5
sep

L’Ebly à la provençale made by Mostek

Ne vous évanouissez pas.  N'imaginez pas être sur un autre blog.  Ce vendredi est à marquer d'une pierre blanche.  Car ce vendredi, c'est jour de recette.

Je vous l'avais promise.  La voilà.  En exclusivité mondiale.  Vous ne la trouverez que sur ce blog.  Le reste n'est que piètre contrefaçon.

Voici la recette de l'Ebly à la provençale de Mostek.  Un régal régalement régalant.  Un délice délicieusement délicieux.  Un orgasme orgasmement orgasmique.

Ingrédients :

- un poivron jaune

- un poivron rouge

- une aubergine (il s'en est fallu de peu que le nom de ce superbe légume ne me revienne pas, et que Mostek n'appelle une ambulance tant je m'extasiais devant la beauté de cette aubergine, d'une si jolie couleur... aubergine)

- une (petite) courgette du jardin de papa-maman (si vous n'avez pas de jardin ou, pire, pas de papa-maman, une coucourge du magasin fera l'affaire, mais rien ne vaut une courgette du jardin, c'est clair)

- deux tomates

- une boule de mozzarella

- de l'Ebly

- un tas de brol que je citerai au fur et à mesure de la recette, Mostek étant tunée comme une voiture de ronny en matière culinaire

Videz les poivrons après les avoir coupés en deux.  J'ai bien dit en deux, enfin c'est Mostek qui le dit, pas en quatre.  Entreposez-les dans le four à 200° jusqu'à tant qu'ils soient noircis et que la peau boursoufle (excusez le « jusqu'à tant que », je ne fais que répéter les propos de Mostek, je sais elle parle mal la France, mais on l'aime quand même hein).  Pendant ce temps, on n'entend rien de Secret Story, tant ce four fait du bruit (bordel de dieu).

Coupez l'aubergine en rondelles (Mostek exige que j'indique que j'ai confondu l'aubergine et la courgette, ben quoi, ça se ressemble hein), puis chaque rondelle en lamelles, puis chaque lamelle en dés (my god, compliquéééééééééé).  Faites dorer à la poêle avec trois tonnes de matière grasse bien grasse, car c'est bien connu, l'aubergine pompe le gras aussi vite que mes fesses.  N'oubliez pas une gousse d'ail pressée avec un presse-ail.  J'ai reconnu l'ail, Mostek se dit fière de moi, youpiiiie.  Attention ça brûûûle, et Mostek se brûle le doigt sur sa poêle.  (Vous ai-je déjà dit que j'ai un problème avec le mot poêle, je l'écris toujours poëlle, comment ça vous vous en moquez ?)

Mettez la préparation de côté, si possible près de moi passque ça sent divinement bon et que je passe mon temps à renifler tout ça, même que Mostek dit que je vais y faire tomber des Mickeys, vilaine qu'elle est.  Alors que je ne fais que goûter.  Et c'est succulent, l'aubergine à l'ail, aaaaaaaaargh.

Cuisez ensuite, dans la même poêle, la courgette coupée en rondelles, elles-mêmes coupées en quatre (par pitié soyez précis, faites quatre morceaux identiques, c'est plus joli).  Pas d'ail dans la courgette, elle se suffit à elle-même.

A ce moment précis, faites cuire 60 grammes d'Ebly par personne, dans l'eau bouillante.

Coupez une tomate en dés, sans les cuire.  Coupez l'autre tomate en rondelles de 3 mm d'épaisseur, pour la garniture.  Mostek est une artisss', elle fait de l'art avec une tomate, excusez du peu.

Là, les poivrons sont censés être bruns et avec la peau qui se décolle.  S'ils sont noirs comme du charbon, fallait mieux les surveiller ma bonne Dame !  S'ils sont juste à point, sortez-les du four, et mettez-les, deux par deux, enfin deux demis par deux demis, si possible de la même couleur, c'est plus mieux, dans des sacs de congélation.  C'est pour que la condensation fasse décoller la peau, passque la peau c'est indigeste, vous le savez.  Une fois que c'est bien décollé, sortez les demi-poivrons, et déshabillez-les, c'est facile, ça vient tout seul, par contre ça brûle les doigts, je vous préviens.

Pendant que Mostek se brûle les doigts, je continue à me shooter aux aubergines à l'ail.

Ensuite, coupez les poivrons en dés.

Ça vous prendra bien dix minutes, temps précis de la cuisson de l'Ebly, c'est fabuleux.  Egouttez-le, et ajoutez, dans la préparation, une noix de saveur au basilic et huile d'olive (ça doit se trouver dans le commerce, je pense), les dés de poivrons, courgette, aubergine et tomate et du coulis de légumes dénommé Verdurine (une cuillère à soupe - ça doit aussi se trouver dans le commerce, j'imagine), sel et poivre.

