous prendra bien dix minutes, temps précis de la cuisson de l'Ebly, c'est fabuleux.  Egouttez-le, et ajoutez, dans la préparation, une noix de saveur au basilic et huile d'olive (ça doit se trouver dans le commerce, je pense), les dés de poivrons, courgette, aubergine et tomate et du coulis de légumes dénommé Verdurine (une cuillère à soupe - ça doit aussi se trouver dans le commerce, j'imagine), sel et poivre.

Disposez le tout dans un plat pour four.  Déposez ensuite les jolies rondelles de tomate de 3 mm d'épaisseur, tout un art, et ensuite, très important, une grosse boule de mozzarella découpée en tranches.

Enfournez le tout une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la mozzarella soit coulante, un peu dorée, et que votre langue traine par terre d'envie et de gourmandise.

Installez-vous à table.  Sortez le plat du four, avec des maniques, pour éviter l'hôpital.  Enfin l'inverse, sortez le plat, puis installez-vous à table, ce sera plus pratique.

Et dégustez.

Alors, succulent non ?  Et que du bon, ma bonne Dame.  Du bon, du frais, du délicieux. 

Bon appétit. 

PS : peut-être qu'avec une petite centaine de commentaires élogieux, Mostek accepterait de vous proposer une recette par semaine, que j'irais déguster, afin de vous commenter au mieux les instructions.  Meuh non je ne le ferais pas par intérêt, mais dans VOTRE intérêt.

PS 2 : voilà la bête...

ebly

11
aoû

Ma première fraise Tagada

C’est en lisant certains blogs féminins que j’ai découvert combien on pouvait être accro aux fraises Tagada. En faire des orgies. Se consoler le cœur grâce à elles. Or, sauf erreur, et l’erreur est bel et bien possible, je pense n'avoir jamais vu ces fraises dans les rayons de mon supermarché. Je me suis dit que c’était une spécialité française, tout bonnement, comme les melo-cakes (mmmmmmmmhaaaaaaaaaaargh) sont une spécialité belge, une fois.

Et puis chuis allée à Paris. Et presqu’immédiatement, comme un fait exprès, ma copine française Sophie a cité ces mots magiques « fraises Tagada ». Alors, en bon réflexe pavlovien, mes papilles se sont mises en branle et j’ai salivé salivé salivé. Puis j’ai enfin su.

Ce qu’était une fraise Tagada.

Passque moi, je pensais que ce pût être une fraise bicolore rouge et verte (ben oui, avec la queue), avec ou sans sucre, soit acidulée ou pas, en gomme assez dure et très plate, en forme de fraise écrasée, ou bien une fraise bicolore rouge et blanche, bi-goût également, et bien molle, en gomme très molle en forme de petit dome arrondi.

Et bien que nenni ma bonne Dame.

La fraise Tagada, elle est rouge, entièrement rouge. L’intérieur est blanc, bien sûr, mais l’extérieur est rouge… fraise. Et sans sucre. Ce n’est pas de la gomme non plus.

En fait, la fraise Tagada est indescriptible.

Voilà le souci.

Il faut la goûter.

Et j’ai eu la chance de goûter la VRAIE fraise Tagada, mais également une imitation, histoire de me faire une opinion basée sur des faits réels, comme tout ce que je te raconte ici depuis près de deux ans déjà, dingue, je sais.

J’ai donc rapporté mes deux sortes de fraises, et j’ai goûté. Indéniablement, la véritable Tagada est meilleure, plus petite et d’un rouge plus agréable, moins « colorant ». Mais son imitation peut subvenir plus rapidement à un besoin fulgurant de sucre et d’écoeurement, à un chagrin d’amour.
Je conseille cependant la véritable Tagada. Si le chagrin ou l’envie est trop forte, la double dose est conseillée.

Attention cependant à l’addiction. Elle survient après la toute première prise. Ensuite, c’en est fait de moi.

J’échange donc kilos de melo-cakes contre kilos de fraises Tagada. Urgent SVP.

Donc la Tagada c'est ni ça ni ça ni ça... mais c'est ça, made by Haribo.

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8
aoû

Mangeons follement

En commentaire sur le billet qui précède, Alex me propose plusieurs types de restos insolites.  Chouette, merci Alex.

Alors, analysons tout cela...

- un resto à Taïwan où les tables sont des baignoires recouvertes d'une vitre et les sièges des wc : oui ou non ? Oui, bien sûr, rigolo et aucun danger

- A Paris ou Montréal, manger dans le noir total : oui ou non ? Ah oui, j'adore cette idée, du moins si je peux choisir le menu, et si ça se passe à Paris

- A New York, manger couchée dans un lit : oui ou non ? Oui trois fois oui, manger couchée, c'est mon dada, sauf que je devrai aller en bateau jusque là

- Un steak de boeuf de 2 kg dans un observatoire à Johannesburg : oui ou non ? 2 kilos, non, non et non, trop c'est trop

- Derrière les barreaux d'une prison au Japon : oui ou non ? L'idée de la prison j'aime bien, mais le Japon, c'est loin

- Dans un petit resto en équilibre sur une montagne à 5395 m d'altitude en Bolivie : oui ou non ?  Non, jamais de la vie, horreur et damnation

- 5 mètres sous la mer rouge : oui ou non ?  Non, trop claustrophobe


Et il y en a encore d'autres. Alors, ton choix est fait ?  Un repas dans le noir couchée dans une baignoire (ce qui permet de prendre un bain ensuite... passque manger dans le noir, ça tache).

31
jui

NOG

Naaaaan, je ne me suis pas emberlificoté les pinceaux et les lettres, voulant vous parler d’une ONG.

Ouiiiii, vous lisez bien le sujet du jour : NOG.

NOG comme Nouvel Orgasme Gustatif.

Tout nouveau tout beau et qui me laisse encore un goût incroyable en bouche.

J’ai testé la pâte à tartiner au spéculoos. 

J’ignore si cette merveille existe ailleurs qu’en Belgique, mais si ce n’est pas le cas, vous n’avez plus qu’une solution : courir, voler, galoper jusqu’ici pour goûter.

Parce que c’est tellement divin que mourir sans avoir mangé de la pâte à tartiner au spéculoos, c’est impensable, tout bonnement impensable.

Tout d’abord, il y a l’odeur.  Spéculoos puissance 10.  Puissance 100.  Puis la couleur.  Spéculoos.  Tout simplement.  Ensuite, la texture.  On s’attend à voir cette pâte étrange devenir biscuit, mais que nenni.  Onctueux.  Tendre.  Fondant.  Rien qu’à la voir, la salivation est assurée.  Enfin, il y a le goût.  Le summum du bonheur intense.  L’extase à l’état pur, pour plagier une célèbre marque de shampooing. 

A déguster pur, ou sur un petit beurre de Lu.  Enfin sur plusieurs petits beurres de Lu.  Divin, nirvanesque, orgasmique.  Il n’y a pas suffisamment de mots dans notre belle langue française pour qualifier ce moment.

Mais je préfère vous prévenir.  L’addiction est assurée, et une fois le pot entamé, le risque est énorme que vous fassiez comme moi : passer la soirée à l’ouvrir, le pot, pour y tremper une cuiller, ou, mieux encore, un doigt.

lotus