Disposez le tout dans un plat pour four.  Déposez ensuite les jolies rondelles de tomate de 3 mm d'épaisseur, tout un art, et ensuite, très important, une grosse boule de mozzarella découpée en tranches.

Enfournez le tout une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la mozzarella soit coulante, un peu dorée, et que votre langue traine par terre d'envie et de gourmandise.

Installez-vous à table.  Sortez le plat du four, avec des maniques, pour éviter l'hôpital.  Enfin l'inverse, sortez le plat, puis installez-vous à table, ce sera plus pratique.

Et dégustez.

Alors, succulent non ?  Et que du bon, ma bonne Dame.  Du bon, du frais, du délicieux. 

Bon appétit. 

PS : peut-être qu'avec une petite centaine de commentaires élogieux, Mostek accepterait de vous proposer une recette par semaine, que j'irais déguster, afin de vous commenter au mieux les instructions.  Meuh non je ne le ferais pas par intérêt, mais dans VOTRE intérêt.

PS 2 : voilà la bête...

ebly

11
aoû

Ma première fraise Tagada

C’est en lisant certains blogs féminins que j’ai découvert combien on pouvait être accro aux fraises Tagada. En faire des orgies. Se consoler le cœur grâce à elles. Or, sauf erreur, et l’erreur est bel et bien possible, je pense n'avoir jamais vu ces fraises dans les rayons de mon supermarché. Je me suis dit que c’était une spécialité française, tout bonnement, comme les melo-cakes (mmmmmmmmhaaaaaaaaaaargh) sont une spécialité belge, une fois.

Et puis chuis allée à Paris. Et presqu’immédiatement, comme un fait exprès, ma copine française Sophie a cité ces mots magiques « fraises Tagada ». Alors, en bon réflexe pavlovien, mes papilles se sont mises en branle et j’ai salivé salivé salivé. Puis j’ai enfin su.

Ce qu’était une fraise Tagada.

Passque moi, je pensais que ce pût être une fraise bicolore rouge et verte (ben oui, avec la queue), avec ou sans sucre, soit acidulée ou pas, en gomme assez dure et très plate, en forme de fraise écrasée, ou bien une fraise bicolore rouge et blanche, bi-goût également, et bien molle, en gomme très molle en forme de petit dome arrondi.

Et bien que nenni ma bonne Dame.

La fraise Tagada, elle est rouge, entièrement rouge. L’intérieur est blanc, bien sûr, mais l’extérieur est rouge… fraise. Et sans sucre. Ce n’est pas de la gomme non plus.

En fait, la fraise Tagada est indescriptible.

Voilà le souci.

Il faut la goûter.

Et j’ai eu la chance de goûter la VRAIE fraise Tagada, mais également une imitation, histoire de me faire une opinion basée sur des faits réels, comme tout ce que je te raconte ici depuis près de deux ans déjà, dingue, je sais.

J’ai donc rapporté mes deux sortes de fraises, et j’ai goûté. Indéniablement, la véritable Tagada est meilleure, plus petite et d’un rouge plus agréable, moins « colorant ». Mais son imitation peut subvenir plus rapidement à un besoin fulgurant de sucre et d’écoeurement, à un chagrin d’amour.
Je conseille cependant la véritable Tagada. Si le chagrin ou l’envie est trop forte, la double dose est conseillée.

Attention cependant à l’addiction. Elle survient après la toute première prise. Ensuite, c’en est fait de moi.

J’échange donc kilos de melo-cakes contre kilos de fraises Tagada. Urgent SVP.

Donc la Tagada c'est ni ça ni ça ni ça... mais c'est ça, made by Haribo.

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8
aoû

Mangeons follement

En commentaire sur le billet qui précède, Alex me propose plusieurs types de restos insolites.  Chouette, merci Alex.

Alors, analysons tout cela...

- un resto à Taïwan où les tables sont des baignoires recouvertes d'une vitre et les sièges des wc : oui ou non ? Oui, bien sûr, rigolo et aucun danger

- A Paris ou Montréal, manger dans le noir total : oui ou non ? Ah oui, j'adore cette idée, du moins si je peux choisir le menu, et si ça se passe à Paris

- A New York, manger couchée dans un lit : oui ou non ? Oui trois fois oui, manger couchée, c'est mon dada, sauf que je devrai aller en bateau jusque là

- Un steak de boeuf de 2 kg dans un observatoire à Johannesburg : oui ou non ? 2 kilos, non, non et non, trop c'est trop

- Derrière les barreaux d'une prison au Japon : oui ou non ? L'idée de la prison j'aime bien, mais le Japon, c'est loin

- Dans un petit resto en équilibre sur une montagne à 5395 m d'altitude en Bolivie : oui ou non ?  Non, jamais de la vie, horreur et damnation

- 5 mètres sous la mer rouge : oui ou non ?  Non, trop claustrophobe


Et il y en a encore d'autres. Alors, ton choix est fait ?  Un repas dans le noir couchée dans une baignoire (ce qui permet de prendre un bain ensuite... passque manger dans le noir, ça tache).

31
jui

NOG

Naaaaan, je ne me suis pas emberlificoté les pinceaux et les lettres, voulant vous parler d’une ONG.

Ouiiiii, vous lisez bien le sujet du jour : NOG.

NOG comme Nouvel Orgasme Gustatif.

Tout nouveau tout beau et qui me laisse encore un goût incroyable en bouche.

J’ai testé la pâte à tartiner au spéculoos. 

J’ignore si cette merveille existe ailleurs qu’en Belgique, mais si ce n’est pas le cas, vous n’avez plus qu’une solution : courir, voler, galoper jusqu’ici pour goûter.

Parce que c’est tellement divin que mourir sans avoir mangé de la pâte à tartiner au spéculoos, c’est impensable, tout bonnement impensable.

Tout d’abord, il y a l’odeur.  Spéculoos puissance 10.  Puissance 100.  Puis la couleur.  Spéculoos.  Tout simplement.  Ensuite, la texture.  On s’attend à voir cette pâte étrange devenir biscuit, mais que nenni.  Onctueux.  Tendre.  Fondant.  Rien qu’à la voir, la salivation est assurée.  Enfin, il y a le goût.  Le summum du bonheur intense.  L’extase à l’état pur, pour plagier une célèbre marque de shampooing. 

A déguster pur, ou sur un petit beurre de Lu.  Enfin sur plusieurs petits beurres de Lu.  Divin, nirvanesque, orgasmique.  Il n’y a pas suffisamment de mots dans notre belle langue française pour qualifier ce moment.

Mais je préfère vous prévenir.  L’addiction est assurée, et une fois le pot entamé, le risque est énorme que vous fassiez comme moi : passer la soirée à l’ouvrir, le pot, pour y tremper une cuiller, ou, mieux encore, un doigt.

lotus

23
jui

J'ai vu Jean-Philippe Darcis... en vrai !

Après Arthur presqu'en vrai, après Christophe Willem en vrai, voilà que j'ai rencontré Jean-Philippe Darcis.  Monsieur Darcis.  Le célèbre Monsieur Darcis, pâtissier et surtout fabricant de macarons qui font baver le monde entier et Paris...  Prononcez Darci, sans le S, comme Monsieur Darcy cher à Jane Austen.

Flash back.

Samedi 21 juin.

C'est l'été.

J'ai mal à la tête.

Mais je brave la douleur et je pars à l’aube (ah si, partir un samedi à 9h49, c’est l’aube, je vous le dis) vers la gare et le train qui me mènera, je l’espère, à Verviers, siège de la société de Monsieur Darcis, que, pour l’occasion, je me permettrai d’appeler Jean-Philippe, ce sera plus simple (en espérant qu’il ne m’en tiendra pas rigueur et ne me fera pas livrer mon poids en macarons à l’ail et au poivre en guise de représailles).

Grâce à mon sens de l’orientation inné, ainsi qu’à trois cartes, deux plans et un croquis reçu de Jean-Philippe, qui n’a pu résister à mes mails angoissés « oùske vous êtes ? comment vous trouver ? pitiéééé aidez-moi », j’arrive à l’heure pour l’atelier et me joins aux quelques dames qui attendent déjà.  Des dames... oui, uniquement des dames.  J’abandonne illico mes rêves de grand brun ténébreux venu apprendre à faire des macarons pour me séduire, et fais connaissance avec le harem de Jean-Philippe.  12 participantes.  Je suis la 13e, argh, pourvu que ça ne fasse pas tourner la crème pâtissière, brûler le chocolat ou pourrir les fraises.  J’annonce immédiatement la couleur à mes comparses d’une après-midi : je ne mettrai pas la main à la pâte et me contenterai d’observer, de photographier et de noter sur mon joli carnet tout chic tout neuf sorti pour l’occasion, le tout pour un article.  Je précise immédiatement qu’il s’agit d’un article pour le web, au vu de leurs regards soudain interrogateurs, me faisant un bref instant croire que je suis une journaliste célèbre.  Que nenni.  C’est juste pour internet, mes bonnes Dames.

Jean-Philippe nous rejoint vers 13h30, tout de blanc vêtu, manches longues malgré la chaleur, et nous emmène à l’atelier, via un labyrinthe de couloirs, d’escaliers et de cuisines.  Toutes ces dames, prévoyantes, ont pris des tabliers, blancs, bordeaux, à froufrous ou à fleurs.  Moi, bien entendu, je n’ai rien pris et je sens que les citrons, les fraises et le chocolat vont se précipiter sur moi comme la gale sur le bas clergé (j’ai lu cette expression sur un blog, mais je me demande s’il ne s’agit pas plutôt de la petite vérole ou de la syphilis, mais qu’importe).

Le menu est donc annoncé : macarons au chocolat, tartelettes au citron meringuées et éclairs à la crème au jasmin et fraises fraîches du pays.  Argh.  Je sais, à ce moment précis, vous me haïssez.  Je vous comprends.  Et je vous pardonne.

Jean-Philippe nous donne les recettes des trois desserts (moyennant gros pots de vin, je peux envisager l’éventualité de vous les céder, si vraiment vous êtes très très gentils) et c’est parti pour une après-midi gourmandise.  Il maîtrise parfaitement son sujet, passant d’une recette à l’autre en fonction de ce qui doit refroidir, cuire, durcir ou autres verbes réguliers en -ir.  Une participante surveille la cuisson d’une préparation (une fameuse responsabilité que je n’aurais endossée pour rien au monde, my god) pendant que nous observons le maître à l’œuvre, et c’est déjà un régal.  Même s’il nous avoue être de moins en moins souvent « aux fourneaux », business oblige (et rançon de la gloire aussi), on sent qu’il est passionné et que c’est cette passion et le goût du travail bien fait, qui ont fait son succès.

Tout en nous expliquant les étapes de la préparation des trois desserts, il nous livre certaines anecdotes rigolotes (c’est qu’il a le sens de l’humour, en plus) et détails passionnants de sa profession, ses études, sa société, et ses recettes, comme les points noirs de véritable vanille contenus dans sa crème pâtissière, parfois mal vus par la clientèle et considérés comme « des crasses » (sacrilège, alors qu’ils sont signes de présence de vanille, fichtre*).  Jean-Philippe se raconte en préparant une ganache au chocolat, laquelle servira à farcir ensuite les macarons... L’odeur de la ganache est orgasmique, et je regrette sincèrement que la science n’ait pas encore inventé les PC odorants, vous m’en auriez dit des nouvelles.  En matière d’odeurs, nous serons servies : citron, vanille, fraise, chocolat... De quoi tomber en pamoison.  

Nous entamons la conception des macarons.  Ou plutôt... conceptualisation... du moins en ce qui concerne ceux de la gent féminine.  Alors que ceux de Jean-Philippe forment un damier régulier, et qu’il semble faire ça avec une réelle facilité, les nôtres sont... de l’art abstrait, de toutes tailles, de toutes formes.  Nous rions beaucoup malgré la concentration intense.  Les miens (oui, finalement, je me prends au jeu, mais refuse que l’on fasse une photo, non mais, le ridicule ne tue pas, mais tout de même, moi en train de cuisiner, ma grand-mère s’étranglerait d’un fou rire dans sa tombe), donc les miens sont tellement gros qu’ils se rassemblent en un genre de bonhomme de neige brun, pour former un trio de macarons indissociable.  La gourmandise est un vilain défaut, je sais...  Au final, nous en comptons 133 : il y aura donc un orphelin, puisqu’un macaron contient deux parties collées par un fourrage (pour les ceusses d’entre vous qui reviendraient du Sahara et ignoreraient encore ce qu’est un macaron).

Les participantes posent un tas de questions dont je comprends à peine le sens : quel type de sucre, eske ça peut cuire dans un four à air pulsé, un four avec ou sans vapeur d’eau (ah bon, les fours contiennent de la vapeur d’eau, première nouvelle, vive le progrès).  Pendant ce temps, je mitraille à tout va, les « mottes » de cinq kilos de beurre (argh, j’ai pris cinq kilos, c’est donc ça... cinq kilos de gras), des « fouets » format géant, une bassine ancienne magnifique, des centaines de macarons découverts dans un coin et Jean-Philippe qui travaille (pour une fois, dirons les punaises que nous sommes).  

En faisant la pâte à choux, il s’emballe, et au lieu des 8 œufs prévus dans la recette, tout en nous parlant et nous expliquant des tas de choses, il ajoute des œufs, encore et encore... 9, 10, 11...  Nous écarquillons les yeux, stupéfaites.  Et il rit.  Il sait ce qu’il fait.  Il a l’œil.  La pâte sera parfaite, bien sûr.

Nous entamons une discussion sur les macarons, Ladurée, Hermé, qualité, goût, format, prix, succès.  Un conseil à retenir : n’achetez pas des macarons trop petits, ils manquent de moelleux et de fondant, dixit Jean-Philippe, qui se refuse à en faire de trop petits (et je confirme, pour en avoir goûté).

Jean-Philippe est aussi à l’aise avec ses spatules et ses platines qu’avec une horde de femmes gourmandes.  Il nous donne également un tas de trucs utiles pour la pâtisserie, trucs que j’oublie immédiatement (du genre mélanger sucre et eau à 121 degrés, non mais, est-ce que j’ai une tête à avoir un thermomètre de cuisson ?), car je le sais, jamais je ne tenterai de préparer ces gourmandises, j’en suis tout bonnement incapable.  Faut savoir reconnaître ses failles et ses (in)capacités.  Et pourquoi perdre mon temps à faire de la pâtisserie ratée, alors que très bientôt un salon Darcis ouvrira à Namur, j’en suis convaincue.  J’ai entamé ma croisade dès mon arrivée, et n’ai cessé de répéter que ma ville serait parfaite, j’ai bien dit par-fai-te, pour un tel salon, avec sa bourgeoisie, ses dames de la haute et ses tas de gourmandes.

Gourmandes dont je fais bien sûr partie.  Et je déplore que tous ces plats utilisés pour fabriquer meringue italienne, crème pâtissière, crème au citron ou ganache au chocolat se soient retrouvés au lave-vaisselle sans que j’aie pu les relécher, sacrilège.  Gaspillage.  Je parviens tout de même, en faisant ma tête du chat potté de Shrek, à manger le demi-macaron orphelin prévanté, recouvert de ganache.  Un régal.  Mais un peu dur, comme l’avait prévu Jean-Philippe : un macaron se mange le lendemain de sa préparation, retenez (et pour avoir mangé mes cinq précieux miens hier, je confirme, le lendemain, c’est un régal, mais un régal, vous n’imaginez pas ce que vous avez manqué, troooooop booooon).

Durant les finitions, savoir le fourrage et la décoration, le silence est religieux.  Nous observons le chef, admirant sa rapidité et sa dextérité.  Waw !  Une séance de photos s’impose.  Je mitraille à qui mieux mieux, pour immortaliser cet instant magique.  Nous installons ensuite nos réalisations (enfin, celles de Jean-Philippe, faut pas se voiler la face) pour la photo finale.

18 heures.  Nous repartons, gâtées comme un matin de Saint-Nicolas (ou de Noël), chargées comme des mules, les yeux pleins d’étoiles, les carnets pleins de notes, les estomacs pleins d’envies, et salivant à l’idée de déguster, le soir même, ou le lendemain, nos macarons, éclairs et tartelettes, ainsi que les macarons et pralines que Jean-Philippe nous a offerts.  Sans oublier les achats faits en repartant.  Gourmandes ?  Ben oui.  Vous en doutiez encore ?

Je regagne ensuite ma ville natale, priant Dieu et tous les saints pour que mes précieuses denrées ne soient pas écrasées à l’arrivée.

Je le savais, bien sûr, mais cette demi-journée en compagnie de Jean-Philippe m’a fait à nouveau réaliser combien la fabrication de pâtisseries et des macarons est un art, prend un temps de fou, demande une énergie énorme ainsi qu’un amour de la perfection et justifie tellement le prix de ces petites choses qui séduisent régulièrement nos palais.  Combien chaque minute compte.  Combien chaque degré de température a son importance.  Combien chaque gramme de sucre, de farine ou de chocolat peut tout changer.  Et surtout, surtout, combien il est interdit d’engloutir un si beau et si bon éclair jasmin-fraise comme l’a fait Jean-Philippe, en deux bouchées à peine (ne niez pas, je vous ai vu, nous vous avons toutes vu, vous le savez, Jean-Philippe, ne niez pas), car une pâtisserie, un macaron, ça se regarde, ça se découvre, ça s’admire, ça se hume, et puis, seulement, lentement, très lentement, avec amour et délectation, ça se savoure.

J'ai toujours mal à la tête.

* à ce sujet, ne vous fiez pas toujours aux apparences, j’ai un jour mangé du yaourt saveur vanille, contenant uniquement des arômes artificiels... malgré les faux points noirs de vanille s’y trouvant.
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